EPT Barcelone - Main Event - 3

Les bons élèves

Main Event 5 300 € (Day 3)

Au moment de regarder le chipcount de fin de Day 2 (ou de début de Day 3, au choix), un constat s'impose : les joueurs français ont beau représenter un peu plus de 10% du field restant, ils sont pour l'instant loin, très loin de la tête de la course. On pourraît même jouer les esprits chagrin en avançant que 13 de nos 27 compatriotes sont revenus au Casino de Barcelone avec un tapis inférieur à 18 blindes.

Rabah Ait-Abdelmalek

Mais s'il en sont deux qui ne se plaindront pas de leur journée de mercredi, ce sont sans aucun doute nos actuels leaders tricolores, Rabah Ait-Abdelmalek (photo) et Emrah Cakmak. Le long de cinq niveaux de 90 minutes, les deux Parisiens ont transformé respectivement des tapis de 57 000 et 74 300, en jolis montagnes de 300 000 et 281 500.

"La journée d'hier s'est passée tranquillement, raconte le premier, grand habitué du Cercle Clichy-Montmartre. Je me suis fait payer alors que j'avais touché un brelan de 10, et ensuite j'ai sorti deux short stacks qui avaient 40 000 et 30 000. Et au moment de la bulle, je n'ai pas beaucoup joué." De quoi empaqueter 60 belles blindes, pour tenter d'enfin percer sur un Main Event EPT, lui qui ne comptait jusque-là qu'une 112e place à Deauville en 2013. Première bonne nouvelle, nous n'avons reconnu absolument personne à sa table. "Et moi non plus, conclut Rabah. C'est un bon signe !"

Emrah Cakmak

À l'inverse, les visages connus sont nombreux autour d'Emrah Cakmak (photo), qui a tiré une table très francophone. En plus des Français Ange Cucchi et Éric Rabut, tout deux short stacks, trônent à la gauche d'Emrah le Libanais Jeffrey Hakim et le Canadien Jason Lavallée, runner-up de l'EPT San Remo 2012 derrière un certain Ludovic Lacay, et qui avait inspiré à l'ami Kinshu l'un de ses plus beaux titres.

Malheureusement pour le contingent tricolore, Éric Rabut fut la première victime de cette table, abandonnant ses quelques sept blindes sur un flip perdu avec As-Roi, contre la paire de 10 de son voisin de droite, Johan Storaakers. Il rejoint Erwann Pécheux (255e, 8 900 €) dans la liste des éliminations tricolores du tout début de journée.

TD Toby

Profitons de ce premier article pour faire un point sur le programme de jour : six niveaux de 90 minutes sont prévus, avec un dinner break programmé après le cinquième level, pour une fin de Day qui devrait tourner autour de minuit. Par ailleurs, chaque joueur a reçu six "Time Banks" de 30 secondes, à utiliser pour prolonger leur temps de réflexion. On a beau apprécier l'initiative, servant à dynamiser et fluidifier le jeu, les longs tanks de cinq minutes qui pouvaient faire le sel des Main Events EPT vont nous manquer.

Antonin remet une pièce dans le juke-box

Main Event 5 300 € (Day 3)

Antonin Teisseire
A la table 19, un joueur en début de parole (je crois qu'il s'agit du Hollandais Jans Arends) ouvre à 11 000. La parole arrive à Antonin Teisseire : après un temps de pause, le Français pousse ses jetons au milieu. 72 000 au total.

Les autres joueurs jettent leurs cartes. Croyant avoir gagné le pot préflop, Antonin commence à ramasser les jetons. Sauf qu'Arends n'a pas encore pris sa décision.

« Oops, sorry ! » lâche Antonin. Quelques secondes passent. « Good fold ! », rajoute t-il en rigolant.

Sauf qu'Arends paie le tapis d'Antonin, révélant une paire de 10.

Avec sa paire de 6, Antonin est derrière, et perplexe quant à l’hésitation de son adversaire. « Il fait la grimace avec sa paire de 10 ! Y’a 12 blindes, et il snap même pas ! »

Au final, la grimace d'Arends s'avèrera justifiée : le croupier retourne un 6 sur le flop. Antonin Teisseire double son tapis, et fait mine de vouloir donner un croupier qui lui a sauvé la mise.

merci beaucoup pour les news :slight_smile:

Ecrémage de qualité

Main Event 5 300 € (Day 3)

Laure
Les croupiers n'ont pas chômé durant la première heure : on a déjà perdu quarante joueurs. Parmi eux, six Français. L'effet "shot clock" ? Peut-être... Ce rythme rapide est tout à fait caractéristique des débuts de Day 3. Avec six niveaux au programme, on peut s'attendre à ce que seulement une cinquantaine de joueurs franchissent la journée.

