WSOP 2019 - A la Une

Thomas Cazayous, champion du monde, et alors ?

Le français Thomas Cazayous remporte 414 766 $ et le 20ème bracelet tricolore des WSOP Il succède à Julien Martini et William Reymond, couronnés en 2018 Event #31 : No Limit Hold'em 6-handed 3 000 $ (Finale)

Cazayous bracelet 2

Rio. Amazon Room. 1h30 du matin. Les femmes de ménage ont déjà commencé leur travail dans la salle presque vide. Dans un coin de l'Amazon, un bracelet en or est posé entre deux hommes : le français Thomas Cazayous et l’américain Nicholas Howard. L'écran indique qu'il s'agit du 30ème niveau de l'Event #31, un tournoi de No Limit Hold'em à 3 000 $, disputé en 6-max, qui normalement devait connaître son épilogue demain. Et pourtant, les organisateurs ont décidé qu'un vainqueur serait connu ce vendredi 14 juin.

" I’m all-in ! " Thomas a bien entendu son adversaire prononcer les mots magiques. Sur la table, cinq cartes, disposées les unes à côté des autres. J4392. Thomas vérifie à nouveau sa main. Il possède J2. Deux paires. Seul petit problème, jusqu'à maintenant, il pensait avoir la meilleure main, c’est d’ailleurs pour cela qu’il a relancé la mise de son adversaire sur la rivière. Pour valoriser. Mais l’homme qui se dresse entre lui et le bracelet n'est pas de cet avis et vient de le 3-bet à tapis.

Cazayous_main Finale

Est-il vraiment capable de bluffer ici ? Ca se bouscule dans la tête de Thomas. Enfin, c’est ce que l’on pense quand on l’observe de loin, sans le connaître. Mais dans son cerveau, ce sont des simulations de solvers qui défilent. Thomas sait parfaitement ce qu’il doit faire. Ces situations, il les a vues et revues mille fois pendant ses parties de cash-game online. Et pourtant, il est bien embêté et ne sait pas vraiment quoi faire. « C'est ma sa seule véritable décision du tournoi », dira-t-il au rail après le coup, amusant tout le monde par cette phrase d'extraterrestre.

" Je l’ai joué pendant tout le tournoi, ce joueur. Je sais qu’il est capable de gros bluffs, mais là, quand même, j’ai relancé à 1,6 millions et il me fait 3,3 millions et tapis. J’ai 1,7 millions à mettre, il a quasiment pas de Valet-3, Valet-4, donc là il représente straight ou bluff. Il représente 5-6, As-5. Peut-être qu’on peut discount quelques 5-6 qu’il aurait check/raisé au flop. J’ai pas trente six mille mains à call. C’est compliqué river, y a pas beaucoup de gens qui vont bluffer ici. Il avait mis 400k et il rajoute 2,9m, c’était osé de sa part, mais comme il a fait des trucs osés à d'autres moments du tournoi, je savais qu’il était capable de ça, c'est ça qui m'a décidé à payer "

Cazayous reflexion

Thomas sait que tout peut se finir ici, s'il paye et qu'il a raison, il sera champion du monde. Le rail n’attend que sa décision pour exprimer sa joie ou patienter pour assister au couronnement de leur héros d’un jour, et ils lancent quelques suppositions en regardant l'action. As-5 ? 6-5 ? Jamais ils n’évoquent la possibilité d’un bluff. On n'a rarement vu Thomas aussi embêté par une décision à prendre. Habituellement, il ne bouge pas d’un poil, calcule tout, ne change jamais de plan et prend ses décisions très vite. Mais là, tout se bouscule, enfin, c’est ce que l’on croit.

Après une bonne minute, Thomas pousse une pile de jetons pour indiquer qu’il accepte de payer. Son adversaire n’ose pas retourner ses cartes, se contentant d’un « Do you know you just win the tournament ? » Thomas ne décroche pas un sourire, révèle sa main et attend que son adversaire révèle la sienne, QT pour un gros bluff. Le rail explose de joie. Thomas Cazayous est champion du monde. Et pourtant, cela n’a pas l’air de lui faire grand chose.

Cette froideur apparente s’explique par plusieurs paramètres. D’abord, Thomas Cazayous, méconnu du grand public est selon Basile Yaïche " l’un des joueurs de l’ombre qui a le plus gagné sur Internet ", un des joueurs qui travaille le plus son jeu et qui est très respecté des joueurs exilés à Londres. Rencontré hier, Thomas Cazayous m’avouait qu’il est un gros joueur de short-track, il joue en 25/50 sur Winamax où il est probablement l'un des plus gros rakeurs du site, mais il joue aussi bien plus cher sur les rooms du .com. Il m’avouait hier avoir grindé et travaillé pendant des années, fait beaucoup de sacrifices en passant 15h/jour et 6 jours/semaine devant un écran, à jouer et analyser des spots, à travailler la théorie pour être le meilleur possible dans son job. Parce que Thomas a déjà touché aux joies des sommes à 6 chiffres sur Internet, cette victoire ne changera pas sa vie. " Cette victoire est belle, mais c’était pas spécialement un rêve de gagner un bracelet. Ca me fait gagner du temps mais j’ai pas encore fini le jeu. Si je gagne le Main Event, là, je l’aurai peut-être fini et je pourrai mettre un peu le frein et arrêter de jouer 15h/jour. "

Rails FR

Après une table finale qu’il a dominé outrageusement, Thomas Cazayous remporte donc le 20ème bracelet tricolore de l’Histoire, succédant à Julien Martini et William Reymond, couronnés en 2018. Il remporte 414 766 $ pour cette victoire, lui qui n'affichait jusqu'alors qu'une timide ligne à 15 000 $ à son palmarès en guise de meilleure performance live.

Pendant cette table finale, malgré un manque de réussite évident sur les coups à tapis preflop, Thomas Cazayous, que ses adversaires ont surnommé " The Silent Assassin ", n’a jamais été en danger. Quand on a senti que les joueurs tentaient de le contrer, Thomas dégainait toujours l’option gagnante, comme lorsqu’il a placé un 5-bet à tapis contre Nicholas Howard à 4 joueurs restants.

Il a eu un peu de réussite sur un coup-clef de cette table finale, quand son A8 est passé devant les deux Dames de Vojtech Barzantny sur la turn alors que tout l’argent était parti au milieu sur un flop 759. Une fois éliminé le joueur allemand, le reste de la table finale n’était plus qu’une formalité, avec un avantage considérable en jetons qui lui permettait de dérouler son plan sans accroc

Il a notamment réussi à faire craquer le double détenteur de bracelet Upeshka Da Silva en 3ème position pour aborder le heads-up avec un avantage considérable, l’américain mettant tout son argent au milieu avec As-Roi sur Q-9-3 dans un pot 3-bet, quand Thomas détenait Dame-8 pour top paire.

Pendant le heads-up, Thomas nous a fait un temps angoisser à l’idée d’assister à nouveau à la malédiction des runner-up français. Démarrant avec 14 millions contre 2 millions, il a perdu plusieurs petits coups qui nous ont fait croire à une remontada du joueur américain, avant que tout rentre dans l’ordre sur la fameuse dernière main décrite plus haut.

Une fois les photos de la victoire terminées, c'est dans une Amazon Room déserte que Thomas Cazayous m'avouait qu'il a fait tellement de gros swings online qu'il n'éprouve pas beaucoup d'émotions en remportant ce bracelet. " C’est pas cette victoire qui me prouve que tout ce que j’ai fait, ça valait la peine. C’est mon grind quotidien, les adversaires que je bats maintenant alors que je ne les battais pas avant. Je constate ma progression. C’est pas que sur un tournoi qu'on se rend compte que les sacrifices ont servu, je vais pas dire que c’est que du run good, mais c’est les cartes. Si j’avais pas eu de chance, jamais je n'aurais gagné le tournoi. Ca fait plaisir, ça montre que j’ai un niveau correct mais c’est pas cette victoire qui me fait dire que ça valait le coup, c’est l’ensemble de ce qui se passe pour moi en ce moment dans mon job.

Cazayous fin

A la question " Est-ce que tu vas fêter ça ? ", Thomas Cazayous nous offrira cette phrase qui a de quoi surprendre, mais qui témoigne d'une vraie dédication à son travail. " Je pense pas célébrer cette victoire, c’est même sûr que non. Par contre, je vais me reposer et me détendre un peu. Mais juste une journée. Faut rester concentré, il reste encore plein de tournois. Vegas, c’est une fois par an, et je reste un mois, si on peut prendre un autre bracelet, je dis pas non, surtout le Main. Je prends du plaisir et j’ai pas mal de compétences, mais ça reste un travail. Faut enchaîner ! "

Le résultat de la table finale :

Place Nom Pays Gain
Vainqueur Thomas Cazayous France 414 766 $
Runner-up Nicholas Howard Etats-Unis 256 314 $
3e Upeshka Da Silva Etats-Unis 172 658 $
4e Wojciech Barzantny Allemagne 118 421 $
5e Angel Guillen Mexique 82 726 $
6e Raul Martinez Espagne 58 881 $

Cazayous groupe

Le moyen le plus rapide de gagner un bracelet

Cinq Français aux portes d'une table finale WSOP Event #36 : NLHE Shootout 3 000 $ (Day 1)

arthur conan

Il est très rare que dans un tournoi de poker, les joueurs puissent rapidement envisager la table finale. Un adage qui ne fonctionne pas du tout sur un tournoi Shootout, et quand ça va dans le bon sens, tout le monde est ravi. Mais c'est quoi le bon sens finalement ? Et bien c'est quand les Français se qualifient en masse, tout simplement ! Si en 2018, aucun d'entre eux n'avaient passé cette première étape, cette année ils sont tous arrivés avec le couteau entre les dents et au final, cinq d'entre eux reviendront ce dimanche pour tenter d'aller décrocher une place en table finale. La bonne nouvelle, c'est qu'ils ne seront que quatre joueurs par table. Vous avez bien compris oui : il "suffira" d'éliminer 3 joueurs demain, et ensuite, direction la table finale lundi !

313 joueurs étaient sur la ligne de départ, répartis sur 40 tables différentes. Pas besoin d'avoir fait de grandes études de mathématiques pour comprendre que les tables n'étaient pas du tout pleines pour un format 10-handed, comme on pouvait s'y attendre. Certains jouaient à 9, la plupart évoluait quand même avec entre 6 et 8 joueurs par table. Les premiers niveaux servent souvent d'observation, et finalement l'action véritable arrive beaucoup plus tard dans ce tournoi. Le premier tête à tête se monte pourtant tout seul, et il concerne un certain Phil Ivey... qui finira par perdre ce match, dommage. Après l'élimination d'Ivey, ce sont surtout les Français, en masse et avec des jetons pour la plupart, qui ont intrigué mon oeil.

loosli

21h - Les choses ont mal commencé pour le clan tricolore, puisque Sylvain Loosli s'est rapidement retrouvé en tête à tête face à Alexandru Papazian, et a perdu malgré une belle avance en jetons. "Ça va très très vite. Même si j'étais en tête au début. Sur le dernier coup, il a 3-bet 9T, moi j'ai 65 blindes au début du coup, je call avec QT. Le flop est venu 963 rainbow avec mon backdoor flush draw. Il a c-bet à hauteur d'un tiers du pot, j'ai call. La turn est un 8, qui ouvre un flush draw maintenant, mais pas le mien. Je check call 40% du pot. River 4. J'ai shove, et il m'a call. C'etait l'un des rares bluffs que je pouvais avoir... il a rarement mieux qu'une paire. Tant pis !"

Adrien Delmas

22h - La première bonne nouvelle de la soirée est arrivée du côté de la belle barbe d'Adrien Delmas, premier qualifié tricolore de la soirée, qui a vécu un premier tour de rêve : "Ça c'est très bien passé, je pense que j'avais l'une des tables les plus dures possibles. Pour te donner un exemple, sur les 6 premierès mains, il n'y avait pas un pot ou ce n'était pas overbet sur une street. Je me suis dit qu'elle allait être sexy cette table. Et j'ai doublé au bout de 5 mains, puisqu'un mec m'a 4-bet 28bb 86. Il a fait une paire et flush draw, et moi j'avais deux deux As à ce moment là. Et en gros, je me suis trouvé en Head'Up face au joueur le moins fort de la table, qui était quand même bon. Je l'ai pas mal grappilé postflop, il était assez faible pour du Heads Up..

4 left d'une finale WSOP, on y pense déjà ?

"Non demain on sera encore très deep. Il faudra d'abord jouer avant tout, on sera 4-handed. Surtout qu'en général, ceux qui passent le day sont plutôt bons. Je reste confiant. Plus je joue de mains, plus j'ai d'edge. On verra ma table. Si ça se trouve, j'aurais Bonomo Petrangelo &co."

benjamin chalot

22h21 - Benjamin Chalot valide 20 minutes plus tard sa présence pour le deuxième tour. Dans une ambiance particulière : "Bon allez c'est bon, donnez moi des top regs là, s'il vous plait !", lâchait-il excité d'avance, à ce bon vieux Basou, présent dans le rail. "La table était assez soft. Il y avait juste Maria Ho, mais elle a bust en deux mains, elle n'a pas eu de chance. Il y avait un joueur asiatique qui m'a posé pas mal de soucis, j'ai souvent run dans les nuts contre lui, mais j'ai aussi perdu le minimum à chaque fois, c'était cool. Et après, à 4 left et 3 left, c'était tranquille. Mon dernier adversaire jouait plutôt bien, et je ne suis pas très fier de cette victoire non plus, il n'a pas vraiment eu de réussite contre moi. En gros, on a joué 5 coups à tapis préflop, j'en ai gagné 3 il en a pris 2. Dernière main, il open, je 3-bet rapidement avec deux Rois et il shove sa paire de 8."

