Vegas Show - WSOP 2017 - Main Event - Finale

Antoine Saout n’a pas dit son dernier mot

Un énorme double up à 35 millions !

Saout double up
La première fois que Scott Blumstein s'était retrouvé en duel de blindes face à Antoine Saout aujourd'hui, après un fold collectif des cinq autres finalistes, le chip-leader s'était logiquement et simplement contenté d'envoyer son tapis.

Le breton n'avait pas payé face à ce premier shove, mais sur le second, observé une orbitre plus tard, Antoine a grimacé, soufflé, sué, mais payé quand même.

Difficile en effet, avec une dizaine de blindes seulement, d’abandonner un KQ si prometteur et probablement devant la range de push du chip-leader.

Good call, very good call : Blumstein avait envoyé la sauce avec 8-7 dépareillé. Antoine jouait donc le 60/40 le plus important de sa carrière, et il le remportera sans souffrir grâce à un flop Q-Q-10 le rendant virtuellement imbattable. Le turn 3 et la rivière As seront rapidement retournées, confirmant le double-up d'Antoine.

Le joueur le plus en difficulté au départ de la TF Part II remonte à 35 millions, son plus haut montant depuis le début de la finale (il me semble). On notera d'ailleurs qu'à l'exception d'un Damian Salas en train de se laisser mourir lentement, tous les short-stacks ont gagné des jetons ou se maintiennent bien depuis la reprise de la partie. Il valait mieux pour eux, car les blindes viennent de passer à 800,000/1,600,000 avec une ante de 200,000.

Rail français
L’enthousiasme du rail français fait plaisir à voir (en fait, l’enthousiasme de tous les rails fait plaisir à voir)

Yes Antoine le double up !!! :smiley:

Ca sort les Q au flop dites moi ! :open_mouth: :open_mouth:

Ils sont pas sérieux avec leurs pubs ??? :open_mouth: :angry:

Les short-stacks résistent bien

Pollak
Ceux qui avaient parié - et on fait partie de ceux-là - sur une floppée d'éliminations rapides dès le début de la TF Part II en sont pour les frais : les deux premières heures ont surtout profité aux short-stacks, avec des double-ups, des tapis non payés, et généralement des situations favorables aux joueurs les plus en difficulté à la reprise, ce groupe de trois joueurs avec des tapis compris entre 12 et 17,5BB.

Dernier bénéficiaire en date de cette bonne forture : John Hesp, avec une confrontation jouée d'avance sur le papier : deux As au bouton trouvés après une relance UTG de Pollak avec As-Roi. Forcément, ce dernier va payer le shove all-in de l'anglais, et ne trouvera aucun miracle.

Hesp et Pollak
John Hesp reste en vie et passe pour la première fois au dessus des 40 millions !

Rail Hesp
On ne se débarassera pas si facilement du dernier amateur du Main Event

Rail Français Jumelle
Quand le rail français sort l’artillerie lourde pour scruter les écrans où les mises et flops sont affichés en temps réél

Cruel !

Elle fait toujours aussi mal elle…

Malgré la tempête, Pollak est maître de son navire

La 101ème main de la table finale restera peut-être comme l'une des plus importantes du tournoi de Benjamin Pollak. Le français a perdu gros sur cette main interminable, mais après avoir pu observer le replay avec les cartes visibles, nous avons pu constater qu'il aurait de facto pu perdre encore plus, et qu'en face, Scott Blumstein a manqué pas mal de value...

On rembobine :

Au cut-off, John Hesp relance à 3,5 millions. C'est payé par Blumstein (bouton) et Pollak (BB).

Flop Q99. Pollak vient de flopper le brelan avec J9. Il est probablement loin de s’en douter, mais Blumstein a lui aussi trouvé un très beau flop avec son 109 !

Blumstein Saout Pollak
Avec son AJ, Hesp va tenter une mise de 5 millions, que Blumstein va aussitôt relancer à 12 millions. Fort de son brelan, Pollak paie et Hesp s'écarte du chemin.

Le turn est un 10. Autrement dit une des cartes les plus propices à augmenter l’action : Blumstein vient de trouver le full, et passe donc devant Pollak.

Cette carte excitera t-elle l’action ? Non : les deux joueurs checkent ! Et incroyablement, le board va encore s’enrichir sur la rivière, un K offrant la quinte à Benjamin Pollak.

