WSOP 2019 - A la Une

World Series of Poker 2019, la cinquantaine fringante

Les World Series of Poker ont 50 ans Plus de 40 jours de reportage à suivre dès aujourd'hui

Devanture WSOP

Habituellement, lorsque l’on débarque à Vegas pour couvrir les World Series of Poker début juin, on se met timidement dans le bain en cherchant les premiers français inscrits, on commence à repérer les habitués qui seront in dans tout dans l’espoir de ramener un bracelet à la maison, on prépare le terrain pour les 45 jours de coverage à venir en profitant du fait que les championnats du monde sont encore en mode Diesel. Mais pas cette fois ! C’est en pleine folie du Big50 que l’on démarre cette 50ème édition des World Series of Poker. Après les 4 premiers flights de ce nouveau tournoi à 500 $ organisé pour célébrer le 50ème anniversaire des WSOP, on peut déjà annoncer qu’il s’agit du plus gros tournoi de poker de l’Histoire avec plus de 28 000 inscriptions (les chiffres officiels ne sont pas encore connus) battant à plate couture le précédent record détenu par la première édition du Colossus en 2015 avec 22 374 entrées.

File d'attente
Bienvenue sur les World Series of File d'Attente

C’est dans un Rio bondé que je mets donc les pieds pour la première fois en 2019 dans le but d’aller chercher mon accréditation, pour cette édition anniversaire qui devait être l'année de tous les records. 89 bracelets seront distribués cet été à Las Vegas, soit 11 de plus que sur l'édition 2018, où les Français ont enfin renoué avec la victoire, avec deux bracelets glanés en début de festival par Julien Martini sur l’Event #5 : Omaha Hi-Lo 1 500 $ et William Reymond sur l’Event #10 : WSOP.com Online 365 $.

En 1970, pour la première édition des World Series, un seul bracelet était décerné, et c’est même par un vote que Johnny Moss devenait le premier homme à gagner une breloque (Il en remportera finalement 9 pendant sa carrière). Progressivement, le nombre d’events qui offrent un bracelet et un titre de champion du monde n’a cessé de croître avec un gros boom après 2003 et la victoire de Chris Moneymaker. 33 bracelets en 2004, 61 en 2009, 76 en 2014…

Avant cette édition 2019, 1 419 bracelets de champion du monde ont été attribués (en comptant les déclinaisons des WSOP hors territoire américain). Cet objet mythique, convoité par tant de professionnels et d’amateurs et considéré comme le graal du joueur de poker continue de faire rêver. S’il paraît plus compliqué à décrocher quand on regarde les fields grandissants de la plupart des tournois (1 635 entrants par event en moyenne en 2017 contre 217 en 2003), la quête du bracelet devient aussi plus « accessible » parce que de moins en moins réservée à l’élite. Le principal changement qui a été institué ces dernières années est de permettre aux « petits joueurs » d’accéder au rêve, en proposant des beaux tournois à des buy-ins modérés, loin des « boucheries » à 1 000 $ qu’on a connues au début des années 2010. C’est ainsi que l’on a assisté à la naissance du Colossus à 565 $ l’inscription en 2015, du Giant à 375 $ en 2017. Cette politique de rendre accessible au plus grand nombre les tournois des WSOP se poursuit avec notamment la création du Big50 (500 $ l’inscription pour un tournoi à 5 millions garantis et 1 million promis au vainqueur) mais aussi plusieurs nouveaux tournois Deepstack entre 600 $ et 800 $ de buy-in.

« Si en 50 ans, tu n’as pas joué un tournoi des World Series, c’est que tu as raté ta vie de joueur de poker », pourrait-on dire désormais, tant ça n’a jamais été aussi envisageable de prendre part à un événement des World Series. Il fut un temps, les joueurs français qui n’avaient pas une grosse bankroll ne regardaient même pas le programme du Rio, effrayés par le montant des inscriptions et par la structure qui ne leur permettait pas d’en avoir pour leur argent. Ils allaient au Venitian, au Wynn, au Planet Hollywood, pour vivre leur Vegas dans l’ombre. Maintenant, ils peuvent également se permettre d’accéder à ce rêve de bracelet avec des structures beaucoup plus séduisantes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’y a jamais eu autant de nouveaux joueurs dans les couloirs du Rio que cette année.

19 nouveaux tournois au programme

Pavillon Room
La Pavillon Room ne désemplira de tout l'été pendant ces WSOP

Pour attirer les joueurs cette année, les organisateurs ont décidé d'ajouter 19 nouveaux tournois au programme de ces WSOP. Pour se renouveler, trouver des nouveaux classiques comme le Main Event, le Monster Stack ou le Millionnaire Maker. Pour permettre également aux bustos du Main Event de rêver encore quelques jours après leur élimination.

Le Big50, le plus gros tournoi de l’Histoire du Poker

File attente Big 50
Des files d'attente interminables pour rejoindre le Big50 en late registration

Pour célébrer le cinquantième anniversaire des World Series, le premier week-end des World Series a offert aux joueurs un tout nouveau tournoi qui est déjà devenu officiellement le plus gros tournoi de l’Histoire des World Series of Poker, le Big 50. Aucun rake n’est prélevé sur la première bullet des joueurs, histoire de mettre plus d’argent dans ce prizepool qui propose deux garanties massives, un prizepool de 5 000 000 $ (déjà largement dépassé) et une première place garantie de 1 000 000 $. 4 possibilités pour faire son entrée dans le tournoi, un tapis de départ gonflé à 50 000 jetons et des niveaux décents de 50 minutes pour offrir aux joueurs la chance d’accéder à un prix modique au rêve de bracelet. Aujourd'hui a lieu le Day 2C de cette épreuve qui connaîtra son vainqueur que d'ici plusieurs jours.

Le premier tournoi de short-deck des WSOP

Short Deck

Il aura fallu attendre la 50ème année de ces WSOP pour enlever les 2, 3, 4 et 5 du paquet et voir l’apparition du format Short-Deck au Rio. Le tournoi a débuté dimanche 2 juin dans l’Amazon Room et n’a séduit que 61 joueurs. Pour ceux qui ne connaissent pas ce format qui fait fureur à Macao, les règles sont à peu près les mêmes que sur notre cher no limit hold’em, sauf qu’on joue avec un paquet de 36 cartes dont on a retiré les cartes allant du 2 au 5. L’ordre des combinaisons reste le même, à une exception près, la couleur bat le full (et oui, un full, c’est bien plus simple à faire avec moins de cartes !) et les blindes ont mystérieusement disparues, remplacées par des antes posées par tous les joueurs. La plus basse des suites est assez perturbante également puisqu’avec As-9 en main, vous floppez une quinte sur 6-7-8. Variante à action s’il en est, considérée comme « full variance » par certains détracteurs, le Short-Deck devrait nous régaler à travers cet event #8, un tournoi à 10 000 $ pour ceux qui préfèrent voir des gros jeux. Aujourd'hui, c'est le Day 2 de l'épreuve et les inscriptions sont encore ouvertes pendant 3h de jeu, il se murmure dans les couloirs que Julien Martini viendrait rejoindre le field de ce tournoi.

Les Deepstack Series

6 tournois à buy-in modérés ont été ajoutés au programme de ces World Series. On ne va pas se le cacher, il y a quelques années, les joueurs français qui disputaient des tournois au Rio étaient vus comme des privilégiés, des joueurs capables de mettre au minimum 1 500 $ pour avoir une structure décente et accéder au rêve de tout joueur de poker : avoir une chance de décrocher le bracelet tant convoité. Depuis quelques années, les organisateurs ont compris qu’il fallait aussi attirer les « petits joueurs » qui ne pouvaient pas se permettre de mettre un SMIC dans un tournoi de cartes. Devant les succès du Colossus (565 $ l’entrée), inauguré en 2014, ou du Giant (365$ l’entrée) en 2017, les organisateurs proposent cette année 6 tournois supplémentaires entre 600 $ et 800 $ l’inscription, avec notamment un très attendu Deepstack Championship 600 $ le 25 juin prochain, garantissant 500 000 $ de prizepool. Pour Grégory Chochon, directeur français des WSOP "ce n'est pas uniquement pour contrer le Venitian ou le Wynn qu'on organise des tournois à 600 $ sur les WSOP, c'est surtout pour donner une chance à tout un chacun de jouer pour un bracelet et ne pas réserver ce privilège à une élite".

5 nouveaux tournois online sur WSOP.com

Cette année, les joueurs auront cinq nouvelles occasions de monter des jetons sur le site officiel WSOP.com, avec des bracelets à la clef. On se souvient notamment que l’an dernier, c’est le français William Raymond qui s’était adjugé le premier bracelet online de 2018 avec sa victoire sur l’Event #10 à 365$ l’inscription. Il avait remporté la bagatelle de 154 996 $ et fait résonner la deuxième marseillaise de l’été au Rio. 9 tournois sont donc au programme sur WSOP.com, avec en point d’orgue de 1 000 $ No Limit Hold’en Championship le 30 juin. A l’heure, où j’écris ces lignes, le premier vainqueur de bracelet online vient de se faire connaître, avec la victoire de Yong « LuckySpewy1 » Kwon pour 165 263 $ sur l’Event #4 où Phil « lumestakin » Hellmuth n’était pas si loin de son 16ème bracelet, terminant 5ème de l’épreuve !

Un Mini Main Event à 1 000 $

A l’image du circuit EPT, qui proposait une alternative low-cost à ses joueurs, un mini Main Event à 1 000 $ reprenant la structure du Main Event, mais en version turbo (30 minutes) sera instauré cette année le premier jour du mois de juillet. Comme son grand frère, prévu quelques jours plus tard, le tournoi sera freezeout et permettra un bel échauffement avant le Big One.

Salut aux combattants !

Ne un 4 juillet
La table finale du tournoi aura lieu le 4 juillet, jour de fête nationale aux Etats-Unis

Ce nouveau tournoi à 500$ l’entrée est dédié aux vétérans de l’armée américaine, mais sera tout de même ouvert à tous. 40 $ de chaque entrée seront offerts à des organisations caritatives venant en aide aux vétérans de l’armée américaine. Il paraîtrait que Flegmatic aurait prédit qui allait remporter cette épreuve (link article prédiction)

Un bracelet pour les vainqueurs de bracelets

Bracelet

Malgré le fait que le field sera composé exclusivement d’anciens vainqueurs de bracelets WSOP, ce tournoi sur invitation à 1 500 $ l’entrée pourrait probablement être l’un des plus faciles à gagner. On ne sait pas encore combien de vainqueurs de bracelets participeront à cette épreuve, mais on sait déjà que le field sera cappé à 1 200 joueurs (selon mes estimations). En effet, 1 419 bracelets ont été distribués depuis 1 970 mais de nombreux joueurs en ont remporté plusieurs (15 pour le recordman Phil Hellmuth). Si l’on ajoute à ça le fait que beaucoup sont morts ou ne jouent plus au poker, le field de ce tournoi pourrait être assez réduit.

Place à l’action

Comme chaque année, Winamax met les petits plats dans les grands pour vous faire vivre l’événement. Veunstyle arrive cette semaine, Flegmatic et Benjo un peu plus tard, et nous seront donc quatre sur le pont pour vous faire vivre l’événement pendant plus de 40 jours au sein du Rio. Harper arrivera également courant juin pour Winamax TV et vous proposer émissions et reportages en tous genres. On devrait se régaler, et j’espère que vous prendrez autant de plaisir que nous à suivre les exploits de nos frenchies sur cette 50ème édition des World Series of Poker.

Le 50 000 $ High Roller pour Ben Heath

Le joueur anglais remporte son premier bracelet WSOP pour 1 484 085 $

Ben Heath

Ses adversaires du jour avaient tous déjà goûtés à la joie de décrocher un bracelet WSOP, mais Ben Heath, le meilleur ami de Charlie Carrel, n’a pas tremblé sous la pression de l’événement et est finalement parvenu à s’adjuger le premier bracelet de prestige de ces WSOP 2019 en remportant l’Event #5, le High Roller à 50 000 $ l'entrée, pour 1 484 085 $, son plus gros gain en carrière, après avoir été chipleader au début des deux dernières journées du tournoi. `

110 inscriptions ont été comptabilisées sur l’épreuve, soit à peu de choses près pareil que sur le 100k$ qui démarrait les hostilités en 2018 et avait consacré Nick Petrangelo (qui confirme avec sa cinquième place aujourd’hui).

Même si Ben Heath n’avait jamais brillé sur les WSOP hormis une 6ème place sur un 3 000 $ short-handed en 2015, il est un habitué des High-Roller du circuit EPT et avait déjà accumulé 3 millions de dollars de gains sur le circuit live. Interrogé après sa victoire, Ben Heath a confié que plus jeune, il aurait préféré terminé deuxième plutôt qu'être sous le feu des projecteurs en décrochant un bracelet. Mais aujourd'hui, il apprécie pleinement le moment.

Saluons également la place de runner-up du revenant américain Andrew Lichtenberger. Celui que l’on connaît depuis de nombreuses années sous le pseudo « Luckychewy » se faisait de plus en plus rare sur le circuit depuis trois ans. Il signe un retour fracassant avec une 2ème place lui offrant la bagatelle de 917 232 $ et pourrait bien en profiter pour rejouer un peu plus en live sur cette 50ème édition des WSOP.

Le résultat de la table finale :

Vainqueur : Ben Heath (Royaume-Uni) 1 484 085 $ Runner-up : Andrew Lichtenberger (USA) 917 232 $ 3e : Sam Soverel (USA) 640 924 $ 4e : Dmitry Yurasof (Russie) 458 138 $ 5e : Nick Petrangelo (USA) 335 181 $ 6e : Chance Kornuth (USA) 251 128 $

On signalera également que deux joueurs du Team Winamax avaient pris part à l’événement, sans succès. Adrian Mateos et Joao Vieira qui seront au départ de l'Event #11 à 5 000 $ l'entrée ont tous deux annoncé un énorme programme cette année, même si le joueur espagnol partagera son temps entre le Rio et l'Aria où il disputera de nombreux High Rollers.

Du côté des joueurs français, Benjamin Pollak et Julien Martini ont aussi alimenté ce gros prizepool de 5,2 millions $, sans parvenir à récupérer leur mise. Ce n’est que partie remise pour ces deux joueurs qui devraient répondre présent sur tous les gros tournois de hold’em, Julien Martini m’ayant déjà confié qu’il comptait jouer le 100k$ prévu en fin de festival.

Le Big50 devient le plus gros tournoi de poker de l’histoire

28 371 entrées sur le premier gros événement de ces WSOP Un succès attendu mais une organisation critiquée

Pavillon Full

Pour célébrer le 50ème anniversaire, les World Series of Poker ont décidé de frapper fort d’entrée, en proposant un nouveau tournoi "gimmick" intitulé de manière optimiste le "Big50". "Big" pour 5 millions de $ garantis dont 1 millions pour la première place, "50" pour 50 000 jetons, pour des niveaux de 50 minutes, pour le 50ème anniversaire.

