WSOP 2019 - A la Une

Martini abasourdi

Julien Martini encaisse la première grosse claque de sa carrière Il est le premier joueur éliminé aujourd'hui, le 2e de tout le tournoi Event #58 : Poker Players Championship 50 000 $ (Day 2)

martini

Quand on chute de son cheval, il vaut mieux savoir se relever. Cet après-midi, les émotions de Julien Martini étaient multiples et malheureusement un peu trop confuses. Son expérience sur le tournoi à 50 000 $ de ces WSOP a littérallement tourné court, puisque le Français fut le second joueur à quitter ce tournoi, après l'élimination de Gorodinsky la veille.

"C'est une petite tapette derrière la tême quand même, c'est la première fois de ma vie où je m'inscris sur un tournoi et je sais que je suis EV-, et que ce n'est même pas discutable du tout. Je ne peux pas me permettre de jouer ce genre de tournoi, si je ne suis fort que dans trois jeux, et très moyen dans les autres. En NLHE, je suis le plus fort, en Razz ça va et en Omaha hi-lo ça va aussi. Mais genre en Stud hi-lo et Omaha Hi-Lo, je suis incapable de te dire là où les joueurs font des erreurs. Ça parait compliqué de gagner du coup, voir même impossible."

Quand on a découvert la table de Julien ce matin, ce ne sont pas les grands noms qui éclaboussaient nos yeux. Et pourtant... Martini a peut-être tiré l'une des pires tables du field :

"J'étais le pire joueur de la table, ce qui n'est jamais bon signe dans un tournoi. Il y a peut-être dix personnes que je refuse de jouer online... ils sont tous là, et j'en avais trois à ma table aujourd'hui ! L'Américain Roman Yitzhaki alias "Empire2000" au siège 1, une légende des Mixed Games, le Russe Timofey Kuznetsov alias "Trueteller" à ma gauche, probalement le meilleur joueur au monde et un autre Américain Prahlad Friedman, alias beaucoup de pseudos online au siège suivant, et qui s'est même mis au rap maintenant. C'est le meilleur ami de Brian Rast, il avait gagné 7 millions de dollars, puis il y avait eu une histoire comme quoi des super users avaient été utilisés contre lui sur absolut poker, ça avait fait un scandale. Ça avait duré pendant un an, il perdait tous les jours et depuis, il est super tight. Il a radicalement changé, tellement cet épisode de triche l'a marqué."

Avant cela, ce fameux Prahlad Friedman quia déjà vécu une belle vie, s'était également fait un petit nom sur le monde du live, mais pas exactement comme on pourrait l'imaginer. Si vous êtes un féru des WSOP, ces deux petites vidéos devraient peut-être vous rafraichir un peu la mémoire concernant Prahlad Friedman. Celle ou l'Américain joue à une véritable guerre des nerfs face à Jeff Lisandro, pour une misérable petite blinde (et il avait tort), et celle face à celui qui adore aboyer régulièrement dans le Rio, Ted Bort, pour un coup de vice bien culotté, je vous laisse apprécier (et il a encore tort).

Timofey Kuznetsov_Prahlad Friedman

Timofey Kuztesov et Prahlad Friedman

"C'est la vie, on va sauter dans un 1500 $ maintenant", confiait Julien, forcément bien sonné par cette élimination, lui qui rêve d'intégrer ce cercle de joueurs qui semblent intouchables :

"Il y a un gouffre entre les 10 000$ et un 50 000$. Sur les 10 000, j'ai un edge de ouf, c'est sur. Et je pensais que sur ce 50 000, il y aurait la moitié des joueurs d'un 10 000, et en fait non. T'as tous les super boss qui sortent de leur grotte. Matthew Ashton, j'ai perdu 100 000$ le mois dernier contre lui par exemple. Et ça, c'est sans compter des mecs qu'on attendait pas : des Jason Mercier, Scott Seiver je pensais qu'il allait le faire mais on n'est jamais sur, des John Monnette... ces mecs là me mettent des 20bb/100 sur le long terme, c'est sur ! Ce n'est pas qu'ils sont au dessus, c'est qu'il y a un monde d'écart entre nous. Je m'attendais à un field avec des Anthony Zinno, Shaun Deeb et Adam Friedman. Ce n'est pas forcément une bonne nouvelle de les avoir à table mais c'est un peu mieux quand même. Mais bon, c'est bien, ça te fait redescendre sur terre, sur l'importance d'un bracelet, même en highstakes. Parce que quand tu gagnes, t'es champion du monde, mais en vrai, les champions du monde sont tous dans la Bobby's Room. Il y a vraiment un monde d'écart entre les meilleurs joueurs de tournoi et les meilleurs joueurs de cash game."

Le plus dur désormais, sera de repartir au combat, même sur un "petit 1 500 $". Comme il le dit si bien, "ce n'est ni un rêve, ni un cauchemar, c'est juste un dur retour à la réalité, mais nécessaire, j'en avais peut-être besoin. Et puis j'ai envie de faire un bon résultat, parce que je t'avoue que je n'ai rien fait depuis le début, et ça me manque. Il faut tirer des leçons de ce tournoi, j'ai vraiment senti que j'étais derrière. Je pense que j'avais 0% de chance de gagner le tournoi, je me suis inscrit en me disant que Mizrachi l'avait gagné 3 fois, que j'avais donc toutes mes chances. Et en fait, quand tu te lèves et que tu regardes toutes ces tables, tu te dis "mais j'ai aucune chance en fait !" La moitié du field est bien plus forte que moi, donc c'est un bon coup derrière la tête qui remet les idées en place. Je devrais peut-être rester sur les variantes ou je suis le plus fort, et ne pas prétendre pouvoir être très fort dans tous les jeux. "

Les éliminations ont commencé à s'enchainer, le rêve est terminé pour Daniel Negreanu, Gus Hansen, Elior Sion et James Obst. Au niveau des inscriptions tardives, saluons les arrivées de Daniel Alaei, Chris Klodnicki, Brian Hastings, Bryn Kenney ou encore Cary Katz.

Phil Hellmuth ? Qui ça ? Non, toujours pas apercu cette grande carcasse.

ivey mizrachi

Pendant ce temps, Phil Ivey s'éclate avec la croupière, aux côtés de Michael Mizrachi !

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Jared Bleznick s'éclate beaucoup moins que la veille, lui qui vient de perdre un gros pot contre Eli Elezra, après avoir entendu "Wheel" de la part de l'Israélien, qui a retourné les nuts en 2-7, avec donc 75432

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Le chipleader de la veille, Josh Arieh, aux côtés de celui qui a donc pris 100 000 $ le mois dernier à Martini, Matthew Ashton

Chauve sourit

Première finale WSOP pour Vincent Chauve Le Français est dans la moyenne Il reste trois éliminations avant la fin de journée Event #50 : NLHE Monster Stack 1 500 $ (Day 4 et Finale)

Vincent Chauve

Vous vous souvenez en début de journée, lorsque l'on vous disait qu'avec 33 millions de jetons devant lui à 27 joueurs restants, Vincent Chauve était en possession d'un tapis équivalent au stack moyen en début de finale ? Cinq heures plus tard, le Lyonnais a bel et bien composté son ticket pour l'une des plus belles TF de l'été, avec un tapis de... 34,3 millions, soit donc exactement la moyenne, à une blinde près. Est-ce à dire que le résident thaïlandais a connu une après-midi tranquille ? Que nenni, ce n'est pas franchement le genre de la maison.

"Dans l'ensemble, j'ai touché beaucoup de jeu mais il n'y avait pas grand-chose en face," résume Vincent, avant de se faire reprendre de volée par son pote Benjamin, présent dans le rail dans son dos depuis la minute zéro de ce Day 4. "Quand même, il y a eu ce coup fou avec la paire de 5 !" "Ah oui, c'est vrai, reprend Vincent, on s'est retrouvés à trois sur un flop Roi-5-x. J'avais paire de 5 et mes deux adversaires Roi-5 et Roi-Dame." Vous vous en doutez, tout s'est emballé et le Français a remporté un joli pot qui lui a permis de repartir comme en 40.

"Avant cela, j'avais perdu un énorme coup à tapis préflop pour un pot de quelque chose comme 24 millions, poursuit-il. Un papi un peu redneck sur les bords estampillé nit ouvre à 600 000 au bouton et je le 3-bet à 2,4 millions en grosse blinde avec As-Roi. Là-dessus, il snap shove pour 11 millions. J'ai call assez rapidement et il avait deux Rois. Après réflexion, je pense que j'ai pris ma décision un peu vite, je n'ai pas pris le temps de bien le regarder, alors que c'est vrai qu'il avait l'air très content de faire tapis. Le plus drôle, c'est que derrière il a tout mis en énorme overbet avec une paire de 2 - dont le 2 de trèfle - sur un flop hauteur Dame tout à trèfle et a sauté contre mon voisin de droite qui l'a tank call avec Dame-Valet." "D'ailleurs, il vaudrait mieux que tu ne l'aies pas à ta gauche lui, rebondit Benjamin, il est plutôt bon et très aggro."

Monster Stack TF Rail

Car oui, ne perdons pas de vue l'essentiel : cinq ans après Hugo Pingray, un Français atteint de nouveau la table finale de ce Monster Stack, et peut donc prétendre au bracelet et au million de dollars qui va avec. L'ironie là-dedans ? Lui comme votre serviteur avons bien failli ne pas nous en rendre compte. Depuis près d'une heure, tous les regards étaient tournés vers Igor Yaroshevskyy, large short stack à dix joueurs restants, avec un tapis qui tournait autour des dix blindes. Alors quand l'Ukrainien trouve un double up chanceux avec K5 contre le K7 de Jonathan Seltzer, c'est bien une pause dîner à dix qui se profile.

Une pause dîner que ne semble d'ailleurs pas vouloir observer Vincent Chauve, qui reste à papoter à côté de sa table. "Après un certain temps à jouer en tournoi, je me suis rendu compte que je runnais systématiquement bad après les dinner breaks, précise-t-il. Je me sentais lourd, fatigué, pas bien. Je déteste être en digestion quand je joue, donc j'ai tout simplement arrêté de manger. Je me prends deux bananes et c'est tout." D'ailleurs, après quatre jours d'affilée à taper le carton, la fatigue ne commence-t-elle pas à prendre le dessus ? "Pas du tout, au contraire, je me sens même beaucoup mieux qu'hier, bien dans mon jeu. Attends, il vient de se passer un truc bizarre là... Pourquoi la clock affiche neuf joueurs ? On est neuf ?"