4 left d'une finale WSOP, on y pense déjà ?

"Non non. Moi je veux d'abord des mecs comme Andrew Lichtenberger, Arthur Conan, Rainer Kempe... je suis chaud de les jouer ! Je veux des mecs online qui sont forts. On ne vient pas jusqu'au WSOP pour jouer contre joueurs faciles !"

mikedou

22h41 - On le sentait à la fois tendu mais aussi très concentré, et ça a payé : Ludovic Riehl, alias Mikedou, fut le 3e qualifié français de la journée. Face à lui, un profil de joueur un peu particulier, qui fait que l'ancien Team Pro Winamax a du s'adapter et être très patient : "Mon adversaire ne bluffait pas... mais il ne foldait pas non plus. Je me suis alors dit qu'il fallait juste que j'attende d'avoir du jeu. Il y a 2-3 jours lors du jour 2 du 3 000$ 6-max, je m'en voulais de ne pas avoir été patient. Là forcément, c'est différent, c'est Head's Up, mais quand même. Je me suis dit "soit patient ! Si ça doit durer 10h, ça durera 10h". Et en fait, je crois que je n'ai jamais 3-bet, lui non plus... et là première main ou je 3-barrel, avec Q7 sur 77459, sans flush draw rien et il call ! Alors que je n'avais jamais 3-barrel ! Et au retour du break, je le sentais un peu s'impatienter, alors qu'il était un peu tight. J'ouvre Deux Rois à 3 500 (avec 75 000) et il call Flop 998 rainbow. Je mise petit 2 400, il check/raise 6 500. La turn est un 3, il dégaine à nouveau 8 200. J'ai call en me disant qu'il a souvent abandonné sur la river quand même. River 8. Bon, maintenant, j'ai full...Et là il bet encore 20 000. J'ai tank 4 minutes... Je me suis dit que je ne pouvais pas fold ça en Head's Up. J'ai fini par call, il avait 7-6o. Dernière main, il m'a resteal avec A2o pour blindes, car par As-Roi, terminé !"

4 left d'une finale WSOP, on y pense déjà ?

Tu y penses un peu forcément, mais une fois que je serai à table, je penserai surtout à battre les trois mecs qui seront face à moi. Finalement, se retrouver à 4 left d'une finale, c'est un peu comme si tu étais à 30 left d'un full ring, je vois ça comme moi.

romain lewis

23h08 - Il faut attendre 23h passé pour apprendre la seconde grosse mauvaise de la soirée : Romain Lewis est éliminé. En soit, c'est plutôt standard, ce qui l'est moins, c'est l'avance en jetons que possédait Romain. "Il est tiltant ce format, surtout quand ça se passe comme ça", glissait-il en observant son adversaire ranger les jetons dans un sac. "Il a mieux joué que moi en head's up." Romain s'est fait heroe call rapidement durant ce tête à tête, "ce qui a complètement changé la dynamique de la game. Il ne m'avait pas encore heroe call, je n'avais pas encore montré de bluff. Et partir de là, il n'a plus trop arrêté de me call... c'était tellement long !" Arrive alors ce "gros coup". Je relance A7 et il défend, ça vient 975. J'avais bcp c-bet, donc je pensais qu'll avait compris que j'allais encore le faire beaucoup. Du coup j'avais comme plan de moins c-bet et de value mon 7. Et s'il me check je call par exemple. La turn c'est un 4, il tank pas mal et me fait tapis 1,5 fois le pot. En fait ici, je me suis dit que je préférais fold mes deux Rois, deux Dames, deux As, et payé avec un 7 parce que je bloquai deux paires. Il avait 9 et 7 en fait. Derrière, je reperd le lead, je perd mes coups all in, et voila, c'est comme ça."

yoh viral

23h17 - Après une longue bataille, Yoh Viral en profite lui aussi pour valider son ticket pour le second tour, et continue de prouver que l'on peut compter sur lui cette année sur tous les WSOP qu'il dispute. "J'ai eu Corentin Ropert à ma table, et je l'ai rapidement éliminé, il a manqué de chance. Et après ça, il y avait un gros reg à ma droite, mais il a craqué sur un gros bluff. C'était vraiment le tournant, parce qu'il était fort, et qu'après ça, je me suis retrouvé contre le récréatif de la table. Et il s'avère que ce même joueur m'a tout de suite mis dans un spot complexe, ou j'ai quand même fold brelan. Je ne sais pas si c'est bien mais, ça reste ambitieux de fold brelan en Head's Up. C'était J75 le flop, j'avais 55 ! J'ai check raise et il a 3-bet le flop, et je voulais fold dès le flop. Turn, c'est venu un 6, et il a fait tapis. J'ai fold, j'ai montré, il n'a pas montré. Parfois il joue comme ça avec AA aussi. Au final, je pense qu'il faut des spots très low variances quand on a un joueur qui joue ses cartes? J'ai beaucoup limp, joué des petits pots. Même le dernier coup ça m'ennuyait de le jouer comme un profil comme le sien. J'ai As-Roi, il a 13 blindes, et je suis au bouton."

4 left d'une finale WSOP, on y pense déjà ?

Disons qu'hier, sur le Marathon j'étais déjà 4 places de la finale. Alors là, oui si je peux me glisser sur cette finale, ce sera avec plaisir.

arthur conan

23h42 - Un joueur tape dans ses mains au loin, il est ravi, il vient de remporter son tête à tête. Ce qui veut dire... qu'Arthur Conan et John Monette sont les deux derniers joueurs encore en course aujourd'hui. C'est tellement étrange d'observer un head's up comme ça, au milieu de dizaines de tables vides, sans ambiance, sans un bruit, si ce n'est celui de la clim qui tourne toujours aussi fort à cette heure-ci. Le Français réussit quand même à avoir le dernier mot. "C'était prévu que ce soit aussi long, mais c'est comme ça ! Je crois que le Head's up à été très long." Totalement pas au courant de qui est John Monnette (un Américain avec 2,8 millions de Hendon Mob), Arthur a pu jouer libéré contre lui : "Il était plutôt correct. Après, il n'était pas très agressif, du coup je pouvais gagner pas mal de petits coups. Et sinon, il a joué solide."

4 left d'une finale WSOP, on y pense déjà ?

"Ça ne parait plus très loin dit comme ça... ne reste plus qu'une table à gagner demain pour ça ? Facile, facile, facile."

Reprise du tournoi à 14h ce dimanche, avec donc 10 tables de 4 joueurs. Le vainqueur de chaque table accède directement à la table finale de ce tournoi. Et parmi les autres qualifiés, on citera par exemple James Obst, Justin Bonomo, Rainer Kempe ou encore Dario Sammartino. Pour le moment, tous ces qualifiés son assurés de remporter 6 099 $ et il faudra se qualifier pour la finale qui offrira au minimum un peu plus

table
Table facile ? Ou ça ? Certainement par ici, avec cette table presque full Allemands !

Fontaine en finale

Jean René Fontaine disputera la table finale avec un tapis moyen Le vainqueur empochera 662 594 $ Event #32 : Seniors NLHE championship 1 000 $ (Day 4 et finale)

Sortez moi le coq de sa basse cour, vite, on veut l'entendre pousser un énorme cocorico ce soir : la table finale du Seniors Event est composée et Jean René Fontaine a réussi à s'immiscer sur celle-ci. Quand on regarde le chipcount du début de journée, où il était second, on se dit que "ouf, oui quand même, il s'est qualifié". Et pourtant, tout n'a pas été aussi simple jusque là pour le porte dreapeau de la Réunion aujourd'hui.

"Je suis descendu pas mal. J'ai perdu des coups dans lequel je me suis retrouvé à call à droite, à gauche, tu perds 400 000 par ci 400 000 par là, ça va vite, attention. J'ai aussi perdu un pot important avec une paire de Valets, mon adversaire a fait tapis sur un flop avec un As, et j'ai du abandonné. Mais c'est comme ça, pas très grave. Là pour la table finale, je pense attendre deux éliminations, puis je vais commencer à déclencher". Et ce sera alors... tout droit vers le bracelet pour Jean René !

Vous pourrez bien évidemment suivre cette table finale en streaming live, avec cartes dévoilées. Je n'ai pas encore l'heure exacte, car si j'ai bien compris, ils débuteront le streaming à 6 joueurs restants, mais si Jean René est encore là, ça peut valoir son petit pesant d'or pour cette nuit.

jean rene fontaine

Toutes les bonnes choses ont une fin et pour Valérie Roussel-Galle, son parcours a pris une claque qu'elle n'a pas senti venir : munie de KK, c'est de façon assez sereine qu'elle investit sa dernière vingtaine de blindes au milieu de la table, payé par AJ chez un adversaire nommé James McNurlan. Après avoir passé un agréable moment sur un flop 272, puis sur une turn 3, c'est un A dévastateur qui s'écrase sur la turn. La dernière femme du tournoi n'est plus, Valérie empoche tout de même 36 287 $, soit deux paliers d'argent supplémentaires depuis son arrivée au Rio ce matin. Plutôt une bonne journée pour la Française qui va enfin pouvoir rentrer chez elle, et pourquoi pas même en envisageant un petit surclassement dans l'avion, juste pour le plaisir.

Adrien Delmas, dans la cour des grands

Le Team Pro Winamax Adrien Delmas disputera sa première finale WSOP ce lundi 17 juin Event #36 : NLHE Shootout 3 000 $ (Day 2)

Tout vient à point à qui sait attendre. Grâce à ce tournoi de Shootout à 3 000$ l'entrée, l'ancien vainqueur de la Top Shark Academy s'apprête à monter pour la première fois de sa jeune carrière, sur la table principale et télévisée de ces World Series of Poker. On en a profité pour lui sauter dessus dès la fin de son sit'n'go pour qu'il se livre sur cette journée. Une journée durant laquelle il a simplement du se contenter d'éliminer trois joueurs.

delmas

Comme l'impression d'avoir vu un TGV défiler sur ce jour 2, comme l'impression aussi que tu avais une table très abordable, je me trompe ?

Ouais un peu, la table était quand même difficile ! Il y avait un joueur récréatif et deux très bons joueurs. Un joueur de cash game highstakes et un très bon joueur de tournoi. Table facile mais j'ai eu assez de chance, dans ce sens ou le joueur récréatif prenait des jetons aux bons joueurs, et moi je récupérais ensuite les jetons du joueur récréatif. J'ai bust finalement les deux premiers joueurs sur des setups. Le premier fait tapis pour 18bb au bouton avec une paire de Six, je paie avec une paire de Dix, je tiens. Et le second open bouton, je 3-bet tapis pour 33bb avec As-Dame et il call Roi-Dame. Je pense d'ailleurs que ce n'était pas un bon call.

Et alors ce Head's Up ? T'as commencé du coup avec une belle avance ?

J'avais une grosse avance pour commencer 470 000 pour moi contre 140 000, et le truc c'est qu'il foldait beaucoup trop son bouton postflop et préflop. Et avec le principe de BB/ante, il n'est pas censé fold beaucoup de mains. Du coup je me suis mis à grapiller automatiquement. Et quand je relançais sa BB, il foldait également beaucoup trop. J'ai réussi à gratter vraiment beaucoup de petits coups. Il a fini par shove 6 blindes avec 8 et 9, j'avais As-8 et ça a tenu.

Première table finale WSOP à venir pour toi demain... comment te-sens tu tout simplement là maintenant ?

Ça fait plaisir ! Le niveau sera probablement très relévé, puisqu'il fallait quand même gagner deux tables déjà, mais de toute façon, je suis assez préparé, c'est ce qu'on fait toute l'année pour ces moments là.

Sit'n'go 10 joueurs, c'est ta spécialité ça ?

Ahah ! C'est plutôt l'ICM ma spécialité. Il y a pas mal de joueurs de cash game, peut-être seront-ils un peu perdus par rapport à ça. Et puis on verra ce que je peux faire, en fonction des joueurs, pour performer demain.

Tu t'attends à ce que ça chante un peu demain dans le rail... ou tu préfèrerais plutôt que l'ambiance soit calme ?

J'en ai aucune idée, sachant que je n'ai jamais fait de finale ici ! Mais c'est quand même toujours cool d'avoir des gens qui te supportent. En plus là ça c'est bien parce que c'est une période assez calme dans les tournois, donc généralement les gens font plus ou moins rien. J'imagine qu'un bon clan Français sera là, les gens avec qui je bosse toute l"année aussi, des grinders online : Patrick "Pads" Leonard, Samuel "€urop€an" Vousden, Sam Grafton etc.

Quand on regarde les tables restantes, il y a des joueurs que tu aimerais avoir, ou pas, à ta table ?

Pas Reiner Kempe déjà, Papazian est bon je le sais... les autres je ne les connais pas tous. J'adorerai avoir Benjamin Chalot...

Demain, pour la finale, on ne regardera que la première place alors ?

Non, je pense qu'il faut jouer à l'ICM tout simplement. On a toujours envie de gagner le bracelet, mais on sera 10 à le vouloir aussi. Je pense qu'il faudra être patient et se préparer à ce qu'il y ait des hauts et des bas pendant cette finale. Il faudra être prêt à tout.

delmas

Adrien Delmas n'aura pas laissé beaucoup d'espoir à son adversaire final du jour, Donal Hitt

Casting 4 étoiles

Une table finale qui aura lieu ce lundi 17 juin. A l'heure d'écrire ces lignes, la journée n'était pas encore terminée, mais quelques grands noms ont tout de même réussi à rejoindre la belle barbe Delmas.