Le pari était osé, mais tout portait à croire que ce tournoi allait être un gros succès. Après l'énorme affluence du Day 1D (9 121 entrées), les chiffres sont désormais officiels et le Big50 devient tout simplement le plus gros tournoi de l'histoire jamais organisé avec 28 371 entrées, dépassant largement le précédent record détenu par la première édition du Colossus 565$ en 2015 et ses 22 374 entrées, et générant un prizepool gargantuesque de 13 509 435 $.

Les chiffres du record

Entrées Day 1A : 6 095 - Joueurs uniques : 5 159 - Prizepool : 2 986 660 $ Entrées Day 1B : 5 972 - Joueurs uniques : 3 784 - Prizepool : 2 843 780 $ Entrées Day 1C : 7 183 - Joueurs uniques : 3 861 - Prize pool: 3 375 570 $ Entrées Day 1D : 9 121 - Joueurs uniques : 5 166 - Prize pool: 4 303 425 $

Un succès prévisible

Chochon

Grégory Chochon, artisan du succès de ce début de WSOP

Tous les ingrédients étaient réunis pour que ce nouveau tournoi ajouté au programme cette année puisse marquer les esprits. Pour Grégory Chochon, directeur français des WSOP, ce succès s’explique par plusieurs facteurs. « D’abord, on ne prend de rake sur les premières bullets des joueurs, ça alimente le prizepool et ça fait plaisir aux nouveaux. Ensuite, on crée une belle structure pour un tournoi à 500$. 50 000 jetons, des niveaux de 50 minutes, cela n’a rien à voir avec la structure du Colossus, beaucoup de joueurs avaient l’impression de ne pas en avoir pour leur argent sur le Colossus et on a voulu changer cela. Et enfin, la value, parce que beaucoup de joueurs savent que dans des énormes fields comme celui-là, le niveau n’est pas forcément très relevé et donc ça attire aussi les joueurs réguliers. »

L’idée de génie des organisateurs a été de planifier ce tournoi dantesque dès le lancement des Series. Comme me l'avouait Grégory, « c’est clairement une stratégie pour faire venir les joueurs plus tôt. Bien sûr, certains viennent pour jouer le Big50 ce wee-end là, et repartent, mais beaucoup ont envie de rester pour prolonger l'expérience, c’est une habitude chez nous de vouloir frapper fort dès le début des Series comme on l'avait fait avec le Colossus. Ca crée du buzz et ça pousse les gens à venir tôt à Vegas ».

Pour beaucoup de joueurs croisés dans les couloirs du Rio, ce Big50 constituait leur première occasion de disputer un tournoi des WSOP, et même si l'on ne connaît pas encore les chiffres de la fréquentation des nouveaux joueurs, il y a fort à parier que la mise en place d’un tel tournoi soit clairement profitable pour l'avenir de notre jeu préféré. Le poker n'est pas mort quand l'on constate un tel engouement pour le premier gros événement de cette 50ème édition des World Series of Poker.

Une organisation critiquée mais résiliente

Si l'on peut clairement féliciter les World Series pour avoir créé un tel événement, on peut également constater que l'organisation a éprouvé quelques difficultés pour gérer un tel raz-de-marée de joueurs désireux de faire partie de l'histoire.

Comme souvent, les WSOP génèrent leur lot de détracteurs, d’anonymes qui expriment leur mécontement sur Twitter ou de professionnels qui mettent en avant les problèmes générés par une aussi grosse affluence dans les couloirs du Rio.

En effet, si les Day 1A et 1B se sont globalement bien déroulés, malgré quelques inévitables files d’attente pour les inscriptions, les Day 1C et Day 1D sont devenus de véritables casse-tête pour les organisateurs, notamment à cause du problème des late regs.

File attente 2

On s'occupe comme on peut dans la file d'attente de la Brasilia

Il faut savoir que la capacité maximale du Rio en terme de tables s’élève à 5 230 places, réparties dans quatre salles (Amazon, Pavillon, Brasilia et Miranda). Les organisateurs sont obligés d'avoir recours aux late reg pour satisfaire les joueurs et offrir à tous l'occasion de jouer - ou re-entry - ce tournoi. Sauf que le Day 1C et le Day 1D étaient déjà soldout dès le Day 1B. Donc, pour satisfaire les joueurs, les organisateurs ont décidé de vendre des places en late reg seulement à partir de 11h pendant le Day 1D, pour ne pas faire attendre trop les joueurs et laisser le tournoi se désengorger un peu avant de pouvoir asseoir les nouveaux prétendants. Or, les joueurs, probablement habitués à se battre pour obtenir leur ticket pour un concert de Madonna, étaient déjà plus de 1 500 à attendre … à huit heures du matin. Ce qui veut dire que les joueurs, même s’ils obtenaient un ticket en late reg, devaient attendre que les joueurs aux tables se fassent élimine pour rentrer. Certains ont attendu des heures et des heures pour pouvoir participer à ce tournoi événement, donnant lieu à des files d’attente interminables partout dans le Rio et provoquant le mécontentement de certains. Les joueurs s’impatientaient, tuaient le temps comme ils pouvaient, lisant des romans, mangeant à même le sol, jouant online sur leur portable, j’en ai même vu un finir une dissertation de philo en attendant qu’on lui attribue un siège…

C'est certes regrettable de devoir attendre aussi longtemps pour participer à un tournoi, et certains ont commencé leur deuxième bullet avec seulement une quinzaine de blindes devant eux, mais vu la complexité d'organiser un tournoi pareil, on ne peut que se réjouir qu'un tel événement soit possible. Et il faut aussi dire que les joueurs sont aussi un peu fautifs s'ils n'ont pas réussi à avoir leur siège. Ils pouvaient s'inscrire en ligne sur le site de Bravo Poker et retirer leur ticket sur les machines mises en place au Rio ... ou venir plus tôt pour s'inscrire.

Personne n’a jamais fait rentrer 4 000 personnes en late reg sur un tournoi de poker et cela requiert une grosse organisation que Daniel Negreanu a d'ailleurs félicité sur Twitter. Des appels aux bénévoles ont même été lancés dans le groupe Caesar, des employés venant de partout pour filer un coup de main et gérer les différentes files d’attente. Car, ce n’est pas une queue unique de late reg qui s’est constituée, mais une par salle, créant des situations à la limite de l'absurde. Vous n’aviez plutôt pas intérêt à quitter votre place si vous vouliez rentrer dans le tournoi !

"La veille du Day 1D, on a même réfléchi à rajouter un flight, me confiait Grégory Chochon. On veut contenter tout le monde, mais en regardant les chiffres, on a compris que tous les gens qui voulaient jouer le tournoi l’ont joué. Ca aurait juste été donner une nouvelle chance à des gens qui ont déjà joué. Et puis, c’était un peu problématique d’organiser un nouveau flight de 5 000 joueurs à la dernière minute. Et puis, c’était pas vraiment dans l’esprit, mais on sait qu’on aurait pu le faire."

Jetons Lampe

La jetonnerie controversée du Big50

Même si les organisateurs étaient conscients qu’ils allaient dépasser les 25 000 entrées après avoir fait plus de 6 000 un jeudi, et estimaient ne pas avoir été dépassé par les événements, il semblerait que ce raz-de-marée humain ait causé quelques soucis au niveau de la jetonnerie. En effet, on a fait les fonds de tiroir pour donner des jetons à tout le monde, à tel point qu’il existe plusieurs versions de certaines valeurs de jetons dans le tournoi, et ce n’est pas sans compliquer les choses à la table où les « missclicks » sont nombreux.

Un tournoi qui connaîtra son épilogue le 7 juin

Aladin Reskallah

Aladin bien en place avant la bulle sur le Day 2D du Big50

Maintenant que le record est établi et bientôt ajouté au Guiness de Records 2019, intéressons-nous un peu à la suite de ce tournoi sur lequel plus de 4 000 joueurs repartiront avec de l'argent.

Aujourd’hui a lieu le Day 2D qui récompensera 1 369 joueurs sur les 2 103 joueurs assis à la reprise du tournoi à 10h du matin. S’il est encore trop tôt pour s’intéresser aux survivants de ce dantesque field, on se réjouit de retrouver notre double Top Shark Winamax Aladin Reskallah avec un stack confortable de 70 blindes à l’approche de la bulle, notamment grâce à une belle confrontation où sa paire d’as a trouvé un flop A-7-7 contre un joueur qui détenait 7-6 pareillé.

In dans tout depuis son arrivée à Sin City le 31 mai, Aladin a prévu un programme pour cet été, ayant coché tous les tournois de Hold’em jusqu’à 5K$. Ce qu’il n’avait pas forcément prévu, c’est qu’il allait passer autant de temps sur ce Big50. « Sur un malentendu, ça ferait quand même un beau bracelet », me confiait-il avant de placer un squeeze gagnant. « Ma table est magnifique, sur le squeeze que tu viens de voir, le payeur a passé As-Dame de trèfle en me disant que s’il n’y avait pas eu de trèfles sur le flop précédent, il aurait payé, mais que là, les trèfles étaient forcément au fond du paquet ». Confiant en ses chances, Aladin est néanmoins convaincu qu’il devra astiquer longtemps sa lampe s’il veut poursuivre ce beau deep run jusqu’au bracelet tant espéré.

La finale de ce Big50 aura lieu le 7 juin, il aura donc fallu neuf jours pour passer de 28 371 entrées à la photo du futur vainqueur. Le prizepool n'est pas encore officiel, mais il se pourrait que le vainqueur du Big50 reparte avec près de 2 million de dollars.

Drafte-moi si tu peux

Depuis 2011, Daniel Negreanu organise une Fantasy Draft à 25K$ autour des WSOP

Negreanu

On connaît la passion des américains pour le Fantasy, ce sport national qui consiste à composer son équipe de joueurs pour se mettre à la place de l’entraîneur, imaginer l’équipe de ses rêves et se confronter à d’autres sélectionneurs. Habituellement réservée à des sports populaires comme le Baseball, le Football ou le Hockey, Daniel Negreanu a transplanté ce concept au monde du poker depuis 2011 et la création de sa célèbre 25K Fantasy Draft.

Tous les ans, la superstar canadienne organise cette compétition qui réunit une dizaine de parieurs (principalement des joueurs de poker) qui doivent prédire qui seront les joueurs de poker qui perferont cette année sur les World Series.

Chaque participant doit poser la bagatelle de 25 000 $ sur la table pour participer à cette Fantasy Draft, qui récompensera trois spots, 150 000 $ pour le vainqueur, 100 000 $ pour le deuxième et 50 000 $ pour le troisième.

La règle du jeu est simple, c’est un système d’enchères cachées où vous avez 200$ virtuel à dépenser pour sélectionner 8 joueurs et ainsi composer votre équipe. Vous placez vos mises et celui qui a proposé le montant le plus élevé sur un joueur remporte l’enchère. Admettons que vous mettez 105$ sur Phill Hellmuth, vous n’aurez plus que 95$ à répartir sur vos 7 autres choix.

Top 10 All-Time Point Leaders since 2011 @25kfantasy @paulgees81 1116@phil_hellmuth 1061@JustinBonomo 1041@JasonMercier 1034@angryjmonnett 983@RealKidPoker 959@benyupoker 942@brianchastings 875@racener 831@JamesObst 806

— Daniel Negreanu (@RealKidPoker) May 27, 2019

Pendant la draft, chaque joueur propose alternativement un nom et les enchères peuvent débuter pour l’attribution du joueur. Celui qui place la plus forte enchère remporte le joueur en question, et ainsi de suite jusqu’à ce que chaque équipe ait recruté 8 joueurs.

Le système de scoring, détaillé sur le site officiel de la 25K Fantasy Draft, fait la part belle aux performeurs qui atteignent des tables finales. Des coefficients sont également mis en place, x2 pour les tournois dont le buy-in est à 10K+, 0,5 pour les buy-ins inférieurs à 1K, le Main Event rapporte un coefficient à x3 … Des bonus de fields sont attribués également pour ceux qui deep run les tournois à plus de 1 000 joueurs.

Chaque année, cette Draft permet de découvrir qui sont les joueurs susceptibles de réaliser des performances sur les World Series et constituent une mine d'or pour les observateurs et autres journalistes. Il suffit de regarder le Top 10 des scoreurs de points de la Draft pour savoir qui sont les épouvantails du Rio à l'heure actuelle et y trouver le probable futur Player of the Year.

Still 32 hours of registration for ODB fantasy league and we have 200 entries! 10k bounty does NOT count! I‘ll tweet my seat at Rio later to pay for your entries. @25kfantasy has done amazing job with the site. We have an edit button this yr so you can change until roster lock pic.twitter.com/lmF74vIDNF

— David Baker (@audavidb) May 29, 2019

Depuis deux ans, David « ODB » Baker utilise les enchères de la 25k Fantasy Draft pour proposer une expérience de draft différente, beaucoup plus accessible, puisque l’on peut participer pour 500 $. On doit utiliser le prix des enchères de la 25k Fantasy Draft pour composer son équipe avec un budget de 200$ à répartir sur 8 ou 9 joueurs.

La version low-cost de Gloub pour suivre les WSOP depuis la France

Gloub

Pour suivre les WSOP sans nécessairement y participer, Steven « Gloub94 » Moreau a trouvé une parade. Il a calqué le système de la 25K Fantasy Draft pour vibrer à distance en proposant sa propre draft à quelques amis amateurs de poker. Depuis plusieurs années, ils se retrouvent avant chaque édition des WSOP pour imiter les grands et composer leur équipe. Au lieu des 25K$, ils mettent 50€ sur la table, une somme plus symbolique qu’autre chose, qui permet à tout le monde de participer sans se ruiner. Steven est l’organisateur de cette draft, compile les résultats, écrit des compte-rendus, pour faire vivre ces WSOP à travers cette draft low-cost. Rencontre.

Comment t’es venue l’idée d’organiser une draft pour les WSOP ?

C’est Nicorigno, un ami à moi que j’avais rencontré sur des parties de poker amateur, qui m’avait chauffé pour en faire une il y a une dizaine d’années. On devait être 4 au début. A la base, on faisait un système d’enchères type « Snake » (Comme la draft de la NBA), puis on a essayé une fois avec des enchères ouvertes comme ils font sur le 25K Fantasy Draft. J’ai relancé le projet en 2014 avec un système d’enchères fermées comme sur « Mon Petit Gazon ». Les joueurs m’envoient leurs listes, et je les dépouille.

Comment ça se passe, concrètement ?

Depuis trois ans, il y a une quinzaine de joueurs qui participent à la draft. Chacun choisit 10 joueurs et est obligé de prendre un joueur français et une femme (c’est la grosse différence avec la draft de Negreanu). On a 500$ fictifs à dépenser (contre 200$ dans la 25K Fantasy) A l’époque, tout le monde se battait pour Vanessa Selbst, chez les femmes, parce qu’il y a quand même peu de choix. Chacun met 50 € et les trois premiers finissent dans les places payées. On fait également un last longer sur le Main Event. Cette année, j’ai inclus la possibilité de prendre un joker, un joueur que l’on peut changer pour 20 €, si un mec qu’on a choisi ne joue pas les Series, finalement.

