Vegas Show - WSOP 2016 - Juillet - 3

Dimanche 3 juillet : demandez le programme !

Six tournois au programme de cette journée de dimanche, qui débutera en beauté avec notre premier décrochage radio en direct. Nous continuerons notre focus sur le Poker Players Championship à 50 000 dollars, et garderons un oeil sur les nombreux qualifiés Winamax au départ du tournoi démarrant à midi.

10h (19h en France) : Multiplex Poker en direct des WSOP !

Pour la cinquième année consécutive, la radio Winamax s'installe dans les couloirs du Rio pour un décrochage exclusif et en direct. A partir de ce dimanche et jusqu'au lundi 18 juillet (jusqu'à la fin des WSOP, quoi), vos animateurs préférés seront live tous les soirs de 19 à 21h (heure FR). Infos toutes fraîches, potins non vérifiés, invités de tous bords venant raconter leur Vegas : vous saurez tout ce qu'il faut savoir sur les Championnats du Monde... Et vous pourrez peut-être nous rejoindre grâce au Challenge Multiplex Vegas : pour deux petits euros, l'un d'entre vous aura la chance de remporter un voyage pour deux à Vegas ! 4000 euros de prix sont en jeu : toutes les infos sont ici. Soyez au rendez-vous !

11h : Event #56 - NLHE 1500$ (Day 1)

Cette nouvelle épreuve de No-Limit low-cost devrait attirer du monde : elle débute à la veille du 4 juillet, jour férié où les Etats-Unis fêtent leur Déclaration d'Indépendance (c'était en 1776, quelques jours avant le premier bracelet de Doyle Brunson). C'est en tout cas sur cette épreuve que l'on retrouvera le contingent de qualifiés Winamax le plus large : une bonne quinzaine de Français dont des vainqueurs de satellites organisés en ligne (Antonio Guerrero et Alexandre Réard, par exemple), des finalistes du Sunday Surprise spécial WSOP organisé en avril (dont Allan Tirel, déjà deux fois ITM au Rio au mois de juin) et les membres de l'équipe finaliste du KING5 2016. Au moins un pro du Team Winamax sera au départ : Pierre Calamusa qui, si l'on en croit les derniers potins Facebook, se serait fait la boule à zéro afin de perdre toute motivation à aller passer ses nuits en boîte. On verra bien si la tactique fonctionne.

12h : Event #52 - NLHE 3000$ (Finale)

Ils ne sont plus que deux dans ce tournoi : Andrew Lichtenberger et Craig Blight n'ont pas trouvé le moyen de terminer ce tournoi dans la soirée, bénéfice net, ils sont bons pour revenir à midi. Lichtenberger visera son premier bracelet WSOP et aura la chance de partir avec une belle avance sur son adversaire, 12 millions contre 4 millions de jetons. Il y a 569 158$ promis au vainqueur de cette épreuve.

14h : Event #53 - Mixed PLO8 / Omaha High-Low / Big O 1500$ (Finale)

Le joueur 3 s'est conclu avec cinq joueurs en lice : le Canadien Gavin Smith, actuellement chipleader, mais aussi un Allemand, Philipp Eirisch, et trois Américains, Allan Le, Cody Crouch et Keith Ferrera. Actuellement assuré de 38 634$, tous n'ont d'yeux que pour la première place qui offrira 189 223$ au vainqueur.

14h : Event #54 - NLHE Crazy Eights 888$ (Day 2)

Les compteurs se sont encore affolés du côté du Rio : 6 761 inscriptions ont été enregistrées. A l'heure d'écrire ces lignes, le prizepool total n'était pas encore officiellement connu, mais il tournera autour des 6 millions de dollars. Sachant que le vainqueur sera assuré d'empocher 888 888$ ! Aurélien Guiglini et Carlos Lopes Da Silva sont les deux seuls Français à s'être qualifiés pour le day2, parmi les 264 survivants au général (91 sur le 1A, 50 sur le B, 58 sur le C et 65 sur le D). Oui, c'est très peu, mais il ne faut pas oublier que 97% du field environ a sauté durant les quatre Day 1. Il s'agit là de l'épreuve la plus rapide des Series. Le changement principal à venir pour le Day 2, c'est l'allongement des niveaux : ils passeront de 30 à 60 minutes.

14h : Event #55 - Poker Players Championship 50 000$ (Day 2)

L'un des plus beaux tournois de cet été se poursuit aujourd'hui, à l'occasion du Day 2. Alexandre Luneau a terminé cette première journée avec 217 000, un peu moins que le tapis de départ (250 000), alors que David Benyamine a emballé 191 600 jetons. Le chip leader actuel est Scott Seiver, avec près de 600 000, mais comme dirait le Team Pro Winamax, "c'est un deepstack, on a encore 200 blindes de moyenne, on a le temps". Trois joueurs ont trouvé la porte de sortie dès ce day1, Stephen Chidwick, Keith Gipson et Abe Mosseri (à la grande surprise de pas mal de joueurs). Pour le moment, 87 joueurs ont pris part à ce tournoi (c'est deux joueurs de plus qu'en 2015) sachant qu'il sera encore possible de s'inscrire au début du Day 2.

15h : Event #57 - Pot-Limit Omaha High-Low 1500$ (Day 1)

Michel Abécassis fera partie des représentants Français au départ de l'ultime épreuve High-Low des WSOP 2016.

PPC 50K$ : le vrai départ ?

Event #55 : Poker Players Championship 50 000$ (Day 2)

Vous l'avez constaté si vous avez consulté nos articles d'hier : avec seulement trois éliminations en dix heures de jeu effectives, la première journée du Poker Players Championship n'a guère fait avancer le schmilblick (même si nous avons pu observer et raconter pas mal de coups passionnants). Pas étonnant si l'on considère les paramètres suivants :
  • 250 000 jetons pour entamer la partie
  • Les trois quarts des participants arrivant en retard (voire très en retard)
  • Six des huit variantes au programme jouées en Limit
  • Des niveaux durant 100 minutes

Bref, pour sauter lors du Day 1, il fallait soit être téméraire, soit malchanceux.

Maintenant que les inscriptions sont closes, et que des écarts de tapis se sont constitués, la sauce devrait commencer à prendre aujourd'hui, avec des gros tapis faisant valoir leur avantage numérique, et des short-stacks se battant pour leur survie.

Alexonmoon entame son Day 2 à la table d'un joueur que vous connaissez forcément.

1/ Phil Hellmuth (USA) 233 200
2/ Rep Porter (USA) 254 700
3/ Dan Shak (USA) 205 800
4/ Brian Tate (USA) 155 200
5/ [Vide pour le moment]
6/ Alexandre Luneau (France, Team Winamax) 217 000

En plus d’avoir un patronyme amusant qui semble tiré du jeu « Monsieur et Madame on un fils », Rep Porter est un joueur peu connu mais très respecté sur le circuit américain, détenteur de trois bracelets WSOP obtenus en Razz et No-Limit Hold’em. Dan Shak est joueur amateur richissimme, un requin de la finance venu de Manhattan : on à l’habitude de voir le gestionnaire de fonds d’investissements à hauts risquesse lever de table toutes les cinq minutes pour prendre un coup de fil important où consulter l’évolution des cours de la bourse de New York sur son ordinateur portable. Ce qui ne veut pas que ses compétences au poker doivent être sous-estimées : le monsieur à l’habitude de jouer les meilleurs dans les tournois les plus chers. J’avoue ne pas connaître Brian Tate : un coup d’oeil sur sa fiche Hendon Mob ne m’apprend pas grand chose : une poignée de résultats depuis 2010, pour moins de 200,000$ de gains en live. Alex, lui, le connaît : « Un régulier de la Bobby’s Room, pas un joueur de tournoi mais il passe son temps dans les gros cash-games. »

David Benyamine, de son côté, jouera avec Max Pescatori et Dan Smith, entre autres.

Voici le Top 10 au départ du Day 2 :

1/ Scott Seiver (USA) 593 000 2/ Timofey Kuznetsov (Russie) 557 600 3/ Robert Mizrachi (USA) 500 200 4/ Brian Rast (USA) 463 900 5/ Erik Sagstrom (Suède) 457 700 6/ John Monnette (USA) 454 300 7/ Michael Mizrachi (USA) 433 000 8/ William O'Neil (USA) 427 600 9/ Anthony Zinno (USA) 418 000 10/ Talal Shakerchi (UK) 395 100

Six niveaux de cent minutes sont au programme aujourd'hui : on va jouer quasiment non stop jusque une heure du matin !

