[ITW] Adrián Mateos : ''Je veux être le joueur avec le plus de bracelets en NLHE''

[ITW] Adrián Mateos : ''Je veux être le joueur avec le plus de bracelets en NLHE''

Cet été, il a décroché son cinquième bracelet et accompagné sa camarade du Team Leo Margets jusqu'en 7ᵉ place du Main Event : en pause avant de reprendre sa saison, Adrián Mateos se confie, toujours plein d'ambition.

ITW Adrián Mateos Facebook

Notre série de l'été consacrée aux WSOP du Team Winamax se poursuit avec un habitué des perfs à Las Vegas (et ailleurs) : Adrián Mateos. Mais cette année, en plus d'avoir accroché un cinquième bracelet à son palmarès, la máquina s'est investi dans un rôle inédit, celui d'accompagner son amie Leo Margets dans la dernière ligne droite du Main Event. Une expérience unique qu'il nous partage, sans oublier de nous faire part de ses nouvelles ambitions avec, dans son viseur, le record d'un certain Phil Hellmuth.

Comment tu vas Adri après ce long Vegas ?
Ça va, c'est vrai que cette période est toujours la plus difficile de la saison. Entre mai, juin et juillet, je passe beaucoup de jours à jouer quasi non-stop. Maintenant, c'est l'heure des vacances : août est toujours un mois que je consacre au repos et à la déconnexion. Et en septembre, on y retourne…

Qu'est-ce que tu aimes faire pendant tes vacances ? Tu laisses complètement le poker de côté ?
Je profite de ma famille et de mes amis, de personnes que je vois moins le reste de l'année. C'est le moment où on se retrouve, pour sortir et faire la fête. On peut faire plein de choses donc oui, c'est parfait pour oublier le poker.

Fin juin, tu as remporté ton cinquième bracelet sur un tournoi en ligne dont la table finale s'est jouée au Horseshoe. Raconte-nous comment s'est passée cette session online et pourquoi tu avais décidé de jouer depuis chez toi sur un jour de repos.
Cette année, j'avais décidé de changer un peu mon programme. D'habitude, je jouais le tournoi le plus cher disponible, mais cette fois-ci, j'ai commencé à faire tous les tournois à partir de 3 000 $, en prenant quelques jours de repos entre chaque tournoi. Au milieu d'une période calme de quatre jours, j'ouvre le calendrier des tournois online et je vois ce High Roller à 3 200 $. Je décide de le jouer, ce qui me laissera quand même trois jours de repos derrière. C'était une super décision, puisque tout s'est bien passé ! J'ai très bien commencé, je n'ai eu besoin que d'une seule bullet, et je me suis rapidement retrouvé chipleader. Mais après quelques heures card dead, je passe short stack. À 11-12 joueurs restants, je suis dans les derniers, mais j'arrive à doubler deux fois contre le même joueur, pour arriver en finale avec le deuxième tapis. C'était une très longue journée, ça s'est terminé vers 2-3 heures du matin.

Adrián Mateos - Alex Kulev

Tu t'es retrouvé en heads-up contre Alex Kulev, un de tes amis et un habitué du circuit, avec un net désavantage. Comment s'est passée cette remontada ?
J'ai une super relation avec Alex, c'est vrai. Il fait partie de ceux contre qui j'ai le plus joué ces dernières années, aussi bien en live qu'online. On parle aussi beaucoup de stratégie ensemble, donc c'était bizarre de me retrouver en HU contre lui. C'est l'un des meilleurs joueurs du monde, donc j'aurais préféré jouer contre quelqu'un d'autre. Mais bon, on ne peut pas contrôler ce genre de choses, et à la table, il n'y a plus d'amitié qui tienne, il faut seulement penser à la meilleure façon de jouer. Et là, c'était difficile : il avait quatre fois plus de jetons que moi si je me souviens bien, mais en vingt minutes, j'étais revenu à égalité, en gagnant presque tous les coups. Après avoir été si proche du bracelet, c'était à son tour de se retrouver dans une position compliquée. Le reste s'est très bien passé, j'ai bien run et j'ai même eu un setup en ma faveur. Il faut forcément un peu de réussite pour remonter un tel handicap contre un joueur de ce niveau.

"Ce cinquième bracelet fait de moi un joueur polyvalent"

Quelle valeur tu donnes à ce cinquième bracelet en carrière ?
Une valeur très élevée ! Je n'en avais pas gagné depuis 2021, donc il était temps. C'est important de continuer à gagner et à perfer. Je suis également très fier de mon bilan en heads-up : cinq victoires sur cinq, c'est impressionnant, même si je sais que la série s'arrêtera forcément à un moment. Je suis aussi très content de ce bracelet parce qu'il s'ajoute à une liste variée : le Main Event des WSOP-Europe, le Summer Solstice, le Super High Roller, le Heads-up... il manquait le online ! C'est super, car ça fait de moi un joueur polyvalent et ça aussi, j'en suis fier.