Je me disais bien que ces applaudissements derrière mon épaule il y a cinq minutes étaient suspects. Car effectivement, tombé à moins de huit blindes après avoir fait doublé Yaroshevskyy, Seltzer a tout envoyé avec A4 sur la dernière main du niveau et a perdu contre le J7 transformé en quinte de Benjamin Ector. On dirait bien que le retour de pause se fera sur l'une des deux tables annexes du Thunderdome... avons, on l'espère pour Vincent, de pouvoir prendre place sur la table principale dès demain. En attendant, cette première partie de finale risque d'être longue et potentiellement bloquée par l'ICM : entre le chipleader Gregory Katayama et le short stack Igor Yaroshevskyy, les écarts de tapis sont très faibles. Messieurs, que la fête commence !

Le casting de la table finale

Monster Stack TF

1/ Vincent Chauve (France) 34 300 000 (42 BB) 2/ Bryan Kim (USA) 35 200 000 (44 BB) 3/ Igor Yaroshevskyy (Ukraine) 18 000 000 (22 BB) 4/ Kainalu McCue-Unciano (USA) 28 300 000 (35 BB) 5/ Andre Haneberg (Autriche) 27 800 000 (34 BB) 6/ Benjamin Ector (USA) 23 450 000 (29 BB) 7/ Bart Hanson (USA) 33 025 000 (41 BB) 8/ Gregory Katayama (Canada) 49 000 000 (61 BB) 9/ Javier Zarco (Espagne) 34 800 000 (43 BB)

Tableau de bord 9 joueurs restants (sur 6 035) Blindes : 40 000 / 80 000, BB ante 80 000 Tapis moyen : 33 527 777

Prix restants à distribuer aujourd'hui 9e : 88 817 $ 8e : 114 694 $ 7e : 149 247 $

The Chauve must go on

Vincent Chauve parmi les six derniers finalistes du Monster Stack ! Le Lyonnais est assuré de 195 000 $ et vise le million Event #50 : NLHE Monster Stack 1 500 $ (Fin du Day 4)

Vincent Chauve EOD

"Allez, on va chercher le million !" La fatigue commençait clairement à se faire ressentir mais la motivation était intacte pour Vincent Chauve. Après quatre longues journées de poker sur ce Monster Stack, cet ancien gros joueur de cash game expatrié en Thaïlande, reconverti depuis deux ans dans le poker de tournoi ne rêve que d'une chose : le bracelet et les 1 008 850 $ à la gagne. "Là maintenant tout de suite, je n'ai qu'une hâte, avoue-t-il, c'est de prendre une petite bière et de me coucher ! Mais demain, je vais repartir de plus belle : un petit peu de méditation, un bon repas pas trop lourd, quelques devoirs sur Hendon Mob et je serai d'attaque."

Et d'attaque, le reste du clan tricolore le sera aussi, depuis son pote Benjamin, qui écrivait sur WhatsApp en temps réel depuis le rail les hand histories de Vincent, jusqu'à ses amis de Lyon et de Thaïlande, en passant par ses nombreux Français anonymes qui sont venus régulièrement prendre de ses nouvelles aujourd'hui, et qu'on ne serait pas surpris de croiser dans les gradins du Thunderdome demain. "Il va falloir du monde, abonde Vincent, il faut qu'on fasse du bruit, que l'on montre un peu qui on est à tous ses Américains. Et puis une deuxième Marseillaise, ce serait top."

Vincent Chauve ITW

Au micro et devant les caméras de Winamax TV, pour une interview qui sera diffusée dans le Multiplex de ce mercredi, à partir de 23h15.

Pour ce faire, Vincent va cependant devoir refaire son retard sur la concurrence, lui qui abordera l'ultime ligne droite de ce marathon avec tout juste trente blindes, soit le cinquième tapis sur les six derniers finalistes. "Je suis pas mal monté pourtant au début de la finale, jusqu'à 50 millions, précise le Français. La table était très passive j'ai essayé d'en profiter. J'ai notamment ouvert avec 97 UTG ou 9-10 off en mp, c'est pas vraiment dans les tableaux ça !" Et puis la tendance s'est inversée, les bonnes cartes ont commencé à se faire plus rare et ses voisins a se rebeller. "J'ai fold deux fois Roi-Dame sur des 3-bets...," souffle-t-il en ayant presque l'air de s'excuser.

En tout cas, s'il doit désigner son adversaire le plus dangereux, Vincent n'hésite pas une seconde et pointe du doigt celui qui sera assis un cran à sa gauche demain, Igor Yaroshevskyy. "Il n'a jamais eu de jetons aujourd'hui, mais c'est lui qui m'a le plus impressionné !, lâche-t-il. Certes, il a gagné Roi-5 contre Roi-7 en demi-finales, mais il est super fort, s'il arrive à remonter un stack, il va ship. En plus, il est bien meilleur que le chipleader américain actuel, qui joue beaucoup plus en ligne." Mais avant de regarder les tapis des autres, Vincent devra se concentrer sur le sien. Et la bonne nouvelle potentielle pour le spectacle, c'est qu'il ne devrait pas avoir peur de le pousser au milieu - non je ne dirais pas "shove". "Bien sûr, il y a des gros paliers, mais l'objectif reste le Top 1 et rien d'autre." Cinq ans après, Hugo Pingray trouvera-t-il un successeur sur ce Monster Stack ? Éléments de réponse à partir de midi (21h, heure française), et une heure plus tard pour le streaming avec cartes dévoilées sur Poker GO. Allez le Bleu !

La table finale au départ du Day 5

1/ Vincent Chauve (France) 36 700 000 (30 BB) 2/ Igor Yaroshevskyy (Ukraine) 17 000 000 (14 BB) 3/ Kainalu McCue-Unciano (USA) 68 300 000 (57 BB) 4/ Benjamin Ector (USA) 84 300 000 (70 BB) 5/ Bart Hanson (USA) 40 600 000 (33 BB) 6/ Gregory Katayama (Canada) 55 100 000 (46 BB)

Tableau de bord 6 joueurs restants (sur 6 035) Blindes (pour 31 minutes) : 600 000 / 1 200 000, BB ante 1 200 000 Tapis moyen : 50 291 666

Échelle des gains Vainqueur : 1 008 850 $ Runner-up : 623 211 $ 3e : 461 369 $ 4e : 344 079 $ 5e : 258 516 $ 6e : 195 687 $

Le plus petit PPC de l'histoire

Les inscriptions sont terminées : 74 joueurs Il s'agit du plus petit Poker Players Championship de l'histoire Event #58 : Poker Players Championship 50 000 $ (Day 2)

tom dwan

Quand on évoque les WSOP 2019, on envisage souvent de parler des milliers de joueurs dans les petits tournois, entre 400 $ et 1 000 $. Quand on évoquera à l'avenir les WSOP 2019, on pourra aussi dire qu'ils ont accueilli le plus petit Poker Players Championship de l'histoire, avec seulement 74 inscriptions au compteur. Mais qu'a-t-il bien pu se passer ?

On fonce tout de suite direction la déception : nous n'avons pas la réponse à cette question. Il est un peu compliqué d'analyser à chaud cette faible affluence sur l'un des tournois majeurs de l'année. Mais les faits sont là : le vainqueur n'empochera pas plus de 1,1 million de dollars (12 joueurs payés) ce qui en fera du même coup, le plus petit gain pour un PPC.

Jetons un oeil à l'historique de ce tournoi :

Année Entrée Prize Pool Vainqueur Prix
2006 143 6 864 000 $ Chip Reese 1 716 000 $
2007 148 7 104 000 $ Freddy Deeb 2 276 832 $
2008 148 7 104 000 $ Scotty Nguyen 1 989 120 $
2009 95 4 560 000 $ David Bach 1 276 806 $
2010 116 5 568 000 $ Michael Mizrachi 1 559 046 $
2011 128 6 144 000 $ Brian Rast 1 720 328 $
2012 108 5 184 000 $ Michael Mizrachi 1 451 527 $
2013 132 6 336 000 $ Matthew Ashton 1 774 089 $
2014 102 4 896 000 $ John Hennigan 1 517 767 $
2015 84 3 696 000 $ Mike Gorodinsky 1 270 086 $
2016 91 4 176 000 $ Brian Rast 1 296 097 $
2017 100 4 800 000 $ Elior Sion 1 395 767 $
2018 87 4 176 000 $ Michael Mizrachi 1 239 126 $
2019 74 3 552 000 $ ??? 1 099 311 $

Observez bien les années 2007 et 2008 : il y avait deux fois plus de joueurs ! Mais pourquoi, comment ? "Le fait le plus inquiétant", me chuchotait Paul, l'un des directeurs de ce tournoi, "c'est surtout qu'il n'y a pratiquement aucun nouveau joueur si tu regardes bien..."

Il y avait au moins un petit nouveau cette année, un certain Julien Martini, mais hormis notre compatriote qui n'a pas fait long feu, tous les visages ne sont pas du tout inhabituels pour un Poker Players Championship.

Qui manque à l'appel cette année ? Phil Hellmuth est au Rio, mais plus pour whine sur Abou Sy apparemment. Brandon Shack Harris (runner up en 2014) dispute également ces World Series, mais pas à 50 000 $ l'entrée visiblement. Quid de Scotty Nguyen, Andy Bloch, Chris Klodnicki, Barry Greenstein, Jean Robert Bellande, Huck Seed, Abe Mosseri, John Juanda, Doyle et Todd Brunson... la liste des absents est forcément grande dans ce genre de cas. Tous ne sont pratiquement pas là. La roue est-elle en train de tourner, ou tout le monde est-il finalement broke ?

Alors bien sur, le vainqueur ne crachera probablement pas sur un million de dollars tout frais, mais le prestige dans tout ça, qu'en fait-on ? Non pas que remporter ce tournoi ultra sharky deviendra un peu inutile, mais le charme a quelque peu été esquinté, qu'on se le dise.

vitch

En attendant, ceux qui sont dans ce tournoi ne doivent certainement pas penser à ça maintenant, et ils ont bien raison, comme le chipleader actuel par exemple, un certain... Phil Ivey ! Et dire que certains bruits de couloirs au Rio l'annonçaient broke et en déprime, on dirait bien qu'Ivey a encore quelques bons restes, une fois installé à une table de poker.

Il est poursuivi au classement, par un spécialiste du Mixed Game, l'homme à la coiffure de Tahiti Bob, l'Américain Chris Vitch. La bonne nouvelle, c'est la remontada de David Benyamine, 4e au classement pour le moment, qui s'est bien fait peur hier, avant de magnifiquement redresser la barre aujourd'hui.

