PokerStars European Poker Tour Prague 2019 - Main Event - 2

Vendredi 13 - Chapitre 2 : Un nouveau défi

425 joueurs attaquent le Day 2 Déjà de la casse du côté du Team Winamax Main Event 5 300 € (Day 2)

Salle pleine

Avec l'apparition de la big blind ante et les modifications d'usage apportées à la structure, franchir le Day 1 d'un Main Event EPT n'a désormais plus rien d'une balade de santé. À moins que l'ajout de l'option re-entry n'incite les joueurs les plus fortunés à prendre des risques qu'ils n'auraient pas même envisagé auparavant, et donc à alourdir la liste des sortants prématurés. Jugez plutôt : si l'on combine les chiffres des deux journées de départ ici à Prague, ils ont été à peine plus d'un tiers des entrants à composter leur billet pour le Day 2. Et ne comptez pas sur ce Day 2 pour calmer le jeu, bien au contraire, car là encore, les statistiques des précédentes éditions de 2019 sont formelles : entre deux tiers et trois quarts des joueurs et joueuses qui ont pris place à midi dans la salle de tournois principale de l'Atrium vont nous quitter aujourd'hui.

Croupier Noël

Petit croupier Noël...

D'ici là, certains d'entre eux auront tout de même eu le plaisir de découvrir une échelle des gains qui devrait sensiblement ressembler à celle de l'an passé. On s'explique : aux 391 inscriptions du Day 1A et 745 du Day 1B se sont ajoutées ce midi 18 entrées (dont Andreas Klatt, Daniel Dvoress, Timothy Adams, Ludovic Geilich ou encore Matthias Eibinger, qui vont (re)démarrer leur tournoi avec moins de vingt blindes), pour porter le total à 1 154... à deux unités seulement de l'affluence enregistrée en 2018. Nul besoin d'avoir un Bac+5 en voyance option Paco Rabanne pour prédire que le nombre de places payées devrait tourner autour de 175, avec un min cash d'environ 8 700 €, tandis que le premier prix devrait atteindre les sept chiffres. Cela ne nous empêchera pas cela dit de vous communiquer les chiffres exacts dès que l'organsation les aura tiré de son chapeau.

Ivan Deyra

Malheureusement pour les troupes au W rouge, trois des leurs ont déjà dû renoncer à leur prétention sur ce joli chèque cadeau de Noël. Aladin Reskallah tout d'abord, qui a légué ses quinze dernières blindes à Steve O'Dwyer après son Roi-Dame a trébuché sur le As-7 de l'Américano-Irlandais, suivi d'Adrien Delmas, dont les quelques 10 BB n'auront survécu qu'une vingtaine de minutes, puis de Leo Margets. Heureusement, nous avons tout de même repêché quelques bonnes nouvelles dans nos filets, par l'entremise du mousaillon Deyra. "J'ai fait doublé un short stack d'entrée de jeu, détaille Ivan, pour ensuite doubler à mon tour sur lui avec deux Dames contre As-Roi. En plus, un joueur avait 3-bet à 12 000 et fold sur mon tapis donc j'ai récupéré pas mal de dead money." De quoi grimper à 75 000 à partir des 43 000 du début de journée et activer tranquillement le mode croisière.

Kalidou Sow - Bart Lybaert - Gaëlle Baumann - Alexandre Réard

Pour Gaëlle Baumann, ce sera directement la table TV au retour du premier break de la journée. Il faut dire qu'en ce vendredi 13, O RLY n'a pas franchement été la plus chanceuse au tirage de table, échouant sur la proverbiale table de la mort, au beau milieu d'un virage composé d'un Kalidou Sow de retour sur la terre de son plus bel exploit, un Bart Lybaert nouveau chipleader du tournoi et Alexandre Réard, sur un petit nuage après avoir signé la plus belle perf' de sa carrière il y a moins de 48 heures sur l'EPT National Highroller. Alors, inquiète, stressée, tendue Gaëlle ? Exactement l'inverse ! "Je suis en train de me marrer toute seule à lire les commentaires sous le post Instagram d'Aladin à propos de cette photo de Pierre, explique-t-elle, hilare. Franchement, le photographe il était pas sérieux." Pour égayer votre journée quelques minutes, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Quant à Gaëlle, nul doute qu'elle aura moins l'occasion de se bidonner maintenant sous le feu des caméras.

