Les bons élèves
Main Event 5 300 € (Day 3)
Au moment de regarder le chipcount de fin de Day 2 (ou de début de Day 3, au choix), un constat s'impose : les joueurs français ont beau représenter un peu plus de 10% du field restant, ils sont pour l'instant loin, très loin de la tête de la course. On pourraît même jouer les esprits chagrin en avançant que 13 de nos 27 compatriotes sont revenus au Casino de Barcelone avec un tapis inférieur à 18 blindes.
Mais s'il en sont deux qui ne se plaindront pas de leur journée de mercredi, ce sont sans aucun doute nos actuels leaders tricolores, Rabah Ait-Abdelmalek (photo) et Emrah Cakmak. Le long de cinq niveaux de 90 minutes, les deux Parisiens ont transformé respectivement des tapis de 57 000 et 74 300, en jolis montagnes de 300 000 et 281 500.
"La journée d'hier s'est passée tranquillement, raconte le premier, grand habitué du Cercle Clichy-Montmartre. Je me suis fait payer alors que j'avais touché un brelan de 10, et ensuite j'ai sorti deux short stacks qui avaient 40 000 et 30 000. Et au moment de la bulle, je n'ai pas beaucoup joué." De quoi empaqueter 60 belles blindes, pour tenter d'enfin percer sur un Main Event EPT, lui qui ne comptait jusque-là qu'une 112e place à Deauville en 2013. Première bonne nouvelle, nous n'avons reconnu absolument personne à sa table. "Et moi non plus, conclut Rabah. C'est un bon signe !"
À l'inverse, les visages connus sont nombreux autour d'Emrah Cakmak (photo), qui a tiré une table très francophone. En plus des Français Ange Cucchi et Éric Rabut, tout deux short stacks, trônent à la gauche d'Emrah le Libanais Jeffrey Hakim et le Canadien Jason Lavallée, runner-up de l'EPT San Remo 2012 derrière un certain Ludovic Lacay, et qui avait inspiré à l'ami Kinshu l'un de ses plus beaux titres.
Malheureusement pour le contingent tricolore, Éric Rabut fut la première victime de cette table, abandonnant ses quelques sept blindes sur un flip perdu avec As-Roi, contre la paire de 10 de son voisin de droite, Johan Storaakers. Il rejoint Erwann Pécheux (255e, 8 900 €) dans la liste des éliminations tricolores du tout début de journée.
Profitons de ce premier article pour faire un point sur le programme de jour : six niveaux de 90 minutes sont prévus, avec un dinner break programmé après le cinquième level, pour une fin de Day qui devrait tourner autour de minuit. Par ailleurs, chaque joueur a reçu six "Time Banks" de 30 secondes, à utiliser pour prolonger leur temps de réflexion. On a beau apprécier l'initiative, servant à dynamiser et fluidifier le jeu, les longs tanks de cinq minutes qui pouvaient faire le sel des Main Events EPT vont nous manquer.