Mais calmons nous, malgré la faible affluence, ce tournoi est tout de même programmé pour durer 5 jours au total, rappelons le. Si Benyamine veut faire mieux que sa 4e place en 2013, il va falloir encore se déchirer un bon moment.

Ils ne sont plus dans ce tournoi :

Dan Smith, Daniel Alaei, Ben Yu, Paul Volpe, Randy Ohel, Stephen Chidwick, Benny Glazer, Scott Seiver, Ray Dehkharghani, Michael Mizrachi, Matt Glantz, David Bach, Bryn Kenney, Cary Katz, Anthony Zinno, Brock Parker, Nick Schulman, Jake Schwartz ou encore Roman Yitzhaki font partie de la liste des éliminés du jour.

benyamine

Seul rescapé Français, David Benyamine a réussi une très belle journée pour remonter dans les hauteurs du classement

Au top !!

Pour l'histoire, le bracelet et le million de dollars

Vincent Chauve veut marcher dans les pas d'Hugo Pingray, seul Français vainqueur de ce tournoi Event #50 : NLHE Monster Stack 1 500 $ (Début de la table finale)

Si en fin de journée lors du Day 4, Vincent Chauve parlait du million de dollars à la gagne de ce tournoi, ce matin au Rio, il est arrivé avec un autre couteau entre les dents : "Go le bracelet, surtout le bracelet !" proclamait-il. Et des espoirs, il peut en avoir, puisque le Français n'est plus qu'à 5 petites éliminations d'une 21e breloque tricolore dans l'histoire des WSOP.

vincent_chauve_Igor_Yaroshevskyy

Bien évidemment, la route est encore très longue avant de l'imaginer soulever ce trophée, et son tapis actuel ne peut pas encore confortablement lui offrir de quoi respirer en toute détente... mais Vincent va se battre : "J'ai le shortstack à ma gauche directement, ça c'est cool, en revanche c'est surement le meilleur joueur de la finale, ça c'est moins cool."

Le Français disputera en effet ses batailles de blindes avec un Ukrainien qu'on préfère avoir en photo dans un coverage, plutôt qu'à sa table en vrai, surtout sur une finale WSOP, Igor Yaroshevskyy (3,66 millions de gains).

"Parfois, les bons joueurs accèdent aussi à la table finale, même s'il y a plus de 6 000 joueurs !", est venu souligner Grégory Chochon, l'un des directeurs français des WSOP, de passage sur le setup TV pour souhaiter bonne chance à son compatriote Vincent. Vincent espérait d'ailleurs avoir le plaisir de voir plein de Français se déplacer pour l'encourager dans le rail, ne serait-ce que quelques instants.

"Je n'ai pas beaucoup dormi", confiait Vincent au moment de ranger sa trentainte de blindes sur la table finale, "mais en même temps, je fais ça depuis le début, donc ça va." Vous avez découvert hier qu'il ne dinait pas, on apprend encore ce matin qu'il ne dort pas non plus, cet homme nous surprend mais va aussi commencer à nous inquiéter si ça continue. Heureusement, ce tournoi se termine aujourd'hui, et comme disait PPDA, il va pouvoir reprendre une activité normale ensuite. A tchao, bon mercredi.

TF Chauve

La table finale au départ du Day 5 1/ Vincent Chauve (France) 36 700 000 (30 BB) 2/ Igor Yaroshevskyy (Ukraine) 17 000 000 (14 BB) 3/ Kainalu McCue-Unciano (USA) 68 300 000 (57 BB) 4/ Benjamin Ector (USA) 84 300 000 (70 BB) 5/ Bart Hanson (USA) 40 600 000 (33 BB) 6/ Gregory Katayama (Canada) 55 100 000 (46 BB)

La finale est à suivre en léger différé sur PokerGO.

Tableau de bord 6 joueurs restants (sur 6 035) Blindes (pour 31 minutes) : 600 000 / 1 200 000, BB ante 1 200 000 Tapis moyen : 50 291 666

Échelle des gains Vainqueur : 1 008 850 $ Runner-up : 623 211 $ 3e : 461 369 $ 4e : 344 079 $ 5e : 258 516 $ 6e : 195 687 $

ça fait rêver !!!

Un podium… et bientôt plus ?

Un niveau et demi et... 3 éliminations, déjà ! Event #50 : NLHE Monster Stack 1 500 $ (Début de la table finale)

chauve

Je m'attendais à vous donner des nouvelles de ce tournoi un peu plus tard dans la soirée, mais les faits sont là : on ne s'ennuie pas sur ce Monster Stack ! Du coup, un premier petit point semble presque inévitable, sachant que trois joueurs ont déjà disparu, garantissant un petit podium à au moins 461 000 $ pour tous !

Et la première bonne nouvelle de la journée pour Vincent Chauve, ce fut l'élimination d'Igor Yaroshevskyy (photo), intervenue 45 minutes à peine après la reprise de cette journée. L'homme aux désormais 3,8 millions de dollars de gains en tournoi live a shove ses 7 ou 8 dernières blindes au bouton, payé par l'Américain Kainalu McCue-Unciano. K4 contre A3, ce ne fut du grand poker sur ce coup là, mais l'élimination de l'Ukrainien a tout de même rapporté pratiquement 63 000 $ pour tout le monde, pas négligeable.

Igor_Yaroshevskyy

Puis Vincent Chauve a disputé un flip (99 vs KJ), et s'est retrouvé dans une situation favorable pour éliminer Benjamin Ector, et son tout petit tapis de 5 blindes. Il faut dire que le gonz a eu l'excellentissime idée de placer trois banderilles sur la table en pur bluff avec hauteur 4, dès la première main de la journée, et s'est fracassé les dents contre un brelan trouvé turn chez le Canadien Gregory Katayama qui n'en demandait surement pas tant.

Vincent a perdu ce flip... et ses jetons ne seront pas restés très longtemps chez Benjamin Ector, puisque moins de 5 minutes plus tard, l'Américain est reparti à tapis avec 77 contre J8 pour Kainalu McCue-Unciano. Un tableau 8Q92K plus tard, et les finalistes de ce Monster Stack ne se retrouvaient déjà plus qu'à 4.

benjamin ector

Joli spew chez Benjamin Ector, qui n'a rien trouvé de mieux que d'exploser en vol dès la première main

Et bientôt trois ! Incroyable rythme d'éliminations jusque là, et c'est Bart Hanson qui a trinqué, deux mains avant le premier break du jour. En partant derrière, et en restant derrière jusqu'au bout. L'Américain a shove ses 12 dernières blindes avec A6, payé par AJ chez Gregory Katayama. Rien n'est venu changer l'ordre des cartes, et Bart Hanson pouvait quitter cette finale en étant bien malheureux.

Son de cloche bien différent chez Katayama, soutenu par un vrai rail sur cette finale, qui en profite pour décoller. Mieux, sur la toute dernière main avant la pause, Katayama a remporté un autre pot important, afin de grimper à 163 millions de jetons (81bb à la reprise). Il reste 50 blindes chez Kainalu McCue-Unciano alors que Vincent Chauve n'a plus que 29 millions (quasi 15 blindes à la reprise). Mais au moins, le rêve de bracelet est toujours bien là.

Eliminations du jour 4e - Bart Hanson 344 079 $ 5e - Benjamin Ector 258 816 $ 6e - Igor Yaroshevskyy 195 687 $

Chauve chauffe et se rapproche du bracelet

Vincent Chauve se bat en tête à tête pour un second bracelet Français de l'été Event #50 : NLHE Monster Stack 1 500 $ (Heads Up final)

Et bien personne n'avait prévu de sortir le coq aussi tôt aujourd'hui, et pourtant, il va bien falloir que ce dernier se chauffe un peu la voix, car Vincent Chauve dispute actuellement le tête à tête final de ce Monster Stack ! A tout moment, ça part en cocorico au Rio.

Objectif : un million de dollars, et donc une belle breloque qui ira avec, afin de succéder à Hugo Pingray au palmarès Français de ce tournoi.

chauve

Il n'aura pas fallu plus de 150 minutes pour passer de 6 à 2 joueurs ! C'est dans ce laps de temps aussi rapide que l'Américain Kainalu McCue-Unciano en a profité pour plier la concurrence, éliminant la moitié des joueurs, afin de se retrouver face au Français. Il s'est notamment chargé de renvoyer le Canadien Gregory Katayama en 3e place, victime d'un setup qu'il doit encore bien mal digérer à l'heure où vous lisez ces lignes (c'est à dire ce soir, demain ou même dans quelques semaines ou années je pense) : avec TT en main, et sur un tableau 296T5, le Canadien a relancé depuis le bouton, s'est fait check raise au flop, puis Kainalu McCue Unciano a barrel sur la turn et sur la river. Katayama a snap call la dernière mise sur la river, avant de découvrir... 43 pour une quinte rentrée par le ventre, calmement.

Bien tilté, Gregory Katayama en a profité pour faire doubler Vincent Chauve, avant de disparaitre quelques instants à peine plus tard, empochant au passage 461 369 $.

Gregory_Katayama

Là, il sourit, mais croyez le, tout au fond de lui, Gregory Katayama n'était certainement pas

Débutant ce tête à tête final avec 34 millions (17bb) contre 267 millions de jetons (133bb), Vincent Chauve a rapidement trouvé un premier double up avec A5 contre K7 (en attrapant un As dès le flop), puis un gros travail du poignet (on appelle ça le grind au poker) lui a permis de combler petit à petit son retard, afin de remonter au delà des 100 millions de jetons (contre donc environ 200 millions).

Jusqu'à ce coup : Vincent limp son bouton à 2,4 millions, avant de payer la relance de son adversaire à 9,4 millions. Un flop 5JJ tombe et Vincent paie un c-bet à 6,2 millions. Sur la turn 3, l'Américain change de vitesse et prend l'option de check raise à tapis, une mise de 9 millions. Vincent paie pour ses 66 millions restants, et retourne 44. Il fait face à A4 pour un joli draw couleur/quinte gutshot... qui ne va finalement pas rentrer sur la river T. Vincent explose de joie et fait des bonds sur lui même, sa partie est totalement relancée, et ses chances de remporter le bracelet n'ont jamais été aussi grandes !

Et maintenant que Vincent Chauve est même passé devant, on va peut-être enfin pouvoir commencer à envisager... un petit bracelet ?! Réponse cet après-midi...

