WSOP 2018 - Main Event - 5

Mohamed Mokrani parmi les premiers éliminés du jour

Main Event Day 5 - Level 21 (10 000 / 20 000 ante 3 000)

Day 5
Je pourrais vous parler des heures de l'ambiance particulière qui règne dans l'Amazon Room en ce début de Day 5, radicalement différente de celles observée les jours précédent : finie, l'atmosphère de foire des premiers tours, finie, l'excitation de la bulle, finie, la libération des joueurs obtenant un min-cash après avoir souffert en short-stack des heures durant. Place maintenant à la tension et la nervosité palpable chez beaucoup des 310 joueurs en course, qui ont tous quatre journées entière de poker dans les pattes, mais abordent maintenat une seconde phase à taille humaine : le Main Event n'occupe plus qu'un tiers de la salle, et la partie a débuté dans le silence, avec un rythme d'éliminations tournant au ralenti.
Mohamed
Quelque chose comme 23 joueurs ont sauté durant les 45 premières minutes du Day 5, parmi lesquelles un Français, parmi ceux qui étaient le plus en difficulté en départ de la journée. La situation est compliquée, elle donnera peut-être matière à réfléchir aux stratèges d'entre vous. Mohamed Mokrani nous explique : "Eric Sfez relance, il a déjà relancé quatre fois depuis le début, et le siège 4 3-bet. Je suis au cut-off avec AK. J'ai trente blindes. J'ai hésité, j'aurais pu passer, mais j'ai shove." Peu importe la décision, elle n'était pas facile, et le joueur au siège 4 ne s'est pas fait prier pour payer avec ses deux Rois.

Mohamed n’a pas trouvé ses 25% sur ce spot : il quitte son premier Main Event en 304e position, pour un prix de 37 705 dollars.

Votre colis a été livré

On a beau être au Day 5 du Main Event, stade où il ne reste plus ou moins que de bons, voire très bons joueurs de poker en course, il reste encore des joueurs en course qui sont semble t-il venus pour gaspiller leurs jetons. Témoin ce joueur ayant décidé de payer le tapis de notre vainqueur KING5 Pedro sur un turn 10-7-4-3 avec… 6-3. Un tirage ventrale et la plus petite paire : c’est un peu maigre, avec une seule carte restante à tomber. Avec As-10, Pedro est logiquement en tête, et double son tapis après l’apparition d’une brique rivière. En difficulté à l’entame de la journée, Pedro remonte à 1,3 million : c’est la moyenne.

Moorman / Pedro
Pedro a commencé la journée assis à la gauche de Chris Moorman (photo) et Chris Bjorin (hors-champ)

Réard déjà au travail

Alexandre Réard avait terminé le Day 4 avec l’un des plus gros stacks au sein du clan Français, et n’a pas perdu de temps avant de se servir de ses jetons aujourd’hui. Dès la première orbite de la journée, Alex jouait un coup à tapis payé. Bon, OK, c’était avec 105 sur un board Roi-Valet-As-5-Dame, et son adversaire, Jack Duong, a montré Roi-10.

Quelques minutes plus tard, Alex affronte de nouveau l’Américain : le Français c-bet sur J69 et se fait relancer. C’est payé. Le turn 2 est checké : Alex envoie une belle praline à 325 000 sur la rivière, un autre 2. Duong abandonne rapidement.

Alex Réard / Marshall
Alex Réard est assis à côté du franco-américain Sean Marshall. Tous deux ont de gros tapis.

Les premiers éliminés du Day 5 : la légendaire Barbara Enright (292e), 3 bracelets WSOP et 5e du Main Event en 1995, et Mina Greco (296e).

Observé à la table de Benjamin Pollak : un joueur qui 4-bet pour 380 000 après une 3-bet de Pollak au bouton. Ce dernier revient à la charge avec un 5-bet à 730 000 : le cut-off abandonne en montrant… deux Dames !

Pedro sur son nuage

On tombe à 10 Français restants Main Event Day 5 - Level 21 (10 000 / 20 000 ante 3 000) Il reste 243 joueurs

pedro KING5

Qualifié pour zéro euros pour le Main Event grâce à sa victoire sur le sur ce tournoi grâce au KING5 (les équipes d'ESPN ont récemment eu vent de la chose, et frétillent déjà à l'idée de raconter cette belle histoire), Pedro commence à ressentir de plus en plus violemment les sensations uniques que procurent le plus beau tournoi du monde. On vous parlait juste avant de sa livraison reçue par Hari Bercovici... Le Français ne s'est pas arrêté en si bon chemin, ajoutant à son tableau de chasse le scalp d'un joueur de renom, probablement l'un des plus dangereux encore en course : un certain Chris Moorman.

Vous aurez l'occasion de voir en images ce moment grâce à la caméra Tapis Volant, collée en permanence devant le joueur amateur. Vous voulez un spoiler par écrit ? Voici : "Un joueur open, Moorman call au bouton, je défends T9 en petite blinde et la grosse blind passe [!]. Ça vient T39, je trouve deux paires, le relanceur initial mise 175 000, Moorman shove 530 000 environ et je reshove derrière, environ 1,2 million. Le premier joueur passe, et Moorman me retourne AT." Après l'arrivée de deux briques (J puis6[img=img_club), la légende online Anglaise est bien obligée de s'incliner sur ce Main Event, aujourd'hui : aujourd'hui, Moorman est tombé contre plus fort que lui.

"Je ne sais même pas comment ranger mes jetons", expliquait, un peu paniqué et forcément très excité, Pedro, avec tous ces nouveaux jetons, "laisse moi un peu réaliser ce qu'il vient de se passer."

Sfez s'arrête là

eric sfez

"Ça va te faire bizarre, mais là je pense qu'il va falloir que je joue plus tight aujourd'hui", confiait Eric Sfez en début de journée. Conscient d'appliquer parfois une stratégie trop agressive, Eric se voyait bien ralenteir la cadence à 310 joueurs restants, pour se glisser tranquillement jusqu'au Day 6, sans trop forcer. Mais on dirait que ses tendances naturelles ont vite fait fi des promesses de début de journée : jouant fast and loose, Eric a disputé son dernier coup du tournoi après 90 minutes de partie.

C'est l'un de ses anciens adversaires à table qui nous a raconté le coup. Un flip classique : Eric se serait engagé préflop avec une paire de Dix, payé par As-Dame. La suite de l'histoire, vous l'imaginez déjà, le 50/50 tombe du mauvais côté. Avant ça, on l'avait surpris en train de placer un second barrel bien cher (326 000, après avoir misé 82 000 flop dans un 4-way) sur la turn d'un tableau J839. Son adversaire l'a bien observé, puis a cliqué sur le bouton "all in", forçant le Français a rendre ses cartes pour tomber sous le million de jetons.

Pour sa première place payée sur ce Main Event, Eric Sfez se classe 275e pour 42 980 dollars de gains. Son élimination fait tomber à 10 le nombre de joueurs Français toujours en course pour aller décrocher les 8,8 millions de dollars de la première place.

Chino rit jaune

chini rheem
Spectaculaire à souhait, parfois marrant, parfois malaisant, Chino Rheem n'en reste pas moins un excellent joueur, qui arrive souvent à dompter ce genre de field (284e l'an dernier, 7e en 2008, 193e en 2005). Mais quand il s'enflamme un peu, tout peu aller très vite dans le mauvais sens. Installé face à Sylvain Loosli, Chino est passé de 1,9 million et potentiel favori pour animer la table TV à ... 200 000, en deux temps, trois mouvements et plusieurs games de légende.