Justin Bonomo fut le premier à se qualifier, en un temps express. Il a fait carré pour éliminer un premier adversaire, puis il a trouvé un brelan au flop et a bust un autre adversaire. Tout en scrutant ses tableaux de range de push, Bonomo a nettoyé cette table en un rien de temps. Les autres qualifiés se nomment pour l'instant Andrew Lichtenberger, Alexandru Papaziou, David Lambard et Martin Zamani.

En lisant cette liste, et si vous avez suivi ce tournoi depuis le début, vous comprendrez donc que trois Français ont dit adieu à leur rêve de table finale, il s'agit de Ludovic Riehl, Arthur Conan et Benjamin Chalot.

Le premier cité a perdu un gros flip très rapidement, alors qu'Arthur Conan n'a, de son propre aveu, pas très bien joué aujourd'hui. Quant à Chalot, c'est plutôt touché par son élimination que je l'ai retrouvé près du payout. A une river près, il tenait sa finale. Après avoir trouvé top set sur un board monocolore, il a réussi à se retrouver à tapis sur la turn, et faisait face à une overpaire, KK, qui attendait gentiment de rentrer sa couleur sur la river... ce qui a fini par arriver.

justin bonomo

Telle une machine, Justin Bonomo a plié sa table en un rien de temps. Le joueur numéro de la All Time Money List au poker cherchera à glaner son 4e bracelet WSOP

papazian

Les Français le redoutent souvent, mais lui, il adore les Français. Alexandru Papazian, bourreau de Sylvain Loosli au premier tour, était même ravi d'apprendre qu'Adrien Delmas ferait cette table finale à ses côtés

conan bicknell

Ce duo était si beau sur le papier, Arthur Conan face à Kristen Bicknell. Oui mais non, ce n'était pas la journée d'Arthur

martin zamani

Martin Zamani est l'homme qui a éliminé Mikedou, Conan et Bicknell. Pas folle la guèpe Bicknell, qui s'était mise d'accord avec Zamani pour gratter quelques % sur la table finale avant le début de leur tête à tête

chalot

Ça ne passe pas pour le Capitaine du jour, Benjamin Chalot, malheureux perdant contre un Chinois régulier de Macao

lichtenberger

Les vrais savent : retrouver Andrew Lichtenberger, légende online de ce jeu, sera un immense plaisir (sauf peut-être pour Adrien)

rainer kempe

Rainer Kempe, l'un des joueurs que craignait Adrien Delmas. Qu'il se rassure, l'Allemand a perdu son tête à tête final

yoh viral dario sammartino

Pendant ce temps là, Yoh Viral (tout au fond) et Dario Sammartino (en plein massage depuis le début du tournoi, hier donc, avec la même masseuse) continuent de batailler pour venir eux aussi s'ajouter au casting final. Ce sont les deux derniers tête à tête en jeu.

Aux portes du bonheur absolu

Jean René Fontaine termine second pour plus de 400 000$ de gains Event #32 : Seniors NLHE championship 1 000 $ (Day 4 et finale)

Deux jours plus tôt, Thomas Cazayous montrait la voie à tout un peuple en raflant la mise et son premier bracelet WSOP. Ce dimanche soir, on a longtemps cru que le Rio allait devenir le nouveau Stade de France pour tout l'été. Au lieu de cela, le clan Français a retrouvé sa place d'antan, la seconde. L'esprit de Poulidor plane souvent au dessus de ce casino quand on est Français, ne l'oublions jamais.

mash

Mais avant de commencer à se plaindre de ne pas gagner le bracelet (on s'y fait avec les années) rejouissons nous plutôt pour Jean René Fontaine, et du gain mirobolant acquis ce soir par le Réunionnais : 409 249 $ ! A quelques milliers de dollars près, une somme équivalente à ce qu'a empoché "FishHas2pay". Une performance énorme pour ce passionné de poker depuis 30 ans, qui a donc commencé au poker fermé avant d'évoluer sur le No Limit Hold'em avec succès.

"Je ne réalise vraiment pas encore, je pense que demain ça ira mieux. C'est une superbe deuxième place. Il y a eu beaucoup de plaisir ! Tout ce qui manque, c'est le bracelet, mais bon..."

fontaine

Et pourtant, au vue de la physionomie de cette table finale, rien ne prédestinait forcément Jean René à un tel succès. Shortstack pratiquement tout du long de la finale, "je n'ai vu que des poubelles toute la journée, toute la soirée", le sénior de 57 ans a du jouer de patience et de solidité pour passer entre les gouttes et observer très sereinement ses adversaires s'éliminer entre eux. Des adversaires pour lesquelles il a toujours sur garder beaucoup de respect : "Il y avait un grand niveau sur cette finale. Ce sont peut être des gens âgés, mais ce sont des gens d'expérience. Ils ne jettent pas leurs jetons... ils jettent leurs cartes surtout ! Donc pour prendre les jetons, c'est vraiment compliqué. Après, c'est pareil pour tout le monde, il y a des situations et des mains qu'on ne peut pas esquiver. Il ne faut pas croire que les jeunes de 20 ans sont tous meilleurs. Le physique, c'est autre chose, mais l'expérience c'est les Seniors qui l'ont."

Card dead pendant une grande partie de la table finale, Jean René a du se dépatouiller avec ce que les croupiers voulaient bien lui donner : "j'ai ouvert tous les Valets : Valet-2, Valet-3, Valet-4... Un moment, t'es obligé de broder, d'inventer des choses", confiait-il, petit sourire en coin, pas peu fier d'avoir emmené au bout quelques coups dont il a le secret.

"Pour me sortir du tournoi, ils vont devoir transpirer dur, c'est moi qui te le dit", confiait-il alors avec 7 blindes et 7 joueurs restants.

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Pour son premier passage dans la ville du vice, pour ses premiers pas sur les World Series of Poker, Jean René confirme sa bonne forme des mois précédents, où il a notamment réussi à s'illustrer lors de l'EPT National Barcelone l'été dernier, au PCA des Bahamas en début d'année, ou encore à l'EPT Monaco il y a quelques semaines tout juste : "Je suis quelqu'un qui est très vite à l'aise, et partout où je vais. Sinon, demi-tour et je ne reviens plus jamais. Ici à Las Vegas, j'ai déjà fait 3 places payées."

Les Séniors 2019 de ces WSOP n'étaient visiblement pas préparés à ça. Ils se souviendront d'un "vieux jeune" qui les a presque rasé, et toujours avec le sourire, sauf quand celui était parfaitement planqué sous le hoodie, tel un scandi. On parie qu'on le revoit deeprun cet été Jean René ?

Résultats de la table finale Vainqueur : Howard Mash 662 594 $ Second : Jean Fontaine 409 249 $ 3e : James Mcnurlan 303 705 $ 4e : Adam Richardson 226 996 $ 5e : Donald Matusow 170 887 $ 6e : Farhad Jamasi : 129 582 $ 7e : Samir Husaynue : 98 981 $ 8e : Mike Lisanto 76 165 $ 9e : Mansour Alipourfard 59 044 $

bracelet

Demaiiiin le doublé WSOP pour les Français

Jouer pour vivre ce moment là

Adrien Delmas et Yoh Viral disputent cet après midi leur première table finale WSOP Event #36 : NLHE Shootout 3 000 $ (Table Finale - 10 joueurs)

tf

Le jour de gloire n'est pas encore arrivé, calmez vous dans les chaumières, néanmoins ce soir, vous avez le droit de laisser monter la pression chez vous : deux Français vont se battre sur une table finale d'un event WSOP afin de tenter de ramener le second bracelet de champion pour les Français... et accessoirement, un premier bracelet pour leur collection personnelle !

Démarré à midi pétantes, cette finale n'a toujours pas connu d'élimination 90 minutes après son lancement, on en attendait pas moins. Et pourtant, les coups ont commencé à pleuvoir très tôt. Les mots "all in" ont même été prononcés à plusieurs reprises, et un joueur s'est carrément retrouvé dans une situation de tapis payé, en étant couvert... il s'agit de Yoh Viral !

"Papazian a tenté de me double check raise, ahah bien essayé", en rigolait yoh Viral après coup. Le Français possède désormais un million de jetons, soit le double de la cave de départ de ce sit'n'go, et Papazian, qui avait réussi un premier niveau presque parfait, redescend de son nuage pour retrouve un tapis plus ou moins proche de ce qu'il avait à midi.

yoh viral

Et Adrien Delmas dans tout ça ?

On n'en parle tout simplement pas encore, puisque le Team Pro Winamax est plutôt installé sur un siège d'observateur, plus que de gambleur dans ces deux premiers niveaux :

"J'observe et puis je suis card dead pour l'instant. Mais de toute façon, ça va aller très vite, puisque dès le niveau suivant, on va passer à 25bb de moyenne. Le gros avantage pour moi, c'est qu'il me voit comme quelqu'un de très tight. Je vais pouvoir profiter de cette image un peu plus tard", ai-je cru comprendre de la part de Ragnarok235, qui n'est pour le moment soutenu par personne dans le rail, même si les choses devraient bientôt changer.

Romain Lewis vient en effet de préciser sur le chat What'sApp du Team "on our way to the rail !" Romain Lewis n'étant jamais le dernier pour mettre l'ambiance, préparez vous chez vous à entendre quelques uns des plus beaux chants de ces WSOP émaner du rail Français très bientôt.

Adrien Delmas

Dans la tête d'un Adrien Delmas, ça nous donne une vue assez irréprochable sur une table de champions, avec notamment les deux patrons actuels de ce sit'n'go, Yoh Viral qui est chipleader et Andrew Lichtenberger, son premier poursuivant

Chipcount après 90 min de jeu

Johan Guilbert 1 330 000 Andrew Lichtenberger 925 000 David Lambard 645 000 Adrien Delmas 609 000 Jan Lakota 589 000 Ben Farrell 570 000 Weiyi Zhang 465 000 Alexandru Papazian 434 000 Martin Zamani 365 000 Justin Bonomo 260 000

Répartition des gains :

Vainqueur : 207 193 $ Second : 128 042 $ 3e : 92 625 $ 4e : 67 706 $ 5e : 50 016 $ 6e : 37 341 $ 7e : 28 182 $ 8e : 21 501 $ 9e : 16 586 $ 10e : 12 937 $

C’est le métier qui rentre

Adrien Delmas est rapidement éliminé de sa première table finale WSOP, en 8e position Event #36 : NLHE Shootout 3 000 $ (Table Finale - 10 joueurs)

Adrien Delmas

La performance d'arriver jusqu'en table finale de cet event Shootout était en soi plutôt très belle pour Adrien Delmas. Le finish lui laissera probablement un goût assez amer, lui qui est éliminé en 8e position pour un gain de "seulement" 21 501 $. Quand on parle de table finale WSOP, en général, on parle de sommes complètement folles... sauf quand il s'agit du tournoi avec l'un des plus "petits" gains à aller décrocher pour le premier.

rail

Le rail Français n'a même pas eu le temps de se chauffer

Adrien Delmas n'a pas mal joué, il a manqué de réussite, tout simplement, et n'avait d'ailleurs pas mille mots à mettre sur cette performance à chaud :

"La structure était assez rapide donc bon, on a rapidement joué des coups à tapis et ça c'est mal passé. J'ai joué deux flips, j'ai perdu deux flips, et j'ai réussi à gagner un coup à tapis, payé deux fois... quand j'avais deux blindes à la fin. Je ne peux rien faire d'autre, je pense que je n'ai fait aucune erreur aujourd'hui. T'es forcément déçu quand tu sautes, parce que tu n'as pas gagné, mais je peux difficilement être déçu de moi-même, vu que j'ai joué tous les spots correctement. Je n'ai joué aucun coup postflop d'ailleurs. Je n'ai pas vu une turn de cette finale. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus drôle, mais c'est le jeu. Là ou j'ai edge, c'était l'ICM, c'est du préflop tout ça, et là dessus j'ai fait ce que je pouvais. Ce sont les flips qui changent tout. Si je gagne le mien contre Papazian (QJ<66), je monte à 900 000, je le bust... ce n'est plus le même tournoi après."

De cette première table finale aux World Series, Adrien va tout de même tenter de retenir le positif, et il y en a :

"C'était quand même un kiff malgré tout, il y avait des bons joueurs, c'était intéressant de jouer, j'ai fait ce que je devais faire. Heureusement que c'était le plus petit prizepool des WSOP, donc ça allait, il y a moins de frustration."

Adrien Delmas

Et pourquoi pas Yoh viral ?

Après l'élimination d'Adrien Delmas, les choses ont évolué sur un bon rythme, et avec toujours le Français Yoh Viral dans le coup.

yoh viral

Alexandru Papazian a pris la 7e place de ce Shootout, après avoir perdu la majorité de son stack, sur un resteal pour 23 blindes muni de K9, payé par Andrew Lichtenberger avec AJ, suivi en 6e position de l'Anglais Ben Farrell. Malgré la présence d'un petit rail britannique sympa, Farrell n'a pas fait grand chose d'autre que tapis UTG pour 11bb avec AT. Il est tombé sur un os signé David Lambard, qui avait JJ.