Les qualifiés dans le grand bain

Event #56 - NLHE 1 500$ (Day 1)

Ils ont fait parler la poudre sur l'un de nos nombreux tournois satellites, ont atteint la finale du KING5 ou ont remporté un Sunday Surprise d'exception. Quel que soit leur mode de qualification, ils sont aujourd'hui quinze à prendre part à cette épreuve de No-Limit Hold'em à 1 500 dollars pour laquelle ils ont décroché leur ticket sur Winamax. Parmi ceux-là, ils étaient une bonne partie à avoir fait le déplacement ce matin au TGI Friday du casino voisin le Gold Coast, pour un brunch de bienvenue offert par la maison. Une occasion en or de rencontrer en chair et en os - pour certains pour la première fois - la légendaire Polly Morrison, qui vous abreuve de mails et d'infos pratiques tout au long de l'année, ainsi que plusieurs membres du Team Winamax (en l'occurrence Sylvain Loosli, Aurélie Quélain, Michel Abécassis et Guillaume Diaz) accompagnés du coach Stéphane Matheu.

Everybody say cheese !

Un premier moment de décontraction qui a permis, entre deux belgian waffles et trois omelettes au bacon, d'échanger ses premières impressions sur Las Vegas, de récupérer quelques bons plans prodigués - évidemment - par Michel et Stéphane (ce dernier a vécu durant plusieurs années dans la ville la plus peuplée du Nevada tandis que le premier est un puits de science sans fond), et surtout de prendre des forces avant une journée qui s'annonce forcément riche en émotions. Le copieux repas de chacun englouti, il était temps pour cette joyeuse troupe de prendre la direction du Rio. Le tournoi débute à 11 heures tapantes et il serait quand même dommage d'arriver en retard aux tables, et de ne pas profiter à fond d'une structure dont beaucoup n'ont pas la chance de voir souvent (niveaux d'une heure, blindes de départ 25/50 pour un tapis de 7 500 jetons).

Une situation qui ne concerne pas vraiment Alexandre Réard. Déjà qualifié via Winamax l'an passé grâce à une victoire sur le KING5 qui lui avait permis de disputer le Main Event en freeroll, le jeune marié (toutes nos félicitations !) revient autour des tables d'un tournoi qu'il connait bien, pour y avoir réalisé un joli deep run l'an passé (125e sur 2 155 pour un gain de 3 622$). Un tournoi qui avait d'ailleurs bien réussi au clan français avec la troisième place de Yorane Kérignard et la deuxième d'Aurélien Guiglini. Cette année, le démarrage est un poil plus compliqué pour Alex puisqu'au moment de passer à sa table vers la fin du premier niveau de la journée, il avait déjà perdu près de la moitié de son stack de départ, à cause de plusieurs petits pots perdus. Il en faut cela dit plus pour décontenancer celui qui fait désormais partie des valeurs sûres de la scène française.

Un autre habitué de Vegas a pris place avec Alexandre dans la Pavillion Room, en la personne de Gilles Frère. Qualifié via un de nos satellites à 150 euros, il dispute cette année ses quatrièmes WSOP (avec jusque-là deux résultats enregistrés en 2013 et en 2014 sur des Events à 1 000 dollars) mais effectue son quatorzième ou quinzième séjour à Sin City (il ne savait même pas me dire exactement) ! À lui désormais de faire parler l'expérience pour tenter d'aller le plus loin possible.

Une chance que n'aura pas Alexandre Tortarolo (photo, à gauche). À peine débarqué dans la Brasilia Room où se trouvent la majorité de nos qualifiés, j'ai la mauvaise surprise de découvrir son siège vide. "Ne cherche pas, tu ne me trouveras pas là," me lance-t-il depuis le rail... où se trouve aussi son compère de La river winamax assasine, deuxième du dernier KING5, Benoît Rossignon (à droite). "Mon tournoi a duré quinze minutes, m'explique ce dernier. J'ouvre les Valets UTG et je me fais surrelancer par le bouton. Je check/call ensuite le flop Valet-4-6 avant de check/raise sur l'As au turn. Doublette du 6 sur la rivière, je fais tapis pour 4 000, il a les As." Violent. "Mais il y a encore pire à côté, ajoute-t-il."

"Je n'ai jamais autant touché qu'aujourd'hui, répond pourtant Alexandre. Première main, paire de Rois ; deuxième main, paire de Valets ; troisième main, As-Roi suités. Avec encore quelques bonnes mains derrière je dépasse rapidement les 10 000." Et là, c'est le drame. "Je place un 3-bet avec Roi-Dame suités. Continuation bet classique sur un flop 7-7-2. Turn Dame, je fais 800, il me surrelance à 2 200. Rivière Dame je mise 2 000, il relance à 4 500. Tapis chez moi, il a une paire de 7. Là-dessus je tombe à 1 600 et je me fais sortir un peu plus tard par le même joueur avec As-Roi suités contre une paire de Rois." Je tente alors de le consoler en lui disant qu'il faut s'appeler Alexandre Luneau pour jeter sa main avec un ful face à un carré avant de proposer la fameuse photo cliché devant le logo WSOP. Au moins ces deux-là parviennent-ils à garder le sourire. Il faut dire qu'il leur reste encore l'Event #63 à 1 000 dollars pour tenter de se refaire la cerise.

Juste à côté de la désormais ancienne table d'Alexandre, son épouse Delphine est quant à elle encore bien en vie. En attendant de jouer vendredi prochain le tournoi Ladies à 1 000 dollars, celle qui avait rejoint une équipe KING5 "montée à l'arrache," dixit son mari, deux jours seulement avant la date limite de réception des tickets pour la première vague de tournois du Stade 1, compte bien jouer sa chance à fond. C'est en revanche déjà terminé pour Allan Tirel, qui ne réalisera donc pas sur cet Event sa troisième place payée de l'été et pour Kool Shen (qui n'était pas qualifié mais que j'ai vu passer devant moi la mine défaite), victime dès le premier niveau d'une confrontation malheureuse avec As-Roi contre une paire d'As.

Fort heureusement, il a tout de même de bonnes nouvelles à se mettre sous la dent chez nos qualifiés, à commencer par le départ canon d'Antonio Guerrero. Avec déjà 26 000 jetons devant lui, je parierais bien quelques billets verts sur sa présence dans les cîmes du classement provisoire. Je l'ai notamment vu éliminer un joueur à la faveur d'une quinte touchée sur la rivière avec 5-6 quand son adversaire avait floppé un brelan de 10. "Je fais partie du club de La Garenne Poker, me souffle-t-il, donc si tu peux le mentionner dans le coverage c'est sympa." Voilà qui fera plaisir à notre pôle clubs, le message est passé Tonio !

Concluons ce long post avec une poignée de photos de quelques autres qualifiés croisés autour des tables ce midi, en espérant bien entendu en revoir le plus possible ce soir à la fin de ce Day 1.

Jean-Marc, alias Alchimist86 a de quoi faire le fier. Le 10 avril dernier, il s'est offert le Sunday Surprise garantissant un package de folie pour Las Vegas, avec notamment deux tournois WSOP et huit nuits au Bellagio avec la personne de son choix. Un cadeau si démesuré qu'il a remporté haut la main les suffrages lors du vote organisé pour la 300e édition du Sunday.

Guillaume est le deuxième des quatre joueurs de La river winamax assasine à avoir pris part au trounoi, à être encore en course.

Et il n'a pas oublié d'apporter ces peluches porte-bonheur.

Départ tranquille pour Timothée, relégué dans un coin de la Brasilia Room en compagnie d'un énième sosie foireux de Stéphane Matheu.

Frédéric (à droite au premier plan avec la casquette noire) était aux premières loges pour assister à la déculottée infligée par la France à l'Islande en quart de finale de l'Euro (5-2 pour ceux qui auraient passé les deux heures du match terrés au fond d'une grotte).