La dernière action du français va finir de convaincre ceux qui doutaient encore de son incroyable maîtrise sur cette finale : Pollak check, puis, après un temps d'hésitation qui a duré, duré, et duré… il abandonne sa quinte (!!!) et un pot de plus de 40 millions après le tout petit value bet de 8 millions envoyé par le chip-leader.

Combien de joueurs n'auraient pas pu se retenir de payer perdant ici, surtout au vu de la taille de la dernière mise ? On reconnaît les grands joueurs aux jetons qu'ils savent économiser dans les situations perdantes : Benjamin Pollak vient d'en faire une nouvelle démonstration éclatante. On ose à peine imaginer ce qu'il se serait passé en cas de mise sur le turn de la part d'un des deux joueurs.

Sacré fold de Ben !!!

sick turn :neutral_face:

Aleykoum Salas

L'argentin Damian Salas éliminé en septième place (1 425 000 $)

Damian Salas
Près de quatre heures après le début de la deuxième partie de la finale, Damian Salas est le premier joueur à quitter le podium TV aujourd'hui, éliminé en septième position. Telle une moule accrochée à son rocher, l'argentin n’a rien, strictement rien lâché aujourd’hui, pratiquant de loin le poker le plus sérré parmi tous les short-stacks. Il a été card dead, et a par-dessus le marché réussi à jeter des grosses mains battues préflop, comme ce As-Dame jeté correctement hier alors qu'il n'avait que 12BB devant lui.

Souvent tombé à moins d’une dizaine de blindes (on l’a vu faire tapis pour aussi peu que 4BB, sans se faire payer !), l’Argentin n’a jamais cessé de croire en ses chances, pratiquant donc un jeu shortstack plutôt très conservateur. Ses longues réflexions préflop avec des merguez comme 8 et 3 en auront énérvé plus d’un regardant à la maison : pas mal de pros ont envoyé des bashs bien sentis via Twitter.

Signe de sa ténacité : il aura fallu un bad beat pour réussir sortir l’argentin de ce tournoi. Après avoir défendu sa grosse blinde (avec seulement 10,5 millions au début du coup, soit même pas 10BB au total) sur une ouverture à 3,4 millions de Dan Ott, Salas va ensuite snap-call le c-bet à tapis de l’Américain sur un flop A32.

Forcément, Salas retourne un jeu fort : AT. Il fait face à une paire 44 chez Ott, en semi-bluff avec une pocket paire et un tirage de quinte ventral. Bronca dans le public. Les supporters argentins sont debout à côté du clan Ott. Le vacarme est assourdissant. ESPN fait durer le plaisir : les deux dernières vont être retournées très lentement, une par une.

La turn est un 6.

Damian Salas
Salas continue de sourire et de pointer du doigt le croupier, lui faisant comprendre que désormais, son destin se trouve entre ses mains. Celui-ci n'exécutera cependant que les désirs des Dieux du poker en retournant un 5 sur la rivière, synonyme de quinte pour Dan Ott et d’élimination pour l’argentin.

Alors que tous les autres joueurs célèbrent cette élimination, leur faisant gagner à tous 250 000$ supplémentaires, le pauvre Salas reste assis par terre, KO après ce coup de massue qu’il n’avait pas senti venir. L’Argentin encaisse tout de même 1,425 million de dollars, ce qui le fait grimper en troisième place au classement de la All Time Money List de son pays.

Damian Salas
Les spectateurs du streaming poussent un soupir de soulagement : on vient de perdre le joueur le plus lent de la partie. Mais pas sûr que sa sortie accélère rééllement le rythme : il reste encore six joueurs et il manque toujours trois éliminations avant que la journée ne prenne fin. Quelque chose nous dit que nous n'y sommes pas encore...

Antoine Saout est décidément increvable

Un double up, un de plus !

Antoine Saout
S’il y a bien un joueur qui se bat comme un diable avec son petit tapis sur cette table finale, c’est Antoine Saout. Chauvin, nous ? Non, il suffit simplement d’observer cette partie pour se rendre compte que le breton est plus ou moins le seul à ne pas avoir peur de prononcer les mots magiques « I'm all in ».

Même lorsqu’il s’agit du chipleader en face, Antoine ne tremble pas : derrière une relance de Scott Blumstein à 3,4 millions, le Breton annonce tapis pour près de 24 millions… et se fait snap-call par l’Américain !

Paire de 4 chez Antoine, As-Dame de cœur pour le chipleader, un coin flip, un de plus que le français doit remporter s’il veut faire mieux que sa troisième place en 2009.

Heureusement, Antoine a été plutôt favorisé sur ces coups de pile ou face au cours des derniers jours : un tableau K7529, laisse sa paire en tête.

Antoine Saout
Antoine peut serrer le poing bien haut avant de se tourner immédiatement vers son rail, plus heureux que jamais de pouvoir continuer à le supporter. Pour le sortir du tournoi, il faudra s’y prendre autrement, messieurs les joueurs !

Antoine à plus de 50 million, ratrappant ainsi un Benjamin Pollak en difficulté depuis ce gros fold contre Scott Blumstein. Avec 172 millions, ce dernier n'est qu'à peine affecté par la perte de ce coup.

Il a une casquette Federer ça aide :sunglasses:

Oui Antoine le double up !!! Que c’est bon de voir ça. :slight_smile:

Bryan is in the rail

Bryan Piccioli éliminé en sixième place (1 675 000 $)

Piccioli et Ott
Lentement mais sûrement, Dan Ott (à droite sur la photo) est en train de se fabriquer un costume de prétendant à la victoire. Alors qu'en face de lui, Scott Blumstein ne montre aucun signe de fatigue, le Pennsylvanien (ça se dit ? Non ? On s'en fout) accumule les munitions, envisageant déjà peut-être d'affronter le même Blumstein lors d'u heads-up final. Sa dernière demi-heure fut particulièrement profitable, avec plein de petits coups remportés, et l'élimination de Bryan Piccioli provoquée par ses deux seules mains, et grosso modo en deux coups. Sur le premier, Ott rentabilise une quinte trouvée sur la rivière : Piccioli le paie perdant.

Tombé à moins de 20BB, Piccioli enverra son tapis au milieu une dizaine de mains plus tard avec As-7. Pas de taille contre les Rois de Ott, qui attendait de pied ferme un client depuis la BB.

Piccioli et OttLe board Q-5-2-8-7 ne changera rien à l’affaire : on perd Bryan Piccioli en sixième place. Détenteur d’un bracelet WSOP gagné en Australie, et affichant un palmarès à six millions de dollars online, l’américain n’aura pas à rougir de sa prestation en finale, solide en tous points malgré peu de cartes jouables depuis le début de la dernière table. Il remporte 1,675 million de dollars pour ses efforts.

Après cette main, Ott se rapproche des 100 millions. Les blindes sont passées à 1 million/2 millions : nos deux français passent sous la barre des 20BB, et John Hesp est encore plus mal avec moins de 10BB. Tous sont garantis un prix de 2 millions de dollars !

Si près mais si loin, une fois de plus

Antoine Saout est éliminé en cinquième place (2 000 000$) Sa deuxième table finale sur le plus gros tournoi du monde se solde une nouvelle fois par une déception, mais Antoine peut être fier de ce qu'il a accompli

Antoine Saout Kara Scott
C'est un article que l'on aurait pu écrire beaucoup plus tôt. Il y a plus d'une semaine, en fait. Cela paraît une éternité de cela : c'était avant même que la bulle n'éclate dans le plus long tournoi du monde, à mi-chemin de la troisième journée d'une épreuve en comptant plus de dix, au moment où le compteur affichait plus de mille joueurs restants : Antoine Saout s'était retrouvé à tapis contre le pro américain Scott Seiver, sur une confrontation préflop plus ou moins inévitable : deux Rois contre deux As. Archivé dominé, Saout avait été sauvé par l'apparition d'un Roi sur la rivière. Un miracle qui permettra au breton d'entamer le troisième run de sa carrière sur le Main Event des World Series of Poker.

Au cours des phases finales, lorsqu'il ne restait plus que trois tables, Antoine a fait face à des vents contraires et s'est placé dans la case short-stack : il n'allait jamais rééllement la quitter. On aurait pu ainsi écrire l'article de son élimination en demi-finales, lorsqu'il dut jouer deux coin-flips cruciaux pour se maintenir à flot. Même topo en table finale : hier, lors de la première phase, Saout a du envoyer son tapis plusieurs fois, et sur la seule fois où l'on a payé, son 109 a été contraint de s'améliorer contre le K9 de Jack Sinclair, qui sera finalement éliminé avant lui. Et aujourd'hui, deux nouvelles confrontations préflop gagnantes finiront par nous laisser coire que personne n'arriverait à achever le tenace breton.

Jusqu'à cette main, la 126e de la table finale, où Antoine défend sa petite blinde avec Roi-Valet après une relance au bouton de Scott Blumstein, et floppe la top-paire sur J76. Pas d'action de part et d'autre : on passe directement au turn, un 4, qui verra le français check/call les 5,6 millions misés par le chip-leader.

Dernier board Antoine Saout
La rivière est un terrible J. Terrible pour Antoine, évidemment : désormais muni d'un brelan, il n'arrivera pas à abandonner face à la mise à tapis de Blumstein, qui était bel et bien en value max avec 53 pour la quinte trouvée sur le turn.
Antoine Saout
Forcément, la déception est de taille : peu de joueurs obtiennent une seconde chance de devenir Champion du Monde. Mais forcément, la performance est encore plus grande : peu de joueurs atteignent deux fois la table finale du plus gros tournoi du monde parmi plus de 7000 joueurs. On les compte sur les doigts d'une main : le français en fait partie.

Cela avait été un crève-coeur à écrire en 2009 et c'est un crève-coeur de l'écrire en 2017 : Antoine Saout ne remportera pas le Main Event. Mais avec ce troisième finish dans le Top 30, et sa deuxième finale au total, il peut être fier du nouvel exploit qu'il vient d'accomplir. Sa cinquième place lui rapporte deux millions de dollars et le rapproche un peu plus de l'immortalité pokérienne.

Antoine Saout Kara Scott
Quelques réactions à chaud :

« Hier c’était très dur, j’étais short et je n’avais pas de jeu. Aujourd’hui, ça allait un peu mieux. J’ai eu la chance de doubler au bout d’une heure. Même si en fin de compte, c’était très « push or fold » quand même sur la plupart des phases. Je n'ai pas dépassé les trente blindes. »

« Ce qui me frustre un peu, c’est que j’étais remonté deuxième en jetons, et même quand je saute, je suis troisième au classement. »

« Je ne m’en veux pas trop sur mon élimination. Je pense qu’il [Blumstein] n’a jamais flush ou full. Il y a des quintes aussi parfois, mais je crois surtout qu’il a une grande range de bluff. »

« Je suis déçu parce que j’y ai cru, après avoir remonté un stack, après avoir gagné tous ces coups à tapis à chaque fois. Certes il y avait John qui était bien short, il y avait aussi l’histoire du palier de gains mais bon… Au final, on est toujours déçu tant qu’on ne gagne pas. »

« C’est vrai que c’est beau de faire deux fois tables finales du Main Event, mais je joue pour gagner, pour afficher ma photo dans le Rio, à côté de tous ceux qui ont déjà gagné ce tournoi. J’espère juste que j’aurais encore la chance de faire un deeprun dans ce tournoi un jour… On verra. »

Merci, Monsieur Hesp !

John Hesp est éliminé en quatrième place (2 600 000 $) L'amateur anglais nous a offert un des parcours les plus réjouissants de l'histoire du Main Event

John Hesp et Pollak
Le show Hesp est terminé : rideau ! Ce n'est pas tous les ans que tous les fans de poker de la planète, les pros les plus connus y compris, se rangent derrière un seul joueur. Mais la personnalité hors-normes, la bonne humeur communicative et le parcours incroyable de l'amateur John Hesp sur ce Main Event valaient bien ça.

Habitué des tournois à 10 livres sterling dans la salle de poker de sa bourgade de Hull, dans le sud de l'Angleterre (avec six finales et 2000$ de gains au total qui constituaient jusqu'à cette semaine l'intégralité de son palmarès), le retraité anglais s'est inscrit sur le Main Event parce qu'il estimait, comme des tas d'autres joueurs amateurs à travers le monde, que c'est quelque chose à faire au moins une fois dans sa vie. Bien lui en a pris : Hesp a pris son pied dix jours durant, et nous aussi, nom d'un chien !

Le britannique a rend les armes en quatrième position et clos du même coup la deuxième phase de la finale. Dans une ambiance électrique, comme à chaque fois qu’il investissait des jetons dans un pot, Hesp a disputé son dernier coup à tapis préflop contre Benjamin Pollak. Ses six dernières blindes ont volé avec 97 et Pollak a reshove depuis la petite blinde avec AJ.

