Table finale du Main Event des WSOP 2013

BenjoDiMeo:
Je suis d'accord avec vous, et ai fait le ménage en conséquence.


Merci! Très bon taf pour le bio aussi, hâte de lire les suivants. :)

Nine kids with a dream

Table finale du Main Event des World Series of Poker







Êtes-vous aussi impatients que nous ? Trois longs mois d’attente vont s’achever dans quelques jours, avec la conclusion à Las Vegas du plus gros tournoi de poker de la saison.



Nous y sommes enfin… La table finale des World Series of Poker ! Le Big One. La plus ancienne et la plus prestigieuse des compétitions de poker. Le tournoi auquel pensent tous les joueurs de poker, qu’ils soient débutants ou professionnels aguerris. Le tournoi qui change des vies, le tournoi qui réalise des rêves.



Et ce rêve, ils sont encore neuf joueurs à pouvoir l’atteindre les 4 et 5 novembre prochain.



Nous les avions laissés là le 16 juillet dernier, après l’élimination de l’immense Carlos Mortensen en dixième place. Et il s’en est passé des choses, durant ce délai de plus de trois mois imposé par les organisateurs de l’épreuve et la chaîne Américaine diffusant l’évènement. La vie de ces neuf joueurs a changé du jour au lendemain. Propulsés sur l’avant-scène de la planète poker, ces neuf joueurs, pour la plupart anonymes quelques jours auparavant, ont dû faire à des responsabilités inédites, à une notoriété inattendue, à une pression d’un ordre nouveau. Ils ont voyagé, profité de leur statut et de leurs dollars tout frais pour prendre du bon temps, ils ont rencontré des tas de gens, ont fait la fête, ont sauté d’avion en avion, de capitale en capitale. Ils se sont préparés, ont travaillé d’arrache-pied en vue de l’échéance. Ils ont rêvé chaque nuit du grand jour. Celui où ils deviendraient le Champion du Monde. Champion du monde ! Mais de Champion du Monde, il n’y en aura qu’un seul au bout du compte.



Nous ne sommes plus qu’à huit jours de l’échéance. Afin de pouvoir apprécier au maximum ce grand moment, nous allons profiter de la semaine qui nous sépare de la partie pour vous présenter en détail les neuf finalistes. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Comment sont-ils arrivés en finale ? Comment se sont-ils préparés pour la partie de poker la plus importante de leur vie ? Quelles sont leurs chances ? Tout au long de la semaine, nous vous dévoilerons TOUS les secrets des neuf joueurs de poker les plus scrutés de la planète. En commençant par le siège 9, l’amateur Jay Farber, jusqu’au siège 1, le pro du Team Winamax Sylvain Loosli, prêt comme jamais pour devenir le premier Français à remporter le titre suprême…







Programme des festivités



Lundi 4 novembre à 17h (2h du matin en France dans la nuit de lundi à mardi) : Coup d’envoi de la finale. La partie s’arrêtera une fois qu’il ne restera plus que trois joueurs.

Mardi 5 novembre (heure non déterminée) : Conclusion de la finale et sacre du Champion du Monde 2013.



La finale sera retransmise sur Internet en quasi-direct, avec tout juste 15 minutes de décalage qui permettront aux producteurs de montrer à l’écran les cartes cachées des joueurs. Avec d’ailleurs une petite innovation originale : ces cartes ne seront révélées qu’à la fin de chaque main ! Un concept à mon goût génial qui permettra à tous les spectateurs de jouer au jeu des devinettes sans avoir à attendre pour obtenir la réponse !



Un peu de lecture nostalgique



« 6000 kids with a dream » - Introduction au Main Event 2013

Day 3 : première rencontre avec Sylvain Loosli

Day 4 : la bulle

Galerie : les 27 Français payés dans le Main Event 2013

Le dénouement de l’été : Carlos Mortensen est éliminé en dixième place

Vidéo : réaction à chaud de Sylvain Loosli

Portrait à chaud de Sylvain



Vidéo : les phases préliminaires du Main Event sur Youtube



2009 : Antoine Saout passe tout près de l’exploit



Benjo

Déjà prévu la nuit blanche ! Va falloir organiser le taf en fonction. Merci Gaelle et Sylvain… :laughing:

Que cette finale soit a toi

In osi , gl sylvain et attention a banefield malgrer son stack !
SHIP IT BORDEL !!!