Qui sont les joueurs qui participent à cette draft ?

Il y a des gars qui sont là depuis le début, des amis du poker, Alex, Leo, des potes de parties privées, le noyau dur des participants, ce sont les potes des tournois organisés sur ClubPoker. Cette année, y a deux couvreurs qui participent, y a quelques joueurs pros aussi des pros comme Alex Réard, Adrien Allain ou Sonny Franco), Bastoche, un pote d’Harper. Il y a également Jean-Louis Tourre, un journaliste Foot qui est WIP sur Winamax qui participe aussi et qui avait rempoté la draft il y a deux ans. Y a certains participants qui jouent eux-mêmes les WSOP, aussi.

Comment ça change ta manière de suivre les WSOP ?

Moi, mon petit kiff, c’est, avant d’aller dormir, de checker les tournois en cours sur Pokernews ou WSOP.com. Voir si j’ai des joueurs qui sont toujours en lice. Le matin, je scrolle Pokernews tout doucement pour découvrir progressivement quels joueurs sont rentrés dans les places payées ou sont encore dans la course. Ca me fait suivre les WSOP quasiment tous les jours. Il m’est arrivé de rouiller devant une table finale quand j’avais un de mes joueurs qui était encore présent. Parfois, en soirée en boîte, je savais que j’avais deux joueurs à 15 left d’un 10k, j’étais en train de refresh toutes les 15 minutes pour voir où ça en était. Ce qui est cool, c’est de se charrier entre potes. Si j’ai un Paul Volpe à 12 left et qu’il se fait éliminer, je vais aller charrier le mec qui a Shaun Deeb par exemple. C’est assez sympa, ça crée une ambiance marrante entre les participants. Dans tous les cas, je suivrais les WSOP, car je suis un fan de poker, mais sans la draft, je les suivrai beaucoup moins, c’est certain.

C’est quoi la stratégie gagnante ?

Draft Gloub

La draft de Steven sur cette édition 2019

La stratégie principale, c’est de prendre des joueurs qui vont jouer beaucoup de tournois. Notre système de points fait que les tournois à 10K rapportent beaucoup. On a calqué notre scoring sur la draft de Negreanu. Faut se renseigner sur Twitter, regarder qui sont les joueurs qui perfent pré-WSOP et qui sont ceux qui annoncent des gros programmes.

Qui sont les meilleurs picks de la draft ?

Chaque année, ce sont un peu les mêmes. John Racener, Paul Volpe, James Obst, Daniel Negreanu, Shaun Deeb, John Monnette, à une époque. Ca fluctue. Ben Yu est monstrueux depuis deux ans, Bonomo aussi, s’il ne va pas trop à l’Aria. Certains participants n’évoluent pas dans leurs choix. A une époque, choisir Dominik Nitsche, c’était bien, parce qu’il faisait les 1500 $ Hold’em pour la chasse au bracelet. mais maintenant il ne les joue plus. Donc, ce n’est plus un bon choix. Les meilleurs picks, ce sont des mecs complets, qui jouent beaucoup de tournois de variantes. Des mecs comme Robert Mizrachi par exemple.

Quel joueur est parti le plus cher cette année ?

Cette année, il y a un participant qui a « craqué », le joueur qui est parti le plus cher, c’est Julien Martini à 250 points (la moitié de son budget, quoi). Martini, cette année, il était dans le Top 10 pick. Comme à une époque, Alex Luneau. Il a l’air au top de sa forme et il va sans doute tout jouer. Maintenant, c’est un peu cher comme enchère. Il n’y avait jamais eu une enchère qui avait dépassé 200. Le deuxième joueur le plus cher, c’est Negreanu à 197. Après, y a Shaun Deeb, Ben Yu …

Jean-Louis Tourre : "J'ai découvert les variantes grâce à cette draft "

Tourre

Jean-Louis Tourre, WIP de Winamax et animateur radio sur RMC, participe à la draft depuis trois ans, avec un plaisir non dissimulé :

"C’est mon pote Mama Sustrac qui m’a proposé ... on se connaît depuis + de 10 ans depuis l’école de journaliste ... il m’a dit « ya un Mon Petit Gazon du Poker, ça te branche ? » , j'étais chaud pour participer. Du coup, je suis à bloc ... je regarde où ça en est avant de me reveiller et au reveil où en sont mes joueurs. J’ai découvert toutes les variantes comme ca. Le meilleur souvenir, c’est la premiere année puisque j'ai gagné la draft. Je me souviens, je regardais des TF de Deuce to Seven en pleine nuit sans rien capter aux règles juste pour voir mes gars deep run. Je découvrais le truc, Mama m’avait juste dit « Prends des joueurs de variantes » et j’avais pris des gros picks genre Mercier, je l'avais eu parce que c'était troip évident, et du coup personne ne l'avait pris. Honnêtement, j'avais bien chatté. Tout le monde dans cette draft est joueur à la base, et je trouve ca fait le même effet qu’à Mon Petit Gazon en foot. T’as envie de montrer aux autres que tes choix ont été bons. Et puis ca fait suivre les WSOP de manière différente, avec une attente à chaque fois qu'on se connecte"

Short-Deck Man

Alex Epstein remporte son premier bracelet WSOP Chance Kornuth signe sa deuxième table finale Event #8 : Short-Deck No Limit Hold'em 10 000 $ (Finale)

Epstein

Originaire d’Asie où il est apparu en 2014, le format Short-Deck, très populaire chez les high-stakers de Macao, s’est retrouvé sous les feux des projecteurs grâce à la publicité qu’en ont fait Tom Dwan et Phil Ivey. Phil Ivey a d’ailleurs confirmé son amour et son skill pour ce jeu en s’adjugeant le premier gros tournoi de short-deck organisé pendant les Triton Series en 2018.

Ne voulant pas rater l’opportunité de séduire les nouveaux adeptes de ce jeu qui a su s’imposer très rapidement et envahir l'Europe et les Etats-Unis, les World Series ont proposé leur premier tournoi de Short-Deck sous la forme d’un tournoi à 10 000 $ l'inscription qui a généré 101 entrées. Faut dire que ce format est pour l'instant réservé à des joueurs fortunés, même s'il a de quoi séduire tout le monde d'ici quelques temps.

A l’issue de trois jours full variance, c’est le jeune américain Alex Epstein qui s’impose, se permettant même d’éliminer Thai Ha et Anson Tsang sur la même main, les trois joueurs étrant partis à tapis preflop avec respectivement JT, AQ et KJ en main.

Un tableau 9Q88A plus tard et Alex Epstein pouvait laisser éclater sa joie de remporter son premier bracelet, lui qui affichait jusqu'alors seulement 113 000 $ de gains live (dont une victoire pour 99 220 € sur un tournoi à 1 080 $ le mois dernier).

Kornuth

On signalera également la belle place d’honneur de Chance Kornuth, 4ème, qui signe ici sa deuxième table finale des WSOP après sa 6ème place sur le High Roller 50 000 $ remporté par Ben Heath, et qui convoitait ici son troisième bracelet WSOP. Chance s’est aventuré dans un bluff assez osé contre le futur vainqueur, en plaçant un 3-bet à tapis sur la river pour faire folder une quinte, utilisant son bloqueur sur la flush runner-runner qui était rentrée. Malheureusement pour lui, son adversaire détenait bien la quinte, mais également aussi un bloqueur flush qui l’a poussé à effectuer un call gagnant.

Robl

On aurait aimé que la prestation d’Andrew Robl, le grinder que l’on a découvert dans le documentaire « 2 months, 2 millions » il y a maintenant plus de dix ans, dure plus longtemps mais le joueur américain a du céder dès les premières minutes de cette table finale, en 7ème place. C'est pourtant un grand habitué de ce format qu’il joue lors de grosses parties de cash game à Macao.

Les résultats de la table finale :

Vainqueur : Alex Epstein (USA) 296 227 $ Runner-up : Thai Ha (USA) 183 081 $ 3e : Anson Tsang (Hong Kong) 130 482 $ 4e : Chance Kornuth (USA) 93 593 $ 5e : Rene van Krevelen (Pays-Bas) 67 566 $ 6e : Yong Wang (Chine) 49 095 $ 7e : Andrew Robl (USA) 35 907 $

Seul tournoi de Short-Deck au programme de cette 50ème édition, ce tournoi sera certainement renouvelé l’an prochain, malgré ses débuts timides avec seulement 61 joueurs sur le Day 1, avant que ne se réveillent 40 joueurs au début du Day 2. Même si certains joueurs n’apprécient pas le format, parce que trop sujet à la variance, c’est sans conteste un paradis pour gambleurs et ce n'est pas vraiment étonnant que les joueurs asiatiques en soient friands.

50 raisons de suivre la 50e édition des WSOP sur Winamax

Parce que si vous cherchiez une excuse pour lire ce reportage, en voici 50.

Picault

Comme tous les ans, le célèbre porte-drapeau Tonyleon trustera les tables finales françaises

Parce que tous les jours, vous aurez quelque chose à lire. Parce qu’on est une année impaire : pas de Coupe du Monde ni d’Euro à la TV, la voie est libre. Parce qu’il fera bien trop chaud pour travailler. Parce que vous verrez peut-être votre photo. Parce que ça vous fera une excuse pour esquiver le concert de votre beau-frère qui joue du banjo sur la place de l'église pendant la Fête de la Musique. Parce que vous avez besoin d’inspiration pour répondre aux futures questions des couvreurs présents à Vegas. Parce qu'à défaut de barbecue, vous pourrez vous chauffer devant un deep run de ValueMerguez. Parce qu'Antoine Saout va bien aller nous gagner un petit tournoi. Parce qu’en simultané, vous allez vous aussi tenter de gagner un bracelet sur les Mini WSOP, les Championnats du Monde à l’échelle 1/100e sur Winamax. Parce que vous êtes interdit de territoire aux États-Unis. Foutue fin de soirée au Sapphire.

Lewis

Allez, Romain, finies les conneries, maintenant on ramène un bracelet !

Parce que Winamax TV sera à Vegas à partir du 23 juin et vous proposera chaque jour des émissions et reportages. Parce que vous cherchez des citations de Davidi Kitai à caser dans votre dissert' de philo. Parce que c'est un chiffre rond. Et les chiffres ronds, c'est mignon. Parce que les podiums ça commence à bien faire. Cette fois, Romain Lewis aura le droit à son bracelet. Parce que c'est ça ou les 50 ans de mariage de vos grands-parents. Parce qu'il va bien falloir aller vérifier nos prédictions. Parce qu'ils ont enfin installé le Wi-Fi au camping des flots bleus. Parce que cette année, c'est Tony Miles qui va coacher Pierre Calamusa en finale du Main Event. Parce que Phil Hellmuth est capable de ship son 16e bracelet. Parce qu'après le plus gros tournoi de l'histoire du poker, d'autres records pourraient tomber.

Saout Pollak

A qui le tour de devenir finaliste du Main Event du côté tricolore ?

Parce qu'on n'était pas là pour la première. Parce qu'on ne sera peut-être pas là pour la centième. Parce que vous pourrez spoiler à vos potes le scénario de la future saison de Dans la Tête d'un Pro. Parce qu'après Antoine Saout et Benjamin Pollak en 2017 et Antoine Labat en 2018, ça sent la passe de trois française sur le Main Event. Parce qu'il faut respecter la règle des "Trois C" du matin : café, clope, coverage. Parce que Michel Abécassis est en table finale du Side Event craps à l'Aria. Parce que, comme chaque année, c'est peut-être la dernière édition au Rio. Parce que João Vieira a prévu de jouer tous les tournois. Deux fois. Parce que le billet d'avion était hors bankroll. Parce qu'on est jamais à l'abri de voir débarquer un Mikedou ou un Ludovic Lacay.

Kanit

Vous êtes malades ? Regardez cette photo de Mustapha Kanit et ça ira mieux !

Parce que vous n'est plus tout à fait sûr de ce qu'est "le plus classique des lancers de pièce". Parce qu’il faut bien lire un peu pendant les spots de pub de la finale NBA. Parce qu’avant de vous envoler pour Vegas, quoi de mieux que de lire les histoires de vos potes déjà sur place. Parce qu'on y verra peut-être enfin des photos de membres du Team Pro au Rhino. Parce que d'ailleurs, il fait quoi Patrick ■■■■■ cet été ? Parce qu'un écran allumé en pleine nuit reste la meilleure façon d'attirer ce moustique qui vous tourne autour depuis des heures. Parce que votre médecin vous a prescrit deux photos de Mustapha Kanit par jour à la place des antidépresseurs. Parce que ça occupe pendant les insomnies. Parce qu'on balancera tous les dossiers de la Players Party Winamax (ou pas). Parce que passe ton Bac d'abord, Vegas ce sera dans trois ans.

Ivan Massage

Besoin de conseils en massage, Ivan ?

Parce que vous voulez des conseils en masseuses massages. Parce que vous avez mis 25 000 $ dans une Fantasy Draft. Parce que Benjo va tenter de battre son record de dinner breaks consécutifs au In-N-Out Burger. Parce que cinq dézanuseurs toulousains en freeroll sur le Main Event, ça risque de faire mal. Parce que vous voulez commencer à préparer votre programme pour l'an prochain. Parce que ça manque toujours autant de Français sur PokerNews. Parce qu'avec Guillaume Diaz, Adrien Delmas et Aladin Reskallah, le Team Winamax n'a jamais eu autant de Top Shark pour plonger dans le grand bain. Parce qu'il y aura aussi des stories sur Instagram. Parce qu'à la 51e, tout le monde boit. Parce que Winamax sera le seul endroit où suivre les WSOP en français, jour après jour.

Benjo In and Out

Promis, pas plus d'une photo/jour du In & Out Burger

Ivan Deyra, prêt à combattre sur le 10 000 Heads-Up des WSOP

Ivan Deyra

A l’heure d’entamer le tournoi le plus difficile de son programme, le 10 000 $ Heads-Up, rencontre avec notre Team Pro Ivan Deyra qui vient de débarquer à Sin City et va tenter cette année d'imiter le parcours de son pote Romain Lewis et même essayer de faire mieux en allant chercher un bracelet. De toute façon, Veunstyle a prédit que Ivan remporterait sa première breloque sur un 400 $ Online pour 67 022 $ dont nous, on y croît !

Alors Ivan, c'est un tournoi particulier pour toi, le 10 000 $ Heads-Up des WSOP ?

Ouais, c’est un peu ma spécialité, le heads-up, depuis que j’ai gagné deux bagues à Clichy dans ce format (en 2016 et en 2017). C’est un format de tournoi hyper excitant, t’as tout le temps de l’action, aucun temps mort, c’est très psychologique et beaucoup plus intéressant en terme technique. Tu joues beaucoup de mains, c’est vraiment nutsé à jouer.