Sylvain Loosli nous a notamment raconté ce coup, durant lequel Chino a ouvert A6 depuis le hijack, défendu en BB. C-bet sur K74, puis un nouveau barrel sur la turn 6. La BB le check/raise et Chino paie simplement. Sur la river, la BB va proposer une mise de 325 000 (avec 150 000 derrière) et Chino va très rapidement envoyer son tapis. Vous imaginez bien que le joueur en BB n'a pas fait cette mise pour abandonner, et s'acquitte donc de la somme avec ... la quinte ? Non pas du tout, avec un bon Roi-6 pour deux paires ! Chino n'avait pas tort sur son read, son adversaire n'avait pas la main qu'il voulait représenter... mais faire ce move avec une simple paire de 6 à la place de Chino, est-ce qu'on est sur que c'est bien joué ?! En pouffant de rire, Sylvain Loosli nous a apporté un joli début de réponse.

Peu après, Chino poursuit sa dégringolade, avec un pot disputé contre Sylvain et le vieux pro Américain Ted Lawson. C’est le pro du Team Winamax qui provoque l’action préflop, puis sur le flop 539. Le turn K est checké : c’est peut-être ce qui motive Chino à tenter une mise de 125 000 sur la rivière, un T. Mais ses deux adversaires paient, et c’est Sylvain qui va remporter ce pot de bonne taille en montant AK au showdown.

Les éliminations récentes : Chris Bjorin (253e), Anatoly Filatov (255e), Ludovic Geilich (259e), Daniel Alaei (265e), Chris Moorman (273e).

Dur Alex, sed lex

Main Event Day 5 - Level 21 (10 000 / 20 000 ante 3 000)

Alexandre Réard
"Ah, mais Réard est encore là ? Il est bon, lui ?" A un journaliste de PokerGo qui s'étonnait de voir Alexandre Réard deep run pour la seconde année consécutive, j'ai simplement répondu qu'Alex était l'un des joueurs les plus solides encore en course. "S'il y a bien un joueur qui ne risque pas de tilter aujourd'hui, c'est lui. Et en plus, il connaît toutes les étapes." Forcément, terminer en 16e place du plus gros tournoi du monde, cela forge quelques automatismes pour les tentatives suivantes.

Au cours des deux premières heures de jeu, Alexandre a suivi son plan de jeu propre, agressif, sans bavures et… s'est fait payer lorsqu'il a trouvé des grosses mains. Deux exemples, narrés par l'intéressé entre deux mains, où l'on retrouve d'abord le siège 1 de sa table (son voisin de droite Sean Marshall) et le siège 3 (Richard Lee).

#1 : « Le siège 1 ouvre en MP à 50 000, je 3-bet à 150 000 avec 97. C’est payé. Flop : 9-6-2 rainbow, je mise 105 000, il check/call. Turn : un Valet, check/check. Rivière : un 7. Il check, je mise 350 000, il call et muck. »

#2 : "J’open avec deux Valets, c’est payé deux fois, plus la BB. Flop : Roi-Roi-8 avec un flush draw. Je c-bet 85 000, c’est payé une fois par le siège 3. Turn : un Valet ! Qui ouvre un deuxième flush draw. Je mets 250 000, payé encore. Rivière : un 6 qui fait rentrer la deuxième flush. Je mets 575 000, il call et muck. C’est un bon joueur, il devait avoir une main genre Roi-Dame, il me mettait peut-être sur un tirage flush manqué."

Loi Martial

Patrick Sacrispeyre
Martial Blangenwitsch ouvre à 55 000 en milieu de parole. Il est payé par le cutoff, et c-bet sur le flop K8K. C’est payé. Le turn est un 9 : Martial revient à la charge avec une mise de 105 000. Cette fois, son adversaire abandonne.

A quelques tables de là, j’ai vu Benjamin Pollak perdre un (petit) coup au showdown, investissant 200 000 sur la rivière 75694 : son adversaire montre KT, c’est la main gagnante. « Tu as eu le runout parfait pour battre mon jeu », dit le Français. « Quinte ? » « Non, paire de 7 avec le 7. »

Trois de chute

Timothée Scotti, Axel Halley et Samuel Touil sont éliminés Il reste 216 joueurs Main Event Day 5 - Level 22 (12 000 / 24 000 ante 4 000)

Scotti : un bonheur infini

Timothée Scotti
Quoi qu’il se passe au sein du clan Français au cours des journées à venir, et malgré une élimination en 229e place, Timothée Scotti peut être fier de ce qu’il accompli sur son tout premier Main Event des WSOP : le joueur amateur parisien, qualifié via les satellites en ligne de Winamax, nous a offert l’une des plus belles histoires de cette édition 2018.

Survenue au cours du Level 22, son élimination s’est produite sur un coup tout ce qu’il y a de plus classique : « J’ai une paire de 10 au bouton : je fais tapis pour 530 000 [22BB] après une relance UTG. Il snap call avec AK et je perds le coin-flip. » Le coup clé de la journée de Timothée s’est peut-être joué quelques minutes plus tôt : « Je suis de petite blinde avec As-3, et le cut-off ouvre à 50 000. J’ai 800 000 [33BB] : c’est la zone pour 3-bet préflop, surtout sur une config SB/cut-off comme celle-ci. Je mets 170 000, il paie. Flop JJ3 : un bon flop, je mets 105 000, il paie. On check le turn 4 et la rivière 6, il gagne avec une paire de 7. » Un coup standard, mais qui fait tomber Timothée sous la barre des 25BB : il jouera son dernier coup quelques minutes plus tard.

Timothée
Malgré cette élimination, Timothée ne semblait pas miné par les regrets au moment de poser pour notre objectif, muni de son ticket de gain de 42 980 dollars : « C’était un rêve du début à la fin : mon premier Vegas, mon premier Main Event, la table télé avec Johnny Chan… » Il est vrai que le parisien en a vu défiler, des joueurs connus, ce genre de joueurs qu’il connaissait de réputation depuis qu’il s’était pris de passion pour le poker il y a une dizaine d’années.

En plus de repartir avec une rondelette somme, Timothée ramènera donc plein de souvenirs dans ses valises : « A un moment, ma table casse. J’arrive à la nouvelle, et je vois qu’il y a toute l’équipe d’ESPN : les caméras, le photographe, une productrice avec un bloc-notes. Elle me demande mon nom, on me prend en photo. Cela dure un moment, on me redemande de confirmer l’orthographe de mon nom, et c’est là que je me retourne : Johnny Chan est assis à côté de moi ! »

Face à Chan, et tous les autres pros croisés, Timothé est resté calme, fort d’une belle expérience acquise au cours des dernières années. « Je prends le poker sérieusement depuis quatre ou cinq ans, et ces deux dernières années, j’ai commencé à jouer régulièrement en live », explique le statisticien, consultant spécialiste dans le « risk management » auprès de plusieurs banques parisiennes. Une décision qui a rapidement porté ses fruits avec, en autres beaux résultats, une deuxième place sur l’un des plus gros side events du festival WiPT en 2017 (La Fièvre, pour 33 950 euros) et cinq places payées consécutives lors du WSOP Circuit de décembre 2017, toujours au cercle Clichy Montmartre. En ligne, les choses se passent très bien aussi. Avant de prendre l’avion pour Las Vegas en compagnie de son ami Julien « TwelthMonkey », Timothée avait déjà sécurisé un bracelet en ligne, en remportant le 17 juin une des épreuves les plus difficiles des Mini WSOP, notre version à l’échelle 1/100 des Championnats du Monde : le Poker Players Championship à 500 €. « Rital9zeroo » avait commenté cette victoire avec une annonce prophétique : « Now il est temps d’amener toute cette confiance et cette chatte dans la valise en espérant que ça fasse max 23 kg :slight_smile: » C’est tout ce qu’on lui souhaite : à très bientôt à Vegas !"