Come On Sylvain!

Impatient d’être à lundi, allez Sylvain!!!

Siège 7 : JC Tran

Tapis : 38,000,000 (chip-leader, 95 blindes)
Origine : Né Justin Cuong Van Tran au Vietnam, mais à vécu (presque) toute sa vie aux Etats-Unis, où sa famille a débarqué lorsqu’il avait 2 ans. Basé de longue date à Sacramento (Californie).
Âge : 36 ans
Profession : Joueur de poker. Diplômé (business et management) à l’université de Californie, mais a rapidement bifurqué vers les cartes et jetons.
Statut : Professionnel live ultra-expérimenté, mais a aussi remporté des titres en ligne.
Gains en tournoi live (avant le Main Event) : 8,308,259$

Twitter : @jctran23

Profil

8,3 millions de dollars : c’est grosso modo la somme monumentale qu’empochera mardi 5 novembre l’ultime survivant du Main Event des World Series of Poker. Et c’est aussi le total des gains accumulés par JC Tran sur le circuit du poker live au cours des onze dernières années. La statistique pourrait suffire à elle seule pour vous présenter le personnage : nous avons là affaire à un joueur de poker professionnel accompli, qui a réussi à faire ses preuves sur la durée, traversé les modes et courants pour se faire une place enviable dans un milieu qui fabrique plus de victimes que de survivants.

Regardons le palmarès de JC d’un peu plus près, il a été entamé il y a maintenant onze ans : neuf tables finales aux World Series of Poker, dont deux victoires et les bracelets qui vont avec, en No-Limit Hold’em en 2008, puis en Pot-Limit Omaha en 2009. Cinq finales au World Poker Tour, dont une victoire en 2007 à Reno (Nevada), son premier vrai triomphe quatre ans après son apparition sur le circuit et une longue liste de sacres manqués de peu. Joueur formé à l’école du live, Tran a néanmoins récolté des succès en ligne, en témoigne sa victoire en 2006 au Main Event des WCOOP de PokerStars.com, le plus gros tournoi de l’année sur Internet. Quant au Main Event, celui des World Series of Poker, Tran s’y montre d’une régularité hors norme, avec six entrées dans l’argent ces dix dernières années, culminant bien entendu avec sa première accession en finale cette année, au poste de chip-leader incontesté. Ajoutons à cette liste déjà longue une quantité affolante de victoires et finales dans des tournois de second rang, depuis ses premières épreuves à 300 dollars l’entrée dans les cercles de Californie à ses débuts, jusqu’aux super high-rollers à 100,000 balles organisés en Australie ou à Macau. Bref, JC Tran est une machine à gagner, dont la présence en table finale du plus beau tournoi du monde sonne comme une évidence et une confirmation.

Plus jeune rejeton d’une famille de huit enfants ayant fait le grand voyage depuis le Vietnam jusqu’en Californie lorsqu’il avait deux ans, Tran met sa passion pour le poker au crédit de l’un de ses frères, à qui il avait demandé de lui apprendre les règles du jeu une fois atteint l’âge de 21 ans. Assis à une table de Limit à 1$/3$ au Capitol Casino de Sacramento, Tran termina dans le vert sa toute première partie de poker. Le virus était incubé : bientôt, ses études de commerce ne seraient plus qu’un lointain souvenir. “J’ai beaucoup gagné étant jeune, mais je ne connaissais pas la valeur d’un dollar”, dira t-il plus tard en évoquant cette période où l’argent lui filait entre les doigts. Une période qui semble désormais bien loin : après avoir travaillé son jeu comme un forcené dans les petits cash-games et tournois de Californie durant ses années de formation, après avoir connu trois années phénoménales entre 2005 et 2007 où rien ne semblait l’arrêter lors des plus gros tournois Américains, Tran a lâché du lest ces dernières temps avec la naissance de son premier fils, désormais âgé de trois ans. Laissant de côté ces saisons de stakhanoviste qui le voyaient voyager neuf mois par an de tournoi en tournoi et d’aéroport en aéroport, Tran passe désormais la majeure partie de son temps à la maison auprès des siens. Un choix qui pose évidemment de nouveaux problèmes lorsque l’on a choisi la profession qui est la sienne : avant de parvenir en finale du Main Event en juillet dernier, Tran n’avait pas ajouté de résultat véritablement satisfaisant à son palmarès depuis quatre ans, financièrement parlant, et sa bankroll commençait à en ressentir les effets. Une victoire le 5 novembre arriverait donc à point nommé pour véritablement entériner sa décision de consacrer moins de temps aux tables, à l’âge de 36 ans…