Jouer au sein d'un tel field, ça ne t'effraie pas ?

C’est très excitant de jouer avec les meilleurs du monde, tu peux te confronter à eux et apprendre beaucoup en les regardant. Après, certains sont hyper forts en tournois mais ont quelques leaks en heads-up, je pense être capable de pouvoir en exploiter certains.

Est-ce qu’il y a une certaine appréhension par rapport au tirage au sort ?

C’est aléatoire, dont je ne peux rien y faire, je vais me concentrer sur ce que je peux maîtriser, juste prendre les bonnes décisions, je ne redoute pas spécialement un adversaire en particulier. J’ai peur de personne, donc ça me va.

Ca t'ennuierait pas de jouer Adrian Mateos (vainqueur de l'épreuve en 2017) au premier tour ?

Je le prends comme un challenge. Dans l’idée, si tu veux gagner ce tournoi, tu dois battre tous les meilleurs, peu importe de l’ordre dans lequel tu les joues.

Est-ce que tu t'es préparé pour ce tournoi ?

Je m’entraîne pas mal, notamment en apprenant bien les ranges preflop. Ca n'a rien à voir avec le jeu de tournoi, que ce soit 50 blindes deep, 30 blindes deep, 20… L’année dernière, j’avais fait pas mal de heads-up contre des potes aussi, pour me mettre en jambes. On se joue comme si on était en finale de ligue des champions. Pas de cadeaux, on se joue à fond !

Tu as lu les prédictions comme quoi tu allais gagner un bracelet cet été ?

Si je gagne un bracelet, je serai très heureux, c'est clair. Les tournois online, je vais les jouer aussi. Gagner un bracelet sur un 400 $ online, ça me va Y a plus de prestige sur le 10k Heads-Up, c'est sûr, c’est sans doute un des plus durs de tout le festival en terme de niveau et donc un des plus prestigieux à gagner. Mais chaque bracelet te donne le statut de champion du monde, même un 400$ Online, aucun tournoi n'est facile à gagner. Je vais prendre chaque tournoi les uns après les autres... comme ces phrases de Ligue 1... On vise les trois points … Je suis bien préparé cette année, je suis focus à 100% et en pleine confiance.

Ca t’a inspiré le parcours de Romain Lewis l'an dernier (trois podium pour près d'un million de dollars de gains) ?

T’as un de tes meilleurs potes qui accompli un truc de ouf. C’est hyper motivant, tu te dis pourquoi pas toi aussi. Je vais mettre toutes les chances de mon côté pour essayer de faire pareil voire mieux, y a tellement de variance à ce jeu que tout est possible. Faut juste être au top au moment où l’opportunité se présente, être patient car ça peut arriver aujourd’hui comme dans 5 ans. C’est pas forcément un truc que je peux maîtriser mais c’est hyper motivant.

Le bracelet, c’est un rêve pour toi ?

Ouais, c’est clairement un objectif. L’objectif final, ce serait d’en gagner d’eux, sur toute ma carrière. Ca fait partie des objectifs de carrière que t’as envie d’accomplir. Ca représente beaucoup pour moi et pour mon entourage. Quand t’en gagnes deux, c’est plus preuve de régularité, tu passes pas juste pour un chattard comme si t'en avais gagné un seul.

C’est quoi ton programme cette année ?

Je vais être in dans tous les no limit entre 800 $ et 10 000 $. Aussi quelques PLOs et des tournois au Venitian avec des gros prizepools. Ca va être intensif, je vais essayer de bien gérer mon énergie cette année, ne pas y aller trop fort au début pour pas se griller au bout d’une semaine.

Qu’est-ce que tu penses des tournois à faibles buy-ins qui ont été ajoutés cette année ?

Ce sont des tournois bien EV+ à jouer, même si c’est full variance. Un bracelet, c’est un bracelet, peu importe le tournoi. Un 600$ c’est dur à gagner. Ça fait beaucoup de joueurs à battre. Faut beaucoup de chance, mais ça demande beaucoup de compétence aussi, beaucoup de rigueur, surtout quand t’as l’habitude de jouer plus cher, ça prouve que tu joues ton meilleur jeu même sur des tournois comme ça avec des gros fields. Ca impose le respect.

--

On retrouvera Ivan Deyra à 15h (minuit en France) pour son premier tour sur le 10 000 $ Heads-up tant attendu où seront également présents deux autres membres du Team Winamax, Joao Vieira et Adrian Mateos.

Les WSOP sont-ils pour tout le monde ?

Est-ce que la création d'événements abordables comme le Big50 nuit au prestige des WSOP ? Eléments de réponse avec des acteurs du milieu en réponse au Tweet de Doug Polk

Salle pleine

Dans les couloirs du Rio, certains joueurs réguliers regardent avec un léger mépris les joueurs de la file d'attente qui viennent s’inscrire au premier deepstack 600$ de ces WSOP, un nouveau Bracelet Event au programme de la 50ème édition des World Series of Poker. En effet, habituellement, ce genre de tournois étaient réservés aux joueurs de seconde zone - et à ceux qui cherchaient de la value ailleurs qu’au Rio - il fallait aller au Wynn ou au Venitian pour espérer gagner des gros sous sans craquer son PEL, ou rester au Rio pour jouer les Deepstack à 235$ qui n'offraient pas la gloire du bracelet.

Cette année, pour le cinquantenaire des Series, les organisateurs ont choisi de faire un un appel du pied à ces « petits joueurs » en leur proposant de nombreux tournois accessibles et promettant des bracelets à leur vainqueur. Ce sont pas moins de 17 tournois qui proposent des buy-ins inférieurs à 1 000 $, dont 5 tournois online, 6 tournois deepstack entre 600$ et 800$ et 6 tournois incontournables comme le Colossus à 400$, le Big50 à 500$ ou le Crazy Eights à 888$.

Au total, un record de 89 bracelets seront distribués cet été, 11 de plus que l’an passé et beaucoup plus qu’au début des années 2 000 (seulement 36 distribués en 2003, l'année de la victoire de Chris Moneymaker). Beaucoup trop, selon certains détracteurs, qui pensent que donner des bracelets pour des events aussi modestes nuit au prestige des WSOP et décrédibilisent l'organisation de l'événement.

C’est notamment le Tweet de Doug Polk qui a mis le feu aux poudres et agité la Twittosphère lorsqu’il a expliqué que pour lui, tout le monde ne devait pas pouvoir participer aux WSOP.

Not a fan of all of the$600 type events. Part of the WSOP is that events are mid-high stakes, so not every single person can enter.

If you disagree, then why not have a $450 event? $120? Maybe we should end the summer with a 182,382 person $50 tournament for #WSOP50

— Doug Polk (@DougPolkPoker) June 3, 2019

Pour beaucoup d'amateurs, disputer un tournoi des WSOP relève du rêve. Un rêve qui semblait inaccessible il y a quelques années, un rêve qui parfois virait au cauchemar quand on s'aventurait à réunir de l'argent pour prendre part à une boucherie à 1 000 $ et qu'on devait se contenter de 3 000 jetons pour jouer un 1 000 $ Turbo et accessoirement le plus tournoi de sa vie. Mais désormais, avec l’apparition de tournois abordables, avec des structures décentes comme sur le Big50 qui offrait aux joueurs 50 000 jetons et des niveaux de 50 minutes, tout le monde peut se permettre de participer à un tournoi WSOP au moins une fois dans sa vie.

Precious

1 419 bracelets WSOP ont été distribués depuis les début des World Series of Poker, une récompense mythique et le but à atteindre pour tout joueur de poker. Est-ce que le développement de ces tournois qui engendrent d'énormes fields (28 371 joueurs sur le Big50) nuit à l’image de marque des WSOP et diminue le prestige de remporter un bracelet de champion du monde ? C’est la question que j’ai posée à de nombreux acteurs du poker actuel, des pros aux amateurs, en passant par les organisateurs de l’événement, non pas dans le but d’avoir une réponse, mais plutôt un éclairage sur le sujet.

La vision des Pros

Pour Romain Lewis, passé tout près d’un bracelet à trois reprises l’an dernier, « c’est une très bonne idée de développer ces tournois de No Limit Hold’em car c’est devenu encore plus populaire qu’avant, vu les fields. Ces tournois attirent beaucoup de nouveaux joueurs donc c’est parfait pour le poker. Le marché tend plus vers ces buy-ins là, on le voit bien, comme au Sismix où 500 €, c’est juste la bon prix pour faire un tournoi avec un énorme prizpool et séduire plein de joueurs. Quand on voit quasiment 400k$ a gagner sur le premier tournoi deepstack à 600$ des World Series, pour moi c’est largement digne d’un bracelet.

Romain Lewis

Romain Lewis, à deux doigts du bracelet à trois reprises l'an dernier

Victor Choupeaux, qui court après la breloque depuis sa 3ème place sur un Event à 1 500$ en 2017, « ça fait toujours autant rêver les WSOP, ça ne me dérange pas du tout qu’il y ait de plus en plus d’events, au contraire, y en a pour tout le monde comme ça. C’est peut-être moins prestigieux, mais personnellement, tu me donnes un bracelet sur n’importe quel donkament, je prends, même si je préfèrerais un beau NL 6-Max ou un PLO ».

Vainqueur d’un bracelet sur le 10K H.O.R.S.E en 2011, Fabrice Soulier regrette que "les WSOP soient devenus une énorme machine à cash et qu’en faisant trop de ces petits tournois ils dévalorisent la marque. La marque a perdu de sa superbe et on s’en fiche un peu plus tous les ans d’avoir un bracelet, il y en a trop, on ne connaît même plus les noms des vainqueurs. Sky is the limit comme disent les américains, dans 3 ans, ils feront un 100 balles avec 100 000 joueurs. En bref il en faut pour tout le monde, certes, mais je pense que le buy-in Wsop devrait rester un minimun substantiel pour conserver un certain prestige. 1 000$ me semble un bon chiffre. Ouvert à tous, mais exceptionnel quand même. Malgré cela, je continue d’adorer les WSOP et surtout le fait que ce soit quasiment le seul endroit au monde ou on peut jouer toutes les variantes! Donc j’espère pouvoir venir les rejouer pendant encore de nombreuses années..."

Pour Antonin Teisseire, qui avait clot le festival en ajoutant un quatrième bracelet au clan tricolore en 2011, pense que "ces tournois à faible buy-in feront plus d’heureux. C’est plus accessible et si on est pas content, on n’est pas obligé de les jouer non plus. Décrocher un bracelet, ça me fait encore rêver, et même si j’en ai déjà un et que c’était une sensation incroyable de l’obtenir, j’espère plus que tout en décrocher un autre bientôt, et pourquoi pas cette année."

Davidi Kitai, qui fera son entrée tardivement sur les Series cette année (le 28 juin) pense que "Plus le buy-in est bas, plus y a de monde, et plus ça mérite un bracelet. Ca me pose pas de problème, moins c'est cher, plus c’est difficile à gagner. Même si le niveau est plus faible, y a tellement de monde que ça devient encore plus compliqué donc ça mérite bien un bracelet."

Les WSOP, c'est pour tout le monde

Chochon 2

Interrogé sur le sujet et au coeur des décisions de créer autant de nouveaux tournois à des buy-ins modérés, Grégory Chochon, directeur français des WSOP, conçoit que « c’est le gros reproche que l’on fait aux WSOP depuis quelques années, de devenir plus accessibles au détriment du prestige de l'événement » mais ajoute que cela rejoint sa conception des Series, à savoir que « Les WSOP, c’est pour tout le monde. Historiquement, c’était pour les pros et les meilleurs et cela pendant très longtemps, mais l’évolution, c’est ce mélange entre les pros et les amateurs, et c’est aussi ça qui fait rêver, jouer avec Negreanu, avec Hellmuth. Faut pas oublier que les joueurs prennent plein de selfies avec les stars, sont contents quand ils sont à leur table. L’intérêt des WSOP, c’est l’accessibilité et je trouve que c’est bien que tout le monde ait une chance de gagner un bracelet. Même les grands joueurs acceptent de jouer les tournois à petit buy-in, ils accepent de les jouer parce que les structures ont évolué et sont devenues acceptables. Maintenant, ils ajoutent à leur programme ces tournois. J’ai hâte de savoir quels seront les profils des 50 derniers joueurs du Big50, je suis pas certain que ce seront que des amateurs ! »

Salette Negreanu

Salette en mode fanboy avec Daniel Negreanu

Je vais laisser le mot de la fin à "Salette", que je vous ai présenté hier dans cette interview, car il représente plutôt bien le Poker amateur et tous ces joueurs que je croise à Vegas et qui ne passent au Rio qu'une ou deux fois par séjour, persuadés que ce n'est pas pour eux et qu'ils doivent se contenter des autres tournois organisés en marge des WSOP.

Salette : "Doug Polk aimerait que les WSOP soient accessibles que pour une forme d'élite, que ce soit décidé par l’argent et que le touriste de passage ne puisse pas aller gagner un bracelet par hasard mais je suis pas tout d'accord avec cette idée là, parce que si je reprends les propos Doug Polk, ouvrir les tournois à davantage de joueurs amateurs, c’est mauvais pour les WSOP car ça enlève le côté exceptionnel du bracelet. Je pense tout le contraire car je crois que les WSOP ont réussi une énorme opération marketing grâce à ce Big50. J’ai regardé les listes d’attente dans tout Vegas pour jouer en cash game c’est juste dingue il y a 30 à 50 personnes en liste d’attente sur les basses limites dans tous les principaux casinos, et tous les tournois des casinos du Strip ont vu les fields grossir par 3 ou 4. Personnement je n’avais jamais vu ça. Je me souviens qu’ils avaient produit une étude de l’impact de la création du Colossus qui avait montré que ça avait amené énormément de nouveaux joueurs vers les WSOP et que beaucoup revenaient ensuite sur d’autres events. Bref, il me semble que c’est incroyablement positif pour le poker. Et puis, qui a été à l’origine de ce qu’est le poker aujourd’hui et qui fait vivre tous les grands pros qu’on admire ? C’est un random comptable qui a mis quelques dollars dans un satellite online et qui a gagné le Main Event et qui a involontairement créé ce qu’est le poker d’aujourd’hui, du coup je trouve ça malvenu de dénigrer la masse ainsi. Si Doug Polk pense que le bracelet d’un type qui gagne un tournoi à 500$ en battant 28 000 joueurs n’a pas de valeur je lui répond qu’il en a nettement plus pour moi que le vainqueur d’un tournoi Short-Deck à 10 000$ avec 100 joueurs !"