Les prix à distribuer Vainqueur : 1 008 880 $ Second : 623 211 $

chauve

A un cheveu de la breloque

Le second bracelet Français de l'été attendra Vincent Chauve remporte le plus gros gain des ces WSOP 2019 pour un Français (623 211 $) Event #50 : NLHE Monster Stack 1 500 $

chauve

Tristesse, le Rio de Las Vegas ne tremblera pas ce jeudi 27 sous les coups de tambours de la Marseillaise. Lancé dans un marathon de tête à tête avec son adversaire Américain du jour, un certain Kainalu McCue-Unciano, ce cher Vincent Chauve n'a pas réussi l'exploit tant espéré, de ramener le bracelet WSOP à la maison, comme l'avait fait Hugo Pingray en 2014. Au final, il aura fallu 57 mains aujourd'hui pour passer de 6 joueurs au tête à tête final, et près d'une centaine supplémentaire pour arriver au terme de ce mano à mano. Sans rien faire, ou presque, Vincent s'est rapidement retrouvé dans le duel final... pour son plus grand plaisir, évidemment. Il repart de ce Monster Stack, plus riche de 623 211 $, ce qui représente tout bonnement le plus gros billet glané par un tricolore cet été !

"Je n'ai rien compris à ce qu'il s'est passé sur cette table finale !", confiait Vincent après sa sortie, "Ils ont tous sauté les uns après les autres sur cette table, moi je les regardais tranquillement avec mon petit tapis, c'était complètement incroyable. Je suis forcément content du résultat, le Head's up devait durer 5 min, il a duré 4h au final. Forcément, j'ai pris mon pied. "

Quatre heures de bataille, c'est sans compter les pauses. Quatre heures acharnées, quatre heures de lutte, probablement d'un peu de sueur aussi, pour finalement échouer tout proche du bonheur. Vincent est heureux, il a réussi à parfaitement rouler sur son adversaire du jour... mais :

"Je suis super content d'un côté, parce que le gain est très beau, mais je suis aussi très déçu pour le bracelet. La journée était folle, c'était vraiment incroyable. Je n'ai même pas de mots à mettre sur cette histoire, c'est impossible. C'était fou. Quand je me suis retrouvé en tête à tête, je ne comprenais pas comment j'avais pu en arriver là. Pendant toute la finale, je me disais que chaque palier était plutôt intéressant... et puis je me retrouve à 4 left... 3 left... et à trois joueurs, je savais que j'étais complètement crush. J'ai été chanceux, puisque mes deux adversaires ont disputé ce gros pot (TT vs 43, raconté dans le post précédent), ce qui a créé un nouveau joueur short, et j'ai simplement attendu qu'il bust. Et d'ailleurs c'est contre moi qu'il bust."

chauve

Un tête à tête qui semblait donc bien mal engagé pour Vincent, qui partait avec un désavantage en jetons de quasi 10 contre 1 : "Je me suis dit qu'avec 34 millions, 17bb, j'étais en freeroll presque, en roue libre complète, contre ses 267 millions. Je pensais que je n'avais presque aucune chance de gagner... et pourtant."

Et pourtant, le talent et quelques cartes ont permis de faire le reste :

"Je n'ai pas disputé de pots énormes sur cette table. A trois left en revanche, j'ai pas mal grindé. Et dans le Head's up, j'ai du gagner 80% des coups. Je lui ai marché dessus, vraiment, en tout cas j'en avais la forte impression. Il ne faisait rien du tout. Et puis au retour de la dernière pause, je pensais qu'il commençait à s'adapter enfin un peu, et en fait je pense qu'il a surtout beaucoup touché de jeu."

Vincent est notamment revenu sur une paire de Valets, qu'il a du abandonner à la turn d'un board hauteur Dame. : "J'open 2,5 bb, il paie. Le Flop vient Q72, on check tous les deux. Turn T, il check encore, je mise 17 millions... et il me fait tapis. Vu qu'il a déjà fait ça, avec un draw, je me suis dit qu'il n'allait surement pas le faire deux fois, qu'il avait tout le temps la Dame. J'ai senti en plus un tell de force. Quand il double check vite... Je me suis dit qu'il n'attendait qu'une chose, c'est que je mise. Et comme un con, j'ai misé. Mais bon, j'ai les valets quand même !" Et après vérification sur le stream, le read de Vincent était le bon.

Heureux pour la perf, mais déçu pour le reste, les sentiments contradictoires risquent de quelque peu s'emmeler dans sa tête... jusqu'à ce qu'il trouve une solution miracle pour aller mieux : "Je suis super content d'un côté, parce que le gain est très beau, mais je suis aussi très déçu pour le bracelet. Je pense que de faire des payouts comme celui-ci, c'est bien, mais il faut autoriser le deal alors. Le problème c'est qu'ici il est impossible de deal, et le fait de laisser un million de dollars à la gagne, ça fait des fields beaucoup plus beau certes, mais ça fait aussi des écarts de prix vraiment énorme".

chauve

Vincent Chauve avec son rail. Peu bruyant, mais très studieux et toujours respecteux des autres

Après avoir réalisé qu'il venait de "perdre une petite maison en HU", Vincent a tenté de gardé le positif avant tout. Et le soutien de ses amis dans le rail a également eu sa petite importance.

"Je savais que mon rail était derrière moi, mais un moment donné, je me souviens avoir observé le reste des gradins, et me dire "Les gens n'existent pas, c'est une tapisserie. T'as tes potes derrière, mais tout autour, ce n'est qu'un décor en fait, et il n'y a rien d'autre que les cartes et les jetons sur la table." Tu te mets dans une bulle en fait. J'avais peur parque qu'au début, on nous a expliqué que les écouteurs pour la musique étaient interdits. Ça m'a vraiment gêné de ne pas jouer avec, d'habitude, t'es focus avec ça, et au pire, quand tu prends un sale coup, c'est assez multi-tâches."

Même s'il n'a pas dormi et mangé correctement, Vincent a trouvé une drogue parfaite pour rester éveillé : l'adrénaline. Celle-ci l'a suivi pendant un bon moment aujourd'hui, permettant de ne pas montrer aux autres aussi, qu'il a terminé ce tournoi quelque peu rincé.

"Bon par contre, là maintenant, j'ai envie de boire, et beaucoup !" Et pas que de l'eau, si j'ai bien compris.

tableau

Quand t'es drawing dead à la turn... dommage, le combat entre ces deux joueurs fut magnifique

Résultats de la table finale Vainqueur - Kainalu McCue-Unciano 1 008 850 $ Second - Vincent Chauve 623 211 $ 3e - Gregory Katayama 461 369 $ 4e - Bart Hanson 344 079 $ 5e - Benjamin Ector 258 816 $ 6e - Igor Yaroshevskyy 195 687 $

sasha_Kainalu_McCue-Unciano

Et bien évidemment, saluons la perf' de celui qui me fait une fois plus adorer la fonctionnalité copié/collé, Kainalu McCue-Unciano, qui devient millionnaire grâce à ce tournoi ! Rien que de dire ce mot, "millionnaire", le visage du jeune Américain transpirait le bonheur à chaque fois. Il possédait déjà un demi million de dollars à son palmarès, il va pouvoir y ajouter un petit million supplémentaire. N'enlèvons rien à sa performance qui est évidemment incroyable, mais il n'est pas passé très loin de la correctionnelle. Car il fallait le voir son visage serein et confiant au début du tête à tête, quand il détenait cet avantage de 10 contre 1...

Ivey, Ivey, Ivey !

Phil Ivey large chipleader à l'approche de la bulle Le retour en grâce de l'ex-meilleur joueur de poker au monde Event #58 : Poker Players Championship 50 000 $ (Day 3)

Ivey

Certains l’annonçaient broke, dépassé, affaibli par les rebondissements dans les affaires de triche du Casino de Borgata, et pensaient qu’il ne viendrait même pas à Las Vegas pour participer à cette 50e édition des WSOP. Il n'a été choisi par personne sur la 25k$ Fantasy Draft de Negreanu, tous les participants pensant que c'était du spew de le choisir sans savoir s'il serait là au Rio pendant l'été. Et pourtant, on sait à quel point il peut être performant et assidu s’il se décide à tout jouer pendant les Series.

Quand on a vu Phil Ivey prendre part à un 1 500 $ Bounty en lieu et place du 25 000 $ PLO High Roller début juin, certains observateurs dont je fais partie ont cru à tort qu'il était redevenu un joueur lambda et qu'il ne participerait à aucun gros tournoi du Rio. Et pourtant, depuis, on a retrouvé le Phil des belles années, celui qui s'inscrit sur tous les plus gros tournois de variantes à 10k$, variantes qu'il a jouées pendant des années sur les plus grosses parties de cash-game de la Bobby's Room.

Peu importe les raisons de la présence de Phil Ivey au Rio, à savoir est-ce qu’il est broke et doit absolument se refaire, est-ce qu’il joue pour des stakeurs ou est-ce qu'il a mis l’argent lui-même sur la table, est-il réellement coupable d'avoir profité d'un défaut de fabrication de cartes dans un Casino d'Atlantic City pour gagner plusieurs millions de dollars au Baccara, la seule chose qui nous réjouit, nous observateurs de ces World Series, c’est de voir à nouveau Phil Ivey à une table de poker, comme avant, quand il était ce joueur qui faisait peur à tout le monde et que beaucoup nommaient " le meilleur joueur de poker du monde ".

Aujourd’hui au Rio, Phil Ivey répond présent sur le plus prestigieux tournoi de ces WSOP, le Poker Players Championship sur lequel il n’a pourtant jamais brillé, sa meilleure performance sur l’épreuve restant sa 9e place en 2018 pour 111 447 $. Certes, il avait terminé 3e en 2006, mais ce tournoi était alors disputé en H.O.R.S.E. Il s’agissait d’ailleurs de la première édition, une édition remportée par le légendaire Chip Reese, qui remportait son troisième bracelet 24 ans après son deuxième, suite à un heads-up mythique contre Andy Bloch.

Détenteur de 10 bracelets WSOP, comme Doyle Brunson ou Johnny Chan, Phil Ivey ne semblait plus tellement motivé par cette quête de bracelets, à tel point qu'on ne le voyait que très rarement au Rio ces dernières années. On espérait toujours qu'il pointe le bout de son nez. Je me souviens l'avoir choisi dans une draft l'année dernière et avoir attendu désespérément qu'il prenne part aux épreuves, comme à l'époque où il se battait corps et âme avec Negreanu dans la chasse aux bracelets, avec de nombreux paris à la clef. Au contraire d'un Phil Hellmuth, Ivey n'a gagné aucun de ses 10 bracelets en Hold'em, prouvant qu'il est clairement un joueur de variantes qui excelle depuis des années dans les Mixed Games, que ce soit online, où il a gagné plus de 20 millions de $ entre 2007 et 2011, où en live où il était l'un des plus gros gagnants de la Bobby's Room pendant des année.