En 5e position Jan Lakota (bourreau de Romain Lewis au premier tour) ne pourra pas s'en vouloir, le Slovène a mis les jetons au milieu de la table avec la même main (ou presque) que son adversaire, AK contre AK. La suite, c'est le croupier qui l'a décidé, en déroulant un tableau Q53A4, offrant flush à David Lambard, et une deuxième élimination consécutive pour l'Américain.

jan lakota

Ouch ! Jan Lakota vient de perdre As-Roi contre As-Roi, ça fait toujours cet effet là

Mais la meilleure nouvelle pour Yoh Viral et tout le clan Français, c'est peut-être l'élimination d'Andrew Lichtenberger, en 4e position, qui a notamment perdu flush contre flush chez Weiyi Zhang, avant d'être éliminé quelques instants après. S'agissant clairement d'un des joueurs les plus compétents de cette finale, cette élimination ouvre des ambitions qui paraissent de plus en plus envisageable pour le Français, qui n'est plus qu'à deux marches du bracelet WSOP !

wsop tv

Hallay les bleus !

Encore une table finale Française, elle est pour Axel Hallay aujourd'hui Event #37 : NLHE Deep Stack 800 $ (Day 3 et finale - 8 joueurs restants)

Décidément, de jour en jour sur ces WSOP, les Français ont réussi à monter en régime, nous offrant désormais une finale par jour ou presque. Le héros de ce mardi s'appelle Axel Hallay. Son exploit ? Avoir réussi à atteindre la table finale d'un tournoi de 2808 inscriptions, alors que le buy in était de 800$.

axel hallay

"Je commence à y penser pas mal ouais. Mon tournoi se passe quand même plutôt bien, j'ai fait quelques petites erreurs, mais en vrai, ça va très bien. La structure est un peu rapide, donc il faudra de la réussite pour aller loin. J'ai perdu un petit 70/30 qui m'a fait très mal, en bataille de blindes, j'ai limp les Rois, il a shove A5 et a chatté river. Un coup qui aurait pu changer pas mal de choses parce que je serai arrivé en table finale en étant super massif. Mais rien de très grave"

Il faudrait, semble-t-il, un peu plus qu'un simple bad beat pour perturber ce jeune chevelu. Tant mieux, parce que des coups de poker importants, il va encore falloir en disputer quelques-uns, avant d'avoir la chance d'accrocher ce bracelet au poignet, et de ramener près de 300 000$ au coffre fort. Face à lui, Axel devra batailler avec notamment le Suisse Francois Evard, bien connu de nos services sur des tournois européens, ainsi que de l'Américain Benjamin Moon, l'homme qui a empeché Romain Lewis, l'an passé, de soulever son premier bracelet WSOP.

Un technicien de PokerGO, qui prend de plus en plus l'habitude de me voir autour de la table TV, toujours bon signe n'est-ce pas, m'a glissé que le streaming débuterait à 19h sur place (4h du mat' en France). Ne me demandez pas pourquoi ils attendent aussi longtemps alors que la finale est composée, c'est comme ça et pas autrement.

Siège 1 - Marco Bognanni (Italie) 24 475 000 (61bb) Siège 2 - Benjamin Moon (USA) 7 100 000 (18bb) Siège 3 - Axel Hallay (France) 16 300 000 (41bb) Siège 4 - Francois Evard (Suisse) 10 225 000 (26bb) Siège 5 - Kamel Mokhammad (Ukraine) 4 325 000 (11bb) Siège 6 - Robert Mitchell (USA) 33 525 000 (84bb) Siège 7 - Benjamin Underwood (Canada) 10 800 000 (27bb) Siège 8 - Zachary Mullennix (USA) 4 650 000 (12bb)

Une finale, enfin, pour Ivan

Première table finale WSOP de la carrière d'Ivan Deyra Event #34 : Double Stack NLHE 1 000 $ (Day 4 - 8 joueurs restants)

Le talent est là, alors que la réussite elle, s'est toujours enfui très loin pour Ivan Deyra, en terre Américaine. Je ne sais pas chez vous, mais j'ai encore en tête un épisode de Dans La tête d'un Pro, dans lequel Romain Lewis deeprun à la table d'Ivan Deyra. Ivan est énorme à ce moment là, mais son parcours s'arrêtera bien avant la finale.

TF ivan

Ce soir, les choses changent. Le Sud Ouest de la France est représenté en plein centre du Nevada par la présence de celui qui sent bon la Merguez en toute saison. Si DLTDUP, Valuemerguez avait des jetons mais n'avait pas atteint sa finale, cette fois, c'est totalement l'inverse : ils sont encore 8 sur l'event 34 au moment du dinner break et Ivan Deyra propose un tapis de 7 petites blindes. 7 blindes très très vaillantes, mais 7 blindes seulement. La bataille s'annonce très compliquée, mais parait-il qu'impossible n'est pas Français.

ivan deyra

Ivan a souffert pour en arriver là, et rien n'indique encore pour le moment que le futur sera merveilleux. Dans le rail, ils sont très nombreux à soutenir le jeune Français du Team Winamax, et pour beaucoup, même si l'état d'Ivan est préoccupant, rien n'est terminé.

"Même shortstack, il arrivera à se débrouiller, il sait exactement ce qu'il doit faire, et la structure est plutôt bien deep. Il va y avoir un petit palier pas évident à gérer en terme de blindes, il lui faudra des cartes rapidement, mais une fois qu'il sera à 30 blindes, il pourra commencer à exploiter ses adversaires. Regarde la table, c'est clairement le meilleur joueur", confiait Guillaume Diaz.

Même son de cloche chez Sylvain Loosli qui croit fort au potentiel de son coéquipier : " Il fallait s'y attendre à ce qu'il fasse une finale. Après quand tu joues contre un field aussi gros, il faut avoir un bon run, je sais de quoi je parle. Mais ce n'est pas du tout une surprise de le retrouver là. Il sait jouer, il ne faut pas qu'il se mette de pression et surtout qu'il commence à recevoir de bonnes cartes pour doubler. Mais ce n'est pas un problème, on la connait l'histoire du shortstack qui devient d'un coup chipleader, il n'y a pas de raisons de ne pas y croire."

Le coach Stéphane Matheu préfère rester sur la réserve, conscient que si la première étape de la table finale est magnifique, il faudrait tenter de concrétiser tout ce beau travail avec quelque chose de plus brillant au bout : "C'est super difficile de faire table finale, on connait la variance etc. C'est bien parce que c'est sa 1ere, c'est beau, au lendemain de la première d'Adrien Delmas, ce qui était bien aussi, maintenant on est encore loin, ils sont huit, on est un peu dans la même situation qu'hier avec Adrien, parce que là il est short, donc il y a encore beaucoup de boulot, en tout cas ce qui est cool c'est que Ivan travaille très dur depuis plusieurs années, il est à fond, il est super sérieux, il a envie de perfer et là, on ne va pas dire qu'il voit le bout du tunnel, mais il voit de la lumière et c'est très encourageant. Mais ça ne fait que commencer."

Aladin Reskallah est plutôt enjoué à l'idée de voir son pote à ce niveau là, "la merguez en table finale, j'ai envie de te dire "normal", c'est comme tous les dimanches en fait. Là il est un peu short, mais on sait jamais, deux double up et c'est reparti", alors que Matthieu Lamagnère pense probablement comme nous tous, "on peut y croire, mais les cartes vont vraiment être importantes. Un double up et après il pourra développer son jeu."

rail

Un solide rail, pour une solide perf', quoi de plus normal

Chipcount au dinner break

David Ivers : 64 400 000 Joseph Cheong : 62 300 000 Zinan Xu : 45 800 000 Andrea Buonocore : 26 900 000 David Guay : 16 300 000 Ido Ashkenazi : 14 800 000 Arianna Son : 12 400 000 Ivan Deyra : 5 700 000

cheong

En attendant, sur cette finale, on a une rencontre plutôt innatendue : Joseph Cheong et Arianna Son... son ancienne petite amie ! L'histoire ne dit pas s'ils se sont quittés en bon terme et s'il lui vole systématiquement sa grosse blinde.

La première ne sera pas la bonne

Ivan Deyra n'a pas réussi l'exploit de remonter son tapis, il termine 8e Event #34 : Double Stack NLHE 1 000 $ (Day 4)

Cette bonne bouille bien souriante d'un minot qui s'apprête à souffler sa 25e bougie dans 3 jours, n'égaiera pas votre streaming des WSOP ce mercredi soir. Ivan Deyra n'a pas réussi l'exploit tant espéré, celui de remonter un tapis digne de ce nom, pour se battre les yeux dans les yeux avec ses adversaires, et s'incline donc, comme son pote Adrien Delmas la veille, en 8e position pour un gain de 78 638 $, tout de même. Bravo la merguez !

ivan deyra

Ivan n'a pas démérité, mais il n'a surtout pas été verni, et pas très bien servi, et un flip a fini par lui être fatal. Néanmois, la performance est énorme et forcément très encourageante pour la suite. Désormais, il connait la sensation d'arriver au bout d'un tournoi live avec 6214 joueurs.

"Je crois que c'est l'un des tournois les plus difficiles pour atteindre la table finale, en terme de nombre de joueurs, ça parait improbable d'en être arrivé jusqu'ici, et je confirme qu'il faut vraiment run de folie pour en arriver là. Je ne vais pas me plaindre parce que j'aurais pu bust bien avant dans le tournoi, les fois où je suis parti en étant derrière, et je ne peux pas dire que je suis déçu non plus, je suis plutôt satisfait de ma façon de jouer aujourd'hui. Le début de journée s'est déroulé de façon hyper fluide, mon stack est passé de 4 millions à 20 millions. JJ contre QQ, j'avais un spot magnifique, j'étais content d'y aller (Ivan a trouvé un Valet au flop pour faire brelan), et après j'ai un coup qui me met bien dedans avec une paire de Valets."

Un coup très simple à présenter, mais finalement assez compliqué à gérer une fois à table, à 12 joueurs restants : Le joueur UTG, en possession de 16 blindes au début du coup, décide de limp. Le joueur en petite blinde limp à son tour, avec seulement 8 blindes en tout, et la parole est de retour sur Ivan, en grosse blinde avec 33 blindes, qui découvre deux Valets. J'ai bien envie de vous dire comme à l'école, "vous avez trois heures, à vos stylos", mais on n'a pas trois heures pour ça.

Ivan a plusieurs options : fold, parce que ça perd toujours Valet-Valet c'est bien connu check pour voir un flop gratuit, après tout, ce n'est pas interdit relancer 3x, dans l'optique de fold sur un tapis du joueur UTG faire tapis, parce que m***e, on a quand même deux Valets, qu'on sait que SB va fold souvent, qu'on peut mettre la pression sur UTG

"Si je shove, c'est parce que parfois il a des Roi-Dame, et je n'ai pas envie qu'il réalise son équité. Sur le coup, je pense à isoler et fold s'il shove. Je me suis dit qu'il pouvait avoir des As-Roi aussi, ça aurait été désastreux. Il faut que j'en reparle avec les potes, mais par exemple Joao Vieira disait qu'il s'agissait d'un no brain, c'est all in tous les jours. J'ai réfléchi hyper longtemps... avant de shove."

ivan deyra

Et la mauvaise nouvelle est très vite arrivée puisque son adversaire UTG était bien en trap avec une paire de Rois. Et Ivan a donc pris une grosse claque suite à ce coup.

"Je tombe short, je suis card dead jusqu'en table finale. Je crois que suis tombé à 4 blindes en finale, j'arrive à doubler et puis c'était reparti. Sur ma dernière main, j'ai un beau spot, c'est un flip pour remonter à 26 blindes (paire de 6 pour Ivan contre KQ, qui trouve un Roi direct au flop) surtout que j'ai de la fold equity, donc aucun regret. On avait parlé avec Stéphane Matheu ce matin de tous les scénarios possibles, de voir mes objectifs de la journée, et je suis content parce que j'ai fait ce qu'il fallait faire aujourd'hui, j'ai rempli tous mes objectifs de la journée, de ce que je pouvais maitriser. Maintenant, il y a encore une grand différence entre faire 8e et gagner le tournoi. Quand tu voyais mes adversaires avec 60 millions, moi j'étais là avec mes 5 millions... c'était déjà un truc de ouf, mais pour battre 6000 et quelques joueurs, il faut encore plus de chance."

Sans surprise, l'expérience commence à faire la différence, alors que le gamin n'a toujours pas atteint officiellement son premier quart de siècle, impréssionant. "Par rapport à la physionomie de ma journée, je ne suis pas du tout frustré, comparé à mes gros deepruns précédents. C'était à l'EPT Prague et le 25 000€ ou je fais 9e et 10e sur des énormes prizepools. Le scénario m'avait bien tilté, mais je n'avais pas d'expérience aussi. Là, le fait d'avoir déjà connu cette situation, j'abordais le day 4 probablement comme étant l'un des plus expérimentés du field, et je me suis servi de ça. Maintenant, j'accepte beaucoup mieux la variance par exemple. Mais c'est fou, je vais avoir 25 ans là, ça fait déjà 3 run de mutants que je fais dans ma carrière, au bout d'un moment ça va finir par passer. Sur des fields comme celui-ci, c'est tellement high variance qu'il faut jouer 10 ans pour lisser la variance un peu plus."