Parcours dans le Main Event

JC Tran est LE miraculé de cette finale : rendez-vous compte qu’en milieu de Day 3, l’Américain a perdu un gros pot pour tomber à moins de 7 grosses blindes ! 12,500 aux blindes 1,000/2,000 : autrement dit la quasi-certitude d’une élimination imminente ! Mais Tran s’est tiré du Purgatoire grâce à énorme rush qui l’a replacé dans le peloton, et a ensuite bénéficié d’une importante réussite sur les coups à tapis lui permettant de mettre en place son jeu agressif et d’aborder sereinement les demi-finales du tournoi. L’Américain remporte alors une succession de coups à tapis, dont un déterminant avec une paire de Dix contre As-Roi. Son décollage à la barre fatidique du million de jetons est obtenu avec une top paire tenant bon face à un tirage quinte et couleur. PokerNews a suivi JC Tran durant tout le tournoi, et a mis en avant son jeu agressif, l’Américain remportant de nombreux pots n’allant pas à l’abattage.

C’est en milieu de Day 5 qu’il prend place en table télévisée (une place qu’il ne quittera plus) et remporte un coin flip crucial avec une paire de Dames contre As-Roi. L’Américain dispute en sixième journée une main controversée où il investit un quart de son tapis avant le flop en payant un 4-bet avec une paire de Huit afin de toucher un brelan qui lui permet de doubler sur un adversaire possédant les As. Tran varie ensuite son jeu en slowplayant un brelan floppé pour extraire quelques jetons à un joueur ayant trouvé une top paire sur le turn. Son début de Day 7 est idéal : JC prend de nombreux petits pots et élimine un shortstack en réalisant un gros call avec une deuxième paire tombée contre une hauteur As. Après avoir bien rentabilisé une quinte contre Amir Lehavot, JC Tran est le bourreau du « bubble boy » de la finale : Carlos Mortensen, qu’il élimine avec une quinte contre deuxième paire et tirage couleur.

Évolution du tapis de JC durant le tournoi

Au départ du Day 1 : 30,000
Day 2 : 33,100
Day 3 : 119,300
Day 4 : 217,000
Day 5 : 1,141,000
Day 6 : 3,280,000
Day 7 : 11,970,000
Finale : 38,000,000

Ce qu’il a fait ces trois derniers mois

En publiant sur son compte Twitter la chanson de Wyclef Jean Gone Till November (“Parti jusqu’en novembre”), JC Tran avait donné le ton : il allait se montrer discret jusqu’à la date fatidique du 4 novembre. C’est à la maison, à Sacramento, auprès de sa femme et de son fils de deux ans qu’il a passé le plus clair de son temps, en profitant pour regarder du football à la télé (le faux, celui des Américains !), aller voir des matchs de football (le notre, le vrai !), passer de longs après-midi à pêcher, tâter un peu de la console de jeux, visiter Disneyland et jouer au basket avec le fiston. Au passage, un bonheur n’arrive jamais seul : sa famille va encore s’agrandir avec une seconde naissance est prévue aux environs de la finale ! Bien qu’ayant très peu joué au poker ces trois derniers mois, JC est le November Nine ayant réalisé la plus belle perf’ poker durant la trêve, se classant à la deuxième place du High-Roller de l’étape WPT Seminole Hard Rock (Floride) pour 526,890 dollars de gains. Arrivé à Enghien-les-Bains à la veille du Main Event des WSOP-Europe, il a souffert du décalage horaire et s’est incliné en début de Day 2. Scénario identique sur le High-Roller à 25,600€ l’entrée. Côté sponsor, JC Tran s’est attiré les faveurs de 888 Poker, site majoritairement présent en Europe (mais plus en France) et cherchant à poser le pied aux Etats-Unis maintenant que la législation commence petit à petit à y devenir plus accueillante pour les jeux en ligne. En cas de victoire, Tran n’a pas prévu d’achats bling-bling, préférant investir dans le futur universitaire de ses enfants, et mettre de côté pour sa retraite. “J’ai tout ce dont j’ai besoin”, dit-il.