Timothée Scotti
Avec son logo Winamax et un attitude discrète à table, Timothée avait tout l’air du qualifié Internet pas sûr de lui au moment de disputer son premier Main Event. Une impression à moitié exacte seulement, et dont il a su tirer profit : « Je pense avoir pu donner l’image d’un joueur à qui on peut faire peur, qu’on va pouvoir intimider. J’en ai profité, notamment sur ce coup où je check trois fois de suite avec As-Dame sur As-Dame-8-9-Dame : j’ai doublé mon tapis sur ce coup ! »

En se qualifiant pour le Main Event des WSOP via les satellites à 500 € de Winamax, Timothée à réalisé un vieux rêve. « Le jour de mes 21 ans, je me souviens m’être dit : ça y est, tu es éligible pour jouer les WSOP. Cela m’est resté en tête. » Sept ans plus tard, son souhait est exaucé, et Timothée a fait mieux que participer au Main Event : il y a perfé, et n’a maintenant qu’une seule envie : « Revenir l’an prochain ! »

Halley ouste

Axel Halley
"Pas grand chose à dire de cette journée, il ne m’est absolument rien arrivé, si ce n’est l’élimination." Frustration de mise chez Axel Halley, 238e de son premier Main Event : « On m’avait dit beaucoup de bien de ce tournoi, qu’il était assez facile pour un 10 000$, mais à ce point, je ne m’y attendais pas du tout. Pour sûr, on me reverra. Le field n’est pas incroyable, il est prodigieux ! » Le jeune Français « commençait à y croire » avec aussi peu de joueurs restants, c’est peut-etre aussi pour ça que la frustration semblait s’être légèrement installée. « C’est surtout hier que ça s’est joué, j’ai run assez mal et il y a quelques mains que j’ai mal joué. Mais aujourd’hui, comme je te disais, il n’est rien passé, et le seul spot de resteal que je prends avec Roi-Valet, je tombe contre As-Roi, j’avais 17 blindes. » Le miracle ne s’est pas produit, et Axel Halley a été prié d’aller se diriger vers le payout, pour récupérer un joli billet de 42 980$.

La grosse tuile

Samuel Touil
Grand animateur de ce Main Event côté Français, Samuel Touil aura vécu un bel enfer aujourd’hui : « J’ai perdu As-Roi contre Dame-Roi et après j’ai trouvé brelan de 9 et mon adversaire a rentré une quinte… » Ça, c’était plus tôt dans la journée, quelques minutes avant que le pire n’arrive, l’élimination. C’est son bourreau qui m’a raconté ce qu’il s’était passé, le Texan Cory Albertson, dont on vous avait parlé très tôt dans ce coverage, puisqu’il faisait rapidement partie des premiers chipleaders : « J’ai open avec une paire de Dames, et le Français m’a fait tapis avec As-Neuf et 600 000 environ. » Albertson n’a pas trouvé le call le plus compliqué de sa vie, et expulse Samuel Touil de ce tournoi, en 242e position pour 42 980$. Ça paiera quelques belles parties pour les jours à venir dans la Bobby’s Room.

Génial Martial

obst blangenwitsch
Et les bonnes nouvelles alors ? Il faut se diriger vers la table de Martial Blangenwitsch, pour enfin repartir avec le sourire : « Un mec a décidé de faire tapis 680 000 avant le flop, et alors que personne n’avait ouvert avant lui, sur 12 000/24 000. Et moi j’ai trouvé As-Roi ! J’ai payé et il avait… As-Dame ! Ils sont fous. » Sans difficulté, Martial s’est emparé de ce pot, afin de grimper à 2,4 millions, un tapis qui ne sera pas de trop pour offrir un peu de répondant à son voisin de table, le très dangereux James Obst.

La remon-Cada

cada
Un grand coach NBA a dit un jour, « il ne faut jamais sous-estimer le coeur d’un champion. » Un adage qui collera parfaitement à la situation du jour, puisque dans ce field, le champion du monde 2009 Joe Cada, se bat comme un beau diable. Compté à 300 000 jetons un temps, il affichait un tapis de 1,4 million… 3 minutes plus tard ! En deux coups, Cada est revenu du royaume des morts, faisant de nouveau renaitre l’espoir d’un incroyable doublé. Sur la première main, sa survie s’est disputée sur un flip, avec Roi-Dame contre une paire de Valets. Flop random, turn incroyablement anecdotique… et river Roi ! Deux mains plus tard, ouverture d’Hari Bercovici à 60 000, payé par son voisin. Au siège suivant, Cada annonce all-in pour 680 000. Bercovici est le seul à payer et retourne As-Dame… une main dominée par le As-Roi de l’Américain, qui étrangement trembler comme une feuille au moment de ranger son nouvel énorme tapis, comme quoi il y a bien que le Main Event qui arrive même à toucher les pros. Celui qui a privé Antoine Saout d’un duel pour devenir champion du monde il y a neuf ans, et remporté un troisième bracelet cette été est de retour dans le game, pour le plus grand plaisir de tous.

La surprise du chef

bart lybaert
Les Américains ne le savent pas encore, mais quand Bart Lybaert atteindra la table finale, ils découvriront un fantastique phénomène. Le Belge est compté à 2,35 millions, et s’amuse comme un petit fou, comme d’habitude : « J’ai disputé pas mal de mains, mais je vais t’en raconter deux. D’abord une bataille de blindes. Sur 10 000/20 000, j’ai relancé à 75 000 avec Dame-4 off. La BB paie, ça vient QJ6 avec un flush draw, on check/check. Turn c’est un 2, je mise 110 000, il call. River c’est un Valet, je check, il fait 275 000, je call, il avait Roi-Neuf ! L’autre main, ça fait open 60 000, je défends ma BB avec As-6. Flop c’est KK5 avec un flush draw, je check, il fait 70 000, je relance à 200 000, il paie. Turn c’est un As, mais l’As du flush draw. Je fais 150 000, il paie. River, un Valet, on check tous les deux, et je gagne avec ma main. » Les caméras d’ESPN sont prévenus, j’espère pour vous, pour le spectacle, que vous en verrez un peu plus.

En bref

Chino Rheem
Fin d’un Day 5 très spewy pour Chino Rheem, passé d’un stack de 100BB à une sortie en 230e place en l’espace de trois heures

Esfandiari
En revanche, tout baigne pour Antonio Esfandiari, qui a bénéficié d'un énorme double-up (trois millions) en survivant à une confrontation préflop entre As-Dame et les Rois. Le board est taillé pour les caméras : As-Valet-8-Roi-Dame !

Les éliminés Français du Day 5 après trois heures de jeu :

229e : Timothée Scotti (Qualifié Winamax) 42 980 $
238e : Axel Hallay 42 980 $
242e : Samuel Touil 42 980 $
275e : Eric Sfez 42 980 $
304e : Mohamed Mokrani 37 705 $

Tableau de bord
216 joueurs restants
Blindes 15 000 / 30 000 ante 5 000
Tapis moyen 1 822 000 (60BB)
Prix assuré : 49 335 $
Prix recherché : 8,8 millions de dollars

Sous la barre des 200 joueurs

Les 171 derniers joueurs sont en pause-dîner pour 90 minutes Main Event Day 5 - Level 23 (15 000 / 30 000 ante 5 000)

Pas grand chose à vous raconter à propos des deux dernières heures de jeu, pour deux raisons :

1/ Il n'est pas passé grand chose, tout du moins en ce qui concerne les joueurs que nous suivons, dont les tapis n'ont que peu bougé, à une exception près (voir ci-dessous). A l'international, on a vu sortir Ted Lawson (198e), James Akenhead (192e), Kyle Julius (186e) et Adam Levy (182e). Le compteur affiche 171 joueurs, tous assurés d'empocher 49 335 dollars.