Pierre Calamusa - Simon Brandstrom

Vous l'avez donc lu, le nouveau leader en ville est Belge, non seulement parce que Bart Lybaert a fait grimper son capital juste en dessous du demi-million de jetons, mais aussi parce que notre Pierre Calamusa national a perdu quelques plumes. Rien de bien grave, rassurez-vous, LeVietF0u plane toujours sereinement au-dessus des 400 000, mais nous l'avons notamment perdre un pot d'environ 75 000 lorsqu'il s'est value cut en misant avec 7-6 off sur la rivière d'un board 3-4-As-5-As avec trois trèfles, pour se faire payer dans la seconde par K8. Non, le plus inquiétant pour le Grenoblois est plutôt l'homme assis à sa gauche, Simon Brändström, l'un des tubes de cette année 2019, en sa qualité de triple vainqueur du WPT Deepstacks puis de l'EPT Barcelone entre mars et septembre, avant de s'offrir début octobre le WPT Nottingham, le tout pour près d'1,8 million d'euros. Plus qu'un sérieux client donc, une véritable menace.

Concluons ce premier tour d'horizon avec le programme de ce Day 2, qui s'écoulera le temps de cinq niveau de 90 minutes, entrecoupés de pauses de vingt minutes, mise à part la dernière, qui en durera trente, probablement pour cause de chip race. Tout cela devrait nous amener jusqu'à 21 heures, et même vraisemblablement un petit peu plus tard, à cause d'une bulle qui ralentit toujours un petit peu l'action. Installez-vous confortablement, de préférence sous un bon plaid bien chaud, une tasse ou un verre de la boisson que vous préférez à la main, c'est parti pour une très belle fin de semaine de poker.

La structure du jour

Level 11 : blindes 800 / 1 600 BB Ante 1 600 Level 12 : blindes 1 000 / 2 000 BB Ante 2 000 Level 13 : blindes 1 000 / 2 500 BB Ante 2 500 Level 14 : blindes 1 500 / 3 000 BB Ante 3 000 Level 15 : blindes 2 000 / 4 000 BB Ante 4 000

Un gros cadeau à sept chiffres

Le vainqueur de l'EPT Prague sera (peut-être) millionaire 167 joueurs seront payés Main Event 5 300 € (Day 2)

N'écoutez pas ce que vous disent les chanteuses blondes américaines, tout ce que l'on veut pour bien attaquer Noël, c'est un magnifique, un superbe, un mirifique chèque d'un million d'euros à aller déposer à la banque et à garder bien tranquillement pour soi pour gâter ses proches en cette période souvent douloureuse pour le porte-monnaie. Mardi prochain, un petit veinard aura l'occasion d'ajouter 1 005 600 € sur son compte... à condition bien sûr qu'aucun deal n'ait lieu, ce qui nous étonnerait grandement lorsque l'on voit que le runner-up repartira de son côté avec un tout petit moins de 600 000 €. Si l'on partait faire un sondage dans la salle de tournois, à moins de bénéficier d'une avance conséquente (et encore), peu nombreux seraient sans doute les joueurs à vouloir disputer un heads-up à 400 000 €. L'avenir proche nous apportera la réponse.

Si l'on descend quelques barreaux de cette échelle des gains praguoise, on constate que les neuf finalistes encaisseront au moins 74 770 €, quand la barre à six chiffres sera atteinte avec la septième place, bonne pour 134 610 €. Un ticket pour les demi-finales vaudra lui 44 500 €. Enfin, pour ce qui nous concerne plus directement, 167 joueurs seront récompensés aujourd'hui (soit un tout petit moins de 15% du field), d'un gain minimum de 8 960 €. Avec déjà seulement 272 noms au tableau d'affichage sur les 413 partants du jour après seulement un niveau et demi, la bulle semble donc approcher à pas de géants.