Pot-pourri

Event #55 : Poker Players Championship 50 000$ (Day 2)

Le Day 2 du PPC a débuté avec 88 joueurs au compteur, soit quatre de plus qu’hier soir au moment d’emballer les jetons. Les noms des retardataires ? Chris Klodnicki, David Steicke, Cary Katz, et Ben Sulsky. On peut donc vous le confirmer : Phil Ivey et Antonio Esfandiari ont fait une croix sur ce très beau tournoi. Mais bordel, où sont-ils ?

La première heure de jeu d’Alexandre Luneau fut relativement calme : le pro du Team Winamax a joué pas mal de coups, mais très peu ont vu l’action s’emballer. En conséquence, son tapis n’a peu ou prou pas bougé depuis le coup d'envoi. Des joueurs comme Brian Hastings, Felipe Ramos et Scott Clements ne peuvent en dire autant : ils font partie des victimes de ce début de Day 2.

Après la clotûre des inscriptions, la dotation est maintenant officielle : 4,176 millions de dollars, qui seront répartis entre les 14 joueurs les mieux classés. Min-cash : 75,833$. Victoire : 1,296 million.

Amateurs de jeux exotiques, régalez-vous avec ces quelques mains garanties sans no-limit.

Stud

Alex : (X)(X) A67Q (X)
Rep Porter : (X)(X) 8J38 (X)

3e carte : Alex relance, Rep paie.
4e carte : Alex mise 3000, Rep paie.
5e carte : Alex mise 6000, Rep relance à 12000, Alex paie.
6e carte : Avec sa paire de 8, Rep affiche désormais le meilleur jeu et parle en premier : il mise 6000. C’est payé par Alex.
7e et dernière carte : Rep mise, et Alex abandonne. Pas de showdown dans ce coup de Stud !

Omaha High-Low

Sur l’un des tours de « O8 » joués récemment, j’ai vu Alex « scoop » un pot (ie. en remporter l’intégralité) face à Dan Shak avec un combo paire de Rois plus « low ». Un peu plus tard, j’observe notre Français miser flop, turn et rivière sur un board 7AKQ10 face à Phil Hellmuth : ce dernier abandonne sur le dernier tour d’enchères.

Une scène familière dans les tournois High Roller : Dan Shak consultant d’étranges tableaux Excel, imbitables pour le commun des mortels. Son téléphone est à l’avenant : les textos qu’il reçoit sont princpalement composés de suites de chiffres et de lettres, auxquels il répond habituellement par « oui » ou par « non ».

Pot-Limit Omaha

Face à une relance (4500) de Dan Shak, Alex défend sa petite blinde.

Flop Q72. Alex check/call un c-bet de 11,000.

Turn 8. Alex check, Dan demande au croupier le montant du pot, et mise la somme correspondante, à savoir 31,800. Alex abandonne et Dan montre une main qui avait trouvé un flop enviable (et un turn pas dégueu non plus) : KQJ7

Un peu plus tard, Alex paie une relance de 4,000 depuis le bouton (lancée par Brian Tate au cut-off). Phil Hellmuth et Rep Porter défendent leurs blindes.

Flop 932 : Porter donk-bet 16,000. C’est payé par Alex seulement.

Turn Q : Porter revient à la charge avec une mise de 28,000. Cette fois, Alex abandonne.

Limit Hold’em

Un coup dont je n’ai vu que la fin, mais le showdown vaut le coup : de petite blinde, Alex mise turn et rivière avec AQ sur un board 210327. Brian Tate va au showdown, sans pouvoir montrer mieux que la hauteur As d’Alex !

A toute berzingue

Event #54 : NLHE Crazy Eight 888$ - Sonny Franco et Aurélien Guiglini font de la survie

S'il y a bien un tournoi sur lequel il ne fallait pas arriver en retard aujourd'hui, c'est ce tournoi 888, qui porte très justement son nom : « crazy » ! En 90 minutes de jeu, le field est passé de 206 à... 112 joueurs ! Ça va vite, très vite, la moyenne actuelle étant à 30 blindes, sur des niveaux 5 000/10 000, ante 1 000.

Parmi les trois Français en course, l'un d'eux a rapidement chuté aujourd'hui, c'est Carlos Lopes Da Silva. La charmante Loni Harwood s'est chargé de l'éliminer dans les toutes premières minutes de cette journée, avec QQ contre 66 chez le Français.

Sonny Franco a en revanche réussi un début de Day 2 parfait, pour grimper à plus de 400 000. Et puis patatra, un coup perdu, et ce fut la dégringolade. 6 Q527 est le board affiché, au moment où mon appareil photo se jette sur Sonny (voir au dessus).

Sonny a misé petit sur la rivière, 40 000... avant de se prendre le tapis de son adversaire dans le nez. Ce sera 194 000 à payer. Réflexion, comptage de jetons... et tapis payé. Son adversaire parait même surpris : « call ?? » demande-t-il à la croupière. Oui monsieur il faut montrer ses cartes : KT, ce qui nous fait une belle flush hauteur roi. Sonny muck ses cartes avant qu'on ne lui signale qu'il doit absolument les montrer, c'est la règle une fois qu'un tapis est payé. Il retourne 76 pour deux paires.

« J’ai vu la rivière, je pensais avoir chatté… j’ai un peu fait de la m*** en misant aussi petit sur la rivière, j’aurais du miser 75 000 et j’aurais trouvé un fold une fois qu’il avait annoncé tapis. »

Sonny va trouver le moyen de doubler rapidement derrière, pour repasser à une grosse quinzaine de blindes. Allez, allez, ce n'est pas fini.

Grosse concentration chez Aurélien Guiglini, qui survit lui aussi dans ce tournoi. Parti avec 104 000, il a fondu avant de doubler pour remonter à une douzaine de blindes. « Guignol » a l'air d'avoir une belle table, il ne lui manque plus que des jetons. J'ai observé une ouverture d'une mamie au siège suivant, qui a relancé 4 fois la taille de la big blinde, des choses qui vont encore rêver à 112 joueurs restants d'un tel tournoi (6 761 inscriptions, rappelons le).

Ah oui, parlons rapdement du payout puisqu'il est enfin sorti. Comme prévu, le vainqueur repartira avec 888 888$. Pour le moment, tous sont assurés de repartir avec 5 076 $. Pour la suite, je vous laisse découvrir ça.

Vainqueur : 888 888 $ Runner up : 401 888 $ 3e : 297 888 $ 4e : 222 888 $ 5e : 167 888 $ 6e : 126 888 $ 7e : 96 888 $ 8e : 74 888 $

Graig Raymer adore ces petites boucheries. Et pour le moment, tout se passe bien pour le fossile

Le cowboy le plus detesté du Nevada ne se soucie guère de ce que les gens pensent de lui, et réalise un nouveau deeprun sur ces Series

Multiplex Poker spécial Vegas : la première émission en replay

Pour le cinquième été consécutif, le Multiplex Poker s'installe à Las Vegas pour une série de décrochages en direct des Championnats du Monde. Vous avez manqué la première émission, diffusée ce dimanche entre 19 et 21 heures ? Le replay est en ligne ci-dessous !

Au menu : le coup d'envoi du Poker Players Championship (assurément l'épreuve la plus prestigieuse de l'été), et les performances Françaises en dehors du Rio, dont celles d'Antoine Saout et Victor « Tapis Volant » Saumont : ce dernier est à nos côtés pour nous parler de son beau résultat sur un gros tournoi joué la veille au Golden Nugget.

Le Multiplex Poker en direct des WSOP, c'est tous les soirs de 19 à 21 heures, avec en parallèle un Challenge Multiplex spécial Vegas avec 4000€ de prix accessibles pour seulement 2€ !

Guignol et puis c’est tout

Event #54 : NLHE Crazy Eight 888$ (Day 2) Sonny éliminé, les espoirs français reposent sur les épaules de Guignol.

Ils ne sont « plus que » 77 dans ce tournoi, soit 1,1% du field total, et Aurélien Guiglini est le dernier des bleus à encore respirer l'air pur, quoiqu'un peu climatisé quand même, de l'Amazon Room. Sonny Franco a malheureusement décidé de tomber contre les rois, lorsqu'il a envoyé son tapis de 20 blindes au milieu de la table avec As-Dame. Ça, c'est fait, et ça rapporte 5 076$, bravo Sonny.