foule
2/ Tous les médias (y compris les couvreurs de WSOP.com) se sont fait virer de la zone en fin de niveau. Il faut dire qu'on comment à manquer de place entre les vingt dernières tables, et j'avoue être perplexe devant la décision, incompréhensible, de placer les tables du Main Event dans l'espace confiné de la zone Tan de l'Amazon Room, alors qu'une bonne moitié de la gigantesque salle est par ailleurs vide. Il aurait été plus judicieux de placer le Day 2 du tournoi 6-max de Pot-Limit Omaha dans cette zone, et de mettre le Main Event dans la zone Purple, autrement plus spacieuse. Maintenant, il est trop tard pour y changer quoi que ce soit, et c'est dans un espace confiné que se bousculent couvreurs de tous pays, reporters du site officiel, caméramen, perchmen, producteurs d'ESPN, photographes, masseuses, serveurs, floor managers, croupiers et joueurs se dégourdissant les jambes. Dans ce contexte, on ne peut en vouloir aux superviseurs de vouloir faire le ménage de tous les éléments non-indispensables au bon fonctionnement du tournoi, mais on peut se poser des questions quant à leurs plans de départ pour ce Day 5. Espérons que les choses s'arrangent lors du Day 6, avec un espace suffisant prévu entre chacune des dernières tables (on n'en comptera pas plus de dix). Ce n'est pas comme si on manquait de place au Rio, bordel !

Revenons à nos moutons. Les nouvelles sont bonnes dans le clan Français : tout le monde est au dessus de la moyenne, sauf Antoine Labat (32BB) et surtout Pedro. Notre vainqueur KING5 a perdu un gros flip juste avant le dîner (As-Dame contre 77) : il ne disposera que de 6BB à la reprise ! On croise les doigts.

Benjamin Pollak 3 300 000
Alexandre Réard 3 100 000
Sylvain Loosli (Team Winamax) 2 500 000
Martial Blangenwitsch 2 400 000
Sean Marshall 2 200 000
Antoine Labat 1 300 000
Pedro (Vainqueur KING5) 250 000

La partie reprendra à 18h25 (03h25 du matin en France). Si vous avez les liens des streams pirates pour regarder ESPN depuis la France, c'est le moment de les sortir : la diffusion TV va débuter à cette occasion.

pedro KING5
Il était temps que le monde entier découvre que l’un des joueurs restants a chopé son ticket pour zéro euro : Pedro a récemment eu droit à son interview ESPN

Les éliminés Français du Day 5 après cinq heures de jeu :

229e : Timothée Scotti (Qualifié Winamax) 42 980 $

238e : Axel Hallay 42 980 $
242e : Samuel Touil 42 980 $
275e : Eric Sfez 42 980 $
304e : Mohamed Mokrani 37 705 $

t-shirt
On a perdu le monsieur avec le t-shirt rigolo. GG !

tv table
Les tables TV sont prêtes !

Pedro : bravo et ciao !

Dernier héros du KING5 2018, Pierre-Guy Gentil est éliminé en 167e place Qualifié pour zéro €, il remporte 49 335$

pedro KING5
C'en est terminé des vainqueurs du KING5 2018 ! Trop tôt à notre goût, mais en l'état, la performance de l'équipe est belle, très belle : engagés sur le Main Event en freeroll après leur victoire sur le championnat en ligne par équipes de Winamax, "Les Flambeurs" ont placé deux de leurs cinq membres dans les places payées : Romain, éliminé lors du Day 4 (412), et Pierre-Guy Gentil, dont le parcours s'est arrêté lors du Day 5, à une très belle place 167e place valant près de 50 000 dollars. Bravo Pedro !

Le dernier survivant des Flambeurs aura chevauché le Main Event tout au long de 23 niveaux de deux heures, et surclassé plus de 7 700 des 7 874 participants. Rendez-vous compte du chemin parcouru ! Et dire que l’objectif initial de Pedro sur le plus beau tournoi du monde était de passer le Day 1. L’aventure s’est achévée de façon quelque peu brutale après cinq jours de combat, peu de temps après la pause-dîner, alors même que Pedro venait de rallumer la flamme.

Pedro
"Sur la première main de la reprise, j’ai doublé avec deux As ! C’est incroyable, parce qu’au final, je n’arrêtais pas de dire que je n’avais eu AA qu’une seule fois depuis de le début du tournoi."

Face à lui, une paire de 6 n’a pas de mal à trouver un call, Pedro n’ayant que six blindes devant lui. Il réussira même à remonter à 20BB après avoir sauté dans le vide plusieurs fois, sans être jamais payé. Jusqu’au coup fatal :

"Ça limp chez le joueur fantasque [Hari Bercovici], un joueur shortstack fait tapis, il devait avoir 5BB, et moi j’ai 18 blindes et As-Valet assortis en SB. Je reshove par dessus, et la grosse blinde se réveille avec As-Roi. Pas de trèfle, rien du tout, je n’ai même pas vibré au flop, fin de l’histoire."

pedro KING5
Forcément déçu que l’histoire s’arrête là, Pedro n’oublie pas pour autant d’oùi il vient : il sait que la performance réalisée est complètement démesurée par rapport à ses attentes du début : "167e, bien sur que j’aurais signé à l’avance, c’est incroyable, tu rigoles ! Je me souviens que quand on a tous passé le Day 1, on a fait une énorme fête, on se disait qu’on avait déjà réussi un truc de fou. Et puis au Day 2, ça rigolait moins, certains ont sauté. Le jour de la bulle, je me souviens être passé de 345 000 à 1,2 million en très peu de temps, c’était dingue. Là, je me disais qu’il fallait juste jouer, ne pas regarder les paliers, ne pas penser à ce qu’il y avait au bout, et avancer. J’avais déjà regardé le payout de la table finale, et c’est tout. Mon moment, ça été la bulle : une expérience incroyable. Après avoir bataillé toute la journée sans dire un mot aux autres, soundain tu vois tout le monde se féliciter, applaudir, dans les bras. Tout le monde devient pote alors que toute la journée, tout le monde était super concentré, en mode poker face. C’était très drôle."

Après Nicolas Cardyn en 2017 (74e), Pedro cette année (167e), les gagnants du KING5 ont encore une fois fait rêver beaucoup de monde au sein de la communauté. Envie de les imiter, et jouer le Main Event en freeroll ? Vivement l’édition 2019, alors !

pedro KING5
L’élimination de Pedro marque également la presque fin de tournage de Tapis Volant. Vivement la sortie de sa vidéo !

Ciao Italie aussi

rocco palumbo
Si nous sommes attristés de la sortie de Pedro, il reste néanmoins encore quelques Français dans le field… ce qui n’est plus vraiment le cas de nos amis transalpins. Rocco Palumbo, ici interviewé par deux collègues bien chevelus, a disputé le dernier coup de poker d’un Italien dans ce Main Event 2018. Il s’incline en 158e place. Ciao bello !

Il reste 135 joueurs à l’heure où nous terminons cet article (fin du Level 24). Dans le prochain, nous aurons une autre élimination Française à raconter (ils ne sont plus que cinq, déjà), et un coup qui a duré plus de dix minutes (!) Les sortants récents : Les éliminations récentes : Martial Blangenwtisch (140e), Paul Volpe (142e), Ben Yu (150e)…

flo reard
Les médias ont de nouveau la possibilité d’observer les tables du Main Event, mais attention : le couloir du milieu reste le territoire exclusif d’ESPN. Il faut donc apprendre à prendre des photos en mode safari !