Adrián Mateos

Avec ça, tu deviens le deuxième joueur avec le plus de bracelets en No-Limit Hold'em, derrière Phil Hellmuth, qui en a dix. Le dépasser, c'est un objectif ?
Je mentirais si je disais que ce n'est pas quelque chose que j'ai en tête. Je veux être le joueur avec le plus de bracelets en No-Limit Hold'em. Bien sûr, il y a des choses que je ne peux pas contrôler. Par exemple, certains joueurs qui ont trois ou quatre bracelets pourraient tout à fait me dépasser. Mais je sais que je peux y arriver. Bon, ses 17 bracelets, en ne jouant qu'en Hold'em, c'est quasi impossible à battre. Mais le record en NLHE, c'est jouable. Et je veux aller le chercher. Si ma carrière est suffisamment longue et si j'arrive à me maintenir au plus haut niveau pendant suffisamment longtemps, je peux y arriver.

Au-delà des résultats, comment tu juges cette campagne WSOP 2025 ?
Concernant le niveau de jeu, je suis très content. Je crois avoir joué un poker de haut niveau. Les résultats, en revanche, n'ont pas été à la hauteur. Bien sûr, j'ai fait quelques perfs et surtout, j'ai gagné ce cinquième bracelet, mais c'est un peu l'arbre qui cache la forêt. Mes WSOP dépendent des 4-5 tournois les plus chers que je joue, et je n'ai pas bien run du tout sur ceux-là, donc il reste ce petit arrière-goût désagréable. C'est le poker ! L'an dernier, par exemple, c'était l'inverse : j'ai deep runs mes principaux tournois, et je suis reparti avec plus d'un million de gains. Mais on le sait : on peut tout à fait obtenir de meilleurs résultats sur une année par rapport à une autre, sans pour autant avoir l'impression d'avoir mieux joué.

Adrián Mateos - Leo Margets

Enchaînons avec Leo Margets. On t'a vu l'accompagner durant toute la fin de sa formidable perf' sur le Main Event. C'était comment de vivre ça de l'intérieur ?
C'était une super expérience ! Pouvoir rail une amie en table finale du Main Event, c'est génial, c'est fort. Je suis content d'avoir été là et d'avoir pu lui donner un coup de main.

"J'avais un peu le rôle du méchant flic"

Comment est-ce que tu l'as aidé justement ?
Se retrouver aussi loin sur un tel tournoi, c'est forcément beaucoup d'émotions et Leo était très excitée. Ça se comprend : les pots étaient énormes et les paliers de gains gigantesques, comme jamais elle n'en avait connu dans sa carrière. Mon expérience de ces moments m'a aidé à la conseiller. J'essayais de lui dire qu'elle avait le droit d'être contente, mais de garder en même temps les pieds sur terre. Parce qu'un tournoi de poker, ça fonctionne comme ça : le prochain gros pot est toujours plus important que le précédent et il faut être préparé pour prendre les bonnes décisions. On était tous là pour la soutenir, mais moi, j'avais un peu le rôle du méchant flic qui était là pour lui dire : "Oui, c'est très bien, mais il faut continuer à se battre". Si je pouvais l'aider, c'était à ce niveau-là. Au final, elle a géré comme une cheffe et a joué à un très haut niveau. Ça va donner une super saison de Dans la Tête d'un Pro !

Adrián Mateos - Stéphane Matheu

Lors de la journée de repos avant la finale, vous avez eu une longue discussion tous les trois, avec Leo et le Coach du Team Stéphane Matheu. Vous avez parlé de quoi ? Stratégie ? Psychologie ?
Avec seulement une journée pour préparer cette finale, selon mon expérience, il vaut mieux ne pas changer de stratégie. Leo savait comment jouer, c'est ce qui l'avait amené jusque-là. On s'est donc concentré sur la gestion émotionnelle, les hauts, les bas, bien plus que sur l'aspect technique. On a aussi parlé des lectures qu'elle avait sur ses adversaires, comment on pensait qu'eux la percevaient, qui pourrait lui mettre le plus la pression, qui allait le plus bluffer… Des choses plutôt générales. Au final, elle a perdu sur un setup, c'est dommage qu'elle n'ait pas pu montrer toute l'étendue de son jeu. Mais cela reste un résultat dingue pour elle et une expérience unique pour moi.

Ce flip mythique avec le deux de trèfle… Tu l'as vécu comment ?
J'étais en train d'arriver dans le rail pile au moment où elle a gagné ce coup et je me suis retrouvé au milieu d'une ambiance de dingue. Je me suis rendu compte que Leo était super excitée, mais qu'il restait encore treize joueurs et deux heures de jeu. Le break est arrivé juste après et j'en ai profité pour emmener Leo avec moi, la sortir de cet état d'excitation et l'aider à se reconcentrer. Encore une fois, le méchant flic, mais je crois que c'était le mieux à faire pour elle à ce moment-là.

Maintenant que toute cette agitation est derrière toi, quelles sont les prochaines étapes pour cette année ?
Malheureusement, je ne pourrai pas aller aux Triton de Jeju en septembre pour raisons personnelles. Donc la saison live reprendra pour moi en octobre avec l'EPT Malte. Ensuite, j'irai sûrement aux Bahamas en fin d'année, me battre pour de nouveaux bracelets !

On a hâte d'y être, merci Adri.

Interview par Jonás Fernández
Traduction et adaptation par Flegmatic

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27 août : João Vieira

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Coachons-le à sa manière :
« Oui, c’est très bien, Adrián, mais il faut continuer à se battre ! Tu as le droit d’être content, mais garde en même temps les pieds sur terre ! » :grin::grin::grin: