Top 5 : les destinations atypiques

Top 5 : les destinations atypiques

Par Soflo dans Général Tournois Live

Le poker en live, ce n'est pas juste Las Vegas, Prague ou Barcelone. Les pros nous révèlent leurs meilleurs plans pour taper le carton loin des sentiers battus.

Les destinations atypiques
Mélanger poker et vacances : existe-t-il une meilleure façon de pratiquer notre jeu préféré ? Jeu planétaire par excellence, le poker est une très bonne excuse pour partir à la découverte de contrées lointaines où l'on n'aurait jamais imaginé poser les pieds. Si vous avez envie de changement après avoir poncé Barcelone, Las Vegas, Aix-en-Provence, Namur ou Prague, laissez-vous guider : aidés par une brochette de joueurs/globe-trotteurs, on vous propose un petit top 5 des destinations atypiques où le poker est solidement installé.

Île Maurice : la carte du paradis

Ile MauriceProjetons-nous au beau milieu de l’océan Indien, plus précisément sur une petite île de 2 000 km² : l’île Maurice. Alors que l’offre poker est très limitée sur l’île de la Réunion, c’est tout l’inverse chez les voisins mauriciens. De quoi donner envie au chaleureux Guillaume Bessolles (photo ci-dessous) d’y faire un tour quelques fois dans l’année. “Le casino de l'île Maurice est une étape assez classique pour les joueurs réunionnais. Dès que je viens voir ma famille à la Réunion, c’est un peu un arrêt incontournable”, explique le Toulousain, régulier sur le circuit live francophone.

Ti VegasOutre les parties quotidiennes de cash game, l’offre de tournois est en plein développement avec notamment le circuit African Series of Poker (ASOP) qui fait plusieurs escales à l’année au Ti Vegas Casino de l’île Maurice. L’inspiration des WSOP est partout, jusque dans l’attribution de bracelets (des bracelets ASOP, donc) pour chaque festival. A contrario, le décor n’a rien à voir avec Sin City. “C’est un lieu très agréable pour jouer. Les plages de sable fin sont à deux pas et les beaux hôtels sont tout aussi près. Pour autant, le coût de la vie y reste abordable pour profiter à côté des restaurants, des sorties ou des expériences insolites”, décrit Guillaume.

Guillaume BessollesEn plus de son cadre idyllique, l’île Maurice offre des conditions attrayantes aux joueurs, facilitant ainsi leur expérience de jeu. “Contrairement à la France, il est possible de deal et le taux de change est assuré par l’organisateur et le casino. Le joueur n’est donc pas lésé par une variation de la monnaie, et ça c’est top”, savoure Guillaume. Une aubaine donc, pour tous les joueurs étrangers, notamment les Français expatriés à Malte, qu'il croise régulièrement dans les couloirs du casino. Bref, si on omet le prix quelque peu exorbitant du billet d’avion suivant la saison ou les croupiers “pas top” (dixit Guillaume), l’île Maurice a tout de la destination rêvée, promettant des vacances paradisiaques et parties de cartes endiablées contre une population locale dépourvue de top regs et remplie de joueurs “loose sticky”. Que demander de mieux ? - Soflo

Brésil : la passion débordante

Top 5 : les destinations atypiquesTous les habitués des WSOP le savent : quand un joueur brésilien atteint une table finale, l'ambiance dans les tribunes est garantie, les brasileiros n'ayant pas leur pareil pour recréer à Las Vegas l'ambiance du Maracanã à grands renforts de chants et de bannières. Oui : le Brésil est l'un des pays où la passion pour le poker est la plus brûlante... et João Vieira n'hésite pas à affirmer qu'elle y est même plus chaude encore qu'à Las Vegas ! "J'ai eu l'occasion de jouer une fois à Rio, mais il n'y a plus de poker [depuis 2024 a priori, NDLR], et aussi à São Paulo, nous explique le Portugais du Team Winamax. J'ai été incroyablement surpris. Deux salles de tournoi énormissimes. Je n'avais aucune idée de l'engouement pour le poker là-bas."