Parmi les premiers éliminés du Day 3...

9 740 € de prix 222e : Dario Sammartino (Iralie)

8 900 € de prix
231e : Chris Moorman (UK)
236e : Arthur Conan (France)
239e : Javier « Tsunamy » (Espagne)
241e : Jean-Louis Perez (France)
243e : Paul-Peres Trigo (France)
245e : Ange Cucci (France)
251e : Lauren Roberts (USA)
253e : Eric Rabut (France)
255e : Erwann Pecheux (France)

Ange Cucci
Premier ITM sur un Main Event EPT pour Ange-François Cucci

Paul-Pires Trigo
Longtemps absent du circuit EPT, Paul-Pires Trigo n’avait pas atteint l’argent sur un Main Event depuis sa 29e place à San Remo en… 2010. Cela ne nous rajeunit pas.

Arthur Conan
Arthur Conan s'est incliné en 236e place, mais son frère Marius, révélé en novembre dernier par sa victoire sur le WSOP Circuit Paris, est toujours en course
Tsunamy
Grand activiste du poker Espagnol, Javier alias "Tsunamy" a quitté le Main Event en 239e place

Trompe l’oeil

Main Event 5 300 € (Day 3)

Arrêtons-nous un instant sur Ben Wilinofsky. Le chip-leader du Day 1A, puis du Day 2 (bravo !) nous offre ce qu'on pourrait appeler un bluff capillaire.

De face, tout va bien :

Ben Wilinofsky
Mais de dos...
Ben Wilinofsky

Alex redémarre

Main Event 5 300 € (Day 3)

Alex Reard

Quand la situation ne se présente pas sous les meilleures auspices - comme cela pouvait être le cas à midi sur ce Main Event - il fait bon pouvoir se reposer sur des valeurs sûres. Et depuis quelques années, Alexandre Reard en est assurément une au sein de la scène pokeristique française. Après avoir engrangé plus de 750 000 $ de gains en 2017, le Parisien en est déjà à plus de 250 000 $ depuis le début d'année. Alors qu'il s'est déjà illustré sur le Main Event des WSOP, et un peu partout en France (de Paris à la Grande-Motte en passant par Deauville et Saint-Amand), il ne manque finalement plus au mari d'Aurélie qu'une grosse perf' sur un Main Event EPT.

Aujourd'hui, Alexandre a pris ce Day 3 par le bon bout, se propulsant rapidement en nouveau leader du clan français. Seulement cette fois, il n'a même pas eu besoin de faire parler son agressivité légendaire dans l'un de ces coups développés que l'on aime tant, puisque tout s'est joué en une fois. "J'avais perdu quelques petits coups pour retomber à 180 000, explique l'intéressé, et puis le bouton ouvre à 10 000 sur ma grosse blinde. Je fais 35 000 avec deux Valets, il 4-bet shove As-10 off, je paie, et ça tient." Une poignée de pots grattés de ci, de là dans la foulée, et voilà le tapis d'Alex qui approche les 450 000.

Bust me I’m famous

Main Event 5 300 € (Day 3)

Patrik Antonius

Les têtes d'affiche continuent de nous quitter en ce début de troisième journée. Les dernières minutes avant la première pause du jour ont ainsi été fatales à un Patrik Antonius qui avait pourtant démarré ce Day 3 avec 310 000 jetons, tous dilapidés donc en moins de 90 minutes ! Preuve ultime d'une journée galère, c'est sur un bad beat que le Finlandais s'est fait sortir de ce Main Event, son As-Roi s'inclinant contre le Roi-9 de son voisin de gauche, le Taïwanais Jack Wu. Ce qui n'a pas empêché le grand Pat' de se lever de table en toute décontraction, avec un grand sourire. La classe internationale.

Imad Derwiche

Toujours à l'internationale, sont à déplorer les pertes d'un autre vainqueur EPT - c'était à Londres en 2011 -, Benny Spindler, ainsi que celles du Néerlandais Steven van Zadelhoff et du July Nine 2017 Jack Sinclair. Côté français, ce niveau fut enfin le dernier pour le vainqueur du Winamax Poker Tour 2017 Jérémy Saderne et pour Imad Derwiche, qui signe là sa troisième place payée sur ce EPT barcelonais.