Mais parlons du dernier des mohicans, Aurélien Guiglini. Le sourire est de retour sur ses lèvres, tout commes les petites piles de jetons qui s'accumulent de nouveau. Comment ? pourquoi ? « J’ai eu les as avec 10 blindes et j’ai eu un walk… puis j’ai eu les as, j’ai relancé, quatre joueurs ont payé, j’ai c-bet sur K-2-2, et c’est passé » C'est tout bête comme jeu, ça s'appelle du poker. « Quand les as sont de côté comme ça, plusieurs fois, c’est bon signe… »

Résultat, Guignol pointe en ce moment à 250 000, un peu moins que la moyenne (430 000), mais Aurélien s'en contente très bien. Il vient d'être déplacé à la table d'un joueur qui protège ses cartes avec un fossile. Ils ne sont pas 36 dans le monde à faire ça (on ira vérifier cette statistique, bien évidemment), il s'agit du champion du monde Greg Raymer.

« Il y a encore de la place sur son t-shirt pour un ou deux sponsors, tu ne trouves pas ? », me glisse Guignol en observant celui qui grimpait sur le toit du monde (du poker) en 2004 après sa victoire sur le Main Event. Pas faux, il n'empêche que l'Américain est toujours là, des années après son sacre. Et il possède en ce moment un tapis lui permettant d'être tranquillement installé dans le top 10 du tournoi.

Guignol a également jeté un oeil à la répartition du payout. Et là on parle à un expert, je vous rappelle que cet homme s'occupe notamment de faire en sorte que vous ayez les meilleurs répartitions de prizepool possible sur Winamax.fr : « 888 888 dollars pour le premier, 400 000 pour le deuxième, c’est tellement ridicule. Merci le marketing. C’est ça le problème de garantir une telle somme à l’origine »

Même pas envie de lui faire remarquer que le 7e de ce tournoi ne repartira même pas avec une somme à six chiffres...

Scott Davies, l'homme qui a plus de jetons que tout le monde à cette heure-ci : 1 million !

Loni Harwood, bourreau de Carlos Da Silva en tout début de journée

Phil Hellmuth a un avis sur Alexandre Luneau

Et il ne se prive pas pour le faire entendre Event #55 : Poker Players Championship 50 000$ (Day 2)

Ce qu’il y a de bien avec les vieilles gloires du poker comme Phil Hellmuth, c’est qu’elles ne rechignent jamais à ressortir du placard leurs vieilles rengaines, un brin fatiguées mais que l’on accueille sans soupirer, tant les airs nous sont familiers.

Ainsi, tout comme un fan des Rolling Stones se rendant au concert sera assuré d’entendre Satisfaction, You Can’t Always Get What You Want ou Gimme Shelter, les aficionados de Phil Hellmuth ne sont jamais déçus lorsqu’ils campent devant sa table.

Evocation de ses quatorze bracelets ? Check.
Rappel du fait qu’il a atteint soixante tables finales aux WSOP ? C’est fait.
Name-dropping de célébrités, comme le nageur Michael Phelps qui, on l’a appris aujourd’hui, a récemment reçu la visite du grand Phil ? Oui oui.

C’est bien simple, si il existait un jeu à boire autour de Phil Hellmuth, avec un shot de tequila à descendre pour chaque citation culte entendue, je serais déjà à deux grammes, incapable de poursuivre ma tâche de reporter sur ce Poker Players Championship à 50,000 dollars.

Grand classique parmi les classiques d’Hellmuth : Philou a récemment passé une bonne demi-heure à traiter Alexandre Luneau de « fish ». Les insultes ont fusé en flux tendu, Phil se lamentant auprès des autres joueurs de la table (Dan Shak, Rep Porter, John Racener) du faible niveau de notre high-staker Français.

Aucune surprise chez les connaisseurs : cela devait arriver tôt ou tard. Non pas qu’Alex soit effectivement un fish, bien sur que non. Les habitués le savent bien : pour se faire traiter de pigeon par Hellmuth, il ne faut pas être un fish. Il faut juste lui prendre un gros pot, ce qui allait forcément se produire. En l’occurence en Stud High-Low, où Alex a « cappé » les mises (c’est à dire placé la troisième et dernière relance autorisée par la structure) avec un 6 affiché. Au showdown, Alex a montré le meilleur jeu en « high » et en « low », et c’est là qu’Hellmuth a explosé, s’offusquant que le Français ait pu miser autant d’argent dès le premier tour avec des cartes jugées non-règlementaires par l’homme aux 14 breloques.

« Mais en fait, je suis quasi sûr qu’il a mal lu mon jeu », m’ explique Alex après coup. « Le problème avec les jeux de Stud, c’est que c’est toujours le bordel au showdown : les cartes se mélangent, on ne sait jamais trop quelles étaient les cartes cachées de départ des joueurs. Du coup, il a cru que j’avais relancé avec 7 et 4 cachés, mais moi je suis à peu près certain que j’avais 7 et 5. Mais le pire, c’est que cela ne change quasiment rien en termes d’EV ! Sur son tableau, il y avait deux Valets, du coup la différence d’espérance de gains ne doit pas dépasser un jeton de 500 [une ante, donc]. »

Bref, une tempête dans une verre d’eau typiquement Hellmuthienne. Et l’intéressé le reconnaitra lui-même à demi-mot, une fois la colère quelque peu refroidie :

« Dans ce tournoi, il n’y a presque que des gens avec qui je joue depuis vingt ans. Ils savent que je suis un type bien… Qui ne peut pas s’empêcher de s’énerver ! » Homme de sang-froid, Dan Shak avait quelques minutes plus tôt tenté de calmer Phil au milieu de la tornade, avec un argument aussi connu qu’imparable : « Mais, Phil, si tu penses vraiment que le mec est nul, pourquoi essayer de l’éduquer ? Tu ne préfères pas qu’il continue de mal jouer toute la journée ? » Encore en colère, Phil avait répondu : « On s’en fout : à partir de maintenant, je vais leur montrer les nuts à chaque main pendant les trois jours à venir, ça règlera le problème. »

Maintenant que Phil s’était calmé, l’heure était à la légèreté : « Oui, tu ne peux pas t’empêcher… Et je pense que c’est bon pour le poker ! » Souriant à moitié, Phil s’autorise un moment de candeur : « Et c’est bon pour moi aussi, j’imagine. » John Racener est hilare : « En effet, c’est surtout pour toi que c’est bien ! » dit-il, faisant sûrement référence aux multiples contrats de sponsoring juteux dont Phil a bénéficié ces quinze dernières années.

Ceci dit, si l’on voulait prendre au premier degré l’avis de Phil Hellmuth sur Alexandre Luneau, on pourrait lui objecter que le Français est régulièrement l’objet de paris juteux lors des grosses épreuves des WSOP. Explications : « Certains participants, comme Abe Mosseri et Timofey Kuznetsov, ont des gros side-bets sur le résultat des tournois à 10,000 dollars : chacun constitue une équipe de cinq joueurs, et il y a des primes pour chaque ITM, chaque accession en finale, et bien sûr la victoire. Du coup, cela vire régulièrement à l’affrontement entre l’ancienne et la nouvelle école, et d’après ce que j’entends, on me choisit toujours dans les team ‘online’. »

Quelques mains en vrac

Avant cet épisode plutôt amusant, Alex avait en quelque sorte semé les graines de la discorde avec un joli 4-bet en bluff contre Hellmuth, placé avant le flop dans un coup de No-Limit. « Ca me fait plaisir, car historiquement je n’ai jamais bien ‘run’ contre lui. » Dans la même variante, Alex a aussi fait quelques gros folds : « Rep Porter relance UTG, je défends ma blindes avec 9-7. Flop J-9-8 avec un tirage couleur. Je check/call son c-bet. Turn 3 qui apporte un deuxième tirage couleur. Je check/call encore. Rivière 7 qui me donne deux paires. Je check et il mise à la hauteur du pot ! J’aurais payé n’importe quelle mise, mais pas celle-là : on dirait trop quelqu’un qui a envie de rentabiliser sa quinte. J’ai jeté. »

Toujours en No-Limit, un autre bluff : Alex ouvre à 5000 au cut-off (blindes 1000/2000), et Porter défend sa SB. Flop J96. Check/check. Turn 3. Porter check/call 5000. Rivière : 4. Alex mise une dernière fois (12,000) et Porter abandonne. Alex avait… Q5 ! (Il n’a pas montré ses cartes à ses adversaires - je les révèle ici avec son accord.)