John Hesp et Pollak
Bras dessus, bras dessous, les deux adversaires ont alors observé les cartes du board tomber sur la table. On a eu droit à un flop intéressant : K106, offrant un tirage quinte pour l’Anglais, en plus de ses deux cartes vivantes. Mais ni la turn 4 ni la river 4 n’ont changé le cours du jeu, et Hesp pouvait quitter la scène sous les applaudissements d'une foule toute entière debout.
John Hesp et Pollak
Que retiendrons-nous du passage de John Hesp sur ce Main Event ? Son sourire, son panache, ses chemises multicolores (que nous avions repérées dès le Day 2, dans le cadre de notre concours de la plus belle tenue), son style de jeu définitivement loin des codes du poker moderne, sa capacité à faire tourner en bourrique des joueurs bien plus expérimentés que lui, ou encore sa façon de taper dans les mains de ses adversaires à chaque fois que ceux-ci gagnaient un pot contre lui, ont rendu le personnage plus que sympathique auprès de tous, y compris ceux qui l'ont affronté.
John Hesp et Pollak
Il a mis un grand sourire sur le visage de tous les fans de poker en rendant le Main Event aussi divertissant qu'imprévisible : pour cela, John Hesp se voit gratifié d'un magnifique virement de 2,6 millions de dollars. Vous croyez qu'il va retourner jouer les tournois à dix balles du club de poker en bas de chez lui ? On a envie de parier que oui !

Thank you John Hesp for breathing life into the game we love.

— Phil Galfond (@PhilGalfond) 22 juillet 2017

Parmi les dizaines de pros charmés par la prestation de l'amateur de 64 ans, une des mieux exprimées : "Merci à John Hesp d'avoir soufflé une bouffée d'air frais au jeu que nous aimons."

John Hesp et Pollak
Bravo, merci, et respect, Monsieur John Hesp !

Ben Pollak a une très belle montagne à gravir

Le dernier français en course est short-stack à l'aube de l'ultime bataille, mais rien n'est joué Deux américains de talent lui font face

Les trois derniers joueurs
Rien ne s'est passé comme prévu aujourd'hui. Ou plutôt si : tout s'est passé comme prévu.

Rien ne s'est passé comme prévu ? Avec sept joueurs restants au départ de la phase 2 de la table finale du Main Event, nous étions nombreux à nous attendre à plusieurs éliminations rapides, puisque trois joueurs possédaient un tapis sous la barre des vingt blindes. Sauf que ces trois joueurs ont tenu beaucoup plus longtemps que prévu, avec des double-ups ont succession qui ont tenu en haleine le public durant de nombreuses heures.

Tout s'est passé comme prévu ? Oui : à la fin de cette seconde phase, les trois joueurs ayant survécu sont ceux qui possédaient le plus de jetons au départ de la journée. Les quatre autres, eux, ont été nettoyés au cours d'une deuxième partie expéditive : à 22 heures, l'affaire était pliée, et les lumières du plateau télé éteintes.

Les trois prétendants au titre suprême du poker se retrouveront samedi soir à 17h30 (2H30 en France) pour une ultime bataille.

Ils sont donc…

Scott Blumstein (USA) 226,45 millions (113BB)

Scott Blumstein
Le contrat est plus que rempli pour le pro du New Jersey, dont le chip-lead n'a jamais été véritablement remis en question aujourd'hui, même s'il a sûrement manqué pas mal de value sur cette main où il trouve full au moment où Benjamin Pollak dispose d'une quinte. Blumstein s'est chargé d'une seule élimination aujourd'hui : celle d'Antoine Saout. Evidemment, il s'agit du candidat le plus sérieux à la victoire, mais les deux clients qui lui font face ne lui feront aucun cadeau dans la phase la plus short-handed de la partie.

Dan Ott (USA) 88,375 millions (44BB)

Dan Ott
La vraie montée en puissance de la journée : Dan Ott a provoqué deux éliminations et pris les meilleures décisions sur la majorité de ses spots, permettant à son tapis d'atteindre un niveau le rendant très dangereux. Benjamin Pollak aurait pourtant pu l'éliminer d'entrée de jeu s'il avait décidé de payer son tapis (qui était encore petit) en début de journée avec une paire de 8 : Ott avait 3-bet all-in avec As-Dame, et a obtenu un fold qui a surpris mal d'observateurs, même si beaucoup de pros sont montés au créneau pour défendre cette décision serrure de notre français.