Les dix bracelets WSOP de Phil Ivey :

Année Event Gain
2014 1 500 $ 8-Game Mix 166 986 $
2013 2 200 $ Mixed 8-Game 51 840 $
2010 3 000 $ HORSE 329 840 $
2009 2 500 $ Omaha/7-Card Stud Hi/Lo 220 538 $
2009 2 500 $ NL 2-7 Lowball Draw 96 367 $
2005 5 000 $ Pot-Limit Omaha 635 603 $
2002 2 000 $ Limit SHOE 107 540 $
2002 2 500 $ Limit 7-Card Stud Hi/Lo 118 440 $
2002 1 500 $ Limit 7-Card Stud 132 000 $
2000 2 500 $ Pot Limit Omaha 195 000 $

Même s’il m’expliquait tout à l’heure que selon lui, Phil Ivey faisait beaucoup d’erreurs à table et avait largement été rattrapé par des joueurs qui ont beaucoup bossé le jeu, Julien Martini semblait assez admiratif de sa manière d’observer ses adversaires. Plutôt que de regarder les joueurs impliqués dans un coup, Ivey tentait de comprendre ce que les autres joueurs percevaient des joueurs en pleine action, une sorte de manière avancée de comprendre les tells.

A 14 joueurs restants sur le Poker Players Championship, Phil Ivey est chipleader de l’épreuve avec un stack confortable de 4 millions de jetons, loin devant David Oppenheim, Josh Arieh ou Christopher Vitch. A une table qu'il partage avec celui que beaucoup nomment désormais le meilleur joueur du monde, alias Timofey "Trueteller" Kuznetsov, Phil Ivey est bien décidé à prouver au monde entier qu'il sait encore quoi faire avec des cartes, que ce soit en Hold'em, dans les jeux de Stud, en Omaha ou en Deuce-to-Seven.

On regrette de ne plus voir ses fidèles supporters, les Humphreys, toujours présents dans le rail quand Phil Ivey disputait les plus gros tournois des World Series. En effet, triste nouvelle, Pat Humphreys est décédée en début d'année 2019. Plus qu'une supporter, elle était devenue une ami du joueur depuis plus de dix ans.

More than my fans, Pat & Mel Humphries have been my friends for over a decade. pic.twitter.com/p7o5xQjyss

— Phil Ivey (@philivey) July 10, 2014

12 joueurs entreront dans l'argent sur ce Poker Players Championship, avec un beau pactole de 1 099 311 $ pour le vainqueur de l'épreuve, qui succèdera à Michael Mizrachi, vainqueur pour la troisième fois l'an dernier. Deux jours de jeu sont prévus au programme pour connaître celui qui gagnera ce tournoi que beaucoup de joueurs considèrent comme le plus prestigieux de l'été. Et je ne vous cache pas que cette présence de Phil Ivey sur cette dernière ligne droite du tournoi nous émoustille tout particulièrement.

Encore un français runner up :cry:
Malheureusement il a un peu craqué sur le 4bet shove ou il a A8s contre AK sur un des premiers 3b du ricain. D’ailleurs il dit qu’il avait mal évalué le stack de l’américain sur ce coup (il pensait qu’il avait moins).
Sinon pour Ivey et le 50K$ c’est streamé ce soir et demain sur pokergo!

Il y a qui a annoncé que Ivey était broke, apart vous?

Ils ont pas annoncé qu’il était broke.

2020 sera mon année WSOP :heart_eyes:

Les 12 travaux de Phil Ivix

En route vers la table finale Event #58 : Poker Players Championship 50 000 $ (Day 4 - 12 joueurs restants)

Après près d'un mois de WSOP à Las Vegas, un mois de de finales, de bracelets, de joie, de pleurs, de rhumes, de streaming, de cagoule aux machines à sous, de fous rires quand même, de nuits blanches, de... enfin promis on fera un point bien plus tard sur ce Vegas... après un mois de tout ça, on peut annoncer facilement que l'après midi poker qui nous/vous est proposée en streaming live en ce jeudi 27 juin, est certainement la plus belle, la plus passionnante et la plus prestigieuse depuis le début de l'été. Ça, c'est dit.

Mais alors c'est quoi le programme ? Il est simple : on a pris quelques-uns des meilleurs joueurs au monde, on leur a proposé de poser 50 000$ sur la table, et on leur a offert un programme de tournoi avec 8 variantes différentes. Et pour les chauffer un peu, on leur a promis le million de dollar à la gagnae, la TV, la célébrité et leur nom gravé à tout jamais sur un énorme trophée. Il sont 74 à avoir accepter l'invitation cette année.

Aujourd'hui, les 12 dernières joueurs de ce tournoi s'affrontent pour officialiser leur présence sur la table finale, le lendemain. Ils sont 12, une moitié de trop donc, et le patron actuel s'appelle Phil Ivey. Est-ce que l'homme aux 10 bracelets à encore besoin d'être présenté ? Un peu de respect voyons, on ne présente plus Tiger Woords, Lebron James, Roger Federer et Zinédine Zidane me semble-t-il.

En revanche, un petit coup d'oeil à ses adversaires du jour ne pourra faire de mal à personne. Prenons les un par un, en commençant du plus short, à celui qui se rapproche le plus d'Ivey, Ivey, Ivey.

andrew brown 12e - Andrew Brown (210 000)

Si Benjo avait déjà entamé ses 48e WSOP (il a manqué 1963 et 1974, dommage pour le perfect), il aurait surement fait d'Andrew Brown son petit préféré, juste pour le choix du soda, qui a forcément du être accompagné d'un énorme combo #1 double double, les vrais savent. Malheureusement, c'est avec le plus petit tapis du tournoi qu'il tentera de s'incruster tout de même sur cette finale. Le visage d'Andrew Brown n'est pas le plus connu de tous et si par bonheur pour lui, il arrivait tout de même à remporter ce tournoi, il doublerait simplement ses gains en tournois live. Sa hendon mob est assez surprenante, puisqu'en 2018 par exemple, il affiche des ITM sur des tournois à 5 000 $ et 3 000 $, mais aussi sur des 100 $ et 160 $. Vous l'aurez compris, ce petit génie des cartes officie surtout online, sous le pseudo "Browndog19" avec lequel il semble avoir gagné bien plus d'argent qu'en live. Un jeune homme qui connait le gout de la victoire mais a qui il faudra un peu de réussite pour remonter la pente.

jungleman11e - Daniel Cates (319 000)

"Jungleman", alias Mini Bilzerian, est également l'un des visages les plus connus du field. Telle une moule agrippée à son rocher, il ne lâche toujours rien depuis le tournoi, alors qu'il avait pourtant pris un départ assez catastrophique. Pendant un moment, pas mal de joueurs du tournoi l'observaient de près, pensant vraiment qu'il allait offrir ses 50 000 $ just like that, et disparaitre de ce 50k$ par la petite porte, éliminé en premier. C'est mal connaitre l'animal, qui quand il est déterminé, et une véritable bête dangereuse. Lui non plus n'a pas beaucoup de jetons, et bien qu'il semble s'en accomoder depuis plusieurs jours, il va tout de même falloir rapidement trouvé une solution pour avoir une chance de poser sur les photos de la finale demain.

chris vitch10e - Chris Vitch (623 000)

Le sosie de merde officiel de Tahiti Bob est toujours dans la course et ça ne surprendra absolument personne. Alex Luneau, plutôt avare en compliments sur ses adversaires, n'en manquait rarement à l'égard de cet Américain, déjà détenteur de deux bracelets WSOP, sur un Stud à 10 000 $ et un Mixed Triple Draw Lowball à 2 500 $. Rajoutez lui un million de jetons en plus à son stack, et vous aurez l'un des joueurs favoris de ce tournoi... et même avec un tapis de 623 000, il n'en restera pas moins l'un des joueurs les plus dangereux du field.

talal shakerchi9e - Talal Shakerchi (785 000)

Plus de 7 millions de dollars de gains en tournoi live pour l'Anglais Talal Sharkerchi, pas forcément toujours gagnant, mais très souvent bien placé. Businessman dans la vie, Sharkerchi aime l'idée de passer pour un récréatif au milieu de tous ces jeunes loups, mais il n'en reste pas moins un amateur très éclairé, qui n'en est pas à son premier coup d'essai. 13e en 2017, il améliore déjà son meilleur résultat, et bien qu'il ne fasse pas partie des favoris, il aura forcément un coup à jouer aujourd'hui.

john esposito8e - John Esposito (1 200 000)

Encore un visage loin d'être jeune, dans les dernières places de ce Players Championship, avec celui de John Esposito. Vainqueur d'un bracelet WSOP à une époque où aucun des couvreurs Winamax n'avait encore l'âge de rentrer dans un casino (1999). Esposito est comme un parrain à table, très intéressant à observer, tant on se croirait dans un film. Un type qui a l'air sympa mais qui a surtout l'air d'avoir réussi à passer à travers les âges pour continuer de gambler au haut niveau. 70e sur près de 6000 joueurs sur le Seniors Event (celui ou Jean René Fontaine termine second), encore une preuve que derrière cette peau bien bronzée, il existe quelques bons restes bien ancrés.

philip hui7e - Philip Hui (1 540 000)

Jeune Américain régulier du circuit dans son pays, Philip Hui ne doit pas être du genre à trop aimer l'avion. Sur ses 150 résultats en carrière, on y aperçoit seulement trois résultats hors de ses frontières. Et encore, c'était au Canada et aux Bahamas. Il réalise à l'occasion de ce tournoi, son 9e ITM de l'été aux WSOP. S'il atteint l'ultime table de ce Players Championship, il s'agira de sa 3e finale des World Series. 21e au classement Player Of the Year de ces Series 2019, on a juste sous nos yeux, un jeune homme inconnu par chez nous, mais semble-t-il bourré de talents avec pas mal de cartes en mains. Son plus gros cash en carrière s'élève à près de 287 000 $, un chiffre qui devrait rapidement disparaitre grâce à ce tournoi.

dario sammartino6e - Dario Sammartino (1 721 000)

L'idole des femmes est beau, souriant, gentil, Italien et il joue plutôt bien au poker dans toutes les variantes. Jaloux moi ? Pas du tout. Dario peut désormais s'installer sur n'importe quel tournoi de variantes, on le regarde forcément avec un oeil très intéressé. Le copain est silencieux, mais terriblement efficace, le genre de tueur à gage au sang froid remarquable. A part ça, Dario est numéro 2 de la All Time Money List Italy, juste derrière le Team Pro Winamax Mustapha Kanit, et même s'il venait à inscrire son nom sur le trophée à la fin du tournoi, il lui faudra encore grinder un peu pour faire trembler lasagnaaammm parfaitement installé sur son trône de patron depuis des années.