Un peu plus tard, Alex a tenté un value bet « fin » gros bluff [j’avais écrit n’importe quoi la première fois]. Le coup débute avec une défense de blinde face à une ouverture UTG de Porter (5000). Flop 1072. Alex check/call 6000. Le turn 5 est checké. Sur la rivière 4, Alex mise 13,000. Porter paie. « Je n’ai pas de coeur », dit Alex en montrant une paire de 10 pour un brelan floppé. Porter retourne le jeu gagnant : AJ.

Enfin, juste avant la fin du deuxième niveau de ce Day 2, Alex prendra un gros pot à Dan Shak sur un coup de Razz porté jusqu’au showdown.

Tableau de bord
79 joueurs restants (sur 91 au départ)
14 places payées
Alexandre Luneau : 300 000
David Benyamine : 320 000
Tapis moyen : 287 000

Ils ont sauté durant le niveau 8 : Brian Tate, Esther Taylor-Brady (la joueuse que je n’avais pas reconnue hier - vous avez été nombreux à me rencarder, merci !), et Dan Kelly.

Au bal masqué, ohé ohé

Event #57 : Pot-Limit Omaha Hi Lo 1 500$ Michel Abecassis et ses clones sont dans leur jardin sur cette variante

Près de 650 joueurs ont débuté ce tournoi de Pot-Limit Omaha Hi Lo à 1 500$. Encore un tournoi bien parti pour faire le plein, et dans lequel on retrouve Michel Abecassis, bien évidemment pourrait-on écrire. Un, deux, quatre, six Michel Abecassis, vous imaginez la scène ? C'est exactement celle ci qui s'est produite ce matin, lorsque Mik22 a découvert que Guignol avait amené dans sa valise de quoi multiplier les docteurs à Las Vegas.

« Voilà comment je compte (enfin) perfer aux WSOP ! »

Ça y est, Michel est décidé. Il jouera le premier niveau de chaque tournoi, histoire de passer à peu près incognito, puis une fois à 100bb+ Sylvain Loosli enfilera le masque et prendra sa place. Un bad beat plus tard, et Sylvain cèdera sa place à Guillaume Diaz pour remonter tout ça, avant que Guignol ne s'occupe du reste pour aller jusqu'au bout du tournoi. C'est là que Michel réapparaitra pour venir récupérer son bracelet, le vrai Michel cette fois. En revanche, si vous croisez un Michel Abecassis au Rhino ensuite, vérifiez plutôt si un Viet n'est pas caché en dessous.

Lui n'est pas caché derrière une perruque, ce sont bien ces cheveux : Bruno Fitoussi est de retour en ville pour disputer son sixième tournoi des Series. A sa gauche, un certain David ODB Baker, et il faut avouer qu'on aurait un peu plus imaginé faire cette photo sur le tournoi à 50 000$ : « Je ne suis pas en forme en ce moment, c’est aussi simple que ça », confiait l’ancienne figure emblématique de l’Aviation Club de France, « je risque de jouer encore un tournoi plus le Main Event, et ce sera bien tout pour le moment. Je préfère me consacrer au cash game, dans le casino où je suis consultant, il y a une belle partie qui tourne tous les jours »

En 2015, Jean Marc Thomas avait terminé runner up d'un tournoi comme celui-ci, la seule différence, c'était le buy in, deux fois plus cher : « J’ai croisé Jeff Madsen tout à l’heure », m’expliquait JM, « on avait terminé en head’s up et il s’est souvenu de moi. Cette année, je finirai devant lui. » La décéption de Jean Marc Thomas était grande l'an passé,. L'occasion de gagner un bracelet est un privilège qui n'est pas donné à tout le monde. Et ça Jean Marc en avait bien conscience.

Enfin parmi les Français qui ont déboursé 15 biftons de 100$ (ça fait 75 danses au stripclub du "Rhino" quand même), notons les présences de Philippe Narboni et Paul-François Tedeschi. Le jeune corse, qui dispute un maximum d'event cet été, me confiait que les joueurs faisaient encore plus n'importe quoi en Pot Limit qu'en Limit : « En limit par exemple, ce n’est pas souvent une bonne idée de ne pas défendre ses blindes… tout l’inverse du Pot-Limit. Et devine quoi ? Ils font tout le contraire ici, c'est dingue… »

Paul François Tedeschi

Philippe Narboni

Faire et défaire, c’est toujours travailler

Event #55 : Poker Players Championship 50 000$ (Day 2)

Quelques minutes après avoir relaté dans ces colonnes l'amusant affrontement Hellmuth/Luneau, je suis retourné m'enquérir du tapis d'Alex, pour constater qu'il ne lui reste plus que 125,000. En moins de trente minutes, il avait perdu presque les deux tiers de son stack ! Un setup en No-Limit ? Un énorme tirage en PLO ? "Non, j'ai juste perdu tous les coups en Limit", résume t-il en une phrase.

Je fais un petit tour entre les tables, le temps de voir David Benyamine « scoop » un gros pot en Omaha High-Low avec un full, et de constater que les frères Mizrachi (Robert et Michael) sont tous deux assis derrière d’énormes tapis, puis reviens voir Alex. Le voilà remonté à 250,000 ! « Je me suis retrouvé à tapis en Pot-Limit Omaha. Le cut-off relance, John Racener paie au bouton, je squeeze de petite blinde avec K-K-J-3 ‹ double-suited › [double tirage couleur, NDLR]. »

Le flop tombe 9-5-5 avec l’un des tirages d’Alex. « Dans le top 5% des meilleurs flops pour ma main ! J’ai juste assez de place pour miser mon tapis à la hauteur du pot. » Alex est payé par une main très mal en point : Q-Q-x-x avec le même tirage couleur. Après deux cartes sans importance sur le turn et la rivière, le Français est remis en selle.

Dans le Top 10 actuel, l’une des fratries les plus célèbres du poker : Michael et Robert Mizrachi (trois bracelets à eux deux, dont 2 titres sur le PPC pour Michael (au premier plan sur la photo))

Tableau de bord
69 joueurs restants (sur 91 au départ)
14 places payées
Tapis moyen : 329 000

Ils ont sauté durant le niveau 9 : Ben Sulsky, Robert Campbell, Bryn Kenney, Max Pescatori, Dzmitry Urbanovich…

Le Top 10 selon WSOP.com

1/ David Grey (USA) 980 000
2/ Paul Volpe (USA) 705 000
3/ Michael Mizrachi 690 000
4/ Scott Seiver (USA) 685 000
5/ Robert Mizrachi (USA) 560 000
6/ Jens Lakemeier (Autriche) 535 000
7/ Timofey Kuznetsov (Russie) 520 000
8/ William O'Neil (USA) 507 000
9/ Lamar Wilkinson (USA) 490 000
10/ Jason Mercier (USA) 465 000

Guignol a soif de revanche

Et il est bien décidé à ce que ça arrive aujourd'hui Event #54 : Crazy Eight 888$ (Day 2)

Dinner break sur le tournoi des fous du Huit. Une heure de pause pour que les 27 derniers joueurs du tournoi se restaurent. Toujours un plaisir de rappeler qu'il y avait 6 761 inscriptions au total. La bonne nouvelle c'est que Guignol est sur ce radeau de survivants, avec une trentaine de blindes à la reprise.

« Il est parfait ce tournoi en fait, pas si crapshot que cela : à la fin du Day 1, tout le monde est dans l’argent, et pour le Day 2, on tourne à 30 ou 40 blindes de moyenne. Ce n'est pas une mauvais idée de faire des niveaux de 30 puis 60 minutes, mais c'eut été mieux de faire 30, 45 puis 60 minutes ».