Top 5 : les destinations atypiquesLes chiffres ne mentent pas : né en 2006, le circuit BSOP (Brazilian Series of Poker) est de loin le plus gros évènement poker d'Amérique du Sud, et l'un des seuls au monde proposant des fields équivalents à ceux de Las Vegas. En 2021, le Main Event du BSOP São Paulo a par exemple attiré 4 115 inscrits, pour un buy-in de 3 500 réals (600 €). "Absurde !" sourit João pour décrire son expérience au milieu des fields brésiliens. "Tout est génial. La bouffe. L'organisation. Le staff. Et les fields, aussi. J'ai joué seulement les buy-ins les plus chers, et les fields étaient très cool. Et sur les tournois moins chers, on me dit que c'est exceptionnel."

Top 5 : les destinations atypiquesAu-delà d'une adversité moindre que dans d'autres continents, notre Team Pro a été impressionné par l'enthousiasme des locaux. "Ils adorent le poker. Ils sont extrêmement passionnés, plus qu'à Vegas ! Ils prennent des photos tout le temps, il y a des trophées pour les trois premiers de chaque tournoi... C'est vraiment un endroit génial pour le poker. Je n'ai pas pu y aller l'an passé, mais le projet est d'y retourner chaque année à partir de maintenant." Les amateurs de variantes (comme João) ne manqueront pas de saliver en l'écoutant nous décrire le programme des tournois : tous les jours, on peut jouer en Mixed Games, avec une vingtaine de tournois consacrés aux formats exotiques sur l'ensemble de chaque festival. Et puis, on ne vous apprendra rien en disant que le Brésil dispose de nombreux atouts n'ayant rien à voir avec le poker... "Autour du casino, il y a des pagodes avec de la musique, à boire et à manger..." N'en dis pas plus João, la prochaine fois, on t'accompagne ! - Benjo

Taipei : le New York asiatique

TaipeiC'est à la faveur de l'annulation de l'EPT Paris qu'Hugues Girard (photo ci-dessous) a eu un coup de coeur pour Taipei, la capitale de Taïwan, au début de l'année 2025. "J'avais un voyage prévu en Asie, c'est comme ça que j'y suis allé. C’est une ville très cosmopolite, un mélange de Chine et de Japon avec des vagues occidentales, une sorte de New York d’Asie”, décrit le globe-trotter et runner-up de la Grande Finale WiPT en 2024. Pour ne rien gâcher, Hugues y a très rapidement signé de beaux résultats.

APT TaipeiSon dernier en date ne remonte pas plus loin qu’à fin novembre, avec une victoire sur le High Roller Ultra Stack de l’Asian Poker Tour (APT) pour près de 70 000 €. Déclinaison de l’EPT en version asiatique d’après Hugues, on y retrouve des tournois de 500 à 15 000 € l’entrée lors des deux passages annuels du festival, dont la grande finale en novembre. Alors que le circuit Triton a choisi Jeju (Corée du Sud) comme base en Asie, Taipei est selon Hugues la deuxième plus grosse place-forte du poker sur le continent. Mais, tandis que nos confrères ayant pu visiter Jeju nous font le récit d'un casino un peu tristounet au milieu d'une zone commerciale, Taipei semble avoir de sérieux atouts touristiques.

Hugues GirardLe côté new yorkais décrit par Hugues se retrouve notamment dans le panel de plats proposés au détour de n’importe quelle rue. Un soulagement pour les estomacs sensibles de nous autres Européens, mais pas que… “Il y a des vols directs depuis Las Vegas, ce qui est plutôt pratique”, précise Hugues. Rien d'anormal, donc, que de parfois croiser des cow-boys échappés du Nevada sur celle que l'on surnomme la “belle île”, au milieu d’un field sculpté par la géopolitique et les législations locales."Il y a essentiellement des joueurs locaux plutôt tight, mais aucun Chinois - qui eux sont bien plus joueurs." Pourquoi ? "Car ils n’ont pas le droit de jouer à Taïwan, on les retrouve plutôt à Jeju. Alors que les Coréens, eux, ne peuvent pas jouer chez eux : résultat, ils viennent à Taipei", explique le Français, qui prédit un bel avenir à l'île taïwanaise : “Le poker est encore émergent chez eux, il y a un réel engouement.” - Soflo

Liechtenstein : la mise au vert

Plus près de chez nous, plongeons-nous dans le calme et les verts pâturages d’un minuscule pays au coeur de l'Europe : le Liechtenstein. La principauté, grande de 160 km² (moitié moins que Marseille !), abrite 39 000 âmes, des éperons rocheux à tout bout de champ et quelques casinos : un temps six mais seulement quatre aujourd'hui, on va y revenir.