david oppenheim
5e - David Oppenheim (2 108 000)

L'Américain fait partie de ces quelques joueurs qui ne sortent de leur grotte que pour disputer ce genre de tournoi. Ses trois derniers résultats en tournoi live remontent d'ailleurs à 2015, 2012 et 2011. Et en 2012, il n'a d'ailleurs qu'un seul cash sur l'année, sur... ce Players Championship, 9e, alors qu'en 2010, il s'était incliné en 3e position. Là encore, vous l'aurez compris, cette ancienne figure de Full Tilt Poker est un vieux roublard qui doit rouler sa bosse bien plus en cash qu'en tournoi. Et qui doit être comme un poisson dans l'eau sur ce tournoi.

shaun deeb4e - Shaun Deeb (2 450 000)

Joueur de l'année aux WSOP l'an passé, Shaun Deeb avait croisé le fer avec notamment Romain Lewis tout l'été, pour finir par l'emporter. S'il y a des joueurs qu'on ne devrait plus trop présenter, Shaun Deeb en fait partie. 6,4 millions de dollars de gains, 4 bracelets WSOP, et déjà un 3e ITM consécutif sur ce tournoi, Shaun Deeb a déjà gouté aux joies de la table finale cette année, terminant runner up d'un Dealer Choice à 10 000 $. Très clairement parmi les favoris pour au moins atteindre la table finale ce soir.

bryce yockey3e - Bryce Yockey (2 386 000)

Vous aimez les "reg ricains" ? Laissez moi vous présenter Bryce Yockey alors. Vainqueur d'un bracelet, sur un PLO8 à 10 000 $, dans lequel on avait notamment suivi Michel Abecassis, Bryce a déjà réalisé 42 cashs sur les WSOP (avec celui-ci) et atteint 8 tables finale en carrière ! Cette année, il a terminé 8e du tournoi remporté par Adam Friedman, et va tenter d'aller décrocher son plus gros gain ever sur ce tournoi. Il lui faudra pour cela atteindre au moins le Head's Up final, ce qui ne semble pas complètement impossible, tant il affiche depuis le début de ce tournoi une certaine régularité qui pourrait en effrayer plus d'un demain. Si jamais il atteint la finale...

josh arieh2e - Josh Arieh (4 029 000)

On termine ce tour des présentations par un joueur qui trône tout en haut du chipcount depuis le tout début de ce tournoi, Josh Arieh. Auteur de la première élimination de ce tournoi, Josh Arieh n'a jamais rien lâché depuis, poursuivant une progression nette et constante. Avec plus de 4 millions de jetons dans la besace, et plus de 7 millions de dollars de gains en carrière, Josh Arieh est un vieux roublard qui connait la route pour soulever le bracelet et faire résonner l'hymne national, lui qui a déjà deux bracelets à son poignet, glanés en 1999 et 2005. Ouais, une autre époque, un autre temps, mais 20 ans plus tard, les règles du Stud et du Razz n'ont pas changé, alors que l'expérience d'Arieh elle, s'est bien accumulée.

Les gains distribués aujourd'hui : 7e - 124 410 $ 8e - 124 410 $ 9e - 93 764 $ 10e - 93 764 $ 11e - 72 078 $ 12e - 72 078 $

Une nouvelle table finale du PPC sans Phil Ivey

La table finale du tournoi le plus prestigieux de l'été est avancée Josh Arieh est chipleader, devant Bryce Yockey et Phillip Hui Phil Ivey échoue aux portes de la TF comme l'an dernier Event #58 : Poker Players Championship 50 000 $ (Day 4)

Phil Ivey

Si on m’avait dit au début de la journée que la table finale du Poker Players Championship 2019 se passerait sans Phil Ivey, j'aurais bien rigolé. En effet, celui que beaucoup considéraient comme le meilleur joueur du monde il y a quelques années, l’homme aux 10 bracelets, entamait le Day 4 avec le chiplead et surtout 96 blindes devant lui (48 big bets pour les jeux en Limit), autant dire qu'il y avait de grandes chances qu'il conserve quelques jetons pour la grande finale de demain. Et pourtant, tout est allé de travers pour Phil Ivey qui a simplement perdu tous les coups dans lesquels il était impliqué aujourd’hui, terminant 8e pour 124 410 $. Il avait déjà échoué aux portes de la table finale l’an dernier, 9e de l’épreuve remportée pour la troisième fois par Michael Mizrachi.

Parmi les joueurs qui n'ont pas réussi à atteindre cette ultime table de ce Poker Players Championship à 50 000 $ sur lequel 8 variantes du Poker sont proposées aux joueurs (No Limit Hold'em, Pot-Limit Omaha, Stud, Stud Hi-Lo, Razz, 2-7 Triple Draw, Omaha Hi-Lo et Limit Hold'em), Andrew Brown (12e), qui n'avait que trois big bets à la reprise ce midi, le businessman Talal Shakerchi (11e), Christopher Vitch (10e), Dario Sammartino (9e) et David Oppenheim (7e), qui a résisté longtemps avant de devenir le bubble-boy de cette table finale, suite à plusieurs coups successifs perdus en Omaha Hi/Lo.

Sans Phil Ivey, cette table finale s’annonce moins passionnante sur le papier avec « seulement » 9 bracelets détenus par les 6 finalistes de l’épreuve, dont 4 pour le seul Shaun Deeb, Player of the Year en 2018. On se souvient que la table finale de l'an dernier s'annonçait tout de même beaucoup plus sexy sur le papier avec Dan Smith, Michael Mizrachi, John Hennigan, Mike Leah ou Benny Glaser.

Esposito_Arieh
John Esposito et Josh Arieh

Le chipleader à l’entame de cette table finale sera l’américain Josh Arieh, qui avait obtenu son premier bracelet lors de son premier ITM sur les World Series en … 1999, avec une victoire sur un 3 000 $ Limit Hold’em. Surtout connu pour ses talents de joueur d’Omaha, variante sur laquelle il a obtenu une grande partie de ses résultats sur les WSOP, Josh Arieh est également un habitué des grosses parties de cash-game en mixed-games. Et il sera clairement un gros client demain pour la victoire.

Même s’il démarrera la table finale en position de short-stack, on espère que le spectacle viendra du trublion Dan « Jungleman » Cates, le seul joueur à ne pas détenir de bracelet WSOP sur cette table. Ce n'est que son deuxième cash sur les WSOP, après sa 775e sur le Main Event en 2015. De manière assez amusante, Daniel Cates avait raconté au reporter Remko son rêve prémonitoire dans lequel il avait vu des chouettes le conduire vers la victoire et l'avait incité à participer à l'épreuve plutôt qu'à rester dans la Bobby's Room. Après avoir passé une grosse partie du tournoi short-stack, "Jungleman" aura demain une belle opportunité de concrétiser tout son talent sur ce prestigieux tournoi.

Cates_Hui
Shaun Deeb et Bryce Yockey

Si Shaun Deeb fait partie des favoris malgré son petit tapis, certains observateurs m'assurent qu'il est largement ev- sur un field comme celui du 50k$. Par contre, Bryce Yockey, encore méconnu malgré des résultats très probants sur les WSOP avec 1 bracelet sur le 10k$ Pot Limit Omaha Hi/Lo en 2017, 8 tables finales et 41 places payées pour 1,7 millions de $ de gains live, a les faveurs des regs qui l'annoncent comme l'un des sérieux candidats à la succession de Michael Mizrachi au palmarès de l'épreuve.

Du côté des outsiders, Phillip Hui, le petit amie de la grindeuse Loni Harwood, grinder de l'ombre peu habitué à des buy-ins aussi chers, mais qui cumule 38 places payées sur les WSOP et un bracelet acquis sur une épreuve d'Omaha Hi/Lo à 1 500 $ en 2014, entamera la partie avec le 3e tapis. Quant à John Esposito, également vainqueur d'un bracelet, mais au siècle dernier, il sera clairement le poil à gratter de cette table finale, lui qui a atteint huit fois l'ultime table d'un tournoi sur les World Series, et surtout en variantes.

Quoiqu'il se passe demain à partir de midi dans l'Amazon Room, un nouveau champion sera couronné sur l'épreuve la plus prestigieuse des World Series qui certes n'a attiré que 74 joueurs, mais la crème de la crème des joueurs de variantes. Le vainqueur repartira avec le trophée de ce Poker Players Championship, trophée en hommage au premier vainqueur de l'épreuve, Chip Reese, accompagné d'un beau chèque de 1 099 311 $, faisant de lui le sixième millionnaire de cette 50e édition des World Series of Poker.

Trophee

Composition de la table finale : reprise sur les limites 100k/200k

Siège 1 - Shaun Deeb (USA) 2 485 000 Siège 2 - Bryce Yockey (USA) 4 465 000 Siège 3 - Dan Cates (USA) 1 260 000 Siège 4 - Phillip Hui (USA) 4 135 000 Siège 5 - John Esposito (USA) 3 630 000 Siège 6 - Josh Arieh (USA) 6 220 000

Les prix restants à distribuer : Vainqueur : 1 099 311 $ Runner-up : 679 426 $ 3e : 466 407 $ 4e : 325 989 $ 5e : 232 058 $ 6e : 168 305 $

Les résultats du Day 4 : 7e : David Oppenheim (USA) 124 410 $ 8e : Phil Ivey (USA) 124 410 $ 9e : Dario Sammartino (Italie) 93 764 $ 10e : Christopher Vitch (USA) 93 764 $ 11e : Talal Shakerchi (Royaume-Uni) 72 078 $ 12e : Andrew Brown (USA) 72 078 $

Et si on parlait un peu de Razz ?

Le tenant du titre Calvin Anderson fait la bulle 22 bracelets détenus par les finalistes de l'épreuve Le leader du Player of the Year Daniel Zach est chipleader Event #62 : Razz Championship 10 000 $ (Table Finale)

Table finale

Alors que j’étais plein d’entrain pour vous raconter quelques mains de Razz - et oui, j’aime beaucoup ce jeu un peu désuet où il faut faire la moins bonne main, A2345 constituant le meilleur jeu - j’aperçois deux randoms ricains en train de jeter un oeil à la table finale en train de se monter.