L'échelle des gains en bref

Vainqueur : 1 005 600 € Runner-up : 598 880 € 3e : 421 450 € 4e : 316 780 € 5e : 241 230 € 6e : 177 420 € 7e : 134 610 € 8e : 96 100 € 9e : 74 770 €

10e : 62 070 € 16e : 44 500 € 24e : 27 930 € 50e : 17 460 € 100e : 10 970 € 167e : 8 960 € 168e : une tape dans le dos et une pâte de fruit à l'orange

Main Event Nationalités

Sans surprise, les Français sont une fois de plus venus en masse à Prague (il faut dire que la capitale tchèque n'est qu'à 1h30 en avion), représentant le plus gros contingent d'inscrits. Sur ces quelques 110 entrées recensées, ils étaient selon nos estimations 42 au départ du Day 2, soit a priori plus que tout l'effectif tchèque, ultra minoritaire. L'un de nos compatriotes fera-t-il mieux cette année qu'Ugo Faggioli, qui avait manqué la finale d'un souffle l'an passé ? Nous ne souhaitons évidemment pas autre chose.

Roland est riche

Un nouveau Français s'invite en tête du classement Main Event 5 300 € (Day 2)

Roland Chassing

Riche en jetons bien sûr, puisque pour les gros sous, rappelons qu'il faudra attendre mardi, pour connaître notamment le vainqueur du million d'euros promis à la gagne. En attendant, avec environ 525 000 jetons devant lui, il semblerait que Roland Chassing soit le nouveau chipleader de ce tournoi. Si ce nom vous était jusqu'alors inconnu, sachez qu'il est va de même pour nous, le vétéran tricolore étant plutôt adepte des épreuves low stakes du circuit français, aux buy-in compris entre 150 et 500 €. Pour preuve supplémentaire de son anonymat, même avec dix places payées collectées entre mars 2018 et décembre 2019, la meilleure perf' de Roland lui a rapporté moins que le buy-in à 5 300 € de ce Main Event ! Est-ce la curiosité, le plaisir de la découverte qui l'ont poussé à faire le déplacement jusqu'à Prague ? Gageons que nous aurons l'occasion d'en savoir plus bientôt, car pour l'heure, le chef de file tricolore est en mission.

Son dernier coup de boost est intervenu alors que son tapis dépassait déjà les 400 000 pions. Derrière une ouverture à 5 500 du joueur au hi-jack (les blindes sont de 2 500 / 5 000) suivie par le cut-off et le bouton, Roland découvre une paire de 3 en petite blinde et décide de s'inviter à la fête, tout comme son voisin de gauche, et a le plaisir de découvrir un flop J39. Check collégial qui précipite l'arrivée du K au turn. Le Français prend alors les devants, avec une mise minimum de 5 000... surrelancée aussitôt à 26 000 par la grosse blinde. La parole revient à notre compatriote, qui annonce tapis sans tarder, demandait les quelques 75 000 restants de son adversaire, qui snap call avec J9. Le 5 sur la rivière est une brique bien solide qui offre sur un plateau ce pot conséquent à Roland Chassing, lancée à pleine vitesse sur l'autoroute qui mène aux places payées.

Kool Shen DU

De l'autre côté de la table, le sort ne semble pas être aussi favorable à Kool Shen. "Ça a l'air bien de faire des brelans, mais moi j'aimerais déjà faire des paires !," souffle-t-il en jetant un oeil à son stack d'environ 60 000. "Je peux quand même te raconter un coup, poursuit-il. C'était hier. Un mec ouvre UTG et je paie en position avec une paire de 2. Flop 8-5-2 avec deux carreaux. Il c-bet et je raise tout de suite. Turn 5. Je fais 70% du pot. River... 5. Là j'ai envie de mourir, je me dis qu'il a tout le temps mieux. On a split, il avait A2 !"