Court Martial

Martial Blangenwitsch éliminé en 140e place Sylvain Loosli connaît des déboires Main Event Day 5 - Level 24 (20 000 / 40 000 ante 5 000)

Martial
Nous l'avions quitté partant en pause-dîner avec 2,4 millions : 90 minutes après la reprise de la partie, Martial Blangenwitsch possédait dix fois moins de jetons. "Je me suis pris que des mauvais coups", soufflait t-il après avoir joué, et perdu le dernier d'entre eux. Son J9 poussé de petite blinde après une relance à 100 000 du cut-off ne s'est pas amélioré contre As-Roi, poussant Martial vers la sortie au terme d'un Day 5 yoyo et remplis de coups joués au panache (tel celui-ci, raconté plus tôt : un 87 4-bet à tapis sur un flop As-coeur-coeur, son adversaire jette un coeur après avoir investi 600 000). La 140e place de Martial lui rapporte 57 010 dollars, le plus gros gain en live de sa carrière d'amateur, et son deuxième ITM sur le Main Event.

Etait-ce évitable ?

Sylvain Loosli
Au retour de la pause-dîner, Sylvain Loosli a rapidement trouvé une paire de Rois... qui s'est fracassée contre les As de Frederik Jensen. Les jetons ont volé préflop : "J'étais au bouton, j'ai 3-bet après une relance en début de parole. J'avais beaucoup 3-bet avant le dîner. Derrière, Jensen est de grosse blinde, et 4-bet. Le pire, c'est qu'il a réfléchi, je me suis un peu douté qu'il avait une grosse main et qu'il hésitait entre 4-bet et flat call. Il a 4-bet, et l'on s'est retrouvés à tapis. Mais ça m'a traversé l'esprit qu'il avait deux As !"

Après ce coup où seul un véritable pro comme Sylvain se demandera s’il y avait une façon d’obtenir un résultat différent (les éternels noobs dans mon genre se contentant de se dire « zut, pas de bol »), le November Nine 2013 tombe à 1,3 millions, soit 26BB pour attaquer le niveau 25 000/50 000.

Dix minutes en apnée

Jensen
Je viens d’assister au plus long coup du tournoi, et de loin. Et aussi l’un des plus gros, d’ailleurs. Dix minutes, montre en main, ont été nécessaires à Frederik Jensen pour prendre sa décision sur la rivière d’un board giga drawy : 7J9QK. Au cut-off, Brian Altman (le mec qui a éliminé Phil Ivey hier et terminé dans le Top 5) a checké sur ce dernier tour d’enchères, et Jensen a misé 900 000. Réponse de Brian Altman ? Un check/raise à tapis couvrant largement un Jensen possédant quelque chose comme trois millions au départ du coup.

Jensen entre alors dans une réflexion silencieuse qui, on va le comprendre très vite, s'avèrera interminable. Spectateur du coup, Sylvain aura tout son temps pour me raconter les déboires relatés dans le paragraphe précédent, puis se demander ce que peut avoir Jensen. Une petite couleur ? Un simple 10 ?

Jensen
Finalement, après avoir fixé le board longuement, très longuement, puis son adversaire (longuement, très longuement aussi), Jensen prend une grande inspiration et avance les jetons au milieu. Les caméras sont là depuis longtemps, les couvreurs se languissent, et sont heureux que cette main à rallonge ne se termine pas sur un fold :

Altman retourne AA. Une paire d’As, et rien de plus. Forcément pas bonne, sinon on n’aurait pas attendu si longtemps : Jensen retourne 108 pour rien d’autre que la quinte floppée, une main qui ne valait pas grand chose après de telles turns et rivière. Jensen laisse échapper un bref cri de soulagement - c’est rare, de voir un joueur Scandinave laisser éclater sa joie après un gros pot.

Jensen
Le champion EPT Danois passe à sept millions : une récompense amplement méritée après cette courageuse décision. Brian Altman, lui, est puni : il tombe à 32BB.

Roman photo

Lorsqu'un short-stack, Nick Divella, fait tapis au bouton pour 15BB et que Benjamin Pollak annonce "call" depuis la petite blinde, cela donne la séquence suivante en images :

Pollak
Showdown ! 109 à gauche, AJ à droite : chacun croit en ses chances.
Pollak
Flop 86Q : Divella trouve un tirage de quinte par les deux bouts. "Si je fais une paire, je suis pas max", remarque Pollak.
Pollak
Turn : A. Pollak est désormais largement en tête.
Pollak
Rivière : 9. Divella est éliminé en 144e place.

Grâce à cette élimination, Pollak attaque le niveau 25 000/50 000 avec un stack de 4,36 millions, le plus gros au sein du clan Français.

Il reste 126 joueurs 40 minutes après le début du Level 25. Voici les tapis des cinq derniers français, collectés durant la pause :

Benjamin Pollak 4,36 millions (87BB)
Sean Marshall 2,4 m. (48BB)
Alexandre Réard 2 m. (40BB)
Sylvain Loosli 1,3 m. (26BB)
Antoine Labat 875 000 (17,5BB)

Romain Lewis n'a pas dit son dernier mot

56 joueurs restants sur 901 participants et Romain Lewis est chipleader 475 000$ sont promis au vainqueur Event #69 - Pot Limit Omaha 6-max 3 000$ (Day 2)

romain lewis
Alors que beaucoup de joueurs pensent déjà à leur retour à la maison, certains ont décidé de profiter du nouveau calendrier mis en place par les WSOP, qui proposent d'autres tournois pendant le Main Event, pour gratter un bracelet coûte que coûte. C'est le cas de Romain Lewis, actuellement chipleader à 56 joueurs sur les 901 inscriptions de départ

Romain aurait pu choisir le mini one drop, comme son collègue Guillaume Diaz en 2016 (9e pour 45 000$) pour ajouter un peu plus de dollars à son été, mais c'est plutôt c'est un tournoi de variante que le Bordelais a décidé de s'illustrer, du Pot Limit Omaha, version 6-max. "Je me suis inscris en tardif sur ce tournoi, sur 250/500 avec 15 000 de stack parce que je n'estime pas du tout avoir un edge suffisant pour crush dès le début du tournoi." Du coup, pourquoi pas se mettre un petit handicap, et partir un peu derrière... pour mieux finir devant !

"Je suis rapidement monté à 80 000, il y a énormément de petits coups, je ne peux pas tout te raconter, mais je peux te parler de deux mains clés. Une hier, l'autre aujourd'hui. La première, c'est un 4-way all in avec deux As !" Oui Romain l'a joué spectaculaire sur ce tournoi, et quand la réussite emboite le pas, ça donne un mélange plutôt détonnant. Face à 89TJ, KQJ4 et QQ97, Romain a réussi éviter les balles sans la moindre goutte de sueur... ou presque : "C'est venu l'As en door card, j'ai soufflé, mais il y avait aussi 5 et 7 sur la table pour des tirages quintes." Il fallait esquiver quelques balles et Romain s'est transformé en Neo dans Matrix pour passer outre tout ça.

"L'autre main, elle est arrivée aujourd'hui, contre Dominik Nitsche : je pot UTG avec AA64, call petite blinde et call de Nitsche en BB. Flop ça vient A85, je c-bet 25 000 avec Top Set, payé par Nitsche. Turn c'est un Dix, je fais 80 000 et il me met à tapis, j'avais 270 000, payé. Il avait brelan de 5 et tirage quinte, avec 5597, et j'ai réussi à hold !"