Pour en arriver là, Aurélien Guiglini a réussi son début de journée, ce qui au final a été l’une des clés de la réussite : « Je savais que si je m’en sortais dès le début, j’allais pouvoir être mieux pour la fin de tournoi, et c’est exactement ce qu’il se passe. »

Evidemment, il n’a pas claqué des doigts pour que les pions de ses adversaires viennent se ranger près de lui. Son plus gros pot ? Il contenait plus d’un million de jetons.

« Sur 12 000/24 000, un joueur open à 55 000. A ce moment là, on a presque le même tapis. Je décide payer au bouton avec 89, j’avais 25 blindes. C’est un peu ambitieux mais pourquoi pas. Le flop est venu A93. Il check et je décide de check aussi, parce que je sens qu’il a un truc. Turn vient un 8. Bingo, j’ai deux paires maintenant. Il lead 80 000 et je pousse mon tapis, j’avais peut être 530 000, quelque chose comme ça. Il m’a payé avec As-Dame sans pique, et ça a tenu. »

1,2 millions, voilà ce que possède Aurélien a ce moment très précis, après avoir remporté ce coup. Autant dire que c’est l’embellie complète. « Il n’a pas été très inspiré de check ce flop… le pire c’est que s’il mise, je trouve surement un fold. »

Guignol joue actuellement ce tournoi à la table de Chris Ferguson. Et forcément, il n’est pas indifférent à ça : « J’ai une revanche à prendre contre lui. » Ah, toi aussi tu avais de l’argent sur Full Tilt Poker qui a disparu ? « Non pas du tout, mais en 2004, il m’a traumatisé. Je disputais mon premier tournoi, un 25 000$, finale du WPT au Bellagio, et il m’avait pris la moitié de mon stack ! J’ai décidé de me venger, et c’est prévu pour aujourd’hui ! »

Ferguson est prévenu, vous aussi, donc si on vous annonce qu'un cowboy bouffe son chapeau dans les allées du Rio, vous connaitrez le pourquoi du comment. En attendant, on part manger tranquillement.

Il reste 27 joueurs Reprise sur 15 000/30 000, ante 5 000 Tapis d'Aurélien Guiglini : 900 000 Moyenne : 1,2 million

Le contingent Winamax se réduit

Event #56 - NLHE 1 500$ (Day 1)

Le retour de la pause dîner fut bien rude pour nos qualifiés. Serait-ce cet Angus beef burger au fromage suisse supplément french fries qui aurait été un peu compliqué à digérer ? Ah non, pardon ça c'était mon menu. Toujours est-il qu'en trois mains, trois d'entre eux nous ont quitté.

La première fut fatale à Timothée Morin (photo, à droite). "Les Dames contre les 9, explique-t-il. Bien sûr, il trouve son 9. Un mec qui venait juste d'arriver en plus (la période d'enregistrement tardive se clôturait en même temps que la fin du dinner break)." Quelques minutes plus tard, c'est Mathieu Aymerich qui le rejoignait dans le rail. "J'ouvre les Dames UTG+2 à 2 000 (blindes 250/500), rembobine celui qui vient tout juste de devenir propriétaire dans le New Jersey, à un petit quart d'heure en voiture du centre de New York. Mon adversaire me relance à 5 000. Il me reste 10 000 derrière, je boîte. Il paie avec les Rois. C'est dingue, je sors à chaque fois de mes tournois live avec deux Dames. Maintenant jusqu'à jeudi (date de l'Event #63 à 1 000$), ça va être tournoi deepstack du Rio à 240 dollars tous les jours." Pas si vite jeune homme, le Planet Hollywood accueille actuellement un festival avec des tournois dans cette gamme de prix avec des structures décentes, offrant des garantis énormes souvent un overlay fort sympathique. Ca vaut peut-être le coup d'y jeter un oeil.

Enfin, ce fut ensuite au tour d'Antonio Guerrero de se diriger vers la sortie. "J'avais 25 000, j'ai tout perdu en trois mains, me raconte-t-il d'un air dépité. Je perds d'abord avec une paire de 10 contre les As d'un joueur short stack puis Roi-Dame contre Roi-Valet chez un autre short. Derrière j'envoie mes dix dernières blindes avec une paire de 5 et je tombe contre deux Dames." Avant eux, les deux compères du KING5 Delphine Tortarolo et Guillaume Mercey avaient pris la porte, ainsi que Jean-Marc Séphaire, à en croire le joueur qui ne ressemble pas franchement à notre vainqueur Sunday Surprise qui été assis à sa place.

Nos espoirs se tournent maintenant vers les trois derniers qualifiés encore en piste, à commencer par Jimmy Kebbach (photo, avec le maillot de l'OM), qui, contrairement aux autres, avait décidé d'attendre un peu avant de rentrer dans le tournoi. Habitué du Winamax SISMIX comme du WPO, il possédait à mon passage à sa table un tapis d'environ 25 000 jetons qui lui laisse de quoi voir venir.

C'est à peu près le même topo du côté de Frédéric Brie. "Tu sais que je n'ai jamais fait ITM en cinq tournois live disputés ?, me souffle-t-il. Ce serait beau de le réussir ici." Tu m'ôtes les mots de la bouche. Un peu plus loin, Alexandre Réard poursuit ses rêves de nouveau deep run avec un petit peu de moins de 15 000 devant lui.

Toujours côté français, j'ai également pu croiser Ilan Boujenah, Erwann Pécheux, Johan Guilbert et Hugo Pingray (comment ça, ce sont toujours les mêmes ?). Ce dernier m'a expliqué être monté à 30 000, avant de retomber à 12 000. "J'ai perdu un pot de 40 000 en ratant un gros bluff. En plus, je pensais qu'il avait brelan alors qu'il n'avait que deuxième paire. Il a trouvé le moyen de me payer quand même."

Courage, la route est encore longue vers l'une des 279 places payées (min-cash de 2 253$), et encore plus pour décrocher le chèque de 412 557 dollars promis au vainqueur. Au moment de quitter la Brasilia Room, ils étaient encore 657 en course sur un total de 1 860 inscrits.

Affreux, vous avez dit affreux ?

Lavons-nous les yeux avec cette photo de Fatima Moreira de Melo.

Le vainqueur du WPT Prague au nom espagnol plus-cliché-tu-meurs Javier Gomez.

Fedor Holz fait la tronche, il n'est pas celui qui a le plus de jetons à sa table.

Bug dans la matrice en prévision, l'agent Smith s'est chauffé pour jouer un 1 500$.

Alexonmoon en danger

Event #55 : Poker Players Championship 50 000$ (Day 2)

C'est un niveau 10 absolument catastrophique qu'a vécu Alexandre Luneau dans le tournoi le plus important de son été à Las Vegas : cent minutes atroces qu'il a résumées ainsi : "Je n'ai absolument pas gagné le moindre coup." Avec des enchères, blindes et mises forcées maintenant assez élevées (3000/6000 pour le PLO et le NLHE, 6000/12,000 pour les jeux de flop en Limit, notamment), son tapis a fondu petit à petit et la facture est lourde pour le pro du Team Winamax : il retrouvera un tapis de 90,000 après une pause-dîner d'une heure, alors que le field s'est réduit à 61 joueurs restants. Il n'aura grosso modo pas le droit de perdre le prochain gros coup dans lequel il s'engagera afin de ne pas subir le même sort que Scotty N'Guyen, Dan Smith, Erik Seidel, Mike Leah ou encore Erik Sagstrom, tous éliminés récemment.

Reprise de la partie aux alentours de 22h30 (7h30 en France).

Tableau de bord
61 joueurs restants (sur 91 au départ)
14 places payées
Tapis moyen : 373 000

David Grey fait partie du clan (de plus en plus réduit) de l’ancienne école : le résident de Las Vegas aux deux bracelets a été le premier joueur à passer la barre du million en jetons

Mes premiers pas à Vegas

Il y a des légendes qui ne parviennent pas à se montrer à la hauteur de leur réputation. Comme ce restaurant italien que l’un de vos potes vous vend depuis des lustres comme le meilleur de tout Paris, alors qu’il ne sert que des pizzas à peine meilleures que celles de Domino’s pour le double du prix, ou ce dernier humoriste à la mode soi-disant à mourir de rire, qui parviendrait à peine à faire décrocher un sourire à un fan de Kev’ Adams. Et puis il y a Las Vegas.