L’avis de Ludovic Lacay

« J’ai joué plein de fois avec JC Tran. On peut dire qu’il est une version un peu plus live de Marc-Etienne McLaughlin. Il a la même approche : il investit énormément avant le flop, un peu trop à mon goût - c’est donc avant le flop qu’il commet ses rares erreurs. Par exemple cette main durant les phases finales où il 3-bet au bouton avec paire de 8 et paie ensuite un 4-bet beaucoup trop cher - 25% de son stack - pour aller voir le flop. Il a floppé le brelan et a doublé son tapis contre les As, heureusement pour lui ! Je pense que c’est un joueur qui a modifié son style lorsqu’il s’est rendu compte qu’il payait beaucoup trop souvent, alors il s’est mis à 3-bet à la place, avec beaucoup de mains différentes : As-8, paire de 8… Mais sans avoir forcément compris comment s’adapter une fois que ses adversaires ont repéré cette tendance. Aussi, je pense que ce n’est pas le genre de joueur à se baser sur les tells. Il n’y fait pas trop attention. En revanche, JC Tran est très, très fort après le flop. Il a TOUT l’arsenal d’un très bon joueur de cash-game. Il sait toujours quand il possède la main gagnante. Il sait toujours quand il a perdu. Il sait comment gagner des jetons même avec une petite main gagnante, et quand il n’a pas la main gagnante, il sait aussi quand c’est le moment pour créer le bluff qui lui permet de remporter le pot quand même. Il sait aussi faire des hero calls. Il sait tendre des pièges. Il joue bien avec le levier de vitesse, en alternant le slowplay et le fast play. Un vrai malin, il sait tout faire ! Sylvain va donc jouer uniquement en position contre lui, de toute façon il est assis trois crans à sa droite, et deux crans à droite si Benefield est éliminé le premier, donc Sylvain aura la position la plupart du temps. »

L’avis de Benjo

Un pro. Un vrai pro, tels que tous les autres devraient être. D’ailleurs, les autres pros, ils le savent bien : demandez aux joueurs les plus titrés du circuit de dresser chacun une liste de leurs joueurs favoris, JC Tran apparaîtra probablement dans la majorité d’entre elles. Humble, respectueux de ses adversaires, avec une attitude irréprochable à la table et en dehors, avec une efficacité prouvée au cours des années, les titres, et les gains qui vont avec. Et ce style de jeu, mazette ! Comme le dit Ludo, JC Tran sait tout faire, sait adopter toutes les attitudes, toutes les vitesses, passer du mode serrure à l’attaque maniaque, accélérer puis ralentir selon la température de la table, contrairement à tant d’autres joueurs ne sachant jouer que d’une seule manière. Pour le bluffer, il faudra se lever de bonne heure. Et pour espérer le surprendre en bluff, même topo.

Avec un tel pedigree et une telle avance numérique, JC Tran est bien entendu LE favori pour le titre. A 36 ans, il a déjà tout vu, il sait comment gagner une table finale sous les yeux des fans et caméras de télévision, il sait résister à la pression, et inutile d’espérer le voir commettre une erreur fatale, d’autant qu’il ne sous-estimera pas ses huit adversaires, il a bien trop d’expérience pour cela.

En vous présentant Jay Farber, nous évoquions la difficulté qu’ont toujours eu les amateurs à briller dans le Main Event des World Series of Poker. Hé bien, paradoxalement, on peut dire la même chose à propos des têtes de série ! C’est un simple constat mathématique : désormais que le plus gros tournoi du monde rassemble chaque année 6,000 ou 7,000 joueurs, les Negreanu, Hellmuth, Mizrachi, ElkY et autres super-stars des tournois voient leur edge (=avantage) forcément diminué face à la population massive du tournoi. Qu’on ne se méprenne pas : chaque année, la table finale du plus gros tournoi de l’année est composée en écrasante majorité de bons joueurs. Mais il s’agit généralement de bons joueurs de l’ombre, des grinders venus d’Internet, des aficionados du cash-game, des jeunes joueurs venant tout juste de percer, et non pas des “super-stars” du poker établies depuis longtemps. Elle est loin, l’époque ou Doyle Brunson pouvait tranquillement atteindre la finale du Main Event chaque année en n’ayant à battre qu’une cinquantaine de joueurs !