Mais Ivan est un compétiteur pur et dur, un de ceux qui ne sont satisfait qu'avec la coupe à la maison. Et des coupes, Ivan en a déjà quelques unes dans son armoire à trophée. Manque désormais ce bracelet, et ce n'est jamais gagné : "Atteindre la table finale c'est fou, mais gagner le bracelet c'est vraiment plus dur. On est 9 sur la finale, il n'y en a qu'un qui repartira avec. Quand les medias parlent de" chance de bracelet à 20 left" pour n'importe quel Français, c'est vrai mais bon, c'est encore si loin. Pour rigoler, j'avais mis sur Instagram "GL à moi, 2300 left, à la fois si loin mais si proche du bracelet !"

Place au repos pour Ivan... le temps d'une nuit. Et la chasse au bracelet se poursuivra de plus belle dès demain.

TF

Après l'élimination d'Ivan Deyra en 8e position, la table finale s'est poursuivie. Le Canadien David Guay a pris la 7e place, pour un premier gain à 6 chiffres de 102 258 $, alors que Joseph Cheong en a profité pour s'emparer d'un solide chiplead, avec 100 millions de jetons, contre 60 millions pour son premier poursuivant, l'Américain David Ivers. Attention tout de même pour Cheong, il reste un Italien dans le field, juste histoire de lui rappeler de bons souvenirs. Seul problème, le petit Andrea Buonocore est pour le moment plutôt short (17 millions) et ne semble pas forcément être celui qui posera le plus de problèmes au November Nine 2010. C'est désormais son ex petite amie, Arianna Son, qui ferme la marche avec seulement 5 petites blindes à la reprise (4,5 millions). Une reprise qui s'effectuera d'ailleurs chez vous, dans la nuit de mercredi à jeudi, en streaming sur PokerGo, jusqu'à trouver un nouveau champion. Et pour Cheong, ce serait une grande première.

Joseph Cheong, enfin !

Joseph Cheong remporte son premier bracelet WSOP Event #34 : No Limit Hold'em Double Stack 1 000 $ (Finale)

Cheong_Son

Parfois, certaines victoires sont plus attendues que d’autres. Non, pas parce que l’Histoire est déjà écrite, mais parce que la fin est celle que beaucoup d'observateurs espèrent. Même si on aurait préféré voir Ivan Deyra soulever le bracelet sur ce Double Stack à 1 000 $ où il a terminé à la 8e place, on ne peut que se réjouir de la victoire de Joseph Cheong, joueur très apprécié de la communauté du poker mondial et qui cherchait depuis longtemps son premier bracelet WSOP. Il faisait d’ailleurs partie de cette liste des joueurs-qui-méritent-un-bracelet que j’avais évoquée au moment de la défaite de Shannon Shorr contre Daniel Strelitz.

Faut dire que depuis que l’on a découvert Joseph Cheong il y a bientôt 10 ans lors de sa troisième place sur le Main Event WSOP (derrière Jonathan Duhamel et John Racener), il est devenu un joueur incontournable des WSOP et on n'est pas prêt d'oublier cette main incroyable qu'il avait jouée pendant ce Main Event contre le phénomène Filippo Candio.

Grinder boulimique qui ne joue pratiquement que les tournois de Hold’em (même s'il est passé tout près d'un bracelet sur un tournoi de 2-to-7 en 2014), il ne rate pas une occasion de prendre part à un tournoi, que ce soit au Rio et même dans tous les Casinos du Strip quand sont garantis des prizepool à 7 chiffres.

Totalisant 38 places payées sur les WSOP de Vegas, Joseph Cheong est passé à plusieurs reprises tout proche d’un bracelet, notamment quand il a perdu ce tête-à-tête devenu légendaire pour le poker tricolore, sur le NLH Mixed Max 5 000 $, contre Aubin Cazals, alias « Kzouls ».

Sans réelle surprise, Joseph Cheong, qui avait éliminé hier Ivan Deyra sur un coin flip, a déroulé sur ce dernier jour d’épreuve, débutant avec un tapis de 100 blindes, large chipleader. Fait amusant, il partageait cette table finale d’un field de 6 214 entrées avec son ancienne petite amie Arianna Son, finalement 5ème de l’épreuve. L'histoire ne dit pas si les deux s'étaient séparés en bon terme et si l'un avait très envie de bust l'autre.

Quand on lui demande s'il compte faire une pause maintenant pour profiter de cette victoire, Joseph Cheong répond exactement ce qu'on aurait pu imaginer : " Je vais jouer le 1 500 $ Bounty aujourd'hui. Je vais peut-être prendre une douche et une bière avant, mais après, j'y vais ! " Un grinder reste un grinder !

Les résultats de la table finale :

Place Nom Pays Gain
Vainqueur Joseph Cheong Etats-Unis 687 782 $
Runner-up David Ivers Etats-Unis 424 791 $
3e Zinan Xu Chine 314 876 $
4e Andrea Buonocore Italie 235 099 $
5e Arianna Son Etats-Unis 176 820 $
6e Ido Ashkenazi Etats-Unis 133 970 $
7e David Guay Canada 102 258 $
8e Ivan Deyra France 78 638 $
9e Brock Wilson Etats-Unis 60 930 $

Joseph Cheong remporte donc 687 782 $ pour cette victoire, glanant ainsi son premier bracelet, lui qui détient déjà 3 bagues WSOP-Circuit. Quand je vous dis que tout le monde se réjouit de sa victoire et de ce gain à 6 chiffres, même le Spearmint Rhino, le plus connu des strip-clubs de Vegas, lui a envoyé un message privé pour l’inciter à aller célébrer sa victoire dans leur établissement !

Theyre quick pic.twitter.com/6nyaV83lhG

— Joseph Cheong (@subiime) June 19, 2019

Here's Johnny !

John Hennigan remporte son 6e bracelet WSOP Daniel Negreanu échoue en HU pour la cinquième fois de suite Event #41 : Seven Card Stud 10 000 $ (Finale)

John Hennigan

Absent du Rio depuis le début des Series, John Hennigan faisait passer un mauvais moment à tous ceux qui avaient décidé de le choisir dans leur draft WSOP comme la Team Riess sur la 25K$ Fantasy Draft de Daniel Negreanu, à tel point que certains émettaient l’hypothèse de le remplacer, comme on peut le faire depuis cette année avec l’option « Joker » pour trouver un joueur plus compétitif et surtout plus motivé pour marquer des points.

Et pourtant, dès son premier cash des Series, John Hennigan s’est offert le luxe de conquérir son 6e bracelet WSOP, au nez et à la barbe de Daniel Negreanu. Tout cela s’est passé sur l’épreuve des joueurs old school, le 10 000 $ Seven Card Stud qui a réuni 88 joueurs, soit la plus basse affluence d’un event sur cette 50ème édition. Faut bien avouer que cette variante ne séduit plus vraiment les jeunes générations, si l’on excepte quelques jeunes amateurs de poker à l'ancienne comme Julien Martini, par exemple.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que John Hennigan ne fait pas les choses à moitié quand il deep run un tournoi sur les WSOP. 44 places payées depuis son premier ITM sur le Main Event en 1999 et 6 bracelets, ce qui signifie que 1 fois sur 9, quand il rentre dans les places payées, il gagne à la fin, une réussite assez incroyable quand on regarde les fields des tournois de variantes à 10k$.

Daniel Negreanu

Après avoir inversé la tendance pendant le heads-up (Daniel Negreanu démarrait avec deux tiers des jetons), John Hennigan s’est même permis le luxe de faire une quinte flush sur l’avant-dernier pot du tête-à-tête, une quinte flush qu’il n’a même pas montré à Negreanu après que ce dernier ait foldé sa paire d’as, se contentant de rendre la meilleure main au croupier, comme si de rien n’était.

La suite du Heads-Up n’était plus qu’une formalité, Daniel Negreanu se retrouvant crippled avec moins de deux big bets après ce coup.

Grâce à cette performance de choix, John Hennigan rejoint ainsi le club des détenteurs de 6 bracelets, club qui recense notamment Chris Ferguson, Jeff Lisandro, Ted Forrest, T.J Cloutier ou un certain Daniel Negreanu.

Quand à la star canadienne, dont les moindres faits et gestes étaient observés par des dizaines de fans près de la table télévisée, c’est la cinquième fois de suite qu’il échoue dans sa quête du 7ème bracelet WSOP, son dernier bracelet remontant maintenant à 2013.

Les 6 bracelets WSOP de John Hennigan :

Année Event Gain
2019 7-Card Stud 10 000 $ 245 451 $
2018 H.O.R.S.E 10 000 $ 414 692 $
2016 Limit 2-7 Triple Draw Championship 10 000 $ 320 103 $
2014 Poker Players Championship 50 000 $ 1 517 767 $
2004 Limit Hold'em 5 000 $ 325 360 $
2002 Limit 7-Card Stud Hi-Lo 2 000 $ 117 320 $

Le résultat de la table finale :

Vainqueur : John Hennigan (Etats-Unis) 245 451 $ Runner-up : Daniel Negreanu (Canada) 151 700 $ 3e : David « ODB » Baker (Etats-Unis) 104 416 $ 4e : Mihail Semin (Russie) 73 810 $ 5e : David Singer (Etats-Unis) 53 621 $ 6e : Chris Tryba (Etats-Unis) 40 066 $ 7e : Frank Kassela (Etats-Unis) 30 817 $

Le bilan des Français à mi-parcours

Où en sont les Français après 45 épreuves des WSOP et 23 jours au Rio ?

France

Après 23 jours d'épreuves en tous genres sur cette 50e édition des WSOP, il est temps de faire un point sur les performances des Français à mi-parcours.

S’il était difficile de faire aussi bien que sur l’édition 2018, qui avait démarré sur les chapeaux de roue avec les victoires de Julien Martini sur l’Event #4 : 1 500 $ Omaha Hi-LO 8 or better et de William Reymond sur l’Event #10 : 365 $ WSOP.com Online NLH, on peut tout de même se réjouir d’avoir déjà entendu la Marseillaise résonner dans le Rio en l’honneur de la victoire de Thomas Cazayous sur l’Event #31 : 3 000 $ NLH 6-Handed. Certes, il aura fallu attendre la 31e épreuve des Series pour remporter ce tant convoité bracelet, mais cet exploit allait mettre la France sur de bons rails. Le lendemain, Jean-René Fontaine terminait runner-up du Seniors Event pour plus de 400k$. Le surlendemain, deux Français accédaient à la table finale du 3 000 $ Shootout, Adrien Delmas, 8e, et Yoh_Viral, 2e, à une marche de la gloire, avant que Ivan Deyra ne se glisse à son tour sur la table finale d'une épreuve à 1 000$ qui recensait la bagatelle de 6 214 joueurs.

Cazayous_2

Après 45 épreuves disputées cette année, les Français sont plutôt bien partis pour égaler voire dépasser les performances de l’année 2018. David Benyamine (5) et Julien Martini (4) sont en tête du nombre de places payées françaises sur ces WSOP, et même si on attend encore une vraie grosse performance pour nos deux compatriotes qui enchaînent les 10k$ de toutes les variantes et devraient être au départ du 50k$ Poker Player's Championship, on est en droit de penser que cela devrait arriver dans les jours à venir.

Comparaison entre les résultats des Français en 2018 et 2019 :

2018 2019 (après 45 events)
Bracelet 2 1
Runner-up 4 2
Table finale 15 9
ITM 391 243
Meilleure perf' 1 000 000 $ 414 766 $
Gains totaux 6 738 314 $ 2 420 556 $

Ne vous alarmez pas sur ces chiffres, il reste encore plus de 20 jours d'épreuves et 45 tournois qui accordent un bracelet à leur vainqueur. De plus, le contingent tricolore n'est toujours pas au complet. On en voit débarquer tous les jours au Rio, comme aujourd'hui avec le début du 1 500$ Monster Stack, qui devrait attirer un bon paquet de frenchies.

L’an dernier, trois joueurs Français s’étaient notamment illustrés en comptabilisant chacun 7 ITM sur les World Series, Romain Lewis, Julien Martini et Guillaume Diaz. Si la meilleure performance de l’été 2018 revient à Antoine Labat pour sa 9e place sur le Main Event pour 1 millions de dollars, c’est surtout l’été de folie du benjamin du Team Winamax Romain Lewis qui nous avait impressionné, avec deux places de runner-up et une troisième place pour 839 741 $ de gains au total.

Le Top 10 des Français sur cette édition 2019 (après 45 events) :

Rang Nom Gains ITM Meilleure perf'
1 Thomas Cazayous 414 766 $ 1 Vainqueur de l'Event #31 : 3 000$ 6-Max (414 766 $)
2 Jean-René Fontaine 412 137 $ 3 Runner-up de l'Event #32 : 1 000$ Seniors (409 249 $)
3 Johan Guilbert 159 773 $ 3 Runner-up de l'Event #36 : 3 000$ Shootout (128 042 $)
4 Simon Legat 142 648 $ 1 4e de l'Event #22 : 1 000$ Double Stack NLH (142 648 $)
5 Axel Hallay 134 817 $ 1 3e de l'Event #37 : 800$ NLH Deepstack (134 817 $)
6 David Benyamine 81 569 $ 5 7e de l'Event #18 : 10 000$ Omaha Hi-Lo (57 709 $)
7 Ivan Deyra 81 188 $ 2 8e de l'Event #38 : 1 000$ Double Stack NLH (78 638 $)
8 Romain Nussmann 47 476 $ 4 9e de l'Event #16 : 1 500$ NLH 6-handed (36 647 $)
9 Nicolas Careme 48 954 $ 1 8e de l'Event #16 : 1 500$ NLH 6-Handed (48 954 $)
10 David Phima 44 740 $ 2 3e de l'Event #38 : 600$ WSOP.com NLH Bounty (42 962 $)

Le Team Winamax monte en puissance

Deyra

Du côté des Team Pro, les résultats étaient plutôt décevants sur le début de cette 50e édition des WSOP, avec beaucoup de min-cash, mais depuis une semaine, les choses ont changé avec deux tables finales à mettre à l'actif de Adrien Delmas et Ivan Deyra, respectivement sur l'Event #36 : 3 000$ Shootout et sur l'Event #38 : 1 000$ Double Stack. Faut dire qu'ils nous avaient habitués à vibrer très tôt les années précédentes, comme en 2018 où Romain Lewis avait terminé runner-up de l'Event #13 alors qu'il venait à peine d'arriver à Vegas. Si Adrian Mateos et Joao Vieira ont atteint l'argent 5 et 4 fois, ils se contentent pour l'instant de min-cash. Mais la deuxième partie de ces World Series s'annonce palpitante pour eux, avec beaucoup de tournois à des buy-ins élevés.