C’est bien simple, depuis mon arrivée chez Winamax il y a maintenant un peu plus d’un an, il ne s’est pas passé une semaine, voire une journée, sans que le nom cette cité mythique ne soit évoqué. Mais comme l’a dit assez justement dimanche matin un de nos qualifiés Winamax, "Vegas, ça ne se raconte pas, ça se vit."

En mode caméléon.

L’été dernier, mon statut de rookie dans le monde du poker ne m’avait pas permis de faire le déplacement jusqu’à Vice City. Mais cette année, la donne était différente. J’allais enfin pouvoir avoir mon baptême du feu dans la ville que tous les gambleurs du monde entier aiment autant qu’ils redoutent. Et de fait, à peine le pied posé chez l’oncle Sam après un voyage sans encombre et deux films dévorés au-dessus de l’Atlantique (Triple 9 de John Hillcoat, hautement recommandable et In the Heart of the Ocean de Ron Howard, un peu moins), j’ai eu le droit à l’anthologie complète de toutes les premières fois à Vegas : première descente du Strip de nuit en voiture (ah tiens, David Copperfield et Olivia Newton-John sont encore en vie), premier double double burger et frites "animal style" au In-N-Out Burger (merci Benjo), première excursion au Red Rock Canyon (crème solaire obligatoire, photo), première cave perdue à l’Ultimate Poker (merci Steven), première partie de bowling au Gold Coast, premières minutes perdues à comprendre comment s’allument les lampes de la chambre d’hôtel, etc. Ne me manque finalement plus qu’à pousser les portes du Rhino et à m’ébahir parmi une foule d’autres touristes devant le spectacle de la fontaine du Bellagio et ma carte de Bingo spécial Vegas ne sera pas loin d’être remplie. Ces premiers jours ont également été ceux de ma confrontation avec la culture américaine : son culte de la voiture, ses employés (faussement ?) amicaux – "Hi, how are you doing ?" "Euh, ça va." – ses portions de nourriture gargantuesques (impossible de finir le moindre plat), à l’image d’un pays qui semble chercher à combler par tous les moyens un espace de vie beaucoup trop grand.

Mais au-delà de la ville elle-même, ce séjour (professionnel, rappelons-le) était surtout l’occasion de découvrir de mes propres yeux le plus grand festival de poker au monde, les WSOP. Et à ce niveau-là, je ne vous le cache pas, passé le sentiment de vivre de l’intérieur mon propre épisode de Dans la Tête d’un Pro, en arpentant les gigantesques couloirs du Rio (avec la voix suave de Michel Abécassis en fond sonore, cela va de soi), la découverte fut finalement assez conforme à ce que à quoi je m’attendais, sans plus. Ne vous méprenez pas, la démesure de la Pavillion Room n’a pas d’équivalent et le Thunderdome d’ESPN où se tiennent les tables finales transpire la classe, mais j’attends véritablement la frénésie du Main Event ainsi qu’une première grosse perf’ française (je ne suis arrivé que le 28 juin) pour véritablement m’enthousiasmer.

Finalement, mon seul véritable badbeat jusqu’à présent – outre cet unique coup à tapis préflop perdu avec une paire de Valets face à 4-5 (turn 5, river 5) sur un tournoi à 160 dollars au Planet Hollywood – est ce fichu rhume dégoté après avoir enchaîné pendant deux jours balades en extérieur sous 35°C et un soleil de plomb, avec sessions en intérieur par 15°C. On m’avait pourtant largement briefé sur la question. Il y a des légendes qui ne parviennent pas à se montrer à la hauteur de leur réputation. Et puis il y a la climatisation dans les casinos de Las Vegas.

C’est annoncé, c’est validé

Event #54 : Crazy Eight 888$ (Day 2) - Guignol a eu sa revanche, il a éliminé Chris Ferguson !

Là, on commence à beaucoup moins rigoler sur ce tournoi 888. Ils ne sont plus que 21 à l'heure d'écrire ces lignes, et parmi les derniers sortants, un certain Chris Ferguson, 26e. Il s'est fait botter les fesses par un homme qui avait beaucoup trop soif de revanche. Un Guignol, notre Guignol : « Alors, je ne te l’avais pas annoncé ? On l’a eu ! » Aurélien Guiglini jubile, et il peut, il tient sa revanche 12 ans après, en éliminant l'homme au chapeau de cowboy le moins aimé du Far West depuis 5 ans.

Derrière une ouverture à 60 000 de Loni Harwood, « RunGood4888 » comme l'appelle Pierre Calamusa (je vous laisse deviner pourquoi, c'est la petite blonde en photo), Ferguson décide de faire tapis pour 875 000. « C’est exactement la taille de mon tapis à ce moment là », m'explique Guignol... qui soulève As-Roi dans le même temps ! C'est avec une joie immense et un caleçon en feu, que Guignol annonce tapis à son tour. Loni s'efface et Chris Ferguson retourne As-Dame.

Le conte de fée va se poursuivre jusque sur la rivière d'un board complètement random (enfin un petit roi poppe sur la river pour bien enfoncer le cou), et Guignol réalise d'une pierre deux coups, une magnifique opération : éjecter du tournoi celui qui lui avait brisé ses rêves en 2004 pour son premier tournoi live, et grimper dans les hauteurs du classement au bon moment.

Aurélien peut-il atteindre une nouvelle table finale, tout juste un an après... Raaaah, mais chut, on va se noircir !

Chase Johnson, actuel chipleader avec plus de 3 millions, semble détendu...

Alexonmoon n’ira pas plus loin

Event #55 : Poker Players Championship 50 000$ (Day 2)

Cette photo de chaton ne sera pas de trop pour encaisser la mauvaise nouvelle contenue dans cet article.

Vous connaissez la blague : si un chat retombe toujours sur ses pattes, et que la tartine chute toujours du côté beurré, que se passe t-il lorsque l’on lâche un chat avec une tartine collée sur le dos ?

Bon, OK, rien à voir avec la choucroute, je l’avoue, mais je ne peux m’empêcher de me dire que si j’avais discrètement collé une tartine beurrée (ou un chat) dans le dos d’Alexandre Luneau à son retour de la pause-dîner, peut-être qu’il n’aurait pas été éliminé aussi vite, et serait à la place perpetuellement resté en équilibre dans l’épreuve la plus passionnante à suivre des WSOP (ex-aequo avec le Main Event), sans jamais se casser la gueule jusqu’à la victoire finale.

Quelques minutes après avoir repris place à sa table sur le coup de 22h30, Alex a joué un gros coup de Deuce-to-Seven contre Rep Porter. Les deux sont allés jusqu’au showdown après avoir misé à tour de rôle, et changé une ou plusieurs cartes chacun jusqu’au dernier tour d’enchères. Alex fut le dernier à miser, avec Valet-9-7-4-2. Rep a hésité quelques instants avant de payer avec Valet-6-5-4-2, autrement dit un jeu meilleur. « C’était le snap-call du siècle » me dira Alex après coup.

L’action a viré vers le No-Limit Hold’em : une bonne nouvelle pour Alex, qui allait probablement avoir plus de facilités à pousser son tapis désormais réduit à moins de huit blindes. Ce qu’il fit quelques instants plus tard, s’engageant avec AQ après une relance de son voisin de droite John Racener en position UTG. Ce dernier n’avait pas grand chose à rajouter avec son Q9, et à trouvé un 9 dès le flop pour remporter le 70/30 et éliminer Alex aux alentours de la soixantième position.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, j’ai appris dans le même temps l’élimination de l’autre Français de ce tournoi, David Benyamine. Au compteur : 58 joueurs restants, et un peu plus de deux heures à jouer ce soir.

Le Day 1 d’une vie

Event #56 - NLHE 1 500$ (Day 1) : Frédéric Brie sauve l'honneur des qualifiés Winamax et se qualifie pour le Jour 2.

En un tout petit peu plus d'un an passé à couvrir des tournois de poker - une broutille, j'en conviens, comparé à mes illustres collègues - allant d'une étape provinciale du WiPT au plus grand EPT de l'histoire, jamais encore je n'avais pu observer un joueur aussi heureux de franchir un Day 1. Ce joueur, c'est Frédéric Brie, qualifié pour le deuxième jour de cet Event #56 à la faveur d'un satellite à 150 euros, lui offrant également le droit de disputer l'épreuve #53 dans quelques jours, et qui fait preuve en ce dimanche soir d'une bonne humeur et d'une fraîcheur qui font véritablement plaisir à voir.