Le combat commence sur le 10 000 $ Heads-Up des WSOP

salle HU

Prévu à 15h, le 10 000 $ Heads-up, tournoi-phare de la journée au Rio, a commencé avec près d’une heure de retard, la faute à des embouteillages aux caisses d’enregistrement, une habitude depuis le début de cette 50ème édition des WSOP.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il règne dans l’Amazon Room une atmosphère électrique quand on s’approche du lieu où sont installés les participants de l’un des tournois les plus relevés de l’été. L’excitation des reporters fait plaisir à voir. « T’as vu, y a Foxen contre Sammartino.. Et là-bas … Kempe contre Yu. Y a John Smith aussi… »

On peut d’ores et déjà signalé qu’il y a 113 inscrits sur le tournoi. Et seuls 98 d’entre eux disputeront le premier tour. Certains joueurs ont hérité d’un « bye » et devront donc s’acquitter du buy-in complet de 10 000 $ comme Kristen Bicknell, Justin Bonomo ou encore Phil Hellmuth. Les autres, ceux qui ont déjà démarré le combat, disputent en réalité un « satellite » à 5 000 $ qui leur permettra de rejoindre le tableau final du tournoi, composé de 64 places.

Avant de nous tourner vers le contingent international et de jeter un oeil au casting de cet événement, intéressons-nous d’abord à nos français qui ont décidés de faire partie de l’élite aujourd’hui. Ils ne sont que 5 si j’ai bien compté, Ivan Deyra, Julien Martini, Jimmy Guerrero, Yoh_Viral et le revenant Basil « Basou » Yaïche.

Ferguson Viral
Arrivé il y a peu à Vegas accompagné de son cadreur officiel venu immortaliser ses World Series, Yoh_Viral a gagné au tirage, en se retrouvant contre Chris Ferguson dès son entrée en jeu, un match à suivre.

Deyra Furey
Très concentré, Ivan Deyra a tiré un adversaire inconnu, Charles Furey, dont il devra tout de même se méfier.

Yaiche Loser
Basil Yaïche affronte le vainqueur de l’EPT Monaco Manig Loeser pour son retour aux affaires après plusieurs années à se consacrer à son autre passion, le théâtre.

Martini
Julien Martini, bubble-boy sur les deux dernières éditions du tournoi, est opposé à Alex Epstein, qui a remporté hier le 10 000 $ Short-Deck.

Concernant le reste du field de ce tournoi, voici les affiches de quelques matchs qui s'annoncent passionnants :

Seidel
Très discret depuis le début de ces WSOP, Erik Seidel sera opposé à Boris Kolev

Yu
Gros match à prévoir entre Ben Yu et le régulier des High Roller Rainer Kempe

Mateos
Remonté comme une pendule avant ce 10 000 $ Heads-up sur lequel il a conquis son troisième bracelet WSOP en 2017, Adrian Mateos fait face à Matthias Eibinger

Polk
Doug Polk battra le fer avec le meilleur ami d’Antoine Saout, alias Joe Cada

Espagnol
Un joueur espagnol qui attend encore son adversaire et pourra lui voler une grosse blinde par minute.

Boivin
Thomas Boivin a hérité de l’homme en forme de ces WSOP, alias Chance Kornuth

Foxen
Alex Foxen n’a pas survécu bien longtemps face à Dario Sammartino

John Smith
Deux fois deuxième de l’épreuve, le vétéran John Smith est toujours un gros client et devra battre Scott Seiver pour avancer dans le tournoi

Vieira
Joao Vieira devra composer avec Ryan Hall pour espérer rallier le deuxième tour

Brian rast
Brian Rast opposé au redoutable joueur allemand Stefan Schillhabel

Le palmarès du 10 000 $ Heads-Up des WSOP depuis 2012

2012 152 entrées Vainqueur : Brian Hastings (USA) 371 498 $ Runner-up : Jason Mo (USA) 229 722 $ Pas de français dans l’argent

2013 162 entrées Vainqueur : Mark Radoja (Canada) 336 190 $ Runner-up : Don Nguyen (USA) 209 648 $ Pas de français dans l’argent

2014 136 entrées Vainqueur : Davide Suriano (Italie) 335 553 $ Runner-up : Samuel Stein (USA) 207 347 $ Pas de français dans l’argent

2015 143 entrées Vainqueur : Charles Keith Lehr (USA) 334 430 $ Runner-up : Paul Volpe (USA) 206 620 $ Pas de français dans l’argent

2016 153 entrées Vainqueur : Alan Percal (USA) 320 574 $ Runner-up : John Smith (USA) 198 192 $ Meilleur français : Alex Luneau - 3ème - 123 929 $

2017 129 entrées Vainqueur : Adrian Mateos (Espagne) 336 656 $ Runner-up : John Smith (USA) 208 154 $ Meilleur français : Julien Martini (éliminé en 16ème)

2018 114 entrées Vainqueur : Justin Bonomo (USA) 185 965 $ Runner-up : Jason Mcconnon (Royaume-Uni) 114 933 $ Meilleur français : Julien Martini (éliminé en 8èmes)

Le chipleader inconnu

Retour autobiographique sur la perf' de Sébastien Chamorro, 18ème du Deepstack 600$ pour 17 124 $

Sebastien Chamorro

Comme il se passe beaucoup de choses au Rio, en tant que reporters, on établit des priorités, des tournois à suivre, des sujets à traiter. On occulte certains tournois. Et parfois, en naviguant sur WSOP.com pour se mettre à jour, sur ce site alimenté par une petite armée de reporters américains qui relatent TOUS les tournois de ces World Series, un événement retient votre attention.

Hier, en fin d’après-midi, je jette un oeil à tout hasard sur le chipcount de l’Event #9, un tournoi Deepstack à 600$ qui offre un bracelet et a généré un field monstrueux de 6 150 entrées. Et oh surprise, je découvre le nom d’un joueur français en tête du chipcount à 100 joueurs restants, je vous l'avoue, je n'avais jamais vu son nom : Sébastien Chamorro. Inconnu au bataillon, comme on dit.

Je passerai dans l’Amazon Room voir si je le trouve un peu plus tard, après avoir pris quelques photos de la finale du 10k$ Short-Deck. Je me rends dans l’Amazon Room section orange, à la recherche de ce mystérieux joueurs français. Je pourrais demander à mes collègues de Pokernews de qui il s’agit, mais mon ego me pousse à croire que je vais le trouver dans le field. Un français à 75 left d’un event WSOP, en général, on est capable de le trouver. Je note le chipcount qu’il est sensé avoir en le répérant sur le site de mes collègues et je vais chercher qui peut être l’heureux propriétaire de ce stack de 7 millions de jetons. Je fais le tour des tables et je tombe sur un jeune joueur roux, qui pour moi a une tête de français. Ok, vous allez me dire « c’est quoi une tête de français ? » Je ne saurais pas vous le dire, mais en tout cas, ce joueur a 7 millions et je suis déjà en train de le photographier, sûr de mon fait. Ils ne sont pas beaucoup à avoir autant de jetons à ce moment-là sur le tournoi, donc ça pourrait bien être lui.

Je squatte quelques minutes près de la table, guettant ses annonces de mise ou une conversation qu’il pourrait avoir avec un opposant. Et c’est finalement dans un accent anglais parfait que je l’entends parler au croupier au moment du changement de table. Zut ! J’ai bien foiré. Je ravale ma fierté de ne pas connaître le français qui est chipleader d’un tournoi WSOP à 60 left (et oui, les éliminations s’enchaînent très vite !) et je vais demander timidement à un reporter s’il peut m’indiquer qui est ce fameux Sébastien Chamorro qui roule sur tout le monde sur ce Day 2. On me montre le joueur au siège 5. Casquette rouge vissée sur la tête, lunettes de soleil, boucles d’oreille. On me dit « It’s him ! ». J’aurais pas mis une pièce sur le fait que c’était lui. Faut dire qu’il rangeait ses jetons de manière un peu bordélique et que j’avais pas pris la peine de compter son stack.

Je m’approche pour tenter de lui parler, et je le vois qui me fait un geste. C’est bon, il m’a vu, je me dis. Ah non, en fait, c’est la masseuse qui se trouvait à côté de moi qu’il appelait. Je reste en retrait, j’observe, prêt à dégainer mon carnet pour le bombarder de questions et en savoir plus sur lui. Il demande à la masseuse combien coûte un massage. Elle lui propose 30 minutes, il n’a qu’un billet de 20 dollars et ne souhaite prendre que cinq minutes. La masseuse semble un peu perdue, mais s’exécute. Je me place en face de lui pour le prendre en photo. C’est bon, il m’a vu. Je déclenche. Mais rien ne se passe. J’essaye à nouveau. Putain, ma batterie est vide, ça ne fonctionne pas. Décidément. J’ai un moment de flottement, il me sourit, il doit penser que j’ai fait une bonne photo de lui.

Je file vers la salle de presse pour chercher une autre batterie, un peu honteux. Mais je n’en ai aucune de chargée. Je mets celle du Nikon à charger et j’attends devant mon ordi, en travaillant sur un autre article. Je refreshe plusieurs fois le coverage WSOP.com et constate que Sébastien truste toujours le chiplead à 50 joueurs restants.

J’attends une dizaine de minutes avant de retourner le voir. Je le prends à nouveau en photo, sans me rendre compte s’il me voit faire. Il est dans une main, j’attends un peu, et puis ça s’éternise. Je décide que, de toute façon, je parlerai de lui un peu plus tard. En réalité, s’il termine 40ème du tournoi, je ne sais pas encore si ça mérite un article. C’est une belle performance, certes, mais si on fait un article à chaque français qui fait 40ème d’un tournoi, on n’a pas fini. Mais ce qui me fait un peu tergiverser, c'est que ce tournoi est quand même fou, pour un 600$, il y a quand même 400k$ à la gagne !

Bref, je checke Twitter et j’ai la confirmation que la table finale n’aura lieu que le lendemain, ils ne joueront donc pas jusqu’au bout de la nuit. Ouf, je vais attendre le lendemain pour aller lui parler et connaître un peu son histoire. Il se fait tard, je suis fatigué et j'ai envie d'une seule chose qui porte le nom de Corona. Si jamais on a la chance qu’il soit en table finale, l'interview sera pour demain. Ca peut attendre.

Une fois de retour chez moi à la villa, autour d’une bière partagée avec mon collègue Veunstyle, je commence à culpabiliser un peu. Un français est en train de deep run, et moi je suis tranquillement loin du Rio à siroter ma bière. Je ne peux pas m’empêcher de refresh sans cesse le coverage, pour constater que le run de Sébastien Chamorro se poursuit de plus belle, sans l'ombre d'un ralentissement. 25 left, il est énorme chipleader avec 20 millions de jetons pour une moyenne à 6 millions. Le deuxième au chipcount possède 11 millions. C’en est trop, je me décide à reprendre la voiture direction le Rio, je ne peux pas rater ça. Avant de prendre la voiture, une vérification s’impose, je me connecte sur WSOP.com sur mon iPhone et découvre sans trop y croire que le français ait annoncé busto. 18ème. J'ai du mal à y croire. Comment c'est possible ? Si c'est vrai, ça doit être un énorme setup puisqu’il était chipleader dix minutes plus tôt. En lisant le coverage, je comprends le coup. Et pourquoi Sébastien Chamorro a effectivement pris la porte. Il a mis son tapis au milieu avec une overpaire contre un tirage. La couleur est rentrée et Sébastien s’est retrouvé crippled après cette main contre celui qui était deuxième au chipcount.

Presque soulagé de ne pas avoir été au Rio pour rien, mais imaginant Sébastien dévasté par cette fin brutale, je me promets de retrouver Sébastien Chamorro pour l’entendre me raconter cette folle histoire. En 2019, je n'ai pas trop de mérite. Il me suffit de le retrouver sur Facebook pour caler un rendez-vous au Rio.

C’est ainsi que je rencontre Sébastien Chamorro le lendemain, juste avant le départ du 1 500 $ 6-Max qu’il a décidé de rejoindre. Il est visiblement très heureux de me confier son histoire et une fois que j'ai déclenché l'enregistrement, il parle pratiquement sans s’arrêter, les yeux qui brillent en repensant à son parcours :

Sébastien :

« J’ai joué le Big50, j’ai bust 99 contre QQ, je voulais re-entry, mais j’ai du me rabattre sur le 600$ Deepstack parce qu’il y avait trop de monde dans la queue. Le Day 1 s’est bien passé, j’avais la moyenne à la fin de journée. C’est sur le Day 2 que j’ai décollé. J’ai eu un rush de fou, j’ai fait deux as contre deux rois et roi-valet, j’ai craqué une paire d’as en faisant un brelan, je passais tous mes flips. J’ai joué contre Negreanu en début de journée. Je lui ai pris deux coups, je lui ai parlé, c’était vraiment sympa. J’ai monté une tonne de jetons, je me suis retrouvé large chipleader à 20 left avec 20 millions de jetons. La table finale me tendait les bras, je ne voyais même pas comment je pouvais la rater.

Et puis, arrive ce coup. Le Hi-Jack ouvre à 800k (sur 200/400), je viens d’arriver à la table, j’ai aucune info, je décide de 3-bet à 2,7 millions avec Q Q. Il me paye. Sur le flop T 8 2, je me sens bien, je fais un c-bet un peu cher, à 4,5 millions. Et mon adversaire fait tapis pour 13 millions. Je réfléchis mais j’élimine beaucoup de mains de sa range. Je me convains qu’il a un draw et je décide de payer. En effet, il avait un draw mais un très gros avec 9 7 en main. Je ne vois pas trop pourquoi il a payé preflop mais bon, il a touché son K sur la rivière. J’étais vraiment très déçu sur le coup, mais je relativise.

C’est seulement la première fois que je vais aux WSOP, c’est mon deuxième tournoi ici et je prends 17 000 $. Il y a quatre ans, j’étais à la rue, j’ai monté une boîte qui marche bien à Marseille, je suis d’ailleurs venu ici avec mon associé. J’ai monté ma boîte dans le but de faire de l’argent pour jouer au poker. Je suis d’une famille de joueurs, un peu flambeurs de casino sur les bords, j’ai commencé à jouer à 18 ans, j’ai appris à jouer à ma copine, on a fait des tournois ensemble. Et puis, un jour, elle a eu un accident de voiture, je l’ai perdue et j’ai décidé que j’irais à Vegas un jour et que je jouerai pour elle. J’ai 33 ans maintenant, ça m'a mis longtemps pour venir ici, je sais pas si je vais continuer à faire des tournois, mais j'en ai envie, je crois que ce n’est que le début, je vais demander des conseils à des gens plus expérimentés, pour progresser et continuer à perfer. C’était vraiment une superbe expérience. J’espère que je vais pouvoir faire encore mieux sur mes prochains tournois. Cette année, je pourrais juste jouer le 1 500 6-max parce que je dois retourner travailler à Marseille après, mais c’est sûr que je reviendrai à Vegas. »

J’éteins l’enregistreur, ravi d'avoir fait connaissance avec ce mystérieux chipleader inconnu de la veille, et je souhaite bonne chance à Sébastien sur son 1 500 $ 6-Max, ravi de voir que le poker, c'est surtout de belles rencontres.