Benjamin Pollak (France) 45,85 millions (23BB)

Rail français
C’est un Benjamin Pollak toujours aussi éreinté par cette fin de tournoi qui n'en finit pas qui s’est immiscé parmi les trois derniers joueurs du Main Event. Si le Français se réjouissait hier de son début de table finale, aujourd’hui, tout ne s’est pas exactement passé comme prévu : « Je savoure d’être encore là, mais je suis un peu déçu de quelques mains que j’ai pu jouer, surtout en début de journée. »

Benjamin revient notamment sur son raise/fold avec une paire de 8 contre le tapis d’Ott (qui avait donc As-Dame) : « OK, en voyant les cartes, on sait c'est un flip au final, donc je comprends que mon fold fasse jaser. Mais j’avais mes raisons et je pense qu’elles sont bonnes. Et le second coup, c’est mon Dame-5 de cœur contre Ott. Je dois bluff ce coup, et au lieu de ça, j’ai check." Benjamin avait open 3,6 millions depuis le CO, et sur JT697, les deux joueurs ont check le flop, Ben a misé 6,2 millions avant d’abandonner sur la rivière en checkant. Ott a retourné un simple KT pour la deuxième paire du board, ce fut la main gagnante. "L’avantage, c’est que j’ai pu garder mon stack intact pour pouvoir prendre des spots de reshove contre Blumstein… alors que si j’avais décidé de bluff, je serais tombé à 10 blindes, et je n’aurais plus eu de spots de resteal, si jamais il m’avait héro call. »

Debrief français
Globalement, difficile de s’en vouloir pour Ben, les jours se suivent et ne se ressemblent pas, et pourtant il est toujours un prétendant au titre : « Au début c’était très compliqué, parce qu’on a joué plus de deux heures à sept joueurs, alors que beaucoup avaient des tapis entre 12 et 20 blindes : personne ne voulait sauter ! Damian Salas tankait très longtemps à chaque main, ça paraissait une éternité. Moi je pensais au contraire que ça allait sauter vite, qu’on allait se retrouver en 5 ou 6 handed et que j’allais pouvoir profiter de mon stack pour agresser, c’était très long et tout ne s’est passé comme je l’avais prévu. En plus de ça, je perds AK contre AA… pan ! J’enchaine avec ce coup Valet-9 ou je trouve trips mais Blumstein fait full turn, ça m’a bien cassé mon stack. Et du coup, avec tout ce scénario, je suis plutôt content d’être encore là, parce que quand tu vois le début, je me suis dit « Aïe, c’est le scénario catastrophe, je peux sauter ! J’ai l’impression d’avoir une seconde chance d’être encore là. Je ne pense pas avoir fait trop d’erreurs. A chacune de mes décisions, il y avait une réflexion, et d’ailleurs, j’en discuterais bien avec des bons joueurs. »
Rail français
La fin de ce tournoi est donc complètement indécise. Benjamin Pollak est de toute façon très excité. Même s'il n'est pas chip-leader, rien que le fait d'être encore un candidat à l'exploit suffit en soi : « J’ai encore 22 blindes pour demain, ça vaut beaucoup d’argent, tout peut arriver ! » Parole de couvreur : on en a connu, des remontées autrement plus mal engagées !

Blindes : 1 million / 2 millions, ante 300 000

Si vous avez manqué le début...

60 mains ont été jouées au cours de la deuxième soirée de la finale (contre 75 lors de la première). Voici les coups les plus importants de la Phase 2, durant laquelle quatre joueurs ont été éliminés.

Main #76, la première de la journée : John Hesp relance avec une paire de 9 et Dan Ott tank depuis la BB Il fait un fold étrange, mais de fait un bon fold avec une paire de 3 !

Main #82 : Bryan Piccioli trouve un carré rivière contre les deux joueurs avec le plus gros stacks de la table. Il ne se fait pas payer rivière, mais c’est toujours compliqué de se faire payer avec un carré, surtout quand celui-ci est formé avec trois cartes du board.

Main #85 : Dan Ott fait tapis pour 12BB avec As-Dame après une relance de Benjamin Pollak. Ce dernier réfléchit, et finit par refuser le call avec… une paire de 8 ! Un fold qui n’a pas fini de faire parler les pros comme les amateurs sur Twitter.