À peine le temps de me mettre en place pour prendre la photo dans la foulée que Bruno annonce "all-in," suite à un open du siège 6. "60 000, c'est cher...," réfléchit-il à haute voix avant de payer avec AQ. Bien armé avec AK, KS est devant mais tremble tout de même à la vue d'un flop J109, heureusement suivi de deux briques. "On l'a attendu longtemps celui-là !," glisse le rappeur, de retour dans des eaux bien plus favorables. Comme quoi, même sans faire de paire, on peut gagner des jetons.

Il faut de tout pour faire un monde

Fortunes diverses au sein du Team W Main Event 5 300 € (Day 2)

Nos six chevaliers au W rouge scintillant frappé sur leur poitrine continuent de chevaucher au sein d'un field qui se rétrécit de minute en minute, mais tous n'irradient pas de la même aura. Pour l'heure, celle qui brille de mille feux aujourd'hui a une vue préférentielle sur l'ensemble de la salle de l'Atrium puisqu'elle évolue en table télévisée. Ou plutôt avait puisque sa table sera remplacée par celle de... Pierre Calamusa. Cessons de tourner autour du pot, vous l'avez compris, nous parlons bien de Gaëlle Baumann. Arrivée avec 46 000 jetons ce midi et vite descendue au niveau du seuil fatidique des vingt blindes, l'Alsacienne fait désormais flotter haut sa bannière, à 283 000, pour une moyenne située autour des 160 000.

Table TV

C'est bien simple, dès que mes yeux se sont posés sur le streaming, O RLY était en train de remporter un coup. Ses premières victoires sont on ne peut plus classiques, un coin flip de la survie gagné avec une paire de Valets contre As-Roi pour se redonner de l'air, avant de sortir le Russe Li avec paire de 8 contre deux 6. Et puis est intervenu le dernier en date, un pot de 200 000 en forme de set-up à trois où nous sommes arrivés sur la rivère d'un board KJ7810. Au bouton, après deux checks de Michael O'Grady et Bart Lybaert, la Française mise 75 000 avec le jeu quasi max, A9. Avec 77, l'Australien est bien embêté et prend le temps de la réflexion avant d'abandonner. Quant au Belge, il lâche rapidement son... KJ.

Malgré cette bonne forme, le Team Winamax reste mené par un VietF0u qui continue à se maintenir autour des 400 000, malgré trois lancers de pièce et une confrontation couleur contre couleur perdus. Difficile d'être inquiet pour lui cependant quand il possède encore 2,5 fois le tapis moyen. Comme quoi, même dans une journée sans, on peut toujours trouver quelques motifs de satisfaction.

Ces derniers ne semblaient pas bien nombreux en revanche du côté de Davidi Kitai, qui n'aura que quinze blindes devant lui au retour de pause. "J'ai pris une horreur, évacue le Belge avant de préciser. Le bouton ouvre à 6 000 et je 3-bet AQ en small blind pour 17 500. Ensuite, sur As-Roi-9-x-Valet, j'envoie trois petits barrels, quelque chose comme un quart du pot, un tiers puis un quart. Évidemment, je ne suis pas content de la river, j'aurais misé plus cher sur une brique, mais je pense qu'il peut aussi avoir quelques As-10." Finalement, son voisin lui montre la main que Dav' redoutait : As-Valet. "J'aurais quasiment pu doubler sur ce coup, et au final je passe de 120 000 à 60 000. En plus, il a redonné une bonne partie des jetons derrière en faisant un peu n'importe quoi." Autant dire que vingt minutes de break ne seront pas de trop pour aider le Génie à souffler et revenir dans un meilleur état d'esprit. Pas de quoi célébrer non plus chez Ivan Deyra, pointé à 21 BB et devancé par Kool Shen (environ 100 000) et Adrián Mateos (140 000). La barre des 200 joueurs restants n'est plus très loin et la bulle non plus. Dans une quarantaine d'éliminations, nous seront dans l'argent !