Jimmy Guerrero et Yoh_Viral intègrent le tableau final

Jimmy Guerrero et Yoh_Viral remportent leur premier tête-à-tête Ivan Deyra, Julien Martini et Basil Yaïche sont éliminés d'entrée Event #15 : No Limit Hold'em Heads-Up 10 000 $ (Day 1)

Guerrero

Jimmy Guerrero a battu Sam Higgs pour passer au deuxième tour

Après les 49 premiers matchs de ce tour préliminaire du 10 000 $ Heads-Up, nous connaissons désormais le bracket final de l’épreuve et donc les 64 joueurs qui vont poursuivre l’affrontement jusqu’à ce qu’on trouve un vainqueur.

Malheureusement, ce tour préliminaire aura vu la chute de trois de nos cinq français, Ivan Deyra, Julien Martini et Basil Yaïche.

Deyra 2

Pour Ivan, qui se réjouissait ce matin de disputer l’un des plus beaux tournois de son programme, le tirage au sort avait été plus que clément puisqu’il démarrait l’épreuve contre Charles Furey, un joueur récréatif avec néanmoins quelques belles lignes à son palmarès live. Néanmoins, il n’a pas réussi à faire parler l'expérience. « J’ai été card dead et lui a bien run. J’ai perdu un gros pot avec Q9 contre QJ sur AQT7Q. Puis, je bust A8<89, c’est dommage que ça se soit déroulé comme ça, j’avais quand même un bon edge sur lui. » Loin de se laisser abattre, Ivan Deyra a rejoint le field du 1 500 $ 6-Max aux côtés de Romain Lewis, Guillaume Diaz, Adrien Delmas ou Adrian Mateos (lui aussi éliminé du 10k$ Heads-up).

Bubble-boy de l’épreuve en 2017 et 2018, Julien Martini s’arrête cette fois dès le premier tour, défait par le vainqueur du 10k$ Short-Deck Alex Epstein. « Il était pas habitué à jouer en No limit hold’em, c’est un joueur de PLO. Il a joué super high variance, j’ai eu quelques coups intéressants, dont un où j’ai payé avec valet high et un tirage quinte quand il avait tirage flush. Mais sinon, j’ai passé mon temps à folder. J’ai gagné un flip AJ contre 77 pour revenir, puis buster sur un flip 33 vs 97o pour finir. » Julien Martini est également parti rejoindre les rangs du 1 500 $ 6-Max.

Enfin, c’est Basil Yaïche qui a mis le plus de temps à rendre les armes. Opposé au vainqueur de l’EPT Monte-Carlo Manig Loeser, Basil Yaïche a eu une opportunité de gagner le match, mais son KQ n’ pas réussi à garder son avantage face au K2 adverse. Pas trop affecté par cette élimination, Basil Yaïche va continuer ses petites vacances à Vegas, où il a prévu de jouer tout ce qui se présente, « du moment que c’est avec 2 ou 4 cartes ».

Yoh_Viral

Du côté des bonnes nouvelles, Jimmy Guerrero et Yoh_Viral rejoignent le bracket final de l’épreuve. Jimmy s’est imposé assez rapidement contre Sam Higgs, tandis que Yoh_Viral a eu besoin d’un bon coup de pouce du destin pour se débarrasser de Chris Ferguson, son As-Roi passant devant les Rois de son adversaire sur le board alors que les deux joueurs étaient partis à tapis preflop.

Le deuxième round vient de commencer avec quelques beaux matchs au programme, que vous pouvez découvrir en consultant le bracket des 64 joueurs encore en lice dans l’épreuve.

Bracket 1

Bracket 2

Bracket 3

Bracket 4

Retour sur la polémique de la semaine aux WSOP

Sam Soverel avait-il l'intention de provoquer le call de Ben Heath ? Event #5 : No Limit Hold'em for the 50th Annual 50 000 $ (Table finale)

Assurément, il s’agit de la polémique de la semaine aux WSOP. Si vous étiez dans une grotte ces deux derniers jours, vous n’avez peut-être pas vu cette vidéo. Les faits se sont déroulés sur la table finale du 50 000 $ High-Roller remporté par l’anglais Ben Heath.

Pour comprendre ce qu’il s’est passé, regardez d’abord la main telle qu’elle s’est déroulée en direct :

Cette polémique est née sur Twitter, à propos de ce coup qui a poussé Dmitry Yurasov vers la sortie en quatrième position, non sans avoir exprimé son mécontentement devant cette erreur - peut-être intentionnelle - de Sam Soverel. A l’initiative de Isaac Haxton, qui réclamait tout simplement la disqualification de Sam Soverel sur les réseaux sociaux, le débat était lancé pour tenter de comprendre s’il s’agissait d’une simple erreur ou d’un acte intentionnel pour pousser Ben Heath à payer le tapis de Dmitry Yurasov. Faut dire que le joueur américain a des antécédents, comme on l’a appris au fil des réponses des joueurs sur Twitter, et qu'en regardant la vidéo plusieurs fois, on a clairement l'impression que Sam Soverel avait fait l'Actor's Studio dans sa première vie.

If this is reported accurately, anything less than disqualification and fourth place money for Sam is insufficient. You absolutely can't let people get away with shit like this at the final table of a $50k. @wsophttps://t.co/E2D3CS3xTb

— Isaac Haxton (@ikepoker) June 3, 2019

Et toi, Romain, t'en penses quoi ?

Romain Lewis

A l’occasion de sa première apparition au Rio cette année sur l’Event #16 : No Limit 6-Max 1 500 $, Romain Lewis m’a confié ce qu’il pensait de cette histoire. « Je l’ai vu en direct, sur le moment, j’étais persuadé que Soverel a fait exprès et je le suis encore. Après, Ben Heath je j'aime beaucoup mais il n'est pas innocent dans l'histoire, il voulait clairement prendre une info car il a direct jeté un coup d'oeil à soverel après avoir fait le geste de prendre sa timebank card... Pas de disqualification nécessaire pour moi mais un bon 3 tours de pénalités. Pour moi, ça met en évidence une nouvelle manière qu’il faut trouver une nouvelle manière d'utiliser notre temps dans des gros tournois... Il y-a trop de problèmes avec les timebank cards. Ca rajoute quelques problèmes, comme le fait de pouvoir légalement stall les (longues) 30 secondes quand t’es proche de l'argent ou prendre quelques timebank pour induce un move, ou jeter ses timebank cards d'une certaine manière... ça ajoute plein de tricks/ angleshoots qui polluent le jeu... Aussi, donner le même temps preflop & river ne me semble pas très logique. C’est pas très fairplay ce qui s'est passé sur cette table finale, c’est certain mais bon... C’est difficile de juger car on ne peut jamais être certain que c’est intentionnel, comme souvent dans le poker. »

Pour Davidi Kitai, qui me confessait ne jamais avoir joué avec Sam Soverel, « Il faut surtout savoir si c’est intentionnel ou pas. Ce joueur se traîne une sale réputation et pas mal d’histoires douteuses, comme on l'a appris par les tweets des ricains. Si c’est intentionnel, c’est très grave, cet acte a de grosses conséquences en terme d’ICM. Soverel a une range hyper forte quand il relance UTG, c’est une aide énorme de savoir qu’il va folder. L’équité de ce fold peut être autour des 100 000 $, donc c’est grave, maintenant si c’est pas intentionnel, ça arrive à tout le monde de faire des erreurs et tu ne peux pas avoir plus que des tours de pénalité. »

A chacun de se faire sa petite idée sur cette histoire. On ne saura sans doute jamais si Sam Soverel a réellement voulu pousser Ben Heath à payer ce tapis avec son As-Dame. Et s'il aurait payé sans cette erreur de Soverel. Tout ce qu'on sait, c'est que Sam Soverel rase un peu les murs du Rio depuis cette affaire.

Bof.

Pour moi, c’est clairement mistake et pas intentionnel. Par contre, il annonce quand même qu’il va bien fold après le shove vu son attitude même si ça pourrait être aussi un induce avec AA en main. Bref…

Je l’aurai un jour, ce bracelet

Shannon Shorr privé de son premier bracelet par Daniel Strelitz Event #8 : No Limit Hold'em 5 000 $ (Finale)

Shorr

Alors que Shannon Shorr vient de terminer runner-up sur le 5 000 $ No Limit Hold'em, défait par son compatriote Daniel Strelitz après un heads-up à sens unique, intéressions-nous un peu à ces joueurs dont on attend impatiemment le moment où ils décrocheront leur premier bracelet WSOP.

Dans les couloirs du Rio et surtout parmi les observateurs du poker mondial, une liste circule avec les joueurs qui « méritent » un bracelet au vu de leur parcours sur les World Series depuis de longues années, des joueurs qui ont fait leur preuve, qui sont souvent passés à un coin flip de l’objectif ultime, qui ont caressé l'espoir d'enfiler la breloque à leur poignet, des joueurs qui se font souvent charrier par les membres du club. Parler de « mérite » au poker n’a clairement pas beaucoup de sens, mais certains joueurs se sont tellement cassés les dents sur cet objectif ultime qu’on aimerait tous les voir soulever leur première breloque.

Plus de 1 400 bracelets ont été distribués depuis 1970 et le début des World Series of Poker, certains joueurs les accumulent, comme le recordman Phil Hellmuth (15 bracelets) ou le trio de poursuivants Johnny Chan, Doyle Brunson et Phil Ivey (10 bracelets), tandis que des joueurs exceptionnels courent après chaque été, se contentent de places d’honneur, et regardent le bracelet leur filer entre les doigts

Même si cette liste n’est pas si évidente à déterminer, elle revient sur le tapis chaque année aux WSOP. Qui sont les joueurs qui n’ont pas de bracelet mais qui en mériteraient un ? Qui sont ceux dont on croît qu’ils en ont tellement ils sont omniprésents dans les palmarès ? Vainqueur d’un bracelet l’an dernier, Chris Moorman faisait assurément partie de ce club des rejetés, jusqu’à la délivrance et sa victoire sur le 3 000 $ NLH 6-Handed, après trois podiums obtenus en 2011.

Shorr_Pote

Vaincu aujourd’hui en heads-up sur le 5 000 $ Hold’em, Shannon Shorr occupe une place de choix sur cette liste et devient presque habitué à l’échec depuis sa place de runner-up en 2008 où il échoua contre Matt Keikoan sur un 2 000 $ No Limit pour 349 141 $. Très déçu après sa défaite en heads-up contre Daniel Strelitz, félicité par ses potes dont beaucoup possèdent déjà un bracelet, le joueur américain ajoute une place de runner-up à son impressionnant palmarès sur les WSOP.

68 places payées, deux fois runner-up, deux fois 3ème (sur un 550 € Pot Limit-Omaha en 2015 sur les WSOP-E, sur le 10 000 $ 6-handed Championship en 2012), 12 tables finales et 1,7 millions de dollars de gains sur les WSOP pour ce spécialiste de Hold’em et toujours cette victoire qui lui échappe.

Si son adversaire du jour, Daniel Strelitz était clairement sur la seconde liste des joueurs-qui-méritent-un-bracelet et vient donc d'accéder au graal après plusieurs tentatives infructueuses, certains joueurs du circuit très connus espèrent un jour vaincre la malédiction et décrocher enfin leur premier bracelet à leur tour.

Si je devais en citer quelques-uns, en plus de Shannon Shorr, qu'on attend impatiemment soulever un bracelet, je citerai notamment Dan Smith, Steven Chidwick, Isaac Haxton, Jason Koon et Mike Watson. Ces cinq joueurs sont passés souvent à un cheveu de la breloque et ont tous un palmarès impressionnant sur les WSOP, excusez du peu.

Palmares Smith

Le palmarès de Dan Smith sur les WSOP

Dan Smith Gains WSOP : 9 730 497 $ Places payées : 31 Tables finales : 9 Meilleure perf’ : Runner-up du High-Roller for One Drop 111 111 $ en 2016 pour 3 078 974 $

Steven Chidwick Gains WSOP : 2 239 969 $ Places payées : 52 Tables finales : 12 Meilleur perf’ : Runner-up du 7-card Stud Hi-lo Championship 10 000 $ en 2015 pour 180 529 $

Jason Koon Gains WSOP : 1 764 162 $ Places payés : 40 Tables finales : 5 Meilleure perf’ : Runner-up du Heads-Up NLH/PLO 3 000 $ en 2012 pour 128 660 $

Isaac Haxton Gains WSOP : 2 923 424 $ Places payés : 27 Tables finales : 6 Meilleure perf’ : Runner-up du 40th Annual NLH 40 000 $ en 2009 pour 1 168 566 $

Mike Watson Gains WSOP : 2 893 733 $ Places payés : 60 Tables finales : 13 Meilleure perf’ : Runner-up du 10 000 $ 2-to-7 Lowball Draw en 2016 pour 168 936 $

Evidemment, on pourrait citer aussi beaucoup d’autres joueurs qui sont passés tout près du bracelet à plusieurs reprises, comme Jon « Pearljammer » Turner, Ismaël Bojang, Dylan Linde, Dario Sammartino, Sam Trickett, Adam Owen, Tom Marchese ou même le français Gabriel Nassif ou certains joueurs dont on pense qu’ils décrocheront un bracelet d’ici peu comme Alex Foxen, Maurice Hawkins, Jake Schindler ou Jerry Wong.

Passé si près du bracelet ne donne qu’une seule envie : recommencer. Encore et encore. Pour un jour accéder au rêve ultime du joueur de poker.

Daniel Strelitz s'impose sur l'Event #8 : No Limit Hold'em 5 000 $

Strelitz

Vainqueur : Daniel Strelitz (USA) Runner-up : Shannon Shorr (USA) 273 416 $ 3e : Ognjen Sekularac (Serbie) 186 050 $ 4e : Ali Imsirovic (USA) 129 018 $ 5e : Maria Ho (USA) 91 211 $ 6e : Arsenii Karmatckii (Russie) 65 764 $

Un Shootout bien trop cruel pour les Français

Les français ne parviennent pas à conclure sur le Shootout Aladin Reskallah et Adrien Delmas sont éliminés tout proche du but Event #16 : No Limit Hold'em Shootout

Aladin 2

Le Shootout de ce Jeudi 6 juin n’aura pas fait que des heureux. Avec une structure beaucoup plus lente que l’année dernière, plusieurs matchs sont encore en cours alors qu’on approche minuit ici à Vegas. Les joueurs sont sur le pont depuis 11h ce matin. 9 joueurs au départ et il ne devait en rester qu’un.

Si les français ne sont montrés plutôt performants pendant une grande partie de la journée, ils ont néanmoins tous calés sur la fin, comme Aladin Reskallah qui a rendu les armes à 22h45 après un heads-up qu’il a pourtant largement dominé, après avoir accompli un parcours sans faute sur sa table jusqu'au duel final, prenant très vite l'ascendant et éliminant progressivement ses adversaires.