Ils remportent 9 740 €... 192e : Jack Sinclair (UK) 193e : Steven van Zadelhoff (Pays-Bas) 196e : Patrik Antonius (Finlande) 204e : Benny Spindler (Allemagne) 208e : Imad Derwiche (France) 213e : Jérémy Saderne (France)

Tableau de bord 187 joueurs restants (sur 1 931 entrées) Blindes : 3 000 / 6 000, BB ante 6 000 Tapis moyen : 309 786 Prix assuré : 9 740 €

Mustapha, remède à la morosité

Main Event 5 300 €

Mustapha Kanit
Mustapha Kanit a le sourire... Mais ce n'est pas parce que son tapis vient de franchir la barre des 500 000, avec un As-Roi cueillant depuis la grosse blinde un short-stack ayant eu la mauvaise idée de faire tapis avec Dame-10 en fin de parole.

Non, si Mustapha Kanit est de bonne humeur en ce moment, c'est tout simplement parce qu'il est toujours de bonne humeur. Notre Italien préféré est tout l'inverse d'une personne compliquée : que les cartes soient bonnes ou pas, sa priorité à table reste de s'amuser, et de faire passer un bon moment à ses adversaires… Même si il sera parfois bien obligé de leur prendre tous les jetons.

Jusqu’ici tout va bien

Main Event 5 300 € (Day 3)

Benjamin Pollak

Il n'a l'air de pas en croire ses yeux Benjamin Pollak, et pourtant, le run presque insensé qui le suit depuis sa finale du Main Event 2017 ne semble pas vouloir prendre fin. Parmi les leaders tricolores au départ de ce Day 3, le tout récent vainqueur du High Roller Single Day à 50 000 € a trouvé un énorme double up contre celui qui était quatrième du chipcount ce midi, Michal Lubas.

Avec tout le respect que l'on doit au Londonien, il n'a pas eu besoin de forcer son talent sur ce coup, laissant le croupier faire tout le travail. Il a tout d'abord donné une paire de Dames à Ben, puis AK à Lubas, avant que tout ne parte préflop. Un board sans danger pour le Frenchie plus tard, il grimpe à 650 000, avec une belle pile de jetons verts de 25 000 devant lui. Que les joueurs en lice sur le High Roller à 25 000 € du jour se rassurent : Ben n'a pas prévu de venir y jouer les trouble-fêtes.

Romain Le-Capitaine

L'autre dernière bonne nouvelle en date, nous vient de Romain "Le-Capitaine". Comme nous l'a rapporté notre confrère espagnol Adrián, notre qualifié online s'est offert un bon bol d'air frais, en doublant à son tour son tapis, lui aussi sur un lancer de pièce inévitable à ce stade, As-Roi contre paire de 10. Sauvé in extremis par un Roi river, celui qui s'est offert un joli deep run sur le Main Event des WSOP cet été fait durer le plaisir un peu plus longtemps. Il remonte à 221 000, alors que les blindes vont passer à 4 000 / 8 000, avec une BB ante de 8 000.

Kalidou Sow Massage

Très mal en point ce midi avec moins de sept blindes, Kalidou Sow continue de faire de la résistance, et attaquera le prochain niveau avec environ 15BB. Le vainqueur du PSC Prague s'est également lancé dans une battle de massages contre John Juanda. À noter que Kalidou n'a pas tiré la table la plus facile du field, puisqu'est également assis à sa gauche un certain Niall Farrell.

3 heures, 100 éliminations

Main Event 5 300 € (Day 3)

Le Bal des Bustos bat son plein au casino de Barcelone ! Parmi les récents sortants, nous avons repéré…

Alain Goldberg
62e ITM en live pour le Franco-Suisse Alain Goldberg, que l'on croisait régulièrement dans les cercles Parisiens il y a dix ans de cela.
Franck Makaci
Franck Makaci ajoute un min-cash à une collection valant plus de 150 000 dollars.
Jimmy Kebe
Le footballeur Jimmy Kebe, passé successivement par les clubs Anglais de Reading, Crystal Palace et Leeds, mais désormais plutôt concentré sur le poker : son premier ITM sur un Main Event EPT lui permet de dépasser la barre des 100 000 dollars de gains en live !
Antoine Labat
Six semaines après avoir été le héros malheureux d'un des coups de poker les plus cinglés de l'année, Antoine Labat était de retour sur la scène live. Il décroche une place payée supplémentaire, et un prix de 10 770 €. Bien loin du million gagné à Vegas, mais c'est toujours mieux qu'un coup de pied au cul.