~240k sur 1k5/3k 205 left et 167 ITM, 1 cool M€ on top! pic.twitter.com/TzmUaLXHXe

— Sylvain Loosli (@SylvainLoosli) December 13, 2019

Il ne fait plus partie du Team Winamax mais cela n'est pas une raison pour ne pas prendre des nouvelles de Sylvain Loosli, dont le tapis ne cesse de progresser aujourd'hui.

Na shledanou*

*Ça veut dire "au revoir" dans la langue de Pavel NedvÄ›d Main Event 5 300 € (Day 2)

Avant de foncer tête baissée dans le long tunnel qui nous mènera vers la période toujours aussi stressante et/ou excitante de la bulle (tout dépend de la hauteur de votre tapis), jetons brièvement un coup d'oeil dans le rétroviseur pour célébrer les valeureux soldats tombés au combat. Avec plus de la moitié des partants de ce Day 2 portés disparus en presque cinq heures de jeu, la liste est logiquement assez longue.

Rainer Kempe - ElkY

Prenez une longue inspiration, voici tout d'abord une partie des pertes françaises : Aladin Reskallah, Adrien Delmas, Marius Conan, Xavier Mouysset, Alexandre Réard (un brelan trouvé turn qui s'est fracassé contre la couleur de Bart Lybaert), Parham Ahoor, Isabel Baltazar, Pierrick Burban (sorti par Adrián Mateos), Thi Nguyen, Jonathan Fhima, Hugo Pingray, Gillet Huet, Rabah Aït-Abdelmalek, Jérémy Saderne, Jimmy Guerrero (dans un 3-way all-in qui a aussi emporté Andreas Klatt, perdu avec une paire de Rois contre As-Roi), Maxime Chilaud, Renaud Lejal, ElkY (dont le potentiel duel avec Rainer Kempe ne nous a pas enflammé bien longtemps), Grégory Luttke-Grech ou encore Étienne Fortin.

À l'international, les têtes d'affiche n'ont pas non plus été épargnées, à l'image de notre W rouge Leo Margets, Ludovic Geilich, Parker Talbot, Matthias Eibinger, Daniel Dvoress (tous entrés en début de Day 2), Sergio Aido, Viktor Blom, Patrik Antonius, Fahredin Mustafov, Maxim Lykov, Steven van Zadelhoff, Sebastian Malec, Juha Helppi, Asi Moshe, Per Linde, Ole Schemion et Will Kassouf. Alors que moins de 25 tables restent en activité, la pré-bulle sera l'occasion parfaite d'un recensement en bonne et due forme des derniers visages connus. Pas d'inquiétude, ils sont encore nombreux.

C’est l’histoire d’une bulle…

La bulle éclate après une petite heure de tension Pierre, Gaëlle, Ivan, Bruno, Adrián et Davidi sont dans l'argent Main Event 5 300 € (Day 2)

Il existe des bulles de toutes sortes. Certaines qui marquent par leur longueur, figeant un tournoi dans le marbre parfois pendant des heures entières. D'autres, par leur inexistence, où un recomptage rapide finit par conclure que oui, les places payées ont bel et bien été atteintes, sans même que le main-par-main ne soit déclenché. Et puis il y a une troisième catégorie : les bulles banales, loin d'être interminables mais pas rapides pour autant. Les bulles "standard", histoire de reprendre l'un des termes les plus galvaudés du poker actuel, banni du vocabulaire de certains pros mais qui revient pourtant fréquemment.

Kool Shen Bulle DU

Il est exactement 19h30 quand démarre le dernier niveau de la journée. Il reste alors 169 joueurs pour 167 places payées. Deux joueurs de trop donc, qui vont tout de même mettre un peu de temps à sortir du bois. C'est à 20 heures que les premiers "all-in and call" se font entendre. Avec une paire de Dames, le premier joueur en danger double tranquillement face aux deux 10 adverses. La caravane de la bulle (directeur de tournoi, photographes, cameramen, reporters, quidams un peu trop curieux) se précipite alors vers une deuxième table, celle de Kool Shen, devant lequel trône un petit triangle rouge. Avec une paire de 10, Bruno a décidé d'envoyer sa petite dizaine de blindes au milieu suite à une ouverture de son voisin de droite. Fort heureusement, ce dernier retourne deux 8 et reste derrière.