Adversaire Aladin

Le cauchemar d'Aladin sur ce Shootout

Mais il n’y avait rien à faire contre son adversaire d’un jour qui a gagné tous les showdowns pour survivre et a fini par l’achever. Et pourtant, quand le Top Shark détenait 225k jetons et son adversaire 15k et que les deux joueurs sont partis à tapis avec respectivement A 6 contre Q T, ça sentait plutôt très bon. Après un flop 3 5 A, on a cru la rencontre pliée, mais la turn T a redonné espoir à son adversaire et la river T lui a permis de survivre.

Son adversaire a gagné tous les all-in preflop pendant ce heads-up qui a duré plus de trois heures. Aladin le grindait progressivement mais son opposant s’en sortait toujours en gagnant les confrontations preflop. C’est arrivé 5 fois et Aladin avait du mal à croire qu'il n'avait jamais réussi à finir le match. La partie s'est terminée quand, après avoir repris l'avantage en gagnant deux 40/60, son adversaire trouve As-Dame quand Aladin pousse son tapis d'une quinzaine de blindes avec As-3.

Au début du heads-up, Aladin me confiait qu’il serait quand même « bien dégoûté de perdre maintenant et d'avoir fait tout ça pour rien ». Vu son visage à la fin du heads-up, Aladin avait l'air sonné par le scénario improbable de cette fin de shootout. S'il gagnait ce match, il était dans l'argent et aurait pu se battre pour une place en table finale demain. Mais les Dieux du Poker sont parfois cruels et Aladin va devoir se contenter de disputer le Millionnaire Maker désormais.

Taieb

Roger Taieb contre Athanasios Polychronopoulos

Pendant qu'Aladin disputait son tête-à-tête, deux autres français ont échoué à un cheveu de la qualification, Youcef Benzerfa, éliminé par Cary Katz, et Roger Taïeb, défait par Athanasios Polychronopoulos alors qu'il débutait le Heads-up avec une belle avance.

Bencerfa
Youcef Bencerfa éliminé par Cary Katz

Adrien Delmas a terminé en 3ème position de sa table et Jimmy Guerrero et Adrien Allain ne sont pas parvenus non plus à s’en sortir. Sauf erreur de ma part, aucun français n'a réussi à se hisser dans les places payées sur l'épreuve.

Romain Nussman enraye la maquiná Mateos

xx

Nussman 2

Longtemps en tête du 1 500 $ 6-Handed et en mode bulldozer, Adrián Mateos a finalement rendu les armes à la 51ème place pour un gain anecdotique - pour lui - de 5 880 $, la faute à un petit français qui s’est mis sur sa route, un certain Romain Nussman. Chose amusante, il s’agit du coloc d’Aladin Reskallah sur ce Vegas 2019...

Le coup qui a permis à Romain de détrousser notre Team Pro Winamax est arrivé quand il a décidé de défendre sa grosse blinde avec 4 3 suite à une ouverture d’Adrián au cut-off.

Le flop 3 4 9 lui apporte deux paires et le pousse à placer un check/raise après le continuation bet de la maquiná. Adrián réclame le tapis de Romain, qui s’exécute et doit jouer contre Q Q pour overpaire. Les deux paires du Français restent devant et Adrián perd les deux tiers de son stack sur cette main.

Le reste va partir quelques minutes plus tard, quand sa paire de Valets va se heurter aux As du même Nussman. Grâce à ces deux coups, Romain Nussman rejoint le clan des chipleaders du tournoi et le restera jusqu’à 37 joueurs restants. Professionnel en 2011 mais ayant mis de côté le poker depuis quelques années, Romain m’expliquait qu’il avait « monté un projet de centre de formation pour joueurs de poker, un peu comme au football, le but étant de former des joueurs pour faire le circuit avec une équipe d’ici quelques mois ».

Yoh_Viral

Mourant il y a quatre heures avec 8 blindes devant lui, Yoh_Viral est pourtant toujours bien présent dans le field de ce Day 2. Certes, il possède l’un des plus petits tapis, mais tous les espoirs sont encore permis.

Yoh m’expliquait tout à l’heure que celui qu’il aimerait imiter sur ces World Series, c’est un certain Aubin Cazals, vainqueur d’un bracelet ici en 2012 sur le 5 000 $ No Limit Hold'em Mixed Max. Pendant que Aubin disputait son heads-up pour le bracelet, Yoh, très ami avec le grindeur, avait pris l’avion avec Jérémie Sarda pour le rejoindre faire une surprise. Quand ils ont débarqué à Vegas, pour la première fois de leur vie, « Kzouls » était devenu champion du monde et Yoh et Jérémie ont décidé de rester avec lui à Vegas pendant plus d’un mois pour fêter ça et jouer les World Series. Aujourd'hui, Yoh_Viral écume les tables de cash-game du Wynn ou du Bellagio, mais cette année, il a décidé de se consacrer aux tournois et ne serait pas contre l'obtention d'un petit bracelet.

Après l’échec du 10 000 $ Heads-up, il semblerait bien que Yoh soit en train de rebondir de la plus belle des manières, avec dans le viseur les 407 739 $ promis au vainqueur de cette épreuve qui a réuni 1 832 joueurs.

La première table finale française pour demain ?

Deux français à 21 left avec 407 739 $ à la gagne Romain Nussman chipleader avec un énorme tapis Event #16 : No Limit Hold'em 6-Handed 1 500 $

Nussman 3

La journée se termine ici au Rio avec un premier espoir de table finale française sur le 1 500 $ 6-handed. Bon, on ne va pas le jinxer non plus, mais Romain Nussman est plus que bien parti puisqu’à 21 joueurs restants, il possède déjà plus que la moyenne de la table finale et occupe le fauteuil de chipleader avec un énorme tapis de 8 095 000 jetons.

Deux coups lui ont permis de monter un énorme stack sur la fin de journée. D’abord, une bataille de blindes où il envoie 215k sur une turn 6 T 8 Q (dans un pot de 350k) et se fait check/raise à 775k par Daniel Podheiser. Il paye et découvre un 9 sur la rivière. Son adversaire checke et il en profite pour envoyer une mise de valorisation à 840k. Il se fait payer à la vitesse de la lumière, mais son J 2 pour quinte lui suffit pour s’accaparer le pot.

Quelques minutes plus tard, Romain voit le cut-off ouvrir à 60k et se faire payer par son meilleur ennemi Daniel Podheiser au bouton. Il découvre une paire de Dix et place un squeeze à 270k depuis la petite blinde. Si le relanceur initial passe rapidement, ce n’est pas le cas de Podheiser qui envoie son tapis de 1,5 million au milieu (50bb) avec une paire de Sept. Romain vérifie la taille du tapis adverse puis paye logiquement. Il remporte le 80/20 et passe ainsi à 8 million de jetons quelques minutes avant l’emballage final.

Careme

Même s’il a échappé à notre radar, un autre français s’est également glissé dans le Top 10 du tournoi et pourrait également jouer les trouble-fêtes demain, un certain Nicolas Careme que l'on tentera de découvrir demain.

On notera également la présence du mythique Isaac Baron dans le field de ce 1500 $ 6-Handed avec un tapis décent de 2 millions de jetons.

Chipcount complet (reprise sur 20k/40k)

Romain Nussmann (France) 8 095 000 Ong Dingxiang 7 080 000 Pierce Mckellar 4 990 000 Kai McCue-Unciano 2 760 000 Nicolas Careme (France) 2 400 000 Henry Lu 2 175 000 Isaac Baron 2 050 000 Stephen Graner 2 045 000 Vadim Shlez 1 730 000 Richard Hasnip 1 615 000 Cameron Marshall 1 605 000 Marc Robinson 1 505 000 James Hughes 1 250 000 Dane Tallen 1 150 000 Nicholas Dolen 1 020 000 Linglin Zeng 995 000 Michael Gagliano 900 000 Ronni Borg 625 000 Hans Joachim Hein 370 000

En plus du bracelet tant convoité, les joueurs se battent pour un premier prix astronomique de 407 739 $ et sont d'ores et déjà assurés de remporter un minimum de 16 643 $. La partie reprend demain à 14h (23h heure française) et on se réjouit d'avance de suivre nos deux français en route vers la première table finale française de ces WSOP.

Aux portes de la gloire

Romain Nussman et Nicolas Carême tout proches de la table finale 407 739 $ pour le vainqueur de l'épreuve Event #16 : No Limit Hold'em 6-max (Day 3)

Careme_Nussman

Après plusieurs jours de disette, on ne va pas cacher notre joie de retrouver deux joueurs français bien placés à 19 joueurs restants sur le 1 500 $ 6-max qui connaîtra son épilogue ce vendredi. A l'entame de cette journée décisive, Romain Nussman et Nicolas Carême se retrouvent cote à cote avec la même envie d'aller décrocher leur premier bracelet WSOP.

Romain Nussman occupe le fauteuil de chipleader avec un tapis de 8 millions, soit … 200 blindes à la reprise sur 20k/40k ante 40k. Quant à Nicolas Carême, il fait partie du Top 5 de l’épreuve avec un tapis de 2,4 millions, soit tout de même 60 blindes pour s'exprimer. Autant dire que les chances de table finale française sont élevées, même si cela reste du poker et que tout peut changer très vite.

Nos deux français sont d'ores et déjà assurés de remporter 16 643 $, mais convoitent forcémen les 407 739 $ promis au vainqueur de cette épreuve qui a engendré 1 832 entrées.

A quelques minutes du shuffle up and deal, rencontre avec nos deux français, avec d'abord notre chipleader :

Salut Romain, peux-tu nous raconter un peu ton parcours ?

En 2016, j’étais dans l’e-Sport, j’ai découvert le poker à ce moment-là, j’en ai fait mon activité professionnelle jusqu’en 2011, je jouais d’abord en cash-game, j’ai été jusqu’en NL400, puis j’ai switché sur les tournois en 2011. J’ai joué un an, ça ne s'est pas très bien passé et j’ai fait une grosse pause. Quand j’ai repris mon activité en 2015, je me suis focalisé sur les tournois. Aujourd’hui, je passe la moitié de mon temps à jouer et la moitié à coacher, avec Yoh_Viral, Corentin Ropert et Aladin Reskallah. L’idée, c’est d’être aussi bon dans les deux disciplines, le jeu et le coaching. Cela fait trois mois qu’on se prépare pour les World Series.

Qu’est-ce que ça représente pour toi, les WSOP ?

C’est une compétition à haut niveau où le but est d’être le meilleur. Je suis un compétiteur, j’étais sportif de haut niveau, j’ai fait des championnats d’Europe de « Down of War », le même jeu sur lequel a commencé Yoh_Viral. C’est comme ça qu’on s’est connus d’ailleurs (ndlr : C'est grâce à Romain que Yoh_Viral a découvert le poker, d'ailleurs). Je vois ces épreuves comme une compétition, l’idée pour moi, ce n'est pas d'atteindre le haut niveau, c’est d’y rester, et le plus longtemps possible.

Quelles sont tes ambitions sur ce tournoi ?

Le but, c’est de jouer le mieux possible. Tant que le tournoi n’est pas terminé, je n’ai aucune ambition particulière. Je n'ai jamais fait de résultats marquants sur 70 tournois. C’est la première opportunité que j’obtiens, maintenant il faut concrétiser. J’ai eu un peu de réussite, notamment sur les mains contre Mateos, c’était vraiment des setups. Je joue probablement le meilleur tournoi de ma vie aujourd'hui. Je pense pas que je suis le meilleur du field, mais je pense que je suis le plus préparé de tous, ça fait trois mois qu’on s’entraîne exprès pour les WSOP et le live.

Ca ressemble à quoi un entraînement pour les World Series ?

C’est beaucoup d’entraînement technique, du développement mental et personnel, comment se créer des habitudes pour pouvoir être le plus préparé et dans les meilleures conditions possibles. Des techniques de visualisation aussi, sur le plan mental, et bien sûr analyser toutes les situations et les scénarios que l’on peut retrouver dans les tournois. Réfléchir à toutes les stratégies selon les joueurs et les tailles des tapis.

C’est un travail collectif ?

L’idée, c’est de créer une émulation, un esprit de groupe. C’est un peu comme le Team Winamax, dans l’idée. Le fait qu’on soit beaucoup plus fort en groupe fait qu’on a envie d’être ensemble. Quant il y en a un qui bosse, ça donne envie aux autres de travailler.

C’est quoi tes objectifs sur ce tournoi ?

J'ai un objectif sur la technique, mais pas sur le résultat. Un objectif sur des pistes de travail, sur des points faibles que je peux avoir, ou des particularités stratégiques. Par exemple, j’ai un objectif quotidien : à chaque showdown, je dois dégager une note sur mes adversaires pour pouvoir déterminer des patterns que je puisse utiliser. Il y a une main qui m’a fait gagner un énorme pot et qui était corrélé à cette prise de note. Elle a été un point majeur à ma prise de décision. C’est un pattern que j’ai identifié chez un joueur qui s’est confirmé deux fois et que j’ai réutilisé. J’étais pas dans les coups, mais j’ai noté les showdowns sur mon téléphone. Ma décision a été bien meilleure et plus efficace grâce à ça.

Merci pour tes réponses.

J'espère qu'on refera une interview dans 12 heures !

Careme 2

Nicolas, comment tu te sens avant ce Day 3 d'un tournoi des WSOP ?

Plutôt bien, j’ai déjà connu cette sensation il y a deux ans, puisque j’avais aussi fait Day 3 sur un 1 500 $ des WSOP. Le déroulement du tournoi a été sensiblement le même, d’ailleurs. J’ai connu un Day 1 assez tranquille, où je me suis juste maintenu comme je pouvais. C’est sur le Day 2 que j’ai joué quelques coups énormes. J’étais même chipleader à un moment. La différence avec 2017, c’est que j’ai moins ressenti la fatigue, je suis mieux préparé physiquement.

C’est quoi ton parcours de joueur ?

Avant, je jouais principalement des Expressos et des Spin and Gos. Je venais à Vegas tous les ans, mais je venais avec mes connaissances de joueur d’Expressos, autant dire que c’était un peu dommage de ne pas être assez calé sur le jeu en tournois. Depuis peu de temps, j’ai bien bossé mon jeu et je me suis focalisé sur les tournois, sur Winamax, notamment. J'ai d'ailleurs acheté mon ticket avec mes miles sur Winamax. J’avoue que j’en avais aussi un peu marre des Expressos.

Quel sera ton objectif sur cette table finale ?

Je suis un compétiteur, donc j’avoue que je veux gagner. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de différence entre la 2ème et la 150ème place du tournoi. Y a beaucoup l’argent, certes, mais quand t’aimes la compétition, il n’y a que la victoire qui compte.

Comment as-tu trouvé le niveau sur ce tournoi ?