"En plus, c'était très dur en début de journée, raconte-t-il. J'ai eu énormément de paires servies, mais sans jamais toucher de brelan et avec toujours des overcards au flop. Du coup je suis assez vite tombé à 2 600 jetons, soit treize blindes à ce moment-là. Celui qui m'a sauvé, c'est ce joueur en tilt complet qui a payé mon tapis avec 10-9 suités alors que j'avais une paire de 9. Sur la main d'après, un joueur ouvre trois fois la blinde UTG, je shove ma paire de Roi. Il tank tout sa vite, me paie avec As-Roi, et ça tient." Des rencontres bienvenues qui permettent à Frédéric de faire partie des 293 survivants (sur 1 860 inscrits) de cette permière journée, avec un tapis plus qu'honorable de 49 600 jetons, légèrement supérieur à la moyenne.

"Franchement, ça fait plaisir, poursuit-il. Je n'avais joué que quelques tournois live jusque-là, sans jamais passer le Jour 1. J'ai même réussi à sauter en vingt minutes à Clichy pour la dernière Finale du Winamax Poker Tour ! Mentalement c'était donc assez compliqué de venir ici, sans aucun résultat. Du coup, c'est déjà un peu une victoire d'en arriver là, surtout que les places payées ne sont plus très loin." Effectivement, avec 279 ITM, le gain minimum de 2 253 dollars tend les bras au dernier de nos qualifiés. En espérant pourquoi pas beaucoup mieux. On a le droit de rêver non ? "En tout cas, ça fait un an que je travaille pour ça, conclue-t-il. Je regarde notamment énormément de vidéos, pour essayer de faire progresser mon jeu." Voilà donc la première d'une série de nombreuses étapes franchie. Reste maintenant le plus dur, confirmer ! Nous ne manquerons pas de suivre cela demain à partir de midi au sein de la prestigieuse Amazon Room.

À noter que huit autres Français seront ce lundi au départ du Day 2 : Guy Pariente (80 800), Arnaud Esquevin (78 800), Gilbert Diaz (39 700), Jean Montury (36 000, photo), Adrien Allain (34 200), Jimmy Guerrero (30 000), Arnaud Caussin (27 900), Thibaut Klinghammer (22 800),

Souris Jimmy, tu es au Jour 2 !

Gilbert Diaz n'a pas joué dans Reservoir Dogs, mais je lui attribue haut la main le titre de meilleur Mr. White de ce tournoi.

C'est frappant non ?

Comme à son habitude, Faraz Jaka a monté un gros tapis sur ce Jour 1, pour grimper à la 9e place du chipcount.

Dernière ligne droite, la plus difficile

Event #54 : Crazy Eights 888$ (Day 2) - Guignol se bat pour atteindre la table finale

1h11 à Las Vegas. Il se fait tard, pour nous et surtout pour les joueurs, encore en train de jouer sur le tournoi Crazy Eights 888. Ils sont encore 13 à se battre. Heureusement pour eux, ils sont également dans la dernière heure de cette journée. Après ça, on remballe, et direction le Day 3.

Des news d'Aurélien Guiglini ? C'est plutôt calme. Aurélien aussi est cramé, quoique parfaitement concentré. Il vient de changer de table récemment (le fameux équilibrage des tables) et se retrouve en face du Bulgare Dimitar Danchev. Comment ai-je fais pour le zapper le vainqueur du PCA en 2013, runner up de l'EPT San Remo, runner up d'un event WSOP ? Un véritable bon client en soi.

En possession de 1,6 millions, Guignol n'est pas vraiment max comme dit, mais la structure est belle, et les espoirs sont encore intactes pour Aurélien, qui possède tout de même 26BB.

C'était le point de 1h11. On en fera un plus complet une fois les jetons de tous les joueurs rangés dans un sac. Dans pas très longtemps finalement...

Coucou Dimitar Danchev

Quand tu te fais craquer une flush, par un mec qui avait deux paires à la turn et qui a trouvé full sur la river...

« Demain, c’est jouable… »

Event #54 : Crazy Eights 888$ (Day 2) - Aurélien Guiglini accède au Day3, ils ne sont plus que 12 joueurs !

« Ce tournoi ressemble un peu à celui que j’ai deeprun l’an passé déjà. Demain, je pense que c’est jouable en tout cas. »

La confiance est là, les jetons sont en place, l’expérience est à son avantage, son niveau de poker est probablement supérieur à celui de la moitié du field encore présent… on ne va pas se mentir, oui Aurélien Guiglini est clairement en position de force pour se/nous faire rêver sur ce tournoi Crazy Eights 888. Et ainsi aller chercher une nouvelle table finale, un an après son deeprun sur un Event à 1 500$, soldé par une place de runner up.

Guignol a connu un coup de moins bien dans ce dernier niveau, « je suis fatigué, les journées sont très longues. » Néanmoins, en deux mains de poker, dont une petite bataille de blindes sanglante, il a récupéré suffisamment de jetons pour aborder ce Day 3 avec un tapis presque équivalent à la moyenne : 2,78 millions.

« Le début de journée était capital, il fallait que je me maintienne dans les 30 ou 40 blindes de moyenne. Ce que j’ai réussi à faire. Et puis quand on a commencé à être deep, je me suis senti très à l’aise. N’oublions pas qu’il s’agit d’un tournoi à 888$, pas un tournoi à 5 000$. Il est évident que le niveau est plus faible. »

Douze joueurs restants, c’est bien, mais ce n’est pas encore la table finale, puisqu’elle se jouera à 9 joueurs : « Je pense que le plan ce serait d’être agressif demain parce que… oh et puis en même temps, je ne sais pas si ça sert à quelque chose d’avoir un plan, je ne le respecte jamais. Je vais en tout cas essayer de faire de mon mieux. »

Déjà assuré de remporter 44 705$, Guignol sait que les paliers vont être importants par la suite, et que c’est à ce moment là que mettre la pression à des joueurs plus faibles ou plus terrorisés par ces paliers, serait une bonne idée. « Ça dépendra aussi pas mal de ma table demain. On verra bien. »

Soutenu ce soir par le coach Stéphane Matheu, par Pierre Calamusa (belle coupe de cheveux d'ailleurs non ?) et par la fameuse Polly Morrison, Aurélien risque d'avoir pas mal de supporters demain si jamais.... ah non, c'est vrai, on a dit qu'on ne parlait pas encore de table finale pour ne pas se noircir #maisçasentquandmêmetrèsbon

Rendez-vous 14h pour la reprise du tournoi. Les blindes passeront à 40 000/80 000, pour une moyenne à 37 blindes. Une véritable partie de plaisir attend les supporters Français, alors que Guignol a une revanche à prendre sur sa table finale de l'an dernier. Le bracelet lui avait filé sous le nez, surement pas le meilleur moment de sa carrière. Dans 24h, l'affront pourrait déjà être lavé.

Chipcount officiel :

Chipleader - Chase Johnson (USA) : 4 405 000 2e - Michael Lech (USA) : 4 250 000 3e - Hung Le (USA) : 3 840 000 4e - Henry Grunzweig (USA) : 3 360 000 5e - Dimitar Danchev (Bulgarie) : 3 165 000 6e - Yang Zhang (Chine) : 2 970 000 7e - Aurélien Guiglini (France) : 2 780 000 8e - Nils Bardsley (USA) : 2 780 000 9e - Loni Harwoord (USA) : 2 060 000 10e - Rafael Yaraliyev : 1 975 000 11e - David Jackson (USA) : 1 435 000 12e - Francis Anderson (USA) : 1 400 000

Payout :

Vainqueur : 888 888$ Runner up : 401 888$ 3e : 297 888$ 4e : 222 888$ 5e : 167 888$ 6e : 126 888$ 7e : 96 888$ 8e : 74 888$ 9e - 10e : 57 605$ 11e - 12e : 44 705$

T-shirt validé. David Jackson sera également au Day 3, mais en position de shortstack

Very good luck à Aurélien ou plutôt RAISY DAISY BABY

Come on guy !!!