Quelques minutes plus tard, venu féliciter son poto, Antonin Teisseire se fait reprendre par Caroline Kitai, debout dans le rail juste derrière pour soutenir son Génie de mari. "Dépêche-toi, cours ils viennent de distribuer la nouvelle main !" "Courir ? Pour quoi faire ?, lui rétorque le Sudiste de sa voix rauque. Je passe tout ! Je me demande même pourquoi je ne joue pas depuis ma chambre." Pendant ce temps en table télévisée, fort d'un tapis à même de le placer parmi les leaders, Pierre Calamusa ouvre toutes les mains dans le noir.

Busto Bulle

20h14, ça bouge à côté de l'estrade ! Le joueur de grosse blinde est à tapis forcé et montre un 5-3 off qui va avoir besoin d'un peu d'aide face à AQ. Tout content, le short stack voit apparaître un trois au flop, suivi d'une brique sur le turn. Mustafa Jukovic, puisque tel est son nom, se lève alors de sa chaise pour effectuer une étrange danse les yeux fermés, sans doute pour demander à Dame Chance de l'épargner. Perdu, lorsqu'il rouvre les yeux, cela fait plusieurs secondes que tous les observateurs autour de sa table ont vu débarquer l'As river. Un sortant.

Bubble Boy

Un quart d'heure s'écoule avant qu'un autre joueur ne tente le coup avec une paire d'As, pour doubler sans heurts contre 104. Sauf qu'à la table de Johann Zeitoun, les esprits se sont quelque peu échauffés. Open du joueur UTG, suivi un cran plus loin par le Français, 3-bet d'UTG+2. La parole arrive alors à Sami Shokry (photo, dans le coin inférieur gauche) en grosse blinde, short stack des shorts stacks avec un seul jeton de 1 000 devant lui, après avoir posé l'ante puis la BB. Il lui faut plusieurs minutes pour se résoudre à placer son dernier jeton au milieu. Un board 625K2 est alors déroulé, sur lequel le 3-betteur préflop envoie deux salves flop et turn, faisant fuir le Français. Les jeux sont retournés : KQ, paire d'As et un maigre Valet-6 chez l'ami Sami, qui est donc le bubble boy de ce Main Event.

L'entrée dans les places payées est saluée par quelques timides applaudissements. Tout le monde ici présent s'assure d'un gain minimum de 8 960 € et va devoir batailler encore 55 minutes pour espérer rallier le Day 3. Parmi ceux-là, le Professeur Alalouche a compté une quinzaine de Français, dont LeVietF0u, Gaëlle Baumann, Kool Shen et Ivan Deyra, accompagnés par Davidi Kitai et Adrián Mateos. Cependant, le temps de taper ces quelques lignes, certains ont dû abandonner l'idée de placer quelques pions dans un sac. On vous raconte tout cela dans le prochain article, en forme de conclusion à ce Day 2 mené tambour battant.

3 au Day 3

Pierre Calamusa, Gaëlle Baumann et Davidi Kitai franchissent le Day 2 Adrián Mateos, Ivan Deyra et Kool Shen parmi les derniers sortants du jour Il reste 141 joueurs Main Event 5 300 € (Fin du Day 2)

Pierre Calamusa - Gaëlle Baumann

Forcément, avec un titre pareil et la photo ci-dessus, vous devez vous demander où peut bien se cacher le troisième larron. Il y aurait-il tromperie sur la marchandise ? Winamax se mettrait donc à propager sciemment de fausses informations ? Abordons donc l'éléphant dans la pièce, à savoir le manque de patience de Pierre Calamusa, retourné dans sa chambre alors que son compère Davidi Kitai était encore empêtré dans ses dernières mains du jour. "Tout le monde jouait à deux à l'heure, c'était affreux," abonde le Belge, qui aura décidément vécu une journée compliquée (voir plus bas).