Au Day 1, il y avait beaucoup de joueurs récréatifs, des joueurs de live pas complètement au point techniquement. J’ai vu le switch sur le Day 2 où il restait beaucoup plus de joueurs pros. Mais j’ai eu la chance d’en éliminer plusieurs et de regarder les autres se faire éliminer. Contrairement à mon deep run en 2017, je n’ai pas baissé de rythme en fin de Day 2 et j'ai fait le maximum.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter maintenant ?

J’espère ne pas faire les erreurs d’il y a deux ans (ndlr : Nicolas Carême avait bust en tout début de Day 3 à la 18ème place), j’ai l’impression que j’étais un peu sorti du tournoi sur le Day 3, je me rappelle m’être dit « c’est peut-être la seule fois de ta vie que tu seras là » et ça m’a un peu tétanisé. Cette année, j’ai décidé de rester concentré, de ne pas me laisser envahir par des mauvaises pensées, de ne pas me disperser, de rester dans mon jeu, d’être focus et de jouer les stats et les joueurs. Mais bon, même s’il y a des millions en jeu sur ces WSOP, je ne veux pas oublier que ça reste un jeu !

Souhaitons à nos deux français bonne chance sur ce Day 3. Il est temps de trouver un successeur à Julien Martini et William Reymond, couronnés l'an dernier ici-même, et d'entendre à nouveau la Marseillais résonner dans la grande salle du Rio.

Du rêve au cauchemar

Romain Nussmann et Nicolas Carême sont éliminés aux portes de la table finale Ils remportent respectivement 36 647 $ et 48 954 $ Event #16 : No Limit Hold'em 6-max 1 500 $ (Day 3)

Careme busto

Le scénario semblait cousu de fil blanc pour les français sur ce 1 500 $ 6-max. Le field se réduisait à vue d’oeil, la table finale se rapprochait, on imaginait déjà Romain Nussmann soulever son premier bracelet WSOP et Nicolas Carême prendre place sur le podium de l'épreuve. Et pourtant ... à 18h, nos chances de retrouver pour la première fois en 2019 un français en table finale étaient estimées à 0%, Romain Nussmann venant d'être éliminé en 9ème position, suivi dix minutes plus tard par Nicolas Carême, 8ème.

Démarrant la journée avec le chiplead et 8 millions de jetons, Romain Nussmann est d’abord grimpé à 11 millions, avant de connaître l’une des plus douloureuses descentes aux enfers qu’il m’ait été donné à voir sur un tournoi des World Series.

Tout commence par un coup disputé contre le vainqueur de l’EPT Prague 2014 Stephen Graner. Romain limp/call une mise à 150k de son adversaire en bataille de blindes. Les deux joueurs tapotent la table sur un flop 2 J A. Sur un 6 à la turn, Graner mise 125k et Nussmann opte pour un check/raise à 560k. Graner paye assez rapidement et les deux joueurs découvrent une Q sur la rivière. Nussmann avance la même mise qu’à la turn, 560k et se fait relancer à tapis pour 2 millions. Il paye après quelques secondes de réflexion mais son A 6 pour deux paires s'avère bien insuffisant face à Q 9 pour couleur floppée chez l’américain.

Stephen Graner part rejoindre la deuxième table à 11 joueurs restants mais Romain Nussmann va découvrir un adversaire tout aussi coriace en la personne du singapourien Ong Dingxian. C’est essentiellement contre lui qu’il va perdre ses jetons, en plusieurs coups successifs. Il y a d’abord ce coup où Romain check/back avec AA sur une rivière 9 8 T T 2 et se voit montrer 2 2 pour full. Un coup où Romain a évité de perdre beaucoup de jetons, perdant à peine plus d’un million et tombant à 6 millions à ce moment-là.

Nussman 4

Quelques minutes plus tard, Romain ouvre au Hi-Jack à 140k et se fait 3-bet à 550k par Ong Dingxian dans les blindes. Il paye la mise de continuation à 640k de son adversaire sur un flop 7 J 6. Les deux joueurs checkent la turn 7 et la rivière provoque un tout petit value bet à 250k de Ong Dingxian. Romain Nussmann paye mais ne peut battre 5 4. Romain poursuit sa chute en tombant à 4,5 millions après cette main.

Ensuite, Ong Dingxian va placer un 3-barrel sur un tableau 7 K 6 K 4 après avoir relancé UTG. Romain Nussmann paye les deux premières mises, mais abandonne sur la troisième, chutant sous les 4 millions.

Ong Dingxiang 1

Le bourreau des français Ong Dingxian

On sent Romain un peu décontenancé par tous ces coups perdus contre ce joueur asiatique. Il tente de se rebeller sur une main où il donk-bet une turn 7 9 2 3 après avoir défendu sa blinde puis check/call le flop, mais Ong Dingxian place une grosse relance qui fait fuir le français. Les deux hommes échangent d’ailleurs un regard qui en dit long. On assiste vraiment à un combat entre les deux hommes. Mais Romain Nussmann est dans les cordes, bousculé par la folie de ce joueur qu’il décrivait tout à l’heure à son rail comme un « aggro-fish qui en met partout ». Pendant une grande partie de ce Day 3, Romain est soutenu par ses potes Aladin Reskallah et Corentin Ropert.

Rail Romain

Romain Nussmann ne possède plus que 3 millions de jetons (un peu moins de quarante blindes) quand arrive le coup qui va mettre fin à son fabuleux deep run sur ce tournoi. Suite à une ouverture à 190k de Ong Dingxian, Romain défend de grosse blinde avec K 6. Un flop 6 4 2 est révélé par le croupier et Ong Dingxian envoie une mise de continuation à 225k. Fort de sa top paire, Romain choisit de relancer à 800k. Son adversaire pousse rapidement son tapis et Romain paye très vite. Malheureusement, il fait face à Q Q pour overpaire et va devoir chatter pour espérer survivre. La turn 7 lui ouvre la possibilité d’une flush runner-runner, mais la rivière 3 anéantit ses espoirs et provoque sa chute en 9ème position.

Relativisant très vite, Romain Nussmann remporte tout de même 36 647 $ pour ce qui constitue sa meilleure performance à ce jour sur un tournoi live. Fondateur de « NutSR Poker », premier centre de formation de joueurs de poker, qui a pour but de composer une équipe pour faire le circuit live, Romain a montré la voie aujourd'hui, et on aurait tous aimé le voir aller encore plus loin sur ce 1 500$ 6-Max.

Careme 4

Quelques minutes après la sortie de Romain Nussmann, c’est Nicolas Carême qui le rejoint sur le banc des éliminés, perdant d’abord un coin flip contre le jeune américain Cameron Marshall, puis victime de l’ogre singapourien Ong Dingxian qui paye son tapis avec Q 2 quand il ne reste plus que 8 blindes et qu’il a tout mis au milieu avec A 9. Un flop 7 3 4 et Nicolas Carême peut se lever sans avoir rêvé à mieux sur ce Day 3. Il touche tout de même la coquette somme de 48 954 $ pour cette belle performance.

« Je pense que j’étais pas au niveau », me confessera-t-il. J’étais un peu scared, j’ai pas beaucoup de regrets. Y a bien ce coup où j’ai K-4 sur A-4-2 7-K et où je me fais relancer sur la rivière. Je sais pas si je peux folder. L'asiatique a K-7 pour deux paires supérieures. J’ai pas pris tous les spots que j’aurais du prendre. Je suis content d’être allé aussi loin, mais conscient d’avoir un déficit technique. Et même un manque d’expérience live. J’ai fait quelques erreurs avec les jetons aussi, une relance à 5x au lieu de 3x, des coups qui peuvent te coûter cher. Je pense que c’est le premier flip que je perds du tournoi, donc ça va, ça reste une belle perf’ ».

On reverra probablement Nicolas Carême d’ici quelques jours sur un nouveau tournoi. Mais d’ici là, une petite journée off s’impose pour celui qui détient désormais le plus gros score des français sur cette 50ème édition des WSOP.

Alors qu’on imaginait tenir notre première table finale française du séjour, on va devoir encore attendre un peu. Ce n’est que partie remise, et comme disait Romain Nussmann au moment d'aller chercher son payout, « le poker est un jeu bien cruel ! ».

Isaac Baron

Après les sorties de nos français, la table finale n'a pas mis bien longtemps à être constituée, table finale sur laquelle on retrouvera l'une des légendes du poker online, Isaac "WestmenloAA" Baron, toujours à la recherche de son premier bracelet WSOP.

Composition de la table finale :

Ong Dingxiang (Singapour) 17 800 000 Stephen Graner (USA) 12 300 000 Isaac Baron (USA) 7 200 000 James Hughes (USA) 4 500 000 Cameron Marshall (USA) 2 200 000 Richard Hasnip (USA) 1 800 000

WSOP : Le bilan de la semaine

A l’heure de partir en week-end et de vous laisser entre les mains de mon collègue Veunstyle, l’heure est au bilan sur cette première semaine de coverage aux World Series of Poker. Quels sont les événements marquants de cette semaine, le tournoi de la semaine, la perf' tricolore à retenir ? Voici quelques pistes ...

Le tournoi de la semaine

Pavillon Room

Assurément, le titre du tournoi le plus marquant de cette semaine revient au Big50. C'état la première édition de ce tournoi à 500 $ de buy-in, créé pour célébrer la 50ème édition des World Series of Poker, et ce tournoi devint le plus gros tournoi de poker de l'Histoire avec 28 371 entrées et le vainqueur Femi Fashakin remporte 1 147 449 $, devenant le deuxième millionnaire de 2019. Il a 37 ans, ne comptabilisait que deux places payées sur des épreuves des WSOP et est un habitué des petits buy-ins. Il lui aura fallu 42 heures de jeu pour remporter le bracelet, soit un gain horaire de 27 320 $. Pas mal pour un joueur de cartes !

Le joueur de la semaine

Zack_Vainqueur

Leader du WSOP Player of the Year, Daniel Zack a remporté son premier bracelet cette semaine, en remportant l'Event #6 : 2 500$ Limit Mixed Triple Draw pour 160 447 $, lui qui restait sur sept tables finales de rang sans bracelet. Il a déjà cumulé 5 places payées sur les Series alors que seulement 16 events ont été joués, se payant même le luxe de deep run le Big50, le genre de tournois qui vous en fait rater beaucoup d'autres.

L’événement de la semaine

Hellmuth_Ivey

Comme chaque année sur les WSOP, les organisateurs se posent la question. Va-t-IL venir ? Ceux qui participent aux Fantasy Draft ne savent jamais s’ils doivent réserver une place dans leur équipe pour l’homme aux dix bracelets. L’événement de la semaine, c’est assurément l'arrivée de Phil Ivey sur les WSOP. Il aura attendu l'Event #18 : Omaha Hi-Lo 8 or better 10 000 $ pour pointer le bout de son nez au Rio. Débarqué à une table incroyable en compagnie de Phil Hellmuth, Shannon Shorr, Dylan Linde ou Andreï Zaïchenko, l'homme aux dix bracelets a déjà fait parler la poudre sur ces World Series, et occupe une place dans le Top 10 au diner-break du Day 2, avec 40 joueurs restants dans l'épreuve. Assurément, celui que l'on a longtemps surnommé "le meilleur joueur du monde" n'est pas venu pour faire de la figuration.

La polémique de la semaine

Assurément, la polémique de la semaine, c’est cette main foldée avant son tour par le High-staker Sam Soverel, pendant la table finale du High-Roller à 50 000 $. Intentionnel ou non, on ne saura sans doute jamais, mais cette main qui a conduit à l'élimination de Dmitry Yurasov par le futur vainqueur Ben Heath aura fait le tour de la Twittosphère. Alors, à votre avis, Sam Soverel sera-t-il nominé pour l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle l’an prochain ?

Le millionnaire de la semaine

Ben Heath

Chaque semaine aux WSOP, un ou plusieurs joueurs deviennent millionnaires. Cette semaine, hormis l'heureux vainqueur du Big50, c'est l'anglais Ben Heath qui s'est permis de remporter un gain à 7 chiffres pour son premier bracelet. Ok, c'est vrai qu'il n'a eu besoin de battre "que" 110 joueurs pour remporter ce prix de 1 484 085 $, sachant que le buy-in de l'Event #5 était fixé à 50 000 $. A noter que le runner-up de l'épreuve, Andrew Lichtenberger est passé tout près du million également, avec une récompense de 917 232 $.

Le tweet de la semaine

Parce que vu le nombre de fois où l'on a vu des gens faire la queue cette semaine pour buy-in, chercher leur siège ou récupérer leur payout, c'est le genre de tweet qui nous fait bien marrer et qui a du arriver à plusieurs personnes.

Just spent two hours in line to get seated for this $600 WSOP event only to find out I was waiting to buy a hotdog. pic.twitter.com/EahZTJGRyS

— Dutch Boyd (@DutchBoyd) June 3, 2019

L'image de la semaine

Attente

Plus qu'une image, c'est devenu une habitude depuis le début des Series. Les files d’attente sont partout. Pour s'inscrire, pour récupérer son gain, pour aller aux toilettes... Victimes de leur succès, les World Series ont vu débarquer bien trop de monde pour que l'organisation ne soit pas submergée. Evidemment, il faut contenter tout le monde, donc ça crée des situations un peu aberrantes comme quand certaines personnes qui voulaient jouer le Big50 ont du attendre plus de 7 heures pour rejoindre leur table.

La perf française de la semaine

545 players joined the WSC $250K GTD, but it was Julien Sitbon who finished on top. The event ended in a 5 way chop with Julien taking home $62,000! Congratulations Julien on the victory!

Today's Event:
12 P.M. $1,100 NLH $250K GTD pic.twitter.com/qLvv22fO2N

— Wynn Poker Room (@WynnPoker) June 3, 2019

La perf’ de la semaine côté tricolore n’a pas eu lieu au Rio, mais au Wynn, où Julien Sitbon a remporté en début de semaine le 1 000$ WSC ayant généré 545 entrées pour un gain de 62 000 $ après un deal à 5 joueurs restants. A signaler que Kasher Soze fait également partie du deal.

Le sosie de merde de la semaine

Lewis

Pas sûr de récolter des 8/10 avec celui-là, mais tant pis, je ne vais pas vous révéler à quel joueur me fait penser cet américain croisé dans la Pavillon Room pendant le Big50. Si vous trouvez, c'est que l'opération sosie de merde a fonctionné !

Le WTF de la semaine

On n'aurait pu imaginer que cela se produise sur une table du Big50, où les monstrueux stacks devaient peser très lourds. Et pourtant, c'est pendant le Millionnaire Maker qu'une table s'est cassée devant les yeux ébahis des joueurs. Plus de peur que de mal, les organisateurs sont parvenus à redonner leur tapis aux joueurs de la table, après de longues minutes où chacun y allait de son annonce sur la hauteur de son tapis avant l'incident.

Trying to sort out whose chips went where and how much everyone had pic.twitter.com/CI7s0SuEHS

— Gags30 (@Gags30poker) June 8, 2019