Level 8, la conclusion est loin d’être écrite
Blindes 500/1000 ante 100
Un couvreur se paie un plombier
Nouvelle élimination au tableau de chasse de
Kevin Noblat ! Il s'agit d'un joueur "VIP" :
Takao Shimizu. Vous ne connaissez pas ? Le japonais est concepteur de jeux vidéos, ayant bossé sur quelques une des oeuvres les plus adulées de l'histoire vidéoludique :
Super Mario World, Zelda : A Link to the Past, Super Smash Bros... Une carrière couronnée de succès, donc, mais pour de qui est du poker, Shimizu ne risque pas de rentrer au Hall of Fame d'ici tôt. Témoin ce dernier coup, qui permet à Harper de tutoyer la barre des 300,000, écoutons le couvreur nous dérouler la hand history :
« Je suis UTG+1, je relance à 2200 avec 10
10
. C’est payé dans les blindes, dont le producteur de Mario en BB. Flop 2
6
6
. Ils checkent, je mise 3000. C’est payé par les deux. » Le turn est un 10
: Harper vient de trouver l’équivalent de la fleur power up qui fait cracher des boules de feu à Mario. Là, cette Shimizu qui va miser : 4500. Harper se contente de payer, le troisième joueur aussi. La rivière est un 3
, et c’est là que Mario se prend les pieds un Goomba : « Il mise 15,000, je relance à 43,000. Il fait tapis pour 80,000 : il a As-9 ! »
Cette livraison de Shimizu a le même effet qu’une warp zone : voilà Harper propulsé au World 4, celui où il peut jouer tous les coups qu’il veut avec 290,000, soit 290BB !
Une rencontre glaciale
Cette réjouissante ascension d’Harper est contrebalancée par une mauvaise nouvelle en provenance de l’autre moitié du couple Noblat/Baumann : le Main Event de
Gaëlle s’est brutalement terminé sur un coup aussi facile à raconter que douloureux à vivre : «
Deux As contre deux Rois. J’avais 68BB. » Un an après décroché pour la seconde fois le titre de meilleure féminine du Main Event (102e sur 6737), O RLY voit son parcours s’arrêter beaucoup trop tôt, et de la plus frustrante des manières.
Il a fermé la boutique
L’australien
Joe Hachem fut le dernier Champion du Monde couronné dans le casino où sont nés les World Series of Poker. C’était en 2005 : six mois plus tôt, le groupe Harrah’s avait racheté la marque WSOP, et dans la foulée, le festival s’était tenu pour la première fois au Rio. Cependant, la table finale du Main Event s’était bel et bien déroulée au sein du « Benny’s Bullpen » du Binion’s Horseshoe, dans le Vieux Vegas, comme au bon vieux temps. Pourquoi ? Parce qu’on fêtait cette année-là le centième anniversaire de Las Vegas : le maire Oscar Goodman était personellement intervenu auprès de Harrah’s pour que le Main Event, évènement phare de Las Vegas depuis 1970, se tienne une dernière fois là où tout avait commencé. La dernière finale WSOP d’Hachem remonte à 2015 : une cinquième place sur le HORSE à 10K$ l’entrée.
Une salle, deux destins
Notre dernière escapade en Brasilia Room nous a permis de prendre des nouvelles de deux Français qui se terrent actuellement là-bas,
Benoît Lam et
Julien Ehrhardt - précisons d’ailleurs que tous les rescapés du Day 1A ont élus domicile, soit dans cette salle, soit en Miranda, et n’en bougeront pas de la journée, tandis que les survivants du Day 1B sont eux cantonnés à l’Amazon Room. Fidèle à son habitude, le premier cité reste dans la partie basse du classement, avec un stack qui n’a pas évolué d’un pouce. «
J’ai le même tapis que ce matin, me glisse-t-il, soit environ 25 000.
J’ai perdu des jetons progressivement et puis j’ai doublé avec As-Roi contre As-Valet. » À dans trois heures pour le prochain
double up donc. À l’inverse,
Julien Ehrhardt a pris la pente ascendante, puisque pointé à environ 140 000. Quelques secondes après avoir compté son stack, notre qualifié online ouvre à 2 300 au bouton, payé par la petite blinde, qui s’enfuit rapidement sur le continuation bet du Français au flop. «
Tu peux rester par là, disons pendant quatre heures ?, » lâche alors Julien en retournant deux Rois rouges. La proposition est tentante mais je dois filer.
Merlin enchanté
Direction la Miranda, où le tapis de
Pierre Merlin est étalé en entier sur la table. Pas de panique cependant, puisque c’est bien Lenchanteur qui a remporté le coup, pour se propulser à 155 000. Mais alors que s’est-il passé ? «
J’ouvre à 2 500 au bouton avec J
8
, défendu par les deux blindes. Je précise que j’arrive juste à cette table, je n’ai aucune info sur les joueurs. Je c-bet à 3 400 sur un flop 9
6
7
, et la BB [répondant au nom de Dylan Nguyen selon notre confrère de PokerNews Christian] check/raise à 10 000. Il fait ensuite 12 800 sur un 10
au turn. River K
, je mise 27 000, et il check/raise encore pour les 22 000 qu’il me reste. J’ai eu une petite hésitation mais il a quand même jamais Dame-Valet, du coup je paie et il a Roi-9. Maintenant j’ai une info : je sais qu’il fait n’importe quoi. » Avec toujours plus de 250 000 jetons devant lui, l’ami Dylan reste dans une position plus que confortable, et on espère qu’il garde quelques livraisons de ce genre en stock pour notre Français.
Amiel aux abois
Pas vraiment à la fête
Alexandre Amiel, à qui il ne reste plus que 20 000. Dernier coup en date observé : il relance à 2 500, payé trois fois. Tout ce beau monde check un flop J