Difficile cependant d'en vouloir au VietF0u, de nouveau l'un des éléments centraux de l'attention aujourd'hui dans la salle de tournois de l'Atrium et qui a terminé très fort ce Day 2 sur le plateau télévisé. Large chipleader à midi avec 285 blindes, Pierrot a d'abord stagné autour des 400 000 jetons (avec longtemps plus de deux fois la moyenne), avant de retrouver les cîmes du classement, sitôt installé devant les caméras. "Je leur en ai fait voir de toutes les couleurs !, a-t-il lâché ce vendredi soir en sortant de la salle. Il est tellement beau ce tournoi, je n'ai jamais eu plus de deux pros à ma table." Bien armé à l'approche de la bulle, Pierre a pu en profiter pour appliquer un plan qu'il maîtrise à la perfection : marcher sur la table. "J'ai bien joué, je suis très content de moi." Tout cela combiné nous donne un Pierre Calamusa à 601 000 jetons, soit une belle amélioration par rapport à la fin du Day 1, et une place bien au chaud au sein du Top 10.

Constat similaire pour Gaëlle Baumann, qui termine quasiment à son pic de la journée, 343 000. Un Day 2 ultra positif donc, où O RLY n'aura pas eu le temps de s'ennuyer, à une table où l'on a beaucoup parlé français, entre Kalidou Sow (qualifié avec un tapis de 70 000 grâce à un double up sur la toute dernière main), Antonin Teisseire (57 000) et Bart Lybaert (296 000). À l'image de Pierre, l'Alsacienne a connu l'embellie sous les spotlights du streaming, remportant la majorité des coups dans lesquels elle s'est investie. "À part une ou deux mains, je n'ai rien fait d'extraordinaire aujourd'hui, tempère l'intéressée, qui a su calmer les ardeurs d'un Bart Lybaert comme souvent en mode chien fou. Il ouvrait tout mais cela ne m'a pas tant dérangé que cela, j'avais la position."

Le chemin fut bien plus piégeux en revanche pour Davidi Kitai, qui ne termine qu'à un maigre 93 000, soit moins de vingt blindes pour attaquer le Day 3, la faute à une dernière demi-heure qui lui a coûté cher. "La pré-bulle a aussi été un peu difficile," avoue le Génie, qui était pourtant monté au-dessus des 200 000 à l'entame du dernier niveau. Tout reste évidemment possible pour demain.

Adrián Mateos - Giuseppe Zarbo

Une dernière phrase que ne peuvent pas prononcer Adrián Mateos, Ivan Deyra et Kool Shen (respectivement 157e, 154e et 144e pour 8 960 € chacun), tous trois emportés par la traditionnelle tempête d'éliminations qui suit l'entrée dans les places payées. Pourtant loin de la zone rouge, le Madrilène a pourtant succombé suite à un vilain bad beat, perdant avec AK contre AQ suite à l'arrivée impromptue d'une Dame au flop. Pour KS, cela s'est joué sur un classique lancer de pièce, sur l'une des dernières mains du Day, perdu avec As-Roi contre la paire de Valets du Champion du Monde en titre Hossein Ensan, déjà victorieux sur ce même tournoi en 2015.

Clément Génon-Catalot

À noter également côté tricolore, les sorties dans l'argent de Jonathan Therme (159e) et Clément Génon-Catalot (photo, 152e), aux côtés notamment du dernier vainqueur de l'EPT Barcelone Simon Brandstrom (149e). Quant aux principaux éliminés rentrés bredouille, dont Aladin Reskallah, Adrien Delmas et Leo Margets, on vous renvoie vers cet article pour une liste bien fournie à défaut d'être exhaustive. Sachez en revanche que l'on aura le plaisir de retrouver demain samedi une petite dizaine de Français dont un loorent bien fourni en jeton (550 000), Mohamed Mokrani (444 000), Roland Chassing (349 000), Erwann Pécheux (184 000), l'ex W rouge Sylvain Loosli (171 000) ou encore le finaliste du SISMIX Costa Bravo Ibrahim Senoussi (28 000).