Gageons que les caméras de Dans La Tête d'un Pro qui arrivent d'ici peu à Sin City permettront aux membres du Team Pro de deep run et de nous faire vibrer comme en 2018 !

N'oubliez pas que vous pouvez retrouver à tout moments les résultats complets des Français sur le coverage, en allant sur Perfs FR en haut à droite de cette page.

Phan, je vous aime

Sandrine Phan, qualifié pour le jour 3. Pour une première, c'est une réussite Event #47 : Ladies 1 000 $ (Day 2 - 43 joueuses restantes)

Une bataille supplémentaire est sur le point de se terminer au Rio, puisque sur ce tournoi où les femmes sont à l'honneur, ils ne reste plus que 43 combattantes... et une Française ! Si Viktoria Lucenkova, Nathalie Schaeffer et Gaelle Baumann n'ont pas réussi à atteindre l'une des 146 places payées, les affaires se sont un peu mieux déroulées pour Sandrine Phan, puisque la finaliste du Winamax Poker Tour 2017 a réussi a emballé des jetons dans le sac, synonyme de Day 3 à l'horizon, et fait donc partie des 43 dernières survivantes.

sandrine phan

Et pourtant, ce n'est jamais facile d'effectuer ses premières foulées au Rio. Sauf quand on arrive motivé et ordonné : "C'est mon tout premier tournoi WSOP ! J'étais venue à Vegas il y a deux ans un peu à l'arrache, mais cette année, je suis un peu plus préparée. J'ai un petit programme, avec quatre tournois WSOP. Ce ladies, le Monster Stack, un 800$ et le Colossus... et je t'avoue que j'aimerai bien ne pas faire le Monster Stack, ce serait bon signe par rapport au Ladies !" (le 1B aura lieu en meme temps que le jour 3 du Ladies)

Comme un poisson dans l'eau, Sandrine a fini par rapidement chasser ses quelques peurs dudébut, elle qui appréhendait de jouer ce tournoi : "je pensais qu'il ne fallait jouer qu'en ayant les nuts, alors qu'au final, pas du tout."

Au final, Sandrine a joué son jeu, et son jeu, c'est d'être constamment agressive : "La première journée, c'était vraiment nickel. Je n'ai pas rencontré beaucoup de résistance, franchement, et j'ai pu monter 5 starting stack tranquillement. Et puis aujourd'hui, j'avais une table un peu plus compliquée quand même : il y avait Ana Marquez (toujours in, 615 000), Gaelle Baumann (qui a perdu KK vs AA puis 33 vs QQ), Maria Lampropulos qui est arrivée après (éliminée en toute fin de journée par Ana Marquez justement, sur un flip)... le but c'était d'éviter les spots compliqués contre elles".

Grimpée jusqu'à 600 000 jetons, Sandrine a ensuite perdu un flip la faisant redescendre à 450 000, avant de perdre quelques petits pots pour finalement terminer à 306 000. Consciente de renvoyer une "image un peu dégueu", Sandrine Phan a également parfaitement su en profiter, allant jusqu'à se faire call par une 6e paire (quand elle détenait quinte)

"Franchement hier, c'était beau ! Aujourd'hui, je me suis un peu plus fait 3-bet, parce qu'un moment donné, forcément, on ne me croyait plus, mais ça va. Je n'ai pas un gros stack pour la suite, mais je répète, ça va. Je m'étais fixée comme objectif d'avoir une trentaine de blindes, j'en aurai 18 et ce sera très bien."

Chipcount du jour 3

natalia breviglieri

La petite Anglaise Natalia Breviglieri a tenté de la jouer incognito, planquée sous sa casquette, sauf que les grosses piles de jetons sont plus difficiles à cacher. Elle aura un demi million de pions à la reprise, soit plus de 30 blindes, chill

lexy gavin

Alexis Gavin poursuit son été sur la même lancée que depuis le début : dans l'argent et avec souvent ce même rêve de bracelet. Après 4 petits ITM, ce tournoi pourrait être une bonne opportunité à saisir pour l'Américaine. Avec 830 000 en sa possession, elle débutera ce jour 3 avec le 4e tapis, mais aussi et surtout avec plus de 50 blindes devant elle

ana marquez

Ce moment où Ana Marquez élimine son amie Maria Lampropulos qui ne veut plus quitter la table

katie lindsay

Et puis mention aussi à Madame Moorman, alias Katie Lindsay, qui a également trouvé la route du jour 3 sur ce tournoi, avec un tapis équivalent à celui de Sandrine Phan.

Stephen Chidwick remporte son premier bracelet WSOP

Stephen Chidwick bat James Chen en heads-up et remporte 1 618 417 $ Il passe 15e de la All-Time Money List après cette victoire Event #45 : PLO High Roller 25 000 $ (Finale)

Win_Chidwick

Alors qu’il s’agissait de son premier tournoi disputé sur cette 50e édition des WSOP, lui qui a l’habitude de faire « full schedule », Stephen Chidwick remporte le 25 000 $ PLO High-Roller qui a généré 278 entrées, après avoir défait James Chen en tête-à-tête.

Sur cette table finale qui regroupait également l’octuple détenteur de bracelets WSOP Erik Seidel, le quadruple vainqueur Robert Mizrachi ou le vainqueur du 10k$ Short-Deck Alex Epstein, on espérait beaucoup assister à un heads-up entre Chen et Chidwick, les deux joueurs recherchant tous deux la consécration du premier bracelet.

Si James Chen, le meilleur ami de Julien Martini, espérait devenir le premier taïwanais à remporter un bracelet, Stephen Chidwick faisait lui partie depuis très longtemps de cette fameuse liste des meilleurs joueurs à ne jamais avoir remporté un bracelet.

HU_Chidwick

Le combat entre les deux hommes n’aura pas eu l'occasion de devenir palpitant, puisque la main-clef du tête-à-tête s’est déroulée après une trentaine de minutes de jeu, alors que James Chen avait pourtant partiellement comblé son retard au chip-count.

La coup en question commence par une ouverture de Chidwick à 1,2 millions au bouton avec AA42 en main, payée par Chen qui détient A855.

Chidwick trouve le brelan max sur le flop AK7 et parvient à se faire payer sa mise de continuation à 900k. Il envoie une deuxième banderille à 3 millions sur le 3 à la turn et son adversaire ne lâche pas l’affaire. La rivière est un 9 et, fort de son jeu max, Chidwick poursuit son agression, décidant de valoriser grassement avec une mise à 10 millions.

Chen ne prend pas bien longtemps pour payer avec sa top paire et se retrouve crippled après cet énorme pot perdu. Il rendra les armes la main suivante.

HU_Chen

Cela faisait quelques années que Stephen Chidwick tournait autour de ce bracelet WSOP tant désiré, avec 48 places payées sur les WSOP, 12 tables finales et des places d’honneur à foison.

18e sur la All-Time Money List avec 23 millions de $ de gains avant cette épreuve (il passera 15e dès demain), Stephen Chidwick réalise ici son plus gros gain live avec cette victoire à 1 618 417 $. Atteindre autant de gains live sans une perf’ supérieure à 1,5 millions prouve sa régularité sur le circuit depuis 10 ans, avec pas moins de 57 cashes à 6 chiffres et plus pendant sa carrière.

Les meilleurs résultats de Stephen Chidwick sur les WSOP jusqu’à aujourd’hui :

Date Place Event Gain
2018 6e 100 000 $ NLH High Roller 484 551 $
2016 6e 10 000 $ NL 2-7 Lowball Draw 46 277 $
2015 2e 10 000$ 7-Card Stud Hi/Lo 180 529 $
2015 4e 2 200 $ NLH 6-Handed 32 600 $
2015 7e 10 000 $ Razz Championship 38 447 $
2014 5e 1 500 $ 8-Game Mix 30 426 $
2013 4e 25 000 $ NLH 6-Handed 353 780 $
2013 6e 1 500 $ Omaha Hi/Lo 43 120 $
2013 8e 3 250$ Mixed-Max PLO 16 000 $
2012 3e 1 500 $ H.O.R.S.E 112 106 $
2012 6e 50 000 $ Players Chammpionship 253 497 $
2011 4e 10 000 $ Pot-Limit Hold'em 198 927 $

Papa depuis deux mois, Stephen Chidwick attendait de pouvoir voyager avec femme et enfant pour pouvoir rejoindre les World Series of Poker, et commencer son grind. Ce tournoi de PLO est son premier disputé cette année, mais je veux bien parier ma bankroll qu'on le reverra souvent sur le reste des Series, sachant que le Pot-Limit Omaha est loin d’être son meilleur jeu. Il devrait notamment être au départ du Poker Players Championship à 50 000 $ qui débute ce lundi 24 juin.

Rail_Martini

Julien Martini et Kate Hoang dans le rail de James Chen

Quant à James Chen, qui était soutenu pendant toute cette table finale par Julien Martini et sa compagne Kate Hoang, retour au grind dès demain pour espérer remporter ce bracelet qu'il désire tant. Comme me disait Julien, " il est prêt à lâcher 1 million pour l'avoir ce bracelet ! "

Les résultats de la table finale :

Vainqueur : Stephen Chidwick (Royaume-Uni) 1 618 417 $ Runner-up : James Chen (Taïwan) 1 000 253 $ 3e : Matthew Gonzales (Etats-Unis) 699 364 $ 4e : Robert Mizrachi (Etats-Unis) 497 112 $ 5e : Alex Epstein (Etats-Unis) 359 320 $ 6e : Erik Seidel (Etats-Unis) 264 186 $ 7e : Wasim Korkis (Etats-Unis) 197 637 $ 8e : Ka Kwan Lau (Espagne) 150 483 $

Phanoménale

Sandrine Phan parmi les six dernières prétendantes au bracelet La Française est short stack mais bien vivante Event #47 : NLHE Ladies Event 1 000 $ (Fin du Day 3)

Sandrine Phan EOD

21 heures passées de quelques minutes et c'en est déjà fini du Day 3 de ce Ladies Event. Une journée courte mais intense, surtout pour la dernière Française en course, Sandrine Phan. Revenue au Rio ce midi avec une vingtaine de blindes, soit un tapis la plaçant 30e sur les 43 dernières joueuses en piste, notre ancienne collègue chez Winamax a finalement empaqueté 1 185 000 jetons soit... une vingtaine de blindes. Entre les deux pourtant, la partie fut loin d'être de tout repos.

"J'ai doublé assez rapidement, rembobine l'intéressée. Derrière un open et un call de la small blind, je trouve deux beaux As en grosse blinde et me fait payer par la SB, qui avait une paire de 9. Derrière, c'était beaucoup de grind. Parce que même si je sens vraiment que le niveau s'élève de plus en plus, je trouve que les joueuses défendent très peu leurs blindes, et il y a aussi beaucoup de walks. Donc j'essaie de profiter de tout ça, quitte à me faire accuser de "voleuse" par certaines de mes adversaires."

Un coup crucial, et même une river, a joué pour beaucoup sur la fin de journée de Sandrine. Alors que les demi-finales à 18 viennent de débuter, la Française défend sa BB avec A6 et check/call une mise de Margaret Martin sur un flop parfait, AQ6. Sur le 5 au turn, cette dernière envoie ensuite ses 15 dernières blindes avec A10 et trouve une providentielle Q pour passer devant.

Sandrine Phan

Retombée à un million après ce coup - soit environ une trentaine de blindes -, Sandrine parvient ensuite à doubler ce capital à la force du poignet, jusqu'à voir se constituer la table finale. "Je suis vraiment contente parce que je m'étais fixé des objectifs avant chaque début de journée et que je les ai franchis un à un. D'abord c'était atteindre le Day 2, puis les places payées, le Day 3, arriver à 18 left et enfin la TF."

Une finale dont le début ne lui a malheureusement guère souri. "J'étais confiante parce que je suis arrivée avec la position sur la chipleadeuse et finalement je me suis retrouvée prise en sandwich entre deux très bonnes joueuses." Alors qu'elle n'en avait subi que peu voir pas jusque-là, Sandrine encaisse plusieurs 3-bets qui font fondre son stack petit à petit. "À chaque fois, j'avais des mains légitimes pour open, comme As-10 ou Roi-Dame suité donc, si c'était à refaire, je jouerai pareil. D'ailleurs, depuis le début du tournoi, et même si j'ai sûrement fait quelques erreurs par ci par là, je ne regrette aucune main."