Main #86 : Antoine Saout trouve un double-up crucial face au chip-leader Scott Blumstein.

Main #89 : Antoine Saout tente un 3-bet light avec une paire de 4 face à Dan Ott. Mais ce dernier renvoie une sauce et Antoine est obligé d’abandonner. Ott avait 4-bet avec As-Roi.

Main #93 : Un bon gros setup permet à John Hesp de doubler : les As contre le As-Roi de Benjamin Pollak. Le joyeux amateur repasse au dessus de 40 millions.

Main #101 : Sur un pot contenant 40 millions, Benjamin Pollak fait un très gros fold sur la rivière avec un brelan floppé transformé en quinte. En face, Scott Blumstein avait trouvé le full dès le turn. L’un des coups les plus importants de la journée à n’en point douter.

Salas
Main #102 : Damian Salas finit par prendre la porte de sortie en septième place après avoir être frappé par un bad beat. Il fallait au moins cela pour éliminer l’éternel short-stack, dont la patience et les tanks interminables auront énervé plus d’un aujourd’hui, dans le public comme parmi les spectateurs. Il s’agit de la première élimination en presque quatre heures de finale ! Une durée qui comprend les nombreuses pauses, mais tout de même.

Main #108 : Antoine Saout remporte un coin-flip contre Scott Blumstein, lui apportant son deuxième double up de la journée. Avec 50 millions, il n’a jamais été aussi haut.

Main #110 : Dan Ott rentabilise une quinte trouvée sur la rivière face à un Bryan Piccioli payant 3,1 millions sur la rivière.

Piccioli
Main #122 : Short-stack, Bryan Piccioli perd ses derniers jetons sur une confrontation dominée face au même Dan Ott. Il est éliminé en sixième place.

Saout
Main #126 : Le troisième deep-run d’Antoine Saout en neuf participations au Main Event s’achève en cinquième place, après un brelan rivière se heurtant à une quinte invisible chez Scott Blumstein.

Hesp
Main #135 : L’élimination de John Hesp, dernier amateur en course ayant ravi les fans de poker du monde entier, conclut la journée sous les applaudissements de la salle toute entière.

Et voilà pour l'avant-dernière journée du Main Event ! Samedi, nous reviendrons au Rio pour observer la toute dernière bataille de l'été, la plus belle de l'année, potentiellement la plus historique pour les fans français. Benjamin Pollak a d'ores et déjà égalé la performance d'Antoine Saout en 2009. Peut-il l'améliorer ? Peut-il aller au bout ? Peut-il apposer son portrait haut sur les murs du centre de convention du Rio ? Mais bien sûr que oui, qu'il peut le faire ! Et nous serons là pour y assister, et vous le raconter.

Benjo et Steven - RDV VOUS SAMEDI SOIR A 2H30 (HEURE FR) !


La fin de la journée sur Périscope

3 left sur Main Event, le day 2 est terminé ! https://t.co/M3FtVu8xjz

— Winamax (@Winamax) 22 juillet 2017

Forcément déçus pour Antoine… Il avait les capacités pour aller chercher la win mais le sort en a décidé autrement… encore bravo à toi pour ce deep run magnifique, tu fais maintenant partit du cercle tres privé des gens qui on atteint 2x la TF du main, incroyable performance !!

Pollak en mode solide !! On croise les doigts, tu à plus que le droit d’y croire malgré le fait que tu sois un peu short, tout peut arriver !!

Évidement je suis à fond pour Ben, mais je tiens à dire que j’admire depuis le début l’attitude et le style de jeux de Dan Ott, qui est pour moi un excellent candidat à la win, comme les 3 derniers joueurs d’ailleurs…

Merci Monsieur Hesp, vous m’avez fais vibrer et rire tout au long de ce main, et je tiens à vous féliciter pour ce parcours incroyable ! S’est vrai que le monde du poker aurait besoin de plus de gens comme vous !

Bonne chance aux trois finalistes pour ce soir, et aller la France !!! :smiley:

Bravo à Antoine Saout et Benjamin ramène la breloque !!!

Gros VGG Antoine ! Tu aurais mérité meilleur sort !

Gros GL Benjamin ! Ça va pas être facile mais sait on jamais :wink:

Gl Benjamin et VGG Antoine