Ainsi, JC Tran tentera réussir là où Phil Ivey et Michael Mizrachi ont échoué ces dernières années : redonner le titre de Champion du Monde a un joueur établi plutôt qu’à un jeune pousse inconnu auparavant.

Sources
-SF Gate - “JC Tran discusses World Series of Poker final table
-ESPN.com - “Family comes first for J.C. Tran"
-Fiche Wikipedia
-Palmarès sur Hendon Mob
-Reportage de PokerNews.com
-ESPN - Diffusions télé du Main Event des WSOP

Benjo & Harper

Superbe portrait une nouvelle fois, ty ! Mon préféré donc après Sylvain obv.




ALLEZ SYLVAIN!!!


j’adore ce mec (jc tran) la première fois que je lai vu joué cétait sur la chaîne crypté à l’époque de leur diffusion des wpt, il avait fait un 3barrel bluffs face a david pham qui me marque encore,

a part ça benjo, je voudrais pas faire mon monsieur tatillon mais il me semble que c’est newhouse et non benefield qui fold straight sur le 3bet de loosli quand ce dernier avait full

chubaking:
il est ou le lien?

Nine kids with a dream

Table finale du Main Event des World Series of Poker







Êtes-vous aussi impatients que nous ? Trois longs mois d’attente vont s’achever dans quelques jours, avec la conclusion à Las Vegas du plus gros tournoi de poker de la saison.



Nous y sommes enfin… La table finale des World Series of Poker ! Le Big One. La plus ancienne et la plus prestigieuse des compétitions de poker. Le tournoi auquel pensent tous les joueurs de poker, qu’ils soient débutants ou professionnels aguerris. Le tournoi qui change des vies, le tournoi qui réalise des rêves.



Et ce rêve, ils sont encore neuf joueurs à pouvoir l’atteindre les 4 et 5 novembre prochain.



Nous les avions laissés là le 16 juillet dernier, après l’élimination de l’immense Carlos Mortensen en dixième place. Et il s’en est passé des choses, durant ce délai de plus de trois mois imposé par les organisateurs de l’épreuve et la chaîne Américaine diffusant l’évènement. La vie de ces neuf joueurs a changé du jour au lendemain. Propulsés sur l’avant-scène de la planète poker, ces neuf joueurs, pour la plupart anonymes quelques jours auparavant, ont dû faire à des responsabilités inédites, à une notoriété inattendue, à une pression d’un ordre nouveau. Ils ont voyagé, profité de leur statut et de leurs dollars tout frais pour prendre du bon temps, ils ont rencontré des tas de gens, ont fait la fête, ont sauté d’avion en avion, de capitale en capitale. Ils se sont préparés, ont travaillé d’arrache-pied en vue de l’échéance. Ils ont rêvé chaque nuit du grand jour. Celui où ils deviendraient le Champion du Monde. Champion du monde ! Mais de Champion du Monde, il n’y en aura qu’un seul au bout du compte.



Nous ne sommes plus qu’à huit jours de l’échéance. Afin de pouvoir apprécier au maximum ce grand moment, nous allons profiter de la semaine qui nous sépare de la partie pour vous présenter en détail les neuf finalistes. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Comment sont-ils arrivés en finale ? Comment se sont-ils préparés pour la partie de poker la plus importante de leur vie ? Quelles sont leurs chances ? Tout au long de la semaine, nous vous dévoilerons TOUS les secrets des neuf joueurs de poker les plus scrutés de la planète. En commençant par le siège 9, l’amateur Jay Farber, jusqu’au siège 1, le pro du Team Winamax Sylvain Loosli, prêt comme jamais pour devenir le premier Français à remporter le titre suprême…







Programme des festivités



Lundi 4 novembre à 17h (2h du matin en France dans la nuit de lundi à mardi) : Coup d’envoi de la finale. La partie s’arrêtera une fois qu’il ne restera plus que trois joueurs.

Mardi 5 novembre (heure non déterminée) : Conclusion de la finale et sacre du Champion du Monde 2013.