Ce dimanche aussi, il s'agira de n'avoir aucun regret. "De toute façon, il faudra que je joue la gagne !", finit-elle par lâcher. Pas stressée donc à l'idée de disputer sa toute première finale WSOP - pour ce qui est d'ailleurs son tout premier tournoi WSOP -, sur le podium principal et devant les caméras de Poker GO qui plus est ? "Je suis la dernière en jetons donc non, je n'ai aucun pression !, sourit Sandrine. Ce qui m'inquiète un peu plus, c'est que 15-20 blindes, ce n'est vraiment pas ma zone préférentielle. Je ne suis pas sûre de parfaitement connaître la meilleure stratégie à adopter. Il faudra que j'étudie ce soir si je peux encore raise/fold, ce que je peux 3-bet/fold, ce que je peux défendre... Dans l'ensemble, je sais qu'il faudra que je joue tight, parce que l'ICM sera super important mais je me connais, je sais que le naturel peut revenir au galop !"

Sandrine Phan

Quel que soit le résultat de demain, et même si nous voulons tous la voir brandir le bracelet, la perf' reste magnifique pour celle qui avait déjà slalomé au milieu d'un énorme field en mars 2017, en atteignant la quatrième place de la Finale du Winamax Poker Tour, pour 41 000 €. Car ce Ladies Event constitue non seulement son premier tournoi WSOP, mais aussi son premier à un tel prix. "Bon, il y a eu cette fois où j'ai re-entry trois fois un 300 €, mais ça ne compte pas vraiment !" Surtout, la Parisienne n'a pas eu l'occasion de beaucoup jouer en live depuis son dernier gros résultat, la faute à la fermeture du Cercle Clichy-Montmartre, où elle allait régulièrement taper le carton en cash game.

"J'essaie d'aller de temps en temps à Namur, où les structures sont très belles, précise-t-elle. À côté de ça, je me suis qualifiée une fois pour un DSO à Gujan et j'ai fait un FPO à Saint-Amand, mais c'est à peu près tout." Malgré son amour du jeu, le poker ne reste qu'un passe-temps pour celle qui a quitté Winamax il y a deux ans et travaille aujourd'hui pour une application mobile de paiement, au service support opérationnel. "Je suis chargée de former et de mettre en place les différents niveaux de service client au sein de l'entreprise. C'est assez différent de ce que je faisais avant, mais c'est très intéressant."

Un emploi qu'elle a donc pu délaisser durant une quinzaine de jours, pour s'offrir cette deuxième excursion à Vegas. "Il y a deux ans, j'étais venue un peu à l'arrache. Pour cette année, j'étais bien mieux préparée. Bon, j'avais prévue de jouer le Monster Stack, mais ce ne sera pas possible. J'avais aussi coché le Deepstack à 800 $ qui démarre demain, mais il ne dure que deux jours donc la structure doit être un peu Turbo..." Après cela, il sera temps d'aller se ressourcer dans les grands parcs à l'est de Vegas mais ça, ce sera après. D'abord, il y a un bracelet à aller chercher !

Les six dernières finalistes

1/ Lexy Gavin (USA) 1 430 000 (23 BB) 2/ Tu Dao (Canada) 5 420 000 (90 BB) 3/ Sandrine Phan (France) 1 185 000 (19 BB) 4/ Jiyoung Kim (Corée du Sud) 5 100 000 (85 BB) 5/ Lyly Vo (USA) 1 700 000 (28 BB) 6/ Nancy Matson (USA) 4 530 000 (75 BB)

Échelle des gains

Vainqueur : 167 308 $ Runner-up : 103 350 $ 3e : 72 821 $ 4e : 52 007 $ 5e : 37 654 $ 6e : 27 643 $

La première moitié rêvée

Sandrine Phan encore dans la course au bracelet à trois joueuses restantes La Française est de retour avec un bon tapis Event #47 : NLHE Ladies Event 1 000 $ (Day 4 et Finale)

Ladies Sandrine Phan DU

Difficile d'imaginer meilleures premières heures de jeu aujourd'hui pour Sandrine Phan. Sixième en jetons sur les six finalistes à midi au départ de cette quatrième et dernière journée, la Française est complètement revenue dans la bataille pour le bracelet et les 167 308 $ à la gagne, alors qu'elles ne sont plus que trois encore assises. Récapitulons ensemble ce début de finale que l'on aurait à peine espérer imaginer.

Ladies TF

Visiblement card dead lors de la première demi-heure de jeu, Sandrine laisse d'abord passer l'orage avant de voir Lexy Gavin, qui était sans nul doute la chouchou de bon nombre d'Américains ici au Rio, 3-bet shove ses presque vingt blindes avec une paire de 6 et chuter contre le AQ de Nancy Matson. Visage familier du poker américain, Lexy est donc la première éliminée du jour et repart avec 27 643 $.

Ladies Lexy Gavin

Un sourire que nous n'aurons pas eu l'occasion de beaucoup observer aujourd'hui.

Peu après, et alors que Sandrine continue de se maintenir au-dessus du million de jetons, Jiyoung Kim, qui a entre temps pris les commandes de cette finale, pousse à tapis en bataille de blindes sa voisine de gauche et nouvelle short stack officielle Lyly Vo. Cette dernière paie avec une main on ne peut plus spéculative, 76 et ne passe pas devant le A7 de la Coréenne. Lyly Vo est éliminé en cinquième place pour 37 654 $ et fait en même temps franchir un palier de gains supplémentaires à Sandrine. Sans rien faire ou presque, la Française est désormais assurée de 52 007 $. Mais elle ne compte pas s'arrêter là.

Ladies Sandrine Phan All-in

Désormais loin derrière ses trois adversaires, avec un tapis qui tombe même brièvement sous les dix blindes, la Francilienne envoie régulièrement son tapis au milieu, sans être payée. Ce, jusqu'à ce qu'elle pousse une énième fois ce qui correspond alors à 11 blindes, depuis le bouton, avec 75 (photo). À sa gauche, Kim est intéressée et fini par payer avec K10. Le flop QQ3 n'est d'aucune aide à notre ancienne collègue chez Winamax, avant qu'un 5 puis un 7 ne débarquent turn et river pour lui offrir enfin un peu d'air.

Ladies Sandrine Phan DU

Revenue du premier break de la journée avec un stack qui dépasse les vingt blindes pour la première fois depuis bien longtemps, Sandrine a enfin l'occasion de rentrer dans plus de coups, de voir quelques flops et de grapiller des jetons. Elle est ainsi passée devant Tu Dao lorsque cette dernière décide de 3-bet shove sa petite vingtaine de blindes avec AJ, derrière une ouverture de Nancy Matson.

Ladies Tu Dao

Mauvaise journée pour Tu Dao, passée de première en jetons à quatrième (pour 52 007 $ tout de même).

De grosse blinde, Sandrine découvre deux beaux Valets et ne se gêne pas pour envoyer à son tour la couscoussière. Le board K847A est tout à l'avantage de la Française, qui en profite 1) pour éliminer la chipleadeuse au départ de ce Day 4 et 2) remonter à 5,4 millions de jetons, soit 45 blindes. Elles ne sont donc plus que trois et tous les espoirs sont de nouveau permis !

Chipcount à trois joueuses restantes

Jiyoung Kim (Corée du Sud) 7,1 millions Nancy Matson (USA) 6,9 m. Sandrine Phan (France) 5,4 m.

Prix restants à distribuer

Vainqueur : 167 308 $ Runner-up : 103 350 $ 3e : 72 821 $

Sans peur et sans regrets

Sandrine Phan termine troisième pour 78 821 $ La Parisienne signe le sixième podium français de l'été Event #47 : NLHE Ladies Event 1 000 $ (Day 4 et Finale)

Sandrine Phan

L'embellie fut de courte durée. Complètement revenue dans la course au bracelet après s'être chargée d'éliminer Tu Dao en quatrième place, Sandrine Phan n'a pas réussi à poursuivre sur sa lancée, subissant la loi d'une seule et même joueuse, Jiyoung Kim. "À trois joueuses restantes, c'est vrai que j'ai voulu prendre beaucoup de mes boutons, commente après coup Sandrine, et elle m'a beaucoup 3-bet. J'ai dû abandonner ma top paire aussi lors qu'elle m'a 3-barrel sur un board hauteur Roi (la Coréenne avait les deux paires max NDLR) et il y cette main où je la call avec deuxième paire un peu rapidement (Kim avait trouvé la top paire river). Mais dans l'ensemble, et contrairement à la Finale du WiPT, où je sais que j'avais fait quelques erreurs, ici je n'ai pas de regrets. Je ne dis pas que j'ai joué chaque main parfaitement, mais je ne regrette rien."

Sa dernière main est presque anecdotique, lorsqu'elle envoie sa douzaine de blindes avec K9 et tombe contre le A2 de... Jiyoung Kim, évidemment. Après les 41 000 € déjà remportés en mars 2017 au Cercle Clichy-Montmartre, Sandrine double quasiment ce score, encaissant pas moins de 78 821 $. Pas mal pour un tout premier tournoi WSOP et même un tour premier tournoi à 1 000 $ ! "Honnêtement, je ne m'attendais pas à faire aussi bien, avoue l'intéressée. J'aurais été contente rien qu'avec 4 000 $ ! Évidemment, une fois en finale, je voulais forcément le bracelet, mais j'ai quand même été longtemps short stack." D'ailleurs, sa stratégie pour ce Day 4 était claire : "J'étais prête à foncer, à tenter de voler un maximum de blindes, à gratter des petits coups. Je savais que Lyly Vo était très tight, qu'elle était capable de se laisser mourir à petits feux et c'est ce qui est arrivé. Une fois en 4-handed, j'étais comme en freeroll : je n'avais plus peur, je ne jouais rien d'autre que la gagne, quitte parfois à shove moins bien."

Sandrine Phan OUT

Avec tout le rail français lors la dernière main de son tournoi.

Au final, la pression, Sandrine l'a davantage subi avant que pendant sa finale. "J'étais fatiguée hier soir, je me suis couché à 22 heures, raconte-t-elle, sauf qu'ensuite je me suis réveillée à 4 heures du matin ! Je ne savais pas quoi faire, j'ai voulu aller à la piscine mais il y avait une file d'attente, je n'ai pas compris, donc j'ai tenté de me vider la tête en allant jouer à la roulette. Après avoir perdu 150 $ en cinq minutes, j'ai compris que l'attente allait être longue..." Heureusement, Sandrine a pu s'occuper en répondant aux nombreux messages de ses supporters restés en Frane. "L'info a circulé pendant la nuit et je me suis réveillé avec une tonne de messages de la part de ma familles et de mes amis ! J'ai vu que tout le monde commençait à prendre des abonnements à Poker GO, j'ai tenté de leur dire 'Calmez-vous, je suis short stack, gardez votre argent !' mais ils ne m'ont pas écouté. D'ailleurs il doit être bien tard en France, ils doivent être fatigués, je pense à eux. J'ai vraiment hâte de rentrer pour fêter ça avec eux."

Il faut dire que le jeu est une affaire de famille chez les Phan. "On joue beaucoup au baccarat en famille, principalement avec mes cousines. C'est mon père qui m'a transmis cet amour du jeu. Pour le poker, c'est plutôt entre amis. On se fait des sessions de cash game de temps en temps même si ce n'est pas toujours facile de trouver des joueurs." Une passion qui a ensuite débordé dans son travail, lorsqu'elle a rejoint les rangs de Winamax. "C'est parce que j'ai baigné dans le jeu depuis petite que je voulais rejoindre une entreprise dans ce domaine. J'avais postulé sans trop y croire et finalement ça s'est fait très vite. C'est super de pouvoir mettre les pieds dans un milieu que l'on aime." Même si Sandrine est partie de chez nous depuis maintenant un peu plus de deux ans, son capital sympathie reste intact dans nos rangs, comme l'ont prouvé les nombreux messages d'encouragements à son égard, et la présence dans le rail de l'un de ses anciens collègues du service client, Nicolas alias MagicNiko. "Même des gens que je ne connaissais pas sont venus me supporter (comme Nathalie Schaeffer, 12e de ce même Ladies l'an passé NDLR). On va aller boire un verre tous ensemble et se faire un bon restaurant ce soir."

Ladies Bracelet

Le bracelet attendra, le résultat lui n'en est pas moins superbe.

Et quid des plans sur le long terme ? "C'était déjà dans nos plans mais avec mon petit ami on va pouvoir partir en voyage à Tahiti, lâche-t-elle, tout sourire. Pour le reste, je ne sais pas trop, il faut que je réfléchisse. Je n'ai même pas encore utilisé mes gains du WiPT alors... En tout cas, je ne compte pas me mettre à jouer durablement des tournois plus chers. Je vais rester sur mes buy-ins de prédilection, autour de 500 €. Avant de venir à Vegas, je m'étais même dit qu'en cas de perf' autour de 40 000/50 000 $ je prolongerai le séjour jusqu'à, pourquoi pas, tenter le Main Event. Mais maintenant, je ne suis plus tout à fait sûre." Pas de précipitation Sandrine, tu as encore largement le temps pour prendre ce genre de décisions et surtout savourer cette très belle perf'. C'est bien le moins que l'on puisse faire quand on vient de devancer 965 joueuses, après près de 35 heures de poker. Encore un énorme bravo Sandrine !