Mathieu ChoffardetUn décor et une quiétude qui ont tout de suite plu à Mathieu Choffardet. “Si tu aimes la montagne, c’est magnifique. Rien que pour s’y rendre, tu prends du plaisir ! Les gens sont gentils, le field est soft. C’est calme, c’est chill, il n’y a pas d'agressivité", décrit le Youtubeur qui a découvert le spot en septembre 2025. Autre facteur qui a bien aidé Mathieu à se sentir bien au Liechtenstein : comme pour Hugues Girard à Taipei, les perfs sont arrivées tout de suite. Ainsi, dès sa première visite, il y a signé sa plus belle victoire en carrière : 64 000 $ remportés sur le Main Event du Grand Casino Poker Series. 

LiechtensteinSurnommé le “petit Las Vegas des Alpes”, avec un casino pour 6 000 habitants, le Liechtenstein attire de nombreux joueurs des pays frontaliers. Mais les réguliers se font tout de même rares, d’après Mathieu. “C’est compliqué pour venir ici. Tu dois atterrir à Zurich pour ensuite prendre un train. Forcément, peu de joueurs pros s’y rendent.” Toujours dans la comparaison avec Sin City, l'enclave subit elle aussi une baisse de fréquentation dans ses casinos. En cause, depuis janvier 2025, une législation banissant des casinos du Liechtenstein les joueurs suisses faisant déjà l'objet d'une interdiction de casino chez eux.

Salle de tournois du GCD’après CH Media, relayé par Blick, ce sont près de 100 000 Suisses qui sont concernés par cette interdiction. Forcément, le coup d'arrêt est sérieux, avec une baisse du chiffre d’affaires de 85 % constatée. En 2025, ce sont donc deux casinos qui ont dû fermer leurs portes. Dans ce contexte, les responsables des établissements de jeu se montrent toujours plus créatifs pour attirer de nouveaux joueurs. “Ils proposent plein de petits défis annexes pour rendre le jeu plus attrayant. Les joueurs dans le top 5 des tournois prennent un bonus, il y a un système de Leaderboard et les buy-ins varient de 100 à 2 500 € avec de belles structures”, appuie Mathieu. Ces initiatives sont les bienvenues, mais il est encore trop tôt pour juger de leur efficacité dans un marché sur la corde raide, qui navigue à vue… avant de faire naufrage ? On croise les doigts, en espérant que le temps ne soit pas compté pour le poker au Liechtenstein. - Soflo

Dakar : un secret trop bien gardé

DakarSi vous suivez Pierre Calamusa à la trace sur les réseaux sociaux, vous connaissez la chanson : chaque mois de janvier, son feed se remplit de photos de safaris dans la savane, de plages paradisiaques, de l'eau bleu turquoise de la piscine d'un hotel resort cinq étoiles, et même parfois de parties jouées à moitié à poil. On est à Dakar : le seul endroit où LeVietF0u veut être pour démarrer chaque nouvelle année. Cela fait maintenant plus de quinze ans que le Terrou-Bi, l'un des hôtels-casinos de la capitale sénégalaise, propose des parties de poker... mais aujourd'hui encore, Dakar reste une destination peu connue des joueurs occidentaux. Laissons Pierre, l'un de ses plus fervents VRP, nous expliquer en quoi ce n'est pas juste.

Dakar"Le luxe personnalisé pour pas trop cher" : en une formule, le Team Pro résume l'expérience d'un séjour poker à Dakar. "Pour 100 € la nuit, tu peux dormir dans l'un des hôtels les plus luxueux qui soient. On n'est pas loin du confort du Palace Es Saadi à Marrakech, qui tourne autour de 400 la nuit. Tout est pris en charge : le transfert depuis l'aéroport, les formalités de douane, les repas, la plage privée, et j'en passe. Avec, en plus, un service de conciergerie aux petits soins pour n'importe quel besoin : réserver une table ou une excursion, trouver un médecin..." OK Pierre, mais tous ces avantages ne sont-ils pas réservés aux VIP dans ton genre ? Justement, non ! "Je ne bénéficie d'aucun traitement de faveur, jure-t-il. Je paie le même prix que tout le monde. Pour accéder à tous ces avantages, il suffit d'acheter un des packs de tournois proposés par le casino."