La finale sera retransmise sur Internet en quasi-direct, avec tout juste 15 minutes de décalage qui permettront aux producteurs de montrer à l’écran les cartes cachées des joueurs. Avec d’ailleurs une petite innovation originale : ces cartes ne seront révélées qu’à la fin de chaque main ! Un concept à mon goût génial qui permettra à tous les spectateurs de jouer au jeu des devinettes sans avoir à attendre pour obtenir la réponse !



Un peu de lecture nostalgique



« 6000 kids with a dream » - Introduction au Main Event 2013

Day 3 : première rencontre avec Sylvain Loosli

Day 4 : la bulle

Galerie : les 27 Français payés dans le Main Event 2013

Le dénouement de l’été : Carlos Mortensen est éliminé en dixième place

Vidéo : réaction à chaud de Sylvain Loosli

Portrait à chaud de Sylvain



Vidéo : les phases préliminaires du Main Event sur Youtube



2009 : Antoine Saout passe tout près de l’exploit



Benjo

JC Tran c’est imo le future vainqueur je mets une piécette dessus

Whowow t’aime prendre des risques toi !

Siège 6 : Marc-Etienne McLaughlin

Tapis : 26,525,000 (troisième position, 66BB)
Origine : Montréal (Québec, Canada) A des ancêtres Irlandais, d’où son surnom “Go Irish Go”.
Âge : 25 ans
Profession : Entrepreneur à multiples casquettes : l’immobilier d’une part, et l’import/export de produits Québécois vers la Chine. Joue aussi en Bourse. Lancera le 31 octobre Québec Mall, site de vente en ligne qui s’adressera lui aussi au marché Asiatique. Possède aussi la fibre artistique : il profite de son temps libre pour concevoir… des tatouages !
Statut : Amateur expérimenté.
Gains en tournoi live (avant le Main Event) : 667,168$

Twitter : @Go_Irish_Go

Profil

Cela fait déjà quelques années que la bruyante et joviale province du Québec fait de l’ombre au reste du Canada dans la planète poker, s’adjugeant à elle seule la majorité des grosses performances réalisées par les joueurs venus du pays du sirop d’érable. En témoignent la percée de pros comme Samuel Chartier, Pascal Lefrancois, Jonathan Roy, Jason Lavallee et bien entnedu Jonathan Duhamel, vainqueur de l’édition 2010 du Main Event. Marc-Etienne McLaughlin est le dernier rejeton de cette joyeuse bande à faire les gros titres, en atteignant la table finale du Big One après l’avoir manquée de peu à deux reprises (30e en 2009, 86e en 2011 - le mec semble être plus à l’aise durant les années impaires !). Mais attention, comme le précise lui-même l’intéressé malgré de beaux résultats en live depuis 2009 et une solide implantation au sein de la communauté poker Québécoise (sa petite amie Laurence Grondin est elle aussi une joueuse pro réputée), Marc-Etienne n’est pas un professionnel du poker. Son gagne-pain, se sont les affaires : la Bourse, l’immobilier, et plusieurs affaires d’import/export avec la Chine, pays auquel il vend des produits garantis d’origine 100% locale : sirop d’érable, vodka, . “Le poker est pour moi un hobby. Un hobby qui me rapporte, mais un hobby tout de même”, explique t-il à ESPN.

McLaughlin aurait très bien pu ne jamais tomber amoureux du Texas Hold’em. C’est par hasard qu’il est tombé dans la marmite des cartes et jetons. Comme tout bon caribou qui se respecte, le Québécois est un fan absolu de hockey sur glace, mais la grève décrétée durant la saison 2004/2005 par les clubs de la NHL (National Hockey League, la ligue pro Nord-Américaine) a forcé la chaîne télé ESPN a bouleverser ses programmes, remplaçant crosses et palets par des rediffusions des World Series of Poker. Selon McLaughlin, cette disette sportive favorisé un boom du poker au Canada.

Passant désormais une bonne partie de son temps libre à jouer, à la fois en ligne et en live, McLaughlin abandonnera ses études de commerce alors qu’il n’était pourtant pas loin du diplôme. Mais, surprise, ce n’est pas le poker qui a motivé cette décision capitale : “J’étais sur plein de projets à la fois, avec des opportunités de business qui se présentaient. J’ai décidé de prendre le risque, et de me lancer direct. Dans la vie comme au poker, j’aime prendre des risques, ça fait partie de ma personnalité”, explique t-il à ESPN.