Dominik Panka

"Panka sera en finale, vous l’avez lu ici en premier." PonceP, aujourd'hui à 14h35. Rendez-vous mardi pour le résultat.

Que vous dire d'autre si ce n'est que l'on retrouvera 141 joueurs au départ du Day 3, soit moins de 40% des 413 qualifiés pour le Day 2 avec, à leur tête, un duo d'inconnus composé de l'Allemand Roman Herold (769 000), finaliste de l'EPT Berlin en 2013 et du Chinois Xiaqing Ji (768 000), qui signe là sa toute première ligne en Europe. Plus bas, on retrouve notamment la terreur des High Rollers, le numéro 1 de la All-Time Money List Bryn Kenney (656 000), Orpen Kisacikoglu (438 000), Dominik Panka (497 000), Gianluca Speranza (417 000), Michael Soyza (411 000), Dario Sammartino (364 000), Timothy Adams (332 000), Martin Finger (118 000) ou encore Juan Pardo (84 000).

On se retrouve maintenant à midi samedi pour une nouvelle journée qui devrait nous permettre d'y voir un peu plus clair. D'ici là dormez bien, et que vos rêves soient aussi doux d'un brelan floppé.

Day 2 : le bilan chiffré

Day 1A : 391 entrées / 127 survivants (dont 16 FR) / Chipleader : Pierre Calamusa (France, Team Winamax) : 457 000 Day 1B : 745 entrées / 280 survivants (dont 26 FR) / Chipleader : Bart Lybaert (Belgique) : 333 400 Day 2 : 413 joueurs / 141 survivants (dont 12 FR) / Chipleader : Roman Herold (Allemagne) 769 000

Top 10

Bryn Kenney

Roman Herold (Allemagne) 769 000 Xiaqing Ji (Chine) 768 000 Bryn Kenney (USA) 656 000 Giorgiy Skhulukhiya (Russie) 634 000 Luke Marsh (UK) 625 000 Pierre Calamusa (France, Team Winamax) 601 000 Teun Mulder (Pays-Bas) 573 000 loorent (France) 550 000 Fidan Zahiti (Suède) 543 000 Akin Tuna (Turquie) 536 000

13 Français

Mohamed Mokrani

Pierre Calamusa (Team Winamax) 601 000 loorent 550 000 Mohamed Mokrani 444 000 Giuseppe Zarbo 429 000 Roland Chassing 349 000 Gaëlle Baumann (Team Winamax) 343 000 Erwan Louer 310 000

Sylvain Loosli

Erwann Pécheux 184 000 Sylvain Loosli 171 000 Kalidou Sow 70 000 Ouri Cohen 66 000 Antonin Teisseire 57 000 Ibrahim Senoussi 28 000

Reste du field (sélection)

Orpen Kisacikoglu

Dominik Panka (Pologne) 497 000 Orpen Kisacikoglu (Turquie) 438 000 Gianluca Speranza (Italie) 417 000 Michael Soyza (Malaisie) 411 000 Dario Sammartino (Italie) 364 000 Timothy Adams (Canada) 332 000 Ognyan Dimov (Bulgarie) 313 000 Bart Lybaert (Belgique) 296 000 Hady El Asmar (Liban) 282 000 Thomas Boivin (Belgique) 254 000

Hossein Ensan

Hossein Ensan (Allemagne) 180 000 Dietrich Fast (Allemagne) 177 000 Sebastian Sorensson (Suède) 148 000 Martin Finger (Allemagne) 118 000 Steve O'Dwyer (Irlande) 101 000 Paul Newey (UK) 97 000 Davidi Kitai (Belgique, Team Winamax) 93 000 Juan Pardo (Espagne) 84 000 Stephen Chidwick (UK) 70 000 Vojtech Ruzicka (Rép. Tchèque) 63 000

Tableau de bord 141 joueurs restants (sur 1 154 entrées) Tapis moyen : 245 531 Blindes au départ du Day 3 : 2 500 / 5 000, BB ante 5 000 Prix assuré : 9 850 €