DakarOutre des parties de cash-game quotidiennes (à partir de 1 €/3 €), le casino Terrou-Bi propose au moins un gros festival de poker par an : le Dakar Poker Tour, avec une dizaine de tournois aux buy-ins compris entre 200 000 et 2 millions de francs CFA (entre 300 et 3 000 €), dont un Main Event tarifé à 1 250 € environ. C'est cette série de tournois que chérit Pierre chaque année, après avoir entendu l'ancien pro du Team Winamax Antony Lellouche en chanter les louanges il y a bien des années de cela. "Il m'avait décrit Dakar comme un petit coin de paradis. Vu qu'Anto a bien bourlingué autour du monde et qu'il connait tout, je savais que cela allait être quelque chose de spécial."

DakarCertes, Pierre reconnaît quelques contraintes qui pourraient rebuter le voyageur inexpérimenté : un billet d'avion assez cher, environ 1 000 € aller/retour depuis Paris ("mais Transavia propose des vols au départ d'autres aéroports français, aux prix bien plus avantageux"), et des lenteurs administratives : comme on est hors zone Europe, il est compliqué de faire un virement au casino, et pour vous faire payer vos gains, ne comptez pas recevoir des euros. Mais ces petits tracas sont "complètement annulés par des à-côtés extraordinaires." Et Pierre de nous décrire les langoustes qu'il s'envoie tous les soirs, ses expéditions en ville pour y découvrir la vie nocturne, voire même des excursions loin des sentiers battus. "Ce qui est génial, c'est que les tournois ne commencent pas avant 17 heures, donc tu as le temps d'explorer. Tu peux faire un safari à deux heures de voiture. Tu te lèves à neuf heures, tu pars voir les lions, les rhinocéros, etc, et tu reviens jouer en fin d'après-midi. Ca donne des journées assez folles !"

DakarLe poker pratiqué semble assez fou lui aussi. "On n'est pas entre professionnels. En moyenne, tu en as un seul par table. Il y a quelques regs français comme Mathieu Papineau et Cécile Ticherfatine, mais tu vas surtout croiser les classes les plus aisées du Sénégal. Des avocats, des industriels... Ils envoient des parpaings comme des malades, et ils ont des anecdotes dingues." Des anecdotes, Pierre en a aussi. "Je me rappelle de ce type habillé en marabout. Et forcément, il m'a marabouté, en me payant tapis avec 2 et 3 suité ! Il m'a dit 'J'ai la main sur toi, je vais te marabouter', avant de me payer. Il a fait brelan au flop !" Autre célébrité locale que vous pourriez croiser là-bas : un certain 'Hassan le Gambien', connu pour jouer... à tapis in the dark. "C'est un mec très riche qui ne joue que les tournois les plus chers, il est capable d'envoyer 30 bullets sur un seul tournoi sans jamais regarder ses cartes ! L'an passé, sur le Super High Roller à 3 000 €, il y a eu 29 inscriptions... dont 12 rien que pour lui !"

Un dernier point : Dakar et son casino se prêtent très bien à un séjour avec femme et enfants. "On est beaucoup à venir en famille. Victoire [la petite de Pierrot] s'est fait des copines en provenance de Guinée-Bissau. Au bout de deux semaines, c'est limite si elle ne parlait pas avec l'accent de là-bas !" Et Pierre de conclure : "C'est difficile à décrire quand on n'y est jamais allé, mais c'est un rythme unique. Tu vois ta famille heureuse, tu passes la journée à la plage, et comme les tournois ne sont pas très gros, 100 joueurs en moyenne, tu ne joues pas trop longtemps : de 17 heures à 1 heure du matin. Dakar, c'est un Eldorado encore trop peu exploré. Je dirais même : une mine d'or loin d'être épuisée !" - Benjo

Alors, on part où ? Réagissez sur nos réseaux !

Crédit photos Île Maurice : Guillaume Bessolles & Ti Vegas
Crédit photo APT : Asian Poker Tour
Crédit photo BSOP : Brazilian Series of Poker

Tous nos Tops 5 poker

Les pages à suivre

t in f wtv wtv wtvwtv