« Hey, let’s rail the Razz bro ! - No, it’s a shitty game. - Ok. »

Un peu déçu de voir ces deux ricains critiquer cette épreuve passionnante qui a réuni 119 joueurs cette année (116 en 2018), je vais enfoncer le clou en vous racontant une petite hand history.

On est alors en demi-finale sur les limites 20k/40k. Il reste deux tables de cinq. Sur la table secondaire, Dan Zack, le leader du Player of the Year, est accompagné par David Bach, Daniel Negreanu, Marco Johnson et le petit nouveau George Alexander.

Commençons par une première main entre George Alexander et Daniel Negreanu :

George Alexander : X-X / 2-5-T-3 / X Daniel Negreanu : X-X / 7-8-7-T / X

Tout commence par un bring-in chez David Bach, qui possède une Dame affichée. Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce jeu, le bring-in est une mise forcée qui doit être postée par le joueur qui possède la carte la plus élevée. Le joueur à sa gauche est le premier à parler pour le premier tour de parole. Il peut soit payer le bring-in (5k ici sur les limits 20k/40k) ou "complete", c'est-à-dire relancer en plaçant ici une mise à 20k (le joueur qui doit poser le bring-in pourrait aussi complete directement, mais ça n'arrive pas si souvent). Le tour de jeu continue ainsi jusqu'au bring-in qui sera le dernier à parler.

Sur le coup en question, George Alexander a "complete" avec son 2 affiché et Daniel Negreanu s'est contenté de payer avec son 7, David Bach a vite rendu sa dame et ses deux cartes privatives au croupier.

Sur la quatrième street, la parole est au joueur qui dispose du meilleur jeu affiché. C'est donc à George Alexander de parler puisque son board affiche 2-5, soit un meilleur jeu que Daniel Negreanu et son 7-8. Alexander bet 20k et Negreanu paye.

Sur la cinquième street, on passe à ce qu'on appelle le big bet. C'est à dire qu'ici la mise minimale passe à 40k. Alexander continue de miser avec son T et Negreanu paye encore.

Sur la sixième street, même séquence de mise, 40k chez Alexander et call chez Negreanu.

La septième carte que reçoivent les deux joueurs est cachée et entraîne une nouvelle séquence de mise, toujours débutée par le joueur qui présente le meilleur board (ici, Alexander). Il place sa dernière enchère et Negreanu paye encore.

George Alexander annonce "Ten" et montre un As, la seule de ses cartes cachées qui l'aide à faire un T-5-3-2-A, loin derrière le 8-7-4-3-2 de Daniel Negreanu, qui était à tirage jusqu'à la dernière où il a donc trouvé un 2, ses deux cartes cachées étant un 4 et un 3.

J'espère que cette main vous a aidé à comprendre un peu mieux les principes très simples du Razz. Il s'agit d'un jeu qui paraît simple à première vue, parce qu'on peut avoir une idée assez précise d'où on se situe par rapport à ses adversaires, avec toutes les informations révélées par les cartes exposées, mais avec énormément de subtilités que je ne vous détaillerais pas ici, mais que vous pouvez imaginer, comme la mémorisation des cartes foldées des adversaires, les fréquences où l'on doit raise, les manières de bluffer sur les cartes cachées qu'on possède pour voler des pots, l'interprétation des tells pour savoir si un adversaire a fait une paire ...

Un casting en or pour la table finale

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce jeu plaît beaucoup aux collectionneurs de bracelets WSOP. Sur la table finale, on en dénombre 22, dont 6 pour Daniel Negreanu et Chris Ferguson. Un seul joueur n'est jamais parvenu à remporter un bracelet sur les 9 joueurs qui composent cette table finale, George Alexander.

Daniel_Zach

Daniel Zach

L'an dernier, Calvin Anderson s'était sur cette épreuve, gagnant son deuxième bracelet WSOP, mais cette fois, c'est lui qui a fait la bulle de la table finale.

Cette année, le chipleader à l'entame de cette table finale n'est autre que le leader actuel du classement Player of the Year, Daniel Zack, qui a une occasion en or de distancer ses poursuivants, d'autant que Shaun Deeb, en ballotage favorable avec sa table finale sur le 50k$ Players Championship, a été éliminé en 4e position de l'épreuve.

Zhigalov_Seiver

Andrei Zhigalov et Scott Seiver

Sur cette table finale, on retrouve beaucoup de grands noms du poker mondial, comme Daniel Negreanu, Scott Seiver, David Bach, Chris Ferguson, mais aussi de grands spécialistes de la variante, comme Andrei Zhigalov, que Julien Martini me décrivait comme "le grand favori de l'épreuve", ou André Akkari et Marco Johnson.

Composition de la table finale (limites 25k/50k):

Place Nom Pays Chip-count
1 Chris Ferguson Etats-Unis 715 000
2 David Bach Etats-Unis 237 000
3 Dan Zack Etats-Unis 1 632 000
4 George Alexander Etats-Unis 563 000
5 Andre Akkari Brésil 269 000
6 Andrey Zhigalov Russie 1 426 000
7 Marco Johnson Etats-Unis 110 000
8 Daniel Negreanu Canada 873 000
9 Scott Seiver Etats-Unis 1 117 000

Anderson

Calvin Anderson, bubble-boy de la table finale

En plus du bracelet tant convoité, le vainqueur de l'épreuve repartira avec un beau pactole de 300k$, de quoi apprécier encore plus de faire des "wheels", cette fameuse main qui va de l'As au cinq et qui représente le jeu max en Razz.

Phil Hui remporte le Poker Players Championship

Le grinder de l'ombre remporte la plus prestigieuse épreuve des WSOP Il encaisse 1 099 311 et remporte son deuxième bracelet Event #58 : Poker Players Championship 50 000 $ (Finale)

Hui_Win

Des six joueurs présents au départ de cette table finale du Poker Players Championship, c’était sans doute le moins attendu, coincé entre la superstar des high-stakes online Daniel « Jungleman » Cates, le vainqueur du Player of the Year 2018 Shaun Deeb ou la légende Josh Arieh. Et pourtant, après un heads-up dantesque de près de cinq heures contre Josh Arieh, c’est Phillip Hui qui soulève le remporte le bracelet le plus prestigieux de l’été, succédant au palmarès de l’épreuve à l’ogre Michael Mizrachi, et remportant 1 099 311 $ pour son plus gros cain en carrière.

Grinder de l’ombre, encore méconnu du grand public malgré 149 places payées sur le circuit live depuis ses débuts en 2009, Phillip Hui est pourtant un expert en variantes depuis de nombreuses années.

D’abord joueur de No Limit Hold’em pendant ses premières années sur le circuit, où il accumule les places payées sur le circuit parallèle des WSOP-Circuit, lors de tournois à 365 $ l'entrée, Phil se met prograssivement à l’Omaha et empoche en 2014 son premier bracelet sur le 3 000 $ Omaha Hi/Lo pour 286 976 $.

C’est en 2015 que les plus fins observateurs du poker commencent à reconnaître son talent dans les mixed games, quand il réalise 3 places d’honneur sur les Series dans des épreuves de spécialistes, finissant 10eme du 2-7 Triple Draw à 1 500 $, 10e du Seven-Card Stud Hi/Lo à 10 000 $ et 11e du H.O.R.S.E Championship à 10 000 $.

En 2017, il passe à un cheveu d’un nouveau bracelet en terminant runner-up du 3 000 $ H.O.R.S.E pour 158k$ avant de connaître une année plus compliquée sur le circuit en 2018.

Cette régularité sur le circuit WSOP se confirme en 2019 où il se rapproche dangereusement de la première place du classement du Player of the Year, avec 9 places payées, 4e sur le 1 500 $ H.O.R.S.E pour 63 860 $, 7e sur le 10 000 $ Dealers Choice Championship pour 38 238 $, 3e sur le 2 500 $ Mixed Big Bet pour 51 346 $ et donc vainqueur sur le 50 000 $ Poker Players Championship pour 1 099 311 $.

Hui_Harwood

Petit ami de Loni Harwood, qui détient elle aussi deux bracelets, et écume le circuit depuis des années, Phillip Hui est le prototype du grinder américain habitué à tout jouer, pour gagner de l’expérience et apprendre à devenir meilleur jour après jour.

Après sa victoire, il nous confiait que cette performance est surtout le résultat d’un travail acharné. " Je me sens très à l'aise dans les mixed games. J'ai beaucoup travaillé le PLO et le No Limit Hold’em, grâce à l'aide de ma petite amie Loni, que je considère comme l'un des meilleurs joueurs du circuit. Je pense avoir un avantage vis-à-vis de mes adversaires dans les jeux de limit, j’ai essayé de réduire au maximum la variance dans les autres jeux. J’ai travaillé très dur ces derniers mois, jouant de nombreux tournois à faible buy-in pour préparer ce moment. L'été dernier a été très mauvais pour moi. C'était la première fois où j’ai perdu beaucoup d’argent pendant une année. J’ai commencé à travailler, à étudier le jeu, à m’améliorer. J'ai regardé tous les replays de PokerGO où figuraient les meilleurs joueurs de Mixed Games : Shaun Deeb, Phil Ivey, autant de joueurs que j'admire. Tout cela m'a beaucoup aidé. En août dernier, je participais à des tournois NLHE à 150 $ pour apprendre et progresser. Aujourd’hui, j'ai gagné le Poker Players Championship. Ce qui se passe est fou. J'aimerais avoir les mots pour décrire ce sentiment. C'est mon rêve, le tournoi que j'ai toujours voulu gagner, encore plus que le Main Event. Bien évidemment, gagner le Main Event serait fantastique, mais c’est ce tournoi que j’ai toujours voulu gagner. Il faut savoir jouer dans toutes les variantes. C'est un rêve devenu réalité. "

I’M THE FUCKING 2019 POKER PLAYERS CHAMPION pic.twitter.com/Zz6DLJGCAO

— Phil Hui (@KungPhui) June 29, 2019

Comme souvent sur ce tournoi, le tête-à-tête finale a duré de longues heures, Phillip Hui et Josh Arieh se rendant coups pour coups dans les huit variantes proposées. L’avantage était de 3 pour 1 pour Josh Arieh au début du heads-up, mais Phil Hui est parvenu à combler son retard, avant de voir de nouveau son tapis fondre, puis retrouver un deuxième souffle pour prendre enfin l'ascendant sur son adversaire.

Heads-Up

Tout s’est terminé sur une main de Deuce-to-Seven Triple Draw, après que Josh Arieh ait doublé une première fois son short-stack. Phillip Hui décide de rester « Pat » sur le dernier draw avec 9-5-4-3-2 en main, tandis que Josh Arieh tire encore deux cartes avec 6-5-2. Il reçoit alors un 3 et va donc devoir trouver un 7 ou un 8 pour survivre, mais c’est finalement un As qui viendra cloturer ce heads-up de cinq heures.