7s

K

, puis Alex envoie 3 300 sur une turn 3

. Il est payé une fois et les deux joueurs vont check une rivière 5s. L’adversaire du Français montre J

T

pour une paire au flop, qui fera largement l’affaire. Au jour 1, Amiel était tombé bas avant de remonter la pente, on lui souhaite juste d’arriver à mener le même combat aujourd’hui.
Un petit côté NBA
A 44 ans,
Bob Sura est en pleine retraite depuis plus de 10 ans déjà. Comment est-ce possible ? Il s’agit d’un ancien joueur NBA ! Certes, on a déjà rencontré des joueurs un peu plus connus par le passé sur le Main Event (Shawn Marion, Paul Pierce…), mais comme il semble être le seul, on se contentera de sa présence. Après être passé par Cleveland (1995 à 2000) dans une période bien sombre pour le club, il avait ensuite été transféré du coté des Golden State Warriors… qui était également au fond du trou. Pas vraiment l’embellie, mais c’est le business. Un petit tour par Detroit, puis Atlanta pour finir par Houston… on ne peut pas le considérrt comme une véritable star… il n’empêche que lui est encore là !
Bataille d’égos
Oh oui on l’aime ce casting !
Charlie Carrel face à
Kenny Hallaert, merci le cassage des tables accompagné de la magie du seat draw. Et rapidement, j’ai trouvé une petite main disputée par ces deux là. On est sur un flop 5

2

8

et Carrel check call une mise 4 000. Sur la turn 7

, même topo mais pour 3 300. Sur la rivière 5

, l’Anglais check encore et cette fois, le Belge préfère arrêter les frais. Carrel retourn A

2

pour une paire, une main qui suffit pour battre le A

4

du November Nine ? Il reste 210 000 chez Hallaert, alors que Carrel grimpe à 190 000.
Labrik touchée
La tête des mauvais jours pour
Labrik, c’est quelque chose qu’on n’a pas forcément l’habitude de beaucoup voir.
« Je viens de faire un mauvais fold je pense », me glisse Louis, tout penaud. Derrière l’ouverture d’un joueur en position d’UTG, Louis paye simplement depuis le CO avec une paire de Rois. Le joueur au bouton ainsi que la BB s’invitent dans ce coup. Sur un flop 2

3

3, le relanceur initial place un c-bet à 3 000. Louis paye… et la BB décide de relancer à 14 000. Seul labrik reste dans le coup, pour apercevoir la turn, un J

. Les prix commencent à grimper, et on réclame 29 000 chez Louis. La rivière T

ne change pas vraiment grand chose, mais à ce moment là de la partie, son adversaire ne lui demande rien d’autre que son tapis :
« J’ai fold comme lâche, j’ai pas osé… » Louis Linard est retombé à 80 000.
Anecdotes, statistiques et citations à la con
1 : le nombre de livreuses All American Dave que l’on a vu débarquer en salle de presse pour servir son repas à un reporter visiblement balla. [ND Benjo : Il s’agit de Lance de chez PocketFives, qui, dans trois jours, va collecter 8000$ auprès d’Antonio Esfandiari, étant sur le point de remporter un pari stupide où il devait porter la même chemise pendant un an. Sachant qu’il avait le droit d’acheter d’autres chemises identiques afin de pouvoir porter un vêtement propre tous les jours, le pari n’a pas été difficile à gagner]
« J’adore la façon dont tu marches. » - Signé : un vendeur du couloir à une autre livreuse All Americain Dave. Au vu de la réaction de la demoiselle, il va falloir travailler encore un peu les phrases d’accroche cher ami.
Parmi les (nombreux) éliminés du Day 2A/2B : Tom Schneider, Phil Laak, Jennifer Shahade, Ana Marquez…
« Mais arrêtez, je suis blond vénitien ! » - Signé : un confrère qui en a plus que marre qu’on le prenne pour un roux.
À peu de choses près, la réaction de notre confrère Greg’ Ceran-Maillard face à notre pseudo sandwich italien ramené de la Poker Kitchen. Alors que pourtant, il est drôlement bon.