Trois hommes et un coup fin

Vincent Chauve, Anthony Kazgandjian et Adrien Allain qualifiés pour le Day 4 Les deux premiers sont dans le Top 3, le troisième est autour de la moyenne Envent #50 : NLHE Monster Stack 1 500 $ (Fin du Day 3)

Chauve - Allain - Kazgandjian

"C'était n'importe quoi cette journée." Entendue à la fois dans les bouches de Vincent Chauve et d'Anthony Kazgandjian, qui encadrent leur compatriote Adrien Allain sur la photo ci-dessus, cette simple phrase résume à merveille le Day 3 des troupes tricolores sur ce Monster Stack. Car sur les huit Français qui ont foulé la moquette de l'Amazon Room à 11 heures ce matin, alors que le compteur affichait 457 participants, ils sont encore trois à pouvoir regarder en direction du Thunderdome ESPN et continuer à rêver au bracelet, alors que le field s'est lui brutalement réduit à 49 unités. Un impressionnant taux d'élimination de près de 90%, insuffisant pour faire plier le genou à nos trois mousquetaires du jour. Mieux, ils figurent tous dans la première moitié du classement, voire même tout en haut.

Vincent Chauve EOD

Quand tu as tellement de jetons que l'on vient les ranger pour toi.

À tout seigneur tout honneur, commençons par celui qui plane actuellement loin au-dessus de tout le monde, avec un stack de 22 millions représentant près de quatre tapis moyens, Vincent Chauve. "Après que tu m'as laissé, je suis retombé à 1,4 million, attaque le Lyonnais. Après ça, je suis grimpé à 7 millions, j'ai rechuté à 4 millions et ensuite je me suis envolé." Comprenez par là qu'il n'a tremblé à aucun moment ou presque. "J'ai quand même fait ce que je pense être un gros fold avec une paire de Rois, et puis j'ai touché brelan de 3 au flop contre le même joueur et il m'a tout donné avec les As."

Le reste ne fut qu'une longue partie de plaisir. "Hier, j'ai joué au poker, j'ai dû prendre des décisions. Aujourd'hui, j'ai juste cliqué ! À partir de 14 millions, j'étais dans presque tous les coups et je touchais tous les boards. Je n'ai jamais vu autant de mains de ma vie. Du poker facile." Avec "seulement" 18 462 $ assurés, cet ancien gros joueur de cash game est encore loin de son meilleur résultat en live (88 000 €), qu'il dépassera d'ailleurs en atteignant la table finale. C'est évidemment tout ce que nous avons envie de voir demain.

Anthony Kazgandjian

Ne vous fiez pas à ce petit air renfrogné qu'il arbore quasi systématiquement lorsqu'il est à table : Anthony Kazgandjian semblait aux anges ce soir au moment de compter son imposant tapis. "J'ai touché, souffle-t-il simplement au moment de lui demander de résumer sa journée. Bon, je n'ai pas fait d'erreurs non plus, mais c'était un festival. J'ai fait quatre ou cinq brelans, j'ai gagné avec les Valets contre les Rois : un run de fou ! J'ai gagné beaucoup de coups sans showdowns et quand j'avais des grosses mains, j'envoyais des parpaings et j'étais payé. Ouais, je les ai bien défoncés." La bonne nouvelle supplémentaire, c'est qu'avec 15,7 millions devant lui, soit près de 80 blindes, il va pouvoir remettre le couvert dès mardi !

Adrien Allain

Comparé à ces deux véritables rouleaux-compresseurs, Adrien Allain fait davantage figure de survivant, lui qui est passé tout près de passer l'arme à gauche aujourd'hui. "J'ai fait le yoyo de malade, commente le Breton. J'ai commencé avec 1,2 million pour d'abord stagner pendant deux heures. J'arrive à monter à deux millions, et je perds la moitié de mon stack avec As-Roi contre deux Dames. Derrière j'ai de nouveau As-Roi je 3-bet, mon adversaire 4-bet shove As-Valet et bam le Valet. Je tombe à 3 blindes ! Ça faisait 100 000 pions à ce moment là."

La suite, comme ils disent de ce côté de l'Atlantique, is history. "On a mis la machine en marche, la fameuse sulfateuse bretonne. Toi même tu connais." Sans prétendre l'avoir appris sur le bout des ongles, on sait en tout cas qu'elle a déjà amené Zlatan35 loin dans ce tournoi. "J'ai fait 36e il y a deux ans, précise l'intéressé, ce n'est pas pour refaire la même. Je connais la route pour y aller, après ça, je ne sais pas, je suis perdu." Parfois, cela fait du bien de se perdre pour se retrouver ensuite. Enfin, c'est ce que l'on dit. Avec 5,9 millions (et non 8 millions comme écrit dans le chipcount officiel), Adrien aura de quoi sortir quelques peu des sentiers battus mais devra tout de même faire attention au hors-piste. Avec une structure tout de même assez Turbo nous donnant une moyenne à 30 blindes, une sortie de route est si vite arrivée.

Mais ne parlons pas de malheur et savourons cette réussite tricolore, en espérant qu'elle ne soit pas qu'éphémère. Avec encore deux journées pleines de poker à disputer avant de connaître le vainqueur du bracelet et du million de dollars qui va avec, mieux vaudrait que la réussite que la réussite continue de se pencher sur les berceaux de nos petits Frenchies.

Tableau de bord 49 joueurs restants (sur 6 035), dont 3 Français Blindes au départ du Day 4 : 10 000 / 20 000, BB ante 20 000 Tapis moyen : 6 158 163 Prix assuré : 18 462 $ Reprise à midi

Les Français éliminés durant le Day 3

104e : Yves Rolland 6 593 $ 108e : Jamel Hassani 6 593 $ 152e : Roger Tondeur 6 593 $ 187e : Gauthier Brugnooge 5 719 $ 327e : Minh Tran 4 418 $

La Piste aux étoiles

L'un des tournois de l'été débute, la crème du poker mondial s'est donné rendez-vous au Rio pour 5 jours Event #58 : Poker Players Championship 50 000 $ (Coup d'envoi)

bonomo ivey

Quand on évoque les WSOP, on pense en premier lieu, et c'est bien normal, au Main Event qui se déroule à la fin du festival. Et bien laissez moi vous présenter son petit frère, celui qu'on peut considérer comme le second tournoi le plus important de l'été, en tout cas il s'agit du tournoi le plus cher de l'été, le Poker Players Championship, au droit d'entrée assez fou de 50 000 $ !

Mais qui pose autant d'argent sur la table à ce prix là pour jouer aux cartes contre les meilleurs ? Les meilleurs tout simplement, et les plus riches aussi. Allez savoir pourquoi, le mélange des deux est également très fréquent. C'est le genre de tournoi très rare dans une année, durant lequel on cherche à savoir qui est le joueur qu'on ne connait pas sur chacune des tables (alors que c'est plutôt l'inverse sur les petites loteries quotidiennes à 1000$ et moins). Daniel Negreanu, Phil Ivey, Isaac Haxton, Scott Seiver, Gus Hansen, Stephen Chidwick, Phil Galfond, Shaun Deeb, David Benyamine... je continue ou c'est bon ? Non parce que la liste est déjà longue, ils sont actuellement 64 joueurs de ce calibre à défiler, alors que les cinq premiers niveaux font déjà partie du passé.

david bach

David Bach ne râte jamais une occasion de ressortir son bracelet, glané sur ce tournoi en 2009

Parmi toutes ces stars, deux Français qu'on ne présente presque plus, sont également dans les rangs. David Benyamine donc, mais à la limite on est parfaitement habitué à le voir se frotter aux tous meilleurs depuis des années, et Julien Martini, pour qui là, il s'agit d'une semi-surprise. Surprise parce que tout de même, il faut les poser les 500 billets de 100 dollars sur la table avant de commencer le tournoi face à tous ces cadors, et semi parce que Julien avait plus ou moins annoncé que ce tournoi était dans son viseur de toute façon.

Comment se déroule le conte de fées pour Julien jusque là ? Un cauchemar, tout simplement ! Julien a même failli être le premier joueur sortant du tournoi, chose pas aisée quand on connait la profondeur. Tous les joueurs démarrent avec 300 000 jetons, et le Français a réussi à tomber rapidement à 20 000... avant de revenir quelque peu à hauteur de 120 000, au moment de partir en pause à la fin du 5e niveau. "J'ai l'impression d'avoir une deuxième vie", lâchait-il avec un grand sourire. Pour son baptème du feu sur cet event, qui demande évidemment beaucoup de skill dans les 8 variantes de poker disputées, Julien a commencé sa partie, après s'être inscrit tardivement, , découvrant notamment Phil Ivey à sa table, avant d'être déplacé sur une nouvelle table... sur laquelle on y retrouvait Gus Hansen et Stephen Chidwick ! Bienvenue dans la cour des grands Julien.

martini ivey

Quand tu joues ton premier tournoi à 50 000 $ de ta vie, et qu'on te donne Phil Ivey sur ta première table

On pourrait s'attendre à une pression sans nom à ce prix, il n'en est rien. L'ambiance est actuellement très chaleureuse. Si je ferme les yeux et qu'on me glisse dans l'oreille qu'on est sur une étape du WiPT ou sur un Media Event, je le crois tout pareil. Et je crois même pouvoir dire sans me tromper, qu'un rire bien niais manquait particulièrement à l'assemblée générale, celui de l'Américain Jason Mercier. Alors oui, il a bien changé physiquement le bougre, avec un bon gros bidon à la place des abdos, et une barbe à faire palir de jalousie Tom Hanks, qui aurait rêvé d'une fourrure aussi belle sur le tournage de "Seul au monde", mais que ça fait du bien d'écrire à nouveau son nom en toutes lettres pour le glisser dans un coverage de poker. Non Jason Mercier n'est pas du tout de retour sur le circuit, mais oui, il avait bien coché ce Players Championship sur son calendrier, et semble parfaitement s'amuser, lui qui a pris un départ plutôt correct. A sa table, on retrouve notamment le trublion Jared Bleznick, le très introverti James Obst, alors que Scott Seiver, pourtant installé sur une table annexe, passe son temps entre deux mains à venir taper la discut' avec ces trois là. Attendez, on joue vraiment un tournoi à 50 000 $ là ?

jason mercier

Jason Mercier est devenu papa, papa ours, et ça se voit. Sait-il encore gagner un tournoi de poker ? Réponse dans quelques jours.

On pourrait écrire des paragraphes entier sur pas mal de joueurs composant ce tournoi, mais on ne va pas non plus tout livrer tout de suite. Ce tournoi est programmé pour durer 5 jours, rappelons le, et rien que les inscriptions sont encore loin d'être terminées, puisqu'il sera possible d'entrer dans ce tournoi jusqu'au milieu du jour 2 ! Ce sera peut-être l'occasion pour certains absents de venir se pointer au dernier moment. Phil Hellmuth est visé, clairement, lui qui est pour l'instant l'un des grands absents de ce tournoi.

Petit tour du propriétaire, suivez le guide :

hansen

J'ai des millions de dollars sur mon compte, même s'il est vrai que j'en ai donné pas mal à Alexandre Luneau déjà. Je suis un ancien tennisman, ami de Stéphane Matheu, mais surtout, je suis un gros degen du poker, je suis, je suis, je suis...

hansen

... je suis Gus Hansen, évidemment ! Voilà un nouvel adversaire de taille pour Julien Martini.

matt ashton

Fut une époque pas si lointaine, quand Alexandre Luneau était Team Pro Winamax, il me glissait souvent au début de ces tournois, que peu de joueurs lui faisait peur... peu, sauf ce jeune homme par exemple. Vous ne le reconnaissez pas ? C'est normal, Mattheu Ashton va chez le même coiffeur/barbier que Jason Mercier. Et pourtant, il s'agit probablement d'un des joueurs les plus expérimentés du field

obst

Ambiance fête foraine par ici, avec Jared Bleznick qui me prend même complètement à parti. Si je peux aider à détendre l'atmosphère et faire marrer James Obst et Scott Seiver, pourquoi pas !

jungleman

Après Julien Martini qui a échappé de peu à l'élimination dès le début de ce tournoi, c'est un autre phénomène qui est en grand danger, un certain "Jungleman", alias Daniel Cates. Dans une interview donnée à Pokercentral, "Jungleman" évoquait un rêve prémonitoire qui le voyait remporter ce tournoi. Ok ok. Dans la réalité, "Jungleman" se fait ouvrir par ses adversaires, sans qu'il ne puisse faire grand chose. Je l'ai par exemple observé perdre trois gros pots d'affilés en Stud. Il avait quinte, puis flush et full... et a perdu les trois coups ! Quand ça ne veut pas...

phil galfond isaac haxton

"Jungleman" joue tous les coups, et amuse pas mal la galerie, dont ses voisins de tables Phil Galfond et Isaac Haxton.

benyamine rast

Ambiance moins rigolote par ici, mais tout à fait détendue quand même, entre David Benyamine (malade, enrhumé, lui aussi savoure les plaisirs de la clim&#39:wink: et l'Américain Brian Rast, double vainqueur de ce tournoi, en 2011 et 2016.

dealer

Marcio est actuellement chipleader ! Ah non, c'est juste le croupier qui attend les joueurs jusqu'à la fin des inscriptions, soit au milieu du Day 2.

negreanu

Daniel Negreanu est arrivée également en retard. Pour le moment, il est plutôt silencieux, installé à la droite de Shaun Deeb. Ses fans sont dans le rail et sont ravis, puisque la table du Kid est la plus proche des spectateurs.

mizrachi

Petite moue pour le triple vainqueur (toujours plus) de ce Players Championship, Michael Mizrachi. Deux crans à sa gauche, le grinder doit composer avec Mike Gorodinsky, vainqueur lui aussi de ce tournoi, mais une seule fois, en 2015.