Arieh

Josh Arieh, dont la première ligne Hendon Mob remonte à sa victoire sur le 3 000 $ Limit Hold’em des WSOP et dont le fait d’arme le plus marquant remonte à l’année 2004, quand il avait terminé 3e du Main Event des WSOP remporté par Greg Raymer, doit se contenter d’une belle place de runner-up, lui qui avait fini 13e en 2011 lors de la victoire de Brian Rast.

Phillip Hui reviendra brièvement sur ce heads-up à notre micro : " Je ne peux pas me plaindre. Les croupiers m’ont donné beaucoup de bonnes cartes. Josh Arieh a très bien joué les mains de PLO et de NLH. En fait, on m'a dit qu’il m’avait 5-bet avec 10-4 ou une main de ce type, alors ma stratégie a été d'essayer de jouer surtout des petits pots, de réduire la variance, de prendre mon temps et de tirer le maximum de ma confiance sur les jeux en limit. Je pense que c'était le meilleur moyen pour gagner. "

Désormais, Phillip Hui a les yeux rivés vers le classement du Player of the Year. " Je veux me battre pour gagner le titre de joueur de l'année. Disons que c'était déjà mon objectif principal lorsque je suis arrivé à Las Vegas cet été. "

Retour sur la table finale du Poker Players Championship

Cates_Hui

Démarrant la table finale avec le plus petit tapis, Dan « Jungleman » Cates est le premier à abandonner son rêve de victoire sur ce 50k$ Championship. C’est sur une main de PLO que la terreur des High-Stakes a pris la porte. Suite à une ouverture à 130k de John Esposito, Josh Arieh paye de petite blinde, et Dan Cates défend sa grosse blinde.

Sur le flop 7Q6, Cates annonce « Pot » et place 415k devant lui. Arieh relance à son tour à hauteur du pot, mettant Cates à tapis. C’est payé très rapidement.

Les jeux : Dan Cates : J975 Josh Arieh : AT84

Même si Cates est pour l’instant devant avec sa paire de sept, les deux joueurs possèdent de nombreuses pistes d’améliorations avec leurs tirages couleur et quinte, Josh Arieh étant largement favori pour l’emporter. Le 2 apporte la couleur à Josh Arieh et scelle le sort de Dan Cates en 6e place de ce PPC, bon pour 168 305 $, son meilleur résultat à ce jour sur les WSOP, mais pas de quoi enthousiasmer cet habitué des grosses parties de cash-game de la Bobby’s Room. Interrogé à la sortie, Dan Cates dira simplement que les dieux du poker n'ont pas été avec lui sur cette finale, et qu'il allait profiter de son élimination pour rejouer en cash-game.

Deeb

C’est ensuite au tour de Shaun Deeb de prendre la porte sur cette table finale du PPC, sur un coup de Omaha Hi/Lo. Phillip Hui relance au cut-off, est payé par John Esposito au bouton et Shaun Deeb complète de grosse blinde. Sur le flop 4A5, Deeb se retrouve à tapis avec le peu de jetons qu’il lui reste et T874 en main, pas vraiment favori face au AK62 de John Esposito.

Un 8 sur la turn et un 3 sur la rivière plus tard et Shaun Deeb pouvait dire adieu à ses rêves de victoire, terminant 5e pour 232 058 $. Grâce à cette performance, l’américain se replace à la deuxième place du classement Player of the Year, juste derrière Daniel Zack.

Yockey

Démarrant la table finale avec le 2e tapis, Bryce Yockey échoue au pied du podium, après une main de 2-to-7 particulièrement difficile à encaisser contre le chipleader Josh Arieh, une main qui a été déjà fait couler beaucoup d'encre - ou de tweets - dans la planète poker, puisque Bryce Yockey avait 99,84% de chances de gagner cette main selon les spécialistes.

Pour a little out for the homie Bryce Yockey. The worst beat I've ever seen. You'll be back Bryce pic.twitter.com/NOnFdOPH2c

— Nick Schulman (@NickSchulman) June 29, 2019

Avec le deuxième jeu max servi en Deuce-to-Seven, soit 7-6-4-3-2, il annonce « Pat » et voit Josh Arieh changer deux cartes (avec A-Q-6-5-3 en main), puis une (avec Q-6-5-3-2), puis une (avec 6-5-4-3-2), le tout pendant une séquence de mise où Bryce Yockey met son tapis en jeu. Après ces trois tirages, Josh Arieh termine avec la meilleur main de ce jeu, 7-5-4-3-2, un scénario rocambolesque et sans doute très compliqué à digérer tellement ce bad beat d'une autre planète intervient sur un des moments les plus importants de la carrière de Bryce Yockey. Même si ce coup irréel lui restera pendant longtemps en travers de la gorge, Bryce Yockey se souviendra qu'il avait doublé à plusieurs reprises avant cette élimination brutale et était en danger depuis un bout de temps à 4 left. Bryce Yockey termine donc à la 4e place de ce PPC pour un gain de 325 989 $, pour sa 9e table finale de WSOP.

Esposito 2

Probablement le joueur le moins au point techniquement sur cette table finale, John Esposito va à son tour subir le run de Josh Arieh. Les deux joueurs partent à tapis en PLO sur un flop 8K7, Esposito révèle son AAK4, mais Arieh a trouvé deux paires sur flop avec K764 en main. Rien ne vient sauver John Esposito termine donc sur la troisième marche du podium, bonne pour 466 407 $, son meilleur résultat financier à ce jour, lui qui avait rapporté un bracelet sur un 2 500 $ Limit Hold’em au siècle dernier, il y a vingt ans déjà.

Le heads-up final entre les deux hommes débute avec un large avantage en jetons pour Josh Arieh, 16,2 millions contre 6 millions chez Phil Hui. Après plus de 5 heures de mano à mano entre les deux hommes, c'est Phillip Hui qui en sortira vainqueur, après une dernière main disputée en 2-7 Triple Draw.

Les résultats du 50 000$ Poker Players Championship :

Vainqueur : Phillip Hui (USA) 1 099 311 $ Runner-up : Josh Arieh (USA) 679 426 $ 3e : John Esposito (USA) 466 407 $ 4e : Bryce Yockey (USA) 325 989 $ 5e : Shaun Deeb (USA) 232 058 $ 6e : Dan Cates (USA) 168 305 $ 7e : David Oppenheim (USA) 124 410 $ 8e : Phil Ivey (USA) 124 410 $ 9e : Dario Sammartino (Italie) 93 764 $ 10e : Christopher Vitch (USA) 93 764 $ 11e : Talal Shakerchi (Royaume-Uni) 72 078 $ 12e : Andrew Brown (USA) 72 078 $

Seiver mais juste

Scott Seiver remporte son troisième bracelet WSOP Event #62 : Razz 10 000 $ (Day 4 et Heads-up final)

Scott Seiver

Plus de 23,5 millions de dollars de gains en tournois live amassés depuis 2006, une 18e place au sein de la All-Time Money List (juste devant Phil Hellmuth), un statut de joueur redouté aux tables les plus chères de la planète sur n'importe quelle variante et désormais trois bracelets WSOP à son poignet : année après année, Scott Seiver continue d'impressionner la planète poker. Aujourd'hui, il lui a fallu environ 90 minutes pour venir à bout d'Andrey Zhigalov sur le heads-up final du tournoi de Razz à 10 000 $ l'entrée. Onze ans après son premier sacre sur un tournoi de No-Limit Hold'em à 5 000 $ et presque douze mois jour pour jour après s'être offert le Limit Hold'em Championship, le natif de l'Ohio parfait un peu plus son palmarès aux World Series, lui qui avait atteint la table finale du Big One for One Drop à un million de dollars en 2014.

Une performance d'autant plus remarquable que l'ami Scotty sort de moins en moins de son fief de Las Vegas, passant son temps entre cash game, les WSOP l'été et, de temps en temps, quelques-uns des plus gros High Rollers de l'Aria. "Il y a tellement de parties de cash game intéressantes ici, que je me sens obligé d'alterner, a expliqué le champion du jour à nos confrères de WSOP.com. Quand je ne fais que du cash, je me grille trop vite. Quand je ne fais que des tournois, je me grille trop vite. Je ne sais pas trop comment l'expliquer, mais mon cerveau semble séparé en deux entités distinctes. Donc dès que l'un des deux formats me fatigue, je passe à l'autre."

Andrey Zhigalov

Le scénario final menant à son titre est lui aussi atypique, Seiver étant tombé à moins de deux petits big bets lors d'une longue phase de 3-handed, avant de remonter à la force du poignet, se chargeant lui-même d'éliminer l'homme le plus détesté de la planète poker, Chris Ferguson (3e, 131 194 $), pour combler ensuite petit à petit l'écart le séparant de Zhigalov (photo).

Considéré hier par Julien Martini comme le favori de ce tournoi, le Russe, déjà couronné l'an passé sur une épreuve de H.O.R.S.E. à 1 500 $, s'est fait manger par son meilleur ennemi américain, mais repart tout de même avec 186 293 $ et une aura renforcée auprès des spécialistes comme des observateurs. La conclusion de ce tournoi est aussi l'occasion de faire un nouveau point sur le Classement Player of the Year de ces WSOP, puisque Dan Zack profite de sa quatrième place pour repasser devant le vainqueur du Poker Players Championship Philip Hui. Avec tout juste 90 points d'écart entre les deux hommes, ainsi que des pointures comme Shaun Deeb et Scott Clements en embuscade juste derrière, on peut être certains que la lutte sera acharnée jusqu'à la toute dernière journée.

10K Razz HU

Un heads-up final qui s'est joué dans un coin de l'Amazon Room et non pas sur le podium télévisé principal, actuellement en travaux pour accueillir le Main Event à partir de mercredi prochain. Tant mieux pour le rail, bien fourni, qui a pu observer au plus près ces deux champions se battre pour le bracelet.

WSOP Event #62 Razz 10 000 $ - Résultats de la finale 116 entrées - Prizepool 1 090 400 $

Vainqueur : Scott Seiver (USA) 301 421 $ 2e : Andrey Zhigalov (Russie) 186 293 $ 3e : Chris Ferguson (USA) 131 194 $ 4e : Daniel Zack (USA) 94 305 $ 5e : Daniel Negreanu (Canada) 69 223 $ 6e : Andre Akkari (Brésil) 51 911 $ 7e : David Bach (USA) 39 788 $ 8e : George Alexander (USA) 31 185 $