Ils remportent 10 770 €

156e : Alain Goldberg (France)
157e : Franck Makaci (France)
162e : Anatoly Filatov (Russie)
165e : Matas Cimbolas (Lituanie)
174e : Jimmy Kebe (France)
181e : Michal Mrakes (Rep. Tchèque)
182e : Antoine Labat (France)

On est tombé sous la barre des 150 joueurs restants, et il reste encore trois niveaux de 90 minutes à jouer.

Rui dans les brancards

Main Event 5 300 € (Day 3)

En l'espace de deux mains, un joueur vient de porter un coup, à la fois au contingent français, et au Team Winamax : Rui Neves Ferreira. Si le nom de ce joueur portugais ne vous dit rien, sachez qu'il reste sur une sixième place sur le Super High Roller à 100 000 € organisé ici même en début de semaine. De quoi vous poser un homme.

Juste après avoir doublé de façon rocambolesque - il a 3-bet puis payé en position un cold 4-bet avec A:club:4:club:, avant de payer une mise à tapis de son adversaire sur 9[0D]4[0H]2:club:... pour gagner contre As-Dame - Ferreira ouvre à 17 000 en début de parole, et se fait surrelancer à 50 000 par Sulaiman Sesay (photo). Le Portugais réfléchit une poignée de secondes avant d'annoncer "all-in", demandant les quelques 250 000 jetons du Français. Fort de sa paire de Valets, ce dernier avance la somme rapidement, mais a le malheur de découvrir deux Rois en face. Un board sans histoire plus tard, Sulaiman devient le 13e éliminé français du jour, en 133e place, pour 12 080 €.

Quelques secondes plus tard, c'est au tour de Leo Margets de faire face à la furia lusitanienne. La Barcelonaise ouvre à 17 000 au cut-off et voit son voisin portugais défendre sa big blind. Puis, le long d'un board Q:spade:8[0H]4[0D]A[0H]K[0D], notre Pro envoie deux salves à 15 000 et 33 000, check/back la rivière et ne peut finalement montrer mieux que le Q:club:2:club: de son adversaire. Leo retombe dans la zone orange des 25 blindes, celle où le moindre coup peut potentiellement être le dernier.

EDIT : peu de temps après publication, Leo vient apporter la réponse à notre sombre prophétie, sur le Whatsapp du Team Winamax : "Fin du rêve pour moi sur ce Main Event. Allez Muss' !" Si la dernière main de notre Pro implique l'inévitable Rui Ferreira, ce n'est pas lui qui s'est chargé de régler le compte de Leo. "Rui a un million au départ du coup, précise-t-elle, ouvre en milieu de position - il jouait toutes les mains - et se fait payer par le bouton. Les deux s'étaient déjà joués plus tôt, et le joueur au bouton était allé au showdown avec Q:spade:8:spade:. Je suis en small blind et je reshove 20BB avec une paire de 3." Mauvais timing, puisque le deuxième joueur l'attendait sagement avec une paire de 8. 118e, Leo encaisse 14 330 €.

La Shot Clock va t-elle tuer le spectacle ?

Main Event 5 300 € (Day 3)

Shot Clock
Après avoir envahi progressivement tous les High Rollers de la planète, la Shot Clock débarque pour la première fois sur un Main Event EPT. Les organisateurs ont eut l'idée - géniale, il faut le dire - d'introduire les horloges juste avant la bulle, tuant dans l'oeuf les traditionnelles velleités de "stalling" des short-stacks.

24 heures plus tard, alors que l'on commence à se rapprocher du cap des 100 joueurs (parmi 1931 inscrits), l'intensité et l'importance des coups observés augmente heure après heure. Et c'est là que se trouve, à mon goût, l'un des inconvénients de cette Shot Clock, qui ne laisse à chaque joueurs qu'un temps limité pour prendre chaque décision (30 secondes, plus une poignée de jokers offerts en quantité réduite) : elle se met en travers du spectacle !

Finis, les longs tanks « Davidiesques » de cinq minutes culminant avec un hero call de légende. Maintenant, avec seulement une demi-minute devant soi, il faut agir vite. Et la plupart des pros sont d’accord : lorsque l’on a peu de temps pour réfléchir, on va folder plus souvent que d’ordinaire. Alors certes : nous autres couvreurs sommes les premiers à râler en présence de joueurs qui « tank » à tout bout de champ, y compris lorsqu’il s’agit