Ce pot a fait passer Romain à 630 000 et bientôt 700 000 après un peu plus de grind poussé, juste de quoi récupérer le trône de chipleader. C'est un secret de polichinelle, Romain Lewis n'est pas un grand spécialiste de PLO, il l'admet lui même. Doit-on rappeler tout de même qu'un soir de Janvier, pendant les Winamax Series, Romain avait décidé de tester sa culture poker sur un tournoi 8-Game à 300€... pour finalement décrocher la 4e place ! Ce petit respire le poker à plein nez, et sa curiosité du PLO aujourd'hui l'entraine immédiatement dans la direction du bracelet. C'est la fin de l'été, on peut enfin se lâcher : One time Romain !

romain lewis
Rien de mieux qu'une petite vidéo de Julien Cazarre pour décompresser entre deux mains

daniel negreanu
Du beau monde encore dans ce tournoi, certains ont faim de bracelet. C'est le cas de Dan Heilmiler ou encore Daniel Negreanu

anthony zinno
Jamais le dernier pour s'imposer sur des tournois de variantes, Anthony Zinno est aux abonnés présents dans ce tournoi, et avec un tapis intéressant

dermot blain
Autre renard des surfaces, souvent bien placé dans les tournois de poker, Dermot Blain, comme Romain, à la recherche d'un premier bracelet WSOP

pallas aidinian
Il restait une seule en femme course, à 56 left, l'Américaine Pallas Aidinian, 3e d'un 1500$ PLO en 2017

Une tempête coupe le courant, puis le le Main Event

Tempête à Vegas ! Une coupure de courant met fin prématurément au Day 5 du Main Event, 90 minutes avant la fin programmée de la journée On ne sait pas combien de joueurs il reste, car l'écran où qu'il y a écrit le nombre est éteint aussi Non, je déconne : il reste 109 joueurs, et le Day 5 est terminé

in the dark
"Avertissement : ce post sera bref, et peu intéressant. Il ne s'est pas passé grand chose au cours du Level 24." Ca, c'est le début de l'article que j'étais en train d'écrire aux alentours de 23h15, heure de Las Vegas. Les paragraphes suivants faisaient état du rythme considérablement ralenti des éliminations (à peine une vingtaine en une heure, le taux le plus bas observé depuis... le premier niveau du Day 1, peut-être ?), mais mentionnaient tout de même quelques mains, la belle remontée de Sylvain Loosli, et les double-ups successifs des deux Français les plus short-stacks, Antoine Labat et Sean Marshall.

Et puis… Et puis les lumières de la salle de presse se sont éteintes. « Oh ! », a fait tout le monde d’une seule voix. Puis les lumières se sont rallumées… Pour mourir à nouveau dix secondes plus tard. Cette fois-ci, il faisait noir de chez noir, il n’y avait plus d’espoir. Je me suis levé, et ai parcouru les dix mètres me séparant de l’Amazon Room à l’aide de la torche de ma téléphone. Situation identique, à l’exception de quelques loupiotes par-ci par-là, et du « Mothership », le podium télévisé d’ESPN, qui dispose de sa propre source de courant. Coupure d’éléctricité, presque générale !

Amazo Room
Les générateurs de secours dont sont équipés tous les casinos dignes de ce nom permettaient tout de même d'y voir relativement clair à l'intérieur de la salle, mais certainement pas de jouer un tournoi de poker. S'en sont suivis quelques instants d'un cafouillage bizarre et joyeux, avec plusieurs mains encore en cours et devant - le poker avant tout ! - coûte que coûte se terminer. On a par exemple vu Sean Marshall prendre son temps avant d'effectuer un joli call gagnant, des téléphones brandis au dessus de sa table.

Forcément, la partie a été mise en pause, le temps de savoir si on pouvait espérer ou non une résolution rapide. La raison de tout ce bordel, me demanderez-vous ? Probablement la tempête qui avait débarqué en provenance de l’est une heure et demie plus tôt. Beaucoup de vent, une pluie torrentielle, et des orages en veux-tu en voilà. A Las Vegas, le soleil est roi 364 jours par an, mais quand les autres éléments se décident à se déchaîner, ils ne font pas les choses à moitié, et les inondations éclair (« flash flood ») ne sont pas un fait rare.

loosli
Un coup de poker presque « in the dark » à la table de Sylvain Loosli

On se rappelle encore de cette soirée de tempête au beau milieu du Main Event 2015 : la pluie fut si soudaine que les rues autour du Rio débordaient déjà après une demi-heure, charriant à vitesse grand V des tonnes de détritus, forçant notre caravane de couvreurs à abandonner notre projet de restaurant après quelques mètres de trajet dans cinquante centimètres d'eau. Cette année-là, la pluie était même tombée au beau milieu de la Brasilia Room ! A l'heure où j'écris ces lignes, je ne saurais dire si nous vivons une situation aussi grave, mais les organisateurs n'ont pas souhaité prendre de risques. Après quinze minutes de flottement, l'annonce a été faite au micro : les joueurs étaient invités à empaqueter leurs jetons, le Day 5 était terminé, 90 minutes plus tôt que prévu.

Il reste 109 joueurs en course - si la partie était arrivée à son terme, on serait plus proche de 85, dont cinq Français :

Benjamin Pollak 5 715 000
Sylvain Loosli (Team Winamax) 3 715 000
Sean Marshall 3 165 000
Antoine Labat 2 015 000
Alexandre Réard 1 640 000

Il est 0h33 et les lumières de la salle de presse s'éteignent régulierement. On va quand même tenter de vous raconter un peu ce qu'on a vu aujourd'hui, et vous présenter les enjeux du Day 6, qui débutera à mardi à 11 heures. Avec plus de monde que prévu, donc…

joe cada
Ce n’est pas une coupure de courant qui va se mettre en travers du massage de Joe Cada, qu’on se le dise

Bart Lybaert : la force tranquille

Le Belge Bart Lybaert pointe en cinquième position au classement à 109 joueurs restants

Bart Lybaert
Fin du Day 5 : la coupure d'éléctricité a scié les pattes de tout le monde. On a profité pour partir à la rencontre du phénomène Belge, Bart Lybaert, Cinquième au classement au terme d'une journée vécue à rythme éfréné, et à quelques heures d'affronter les Diables Rouges Belges sur un terrain de foot ! Grand, costaud, mais tout aussi méchant qu'en ours en peluche, Bart vit sa vie à fond et sourit en per-ma-nen-ce. Un régal de joueur à suivre, surtout quand les journées sont aussi longues que sur le Main Event. Qui est ce jeune homme à l'air si insouciant, qui monte des pyramides de jetons depuis le début de l'été comme s'il s'agissait d'un jeu d'enfant ? Avec deux millions de dollars de gains en live depuis 2013, plusieurs perfs à six chiffres et deux bracelets manqués de peu en 2016 puis 2018, aurait t-on trouvé un futur successeur à Davidi Kitai ? Vous n'aurez pas toutes les réponses à ces questions dans cette interview, mais vous risquez tout de même de découvrir un sympathique personnage trop peu connu du grand public. Pour le moment…

Bart, comment se passe ce tournoi, raconte nous un peu !

Hier, sur le Day 4, c'était très dur. J'ai fait trois ou quatre gros fold pour sauver mon stack, et je suis tombé à 500 000 au plus bas. Mais je me suis battu et j'ai fini le jour avec 900 000. Et aujourd'hui, dans la première heure de jeu, j'ai gagné tous les coups sans showdown pour monter à 3 millions. Après ça, j'avais plus de 100bb et je pouvais de nouveau jouer mon jeu.

Pourrais-tu me citer une ou deux mains décisives dans ta journée ?

J'ai deux grosses mains justement. Sur la première, j'ai A9. Le joueur au CO relance à 100 000. Moi je suis au bouton, je le 3-bet à 300 000, il paie. Je trouve alors un flush draw sur un flop QT5 et après mon c-bet, l'adversaire m'a check/raise à tapis pour 1,2 million. J'ai call, il avait JJ. Je trouve une trèfle tout de suite à la turn, pour passer de 4,5 millions à 6 millions de jetons. Et deux coups après, c'est plus simple, j'ai gagné AA contre KK, contre un joueur qui avait 2,5 millions. Et je suis monté à 8,5 millions. Au plus haut, j'ai eu 10 millions aujourd'hui.