Ainsi, depuis maintenant quatre ans, l’homme d’affaire McLaughlin traite le poker comme des vacances, un passe-temps fun et lucratif, quelques semaines de respiration par an dans son emploi du temps chargé : cela explique surement son palmarès live, quasiment exclusivement composé de places payées aux World Series of Poker, festival d’été par excellence.

Parcours dans le Main Event

Comme on ne cesse de le marteler, un tournoi ne s’est jamais gagné lors de la première journée. Alors comme beaucoup d’autres, Marc-Etienne McLaughlin a avancé sans faire de bruit dans ce Main Event, montant progressivement son tapis, sans jamais se mettre en péril jusqu’à la bulle, période cruciale que le Canadien a pu aborder avec près de deux fois le tapis moyen.

C’est une fois dans l’argent que le tournoi de Marc-Etienne a cessé d’être un long fleuve tranquille : un coin flip énorme perdu pour un pot de 150 blindes l’a tout d’abord replacé dans le ventre mou du classement. Débuta ensuite un tour de montagnes russes, avec un tapis ne faisant qu’osciller. A 180,000 au plus bas, Marc-Etienne termine finalement ce Day 4 mouvementé à 1,2 million ! Ainsi débutait une longue ascension vers la table finale.

Car durant le Day 5, le Canadien endosse le costume de fossoyeur, évinçant notamment l’agressif Patrick Renkers, en payant avec deux As le 6-bet à tapis du Néerlandais qui avait deux Dames, remportant ainsi un gigantesque pot de 215 blindes. Il s’empare du chiplead par la même occasion mais se positionne finalement en deuxième place dans le classement de fin de journée avec près de 7 millions de jetons. Durant le Day 6, Marc-Etienne continue son travail de sape, éliminant le Danois Simon Ravnsbaek, ou encore Robert Damelian dont la tentative de 4-bet all-in light avec As-8 s’est transformée en sortie de route, le Canadien payant avec une bien meilleure main - As-Dame. Très loose préflop, Marc-Etienne donne le tournis à ses adversaires, comme ce coup où avec 7 et 5, il fait une quinte sur le tableau 8-4-2-6-Roi et soutire 2,5 millions à Jonathan Jaffe.

Rebelote lors du Day 7 : Marc-Etienne enrhume le cerveau de plusieurs joueurs, à l’instar de Chris Lindh qu’il fait chuter en plusieurs temps - un full bien rentabilisé avec Dame-Valet, un As-4 qui trouve un tableau 5-4-4-7-9 et lui permet de gratter 6 millions supplémentaires, et l’estocade finale, un call avec As-9 suite au resteal à tapis pour 3,5 millions de l’Américain qui ne peut montrer mieux que 9 et 10 assortis. Marc-Etienne arrive à 15 joueurs restants avec plus de 20 millions devant lui et une confiance à toute épreuve. Un joli tas de pions qu’il fait fructifier un peu plus encore à grands coups de salves jusqu’à accéder en toute quiétude à la finale avec 26,5 millions.

Évolution du tapis de Marc-Etienne durant le tournoi

Au départ du Day 1 : 30,000
Day 2 : 45,300
Day 3 : 154,600
Day 4 : 560,000
Day 5 : 1,223,000
Day 6 : 6,695,000
Day 7 : 5,415,000
Finale : 26,525,000

Ce qu’il a fait ces trois derniers mois

N’étant pas juste un joueur de poker, Marc-Etienne a profité des trois mois précédant la table finale pour bosser sur ses trois start-ups. Mais avant cela, le Canadien a commencé par prendre un peu de bon temps, revenant à Montréal pour jouer au football, mater du tennis et faire la fête avec ses nombreux amis, dont le champion du monde 2010 Jonathan Duhamel. Puis il a repris ses deux projets d’entrepreneuriat : immobilier et import/export vers la Chine, tout en préparant le lancement du troisième : Quebec Mall, dont l’objectif sera de vendre des produits d’origine québécoise au marché Asiatique. Côté poker, Marc-Étienne a joué de nombreux sit-and-go en ligne afin de se préparer à la finale, mais n’a pas reçu de coaching de la part de Duhamel, qui lui a juste donné un conseil simple : “Profites-en”. C’est à l’occasion des WSOP-Europe à Enghien-les-Bains que Marc-Etienne a joué le plus en live, parvenant à atteindre l’argent sur le 5,000€ No-Limit Hold’em Mixed Max (16ème pour 14,905€). Cela s’est moins bien passé sur le High-Roller, où il a atteint la onzième place alors que dix joueurs étaient payés ! « Je garde ma chance pour Novembre », a-t-il souri après son élimination. En bon homme d’affaires, McLaughlin prévoit de réinvestir ses gains dans ses multiples entreprises, sans se priver néanmoins de participer à quelques très gros tournois de temps en temps.