C'est quoi, le style Bart Lybaert ?

J'ai l'image d'un joueur agressif, et souvent, quand le pot est grand, je veux l'avoir. Je ne suis presque jamais en bluff quand je fais grossir les pots. Les gens me croient fou parce que je relance beaucoup préflop, je 3-bet aussi pas mal, mais une fois postflop, je ne joue pas si agressif. Peut-être plus qu'agressif que la moyenne, mais je suis moins fou que ce que les gens pensent.

C'est pas toi le plus fou des Belges alors ?

Ah des Belges… hum peut-être ouais ! Ah non, c'est Davidi Kitai en fait, bien sur !

C'est quoi la ta technique à toi pour monter des jetons sur le Main Event, un tournoi si très particulier ? Ce n'est pas un EPT, un WPT ou autre, c'est le Main Event des WSOP, quoi !

C'est mon quatrième Main Event, et c'est la première année ou je monte des jetons ! D'habitude je bust lors du Day 3, avant l'argent. On ne peut pas dire que je suis un expert, mais cette fois, ça va mieux.

Bart lybaert
On te sent toujours super à l'aise quand tu joues Bart, c'est quoi ton secret ?

En vérite, je me suis mis au sport. J'ai un ami qui m'a dit que je devais m'y mettre, sauf que je n'en avais jamais fait avant. Et maintenant, c'est séance de sport tous les jours ! Ça me relaxe quand je suis à table, et ça m'a beaucoup aidé par exemple sur le Marathon Event [Bart s'est incliné 3e sur 1637 inscriptions pour 290 000$ de gains, NDRL]. Pour le mental, c'est super important, et c'est quelque chose que je ne faisais pas du tout avant.

Est-ce qu'on peut dire que cette année, en terme de résultats, que c'est ton meilleur Vegas ?

Ah oui, bien sur ! 4e passage ici, 3e année ou je décide de tout jouer. Il y a deux ans, j'étais en tête du leaderboard, mais je n'ai pas gagné beaucoup d'argent, quelque chose comme 50 000€ de bénéfice, j'avais beaucoup de min-cash. L'an dernier, je suis parti perdant, et cette année, c'est mieux.

Voire peut-être beaucoup mieux ! On peut parler de l'année de la confirmation ?

Disons qu'en aout dernier, j'ai réalisé mon plus gros cash à l'Estrellas de Barcelone [3e pour 368 000€] : depuis cette date, j'ai gagné plus d'argent en un an que sur mes cinq années précédentes de poker.

Comment expliques-tu ça ?

Je pense que maintenant, j'ai l'expérience. Je joue depuis 2013, la jeunesse a un peu disparu. Je suis moins foufou qu'avant, je me sens plus à l'aise à table. Pas de stress, rien. Alors qu'avant, c'était très différent.

Là, on joue pour 8,8 millions de dollars, tu penses qu'il y aura un peu de stress à un moment donné, ou jamais ?

J'espère jamais ! Après, je me dis qu'à ce stade du tournoi, on ne peut que gagner de l'argent de toute façon, tout ce qu'on vit maintenant, c'est du positif, de l'extra. L'argent, je m'en moque un peu. Je veux surtout pouvoir faire ce que je veux tous les jours de ma vie. Et que j'ai un million, huit millions ou 500 000€ sur mon compte, l'essentiel, c'est que je puisse subvenir à mes besoins pour les trois mois suivants, après ça, je suis très heureux ! Même si je ne gagne pas, même si je bust maintenant, ce n'est pas grave. On gagne déjà beaucoup d'argent, et c'est très bien comme ça.

Tu t'es fixé des objectifs sur ce Main Event ?

D'abord la table finale, et après c'est la victoire, bien évidemment.

Tu t'imagines champion du monde, avec ta tête placardé sur les grandes affiches installées dans le Rio ?

Je vais te dire, je suis inscrit sur Instagram depuis deux ans, et je n'ai encore jamais posté de photo. J'ai toujours dit que j'allais attendre le bon moment pour poster ma première photo, et je pense qu'une photo de champion du Main Event, c'est pas mal pour commencer !

Admettons que tu gagnes le Main Event cette année, que vas-tu faire de tout cet argent ?

Ouais, j'ai un projet très précis : je prends un vol direction Ibiza et je fais la fête ! On me trouvera là bas jusqu'au début du prochain festival de poker à Barcelone, au mois d'aout !

5 Français, 1 Belge : qui ira en demi-finales ?

Les FR
A la veille du coup d'envoi d'un quart de finale France-Belgique qui s'annonce en tous points historique, six joueurs de poker, cinq Français et un Belge, ont traversé sans encombres le Day 5 du plus gros tournoi du monde. Leurs pays respectifs sont à quelques heures d'une accession en finale de la Coupe du Monde de football, où de se faire chambrer par leurs voisins pour nombre d'années à venir. Nos joueurs de poker, eux, sont potentiellement à 48 heures de leur finale, et de 8,8 millions de dollars de gains ! De 7 874 joueurs sur la ligne de départ, ils ne sont plus que 109 : le marathon se poursuit. Qui sera encore en course mardi soir ? Avant la reprise de la partie, programmée à 11h à Las Vegas (20h en Europe), on fait le point sur les forces en présence, et aussi sur ceux qui ont malheureusement chuté aujourd'hui.

Bart Lybaert (Belgique) 7 500 000 (125BB)

Il domine le clan Français de la tête et des épaules : Veunstyle a interrogé celui qui ressemble fort à un futur grand nom du poker Belge, au terme d'un Day 5 éclatant. C'est par ici.

Benjamin Pollak : 5 715 000 (95BB)

Benjamin Pollak
"C'est quand même dingue, comment je run good..." Au terme d'une cinquième journée aussi rondement menée que les quatre précédentes, Benjamin Pollak ne pouvait s'empêcher de s'étonner de sa bonne fortune sur le Main Event. Sur LES Main Events : 27e en 2013, 3e en 2017, et... muni d'un tapis énorme à 109 joueurs restants de l'édition 2018. C'est Sylvain Loosli qui a tiré Pollak de sa rêverie : "Mais t'inquiètes pas ! Tu crois que les autres joueurs ils ne run pas good ? On en est tous là !" En plus de sa réussite, Benjamin Pollak dispose d'un autre facteur déterminant : son expérience sur le plus gros tournoi du monde, dont il disputera le sixième tour pour la quatrième fois en six ans. On a vérifié : c'est un record absolu.

Sylvain Loosli (Team Winamax) : 3 165 000 (62BB)

Sylvain Loosli
Lui aussi connaît parfaitement le chemin, ayant rejoint le club très fermé des "November Nine" dès 2013. A l'époque, personne ne connaissait le spécialiste de cash-game online originaire de Toulon qui s'essayait pour la première fois à un gros tournoi live. Depuis, les choses ont changé : désormais un incontournable du circuit Highroller en Europe, Sylvain s'améliore d'année en année tel un bon vin. Aujourd'hui, son expérience lui a permis de ne pas tilter après un énorme setup entre ses Rois et les As de Frederik Jensen, puis de rentabiliser au maximum une enfilade de belles mains au cours des dernières heures de la journée.

Sean Marshall : 3 165 000 (53BB)

Sean Marshall
Le très sympathique Franco-Américain (né chez nous, puis parti là-bas) est resté hors de notre radar, faute de s'activer réellement à table, si ce n'était pour maintenant son capital de survie. Un double-up en toute fin de journée, juste avant la panne de courant, lui permet d'espérer un beau Day 6.

Antoine Labat : 2 015 000 (33BB)

Antoine Labat
Il n'a jamais eu beaucoup de jetons, mais il n'est jamais tombé dans la zone rouge non plus : Antoine Labat nous a démontré aujourd'hui qu'il savait parfaitement quoi faire avec un short-stack. Si d'aventure il trouvait quelques confrontations favorables en début de Day 6, on pourrait alors voir de quoi il est capable avec une profondeur plus grande.

Alexandre Réard : 1 640 000 (27BB)

Alexandre Réard
Il n'a pas vécu la journée qu'il aurait voulu. Ou plutôt "revécu" : il y a un an, jour pour jour, Alexandre Réard terminait le Day 5 du Main Event 2017 avec 6,1 millions, soit 76 grosses blindes. Des spots compliqués au kilomètres l'empêchent de tutoyer les mêmes sommets, mais avec 27BB, Réard reste néanmoins correctement armé pour espérer une remontée, lui qui sait mieux que la majorité du field comment gérer ce paquebot qu'est le Main Event.

Martial Blangenwitsch : 140e pour 57 010 $

Martial
Vers le haut, vers le bas, vers le haut, vers le bas : l'amateur a disputé beaucoup de gros coups aujourd'hui, parfois osés. Peut-être un peu trop ?

Pierre-Guy Gentil (Vainqueur KING5) : 167e pour 49 335 $

Pedro
Il aura rendu fier le reste des Flambeurs, les gagnants du KING5 2018, aussi bien par sa maitrîse du jeu short-stack que son agressivité lorsqu'il avait des munitions : pour son premier Main Event, son investissement de zéro euros se transforme en un chèque de presque 50 000 dollars !

Timothée Scotti (Qualifié Winamax) : 229e pour 42 980 $

Timothée
Pour son premier Vegas et son premier Main Event, l'expérimenté amateur a tenu tête aux pros américains et enthousiasmé les foules, nous les premiers. Le parcours du parisien, qui rêvait des WSOP depuis ses 21 ans et enchaîne les perfs live et online depuis deux ans, restera comme l'une des belles histoires du clan Français sur l'édition 2018 du tournoi.

Axel Hallay : 238e pour 42 980 $

Hallay
Désavantagé au niveau des jetons, le jeune grinder a sauté après avoir trouvé l'une de ses seules mains potables de la journée : un Roi-Valet qui se heurte à As-Roi.

Samuel Touil : 242e pour 42 980 $

Samuel Touil
Ban run pour ce visiteur de la Bobby's Room, après plusieurs journées passées avec un stack énorme. Le chip-leader du Day 1C perd une rencontre As-Roi contre As-Dame puis trouve un brelan se faisant contrer par une quinte. Il sortira définitivement après un face à face entre As-9 et deux Dames.

Eric Sfez : 275e pour 42 980 $

Eric Sfez
Agressif et imprévisible comme à son habitude, le joueur de backgammon a manqué un gros bluff avant de perdre un gros flip.

Mohamed Mokrani : 304e pour 37 705 $

Mohamed
Short-stack, le premier sortant Français du Day 5 a vu son As-Roi de coeur se heurter à une paire de Rois.

Le Day 6 débutera à 11h, heure de Las Vegas (20h en France). Allez les Bleus ! Et les Belges ! Enfin surtout les Bleus ! Mais on adore les Belges quand même.

Benjo

109 joueurs avancent jusqu'au Day 6

WSOP
Top 10

Michael Dyer (USA) 12 180 000 Brian Yoon (USA) 8 395 000 Jeff Trudeau (USA) 8 305 000 Hari Bercovici (Israel) 7 650 000 Bart Lybaert (Belgique) 7 530 000 Karen Goncalves (USA) 6 940 000 Peter Campo (USA) 6 935 000 Konstantin Beylin (USA) 6 930 000 Alexander Gross (USA) 6 755 000 Artem Metalidi (Ukraine) 6 525 000

5 Français

14. Benjamin Pollak 5 715 000 (95 BB) 44. Sylvain Loosli (Team Winamax) 3 715 000 (62 BB) 52. Sean Marshall 3 165 000 (52 BB) 78. Antoine Labat 2 015 000 (33 BB) 89. Alexandre Reard 1 064 000 (17 BB)

WSOP
Le reste du field (sélection)

13. Samuel Bernabeu (Espagne) 5 835 000 16. Frederik Jensen (Danemark) 5 635 000 18. Tony Miles (USA) 5 600 000 22. Eric Froehlich (USA) 5 635 000 27. Andres Jeckeln (Argentine) 4 970 000 33. Artur Koren (Autriche) 4 710 000 36. Ivan Luca (Argentine) 4 580 000 55. Joe Cada (USA) 2 965 000 56. Shannon Shor (USA) 2 915 000 58. Ognjen Sekularac (Serbie) 2 860 000 64. Shaun Deeb (USA) 2 610 000 77. Henrik Hecklen (Danemark) 2 050 000 86. James Obst (Australie) 1 730 000 101. Michael Dyer (USA) 1 218 000

Ils ont sauté lors du Day 5

On a dit "allez saluuuut" à : Thomas Cannuli, Jake Schindler, Barbara Enright, Bruno Politano, Chris Moorman, Daniel Alaei, Ludovic Geilich, Daniel Ospina, Anatoly Filatov, Chris Bjorin, Govert Metaal, Tobias Peters, Aymon Hata, Chino Rheem, Ema Zajmovic, Richard Lee, Santiago Soriano, James Akenhead, Kyle Julius, Adam Levy, Richard Gryko, Rocco Palumbo, Cory Albertson, Paul Volpe, Ivan Demidov, Antonio Esfandiari, Cliff Josephy, Brian Altman, et encore plein d'autres.

Tableau de bord 109 joueurs restants (sur 7 874 au départ) Blindes 30 000 / 60 000 ante 10 000 (une heure restante sur le niveau) Tapis moyen 3 611 000 Prix assuré : 57 010 $ Prix recherché : 8,8 millions de dollars

Au programme du mardi 10 juillet

9h (17h en France) : Harper est en direct de Vegas pour une nouvelle édition spéciale du Multiplex Poker sur Winamax TV. 11h : On regarde le foot, et aussi le coup d'envoi du Day 6 du Main Event. 11h : Coup d'envoi d'une nouvelle épreuve : un No-Limit 5K$ avec des niveaux de 30 minutes. Il ne durera que deux jours. Midi : Day 2 du Little One for One Drop, avec encore en lice nos deux WIP Marvin Dupré et Kev Adams ! 14h : Day 3 du Pot-Limit Omaha 6-max à 3 000 $ avec, on l'espère, un Romain Lewis avec toujours autant de jetons. Il reste 31 joueurs et quelques coups à jouer à l'heure où nous publions (2h du matin), et le pro du Team figure toujours dans les cîmes du classement. 15h : Coup d'envoi d'une autre épreuve, un Limit Hold'em 6-max à 3 000 $ dont on risque fort de se foutre complètement puisqu'on a déjà beaucoup à faire en l'état.

Je crois que Harper a encore chatté sa séquence " Gambleur " PTDR :laughing: :laughing: :laughing: :laughing: :laughing:

Pollak :astonished:

allez les frenchiess au bout ! sylvain pour le team , Alex et Pollak qui mérite d’aller au bout , gl aux autres aussi , une tf pour nos FR !

AH C’EST CLAIR QU’UNE BELLE BROCHETTE DE FRENCHIES AVEC SYLVAIN, ALEX ET BENJAMIN C’EST VRAIMENT TOPISSIME A 100 LEFT ! :mrgreen:

On sent le sarcasme mais bon on fait avec , on es pas des faux a supporter que les plus connu …