L’avis de Ludovic Lacay

<< Marc-Etienne sait tout faire, c’est à mon avis LE bon joueur complet de la table finale avec Sylvain. En fait je l’aime bien parce qu’on a un style de jeu similaire : il relance beaucoup avant le flop et paie beaucoup les sur-relances afin de venir mettre énormément de pression sur ses adversaires après le flop. Des deux théories principales du poker en tournoi, il a choisi celle qui préconise d’accumuler un maximum de de chances, de “tentatives”, et ce afin de gagner. Si tu attends les mains, tu attends la chance… Alors que si tu vas voir un maximum de flops, tu la provoques ! C’est ce que préconisait déjà Doyle Brunson il y a 40 ans dans Super System 2, et c’est efficace quand la stratégie est maîtrisée. En gros, Marc-Etienne investit constamment de l’argent à micro-pertes afin d’aller voir les flops, et il essaie de rentabiliser un maximum dès qu’il touche. Contre lui, il faut donc sur-relancer des vraies mains pour lui extraire de l’argent avant le flop. Marc-Etienne va clairement jouer pour gagner… Je pense qu’il va donc commencer par jouer large, un peu à la manière de JC Tran. Il devrait avoir 3-bet un peu plus souvent que la moyenne. N’oublions pas cependant qu’un autre Québécois a remporté le Main Event en 2010, et qu’il sera présent dans les gradins en compagnie de plein de compatriotes : peut-être que ça va lui mettre plus de pression qu’aux autres ? >>

L’avis de Benjo

Un sens de l’humour d’une autre planète, un enthousiasme communicatif, le sens de la fête et de l’accueil, un argot d’une imagination sans limites : les Québécois sont fous, et c’est pour ça qu’on les aime ! Depuis mes débuts sur le circuit international, j’ai toujours eu un faible pour nos lointains cousins Francophones, et la présence d’un de leurs représentants en finale du Main Event garantit à elle seule une ambiance déglinguée dans les gradins. Ceux qui ont déjà assisté à la victoire d’un joueur Québécois aux WSOP ne me contrediront pas, et pour les autres : prévoyez les boules Quiès, le compteur de décibels va s’affoler. Ultra-compétitif, Marc-Etienne McLaughlin n’aura que la victoire en tête sur le podium télévisé, mais il n’en oublie pas pour autant le caractère festif de l’évènement : c’est ainsi qu’il a lancé un concours de costumes pour tous les amis qui viendront le soutenir à Vegas. Le meilleur déguisement remportera un prix !

Sans compter qu’au delà de sa cote de sympathie résolument au beau fixe, McLaughlin est aussi un très bon joueur de poker, propice à créer l’action. Il devrait nous offrir un beau spectacle, et, avec son gros tapis et son style moderne et imprévisible, poser de jolis casse-têtes à ses adversaires…

Sources
-Palmarès Hendon Mob
-ESPN - “Lockout lead McLaughlin to felt”
-WSOP.com - “Getting to know the November Nine : Marc-Etienne McLaughlin
-PokerStrategy - “Parlons de création d’entreprise et de poker avec Marc McLaughlin
-PokerNews - “November Niner Marc McLaughlin on Preparation, Costumes, and More
-Momentum Sourcing : la boîte d’import/export de McLaughlin
-Quebec Mall : le site de vente en ligne de McLaughlin
-Reportage de PokerNews.com
-ESPN - Diffusions télé du Main Event des WSOP

Benjo, Harper & Kinshu

Go_Québec_Go !

Sympa ces présentations, ça met bien dans l’ambiance pour supporter Sylvain.

Juste énorme !

j’adore ces portraits… on connais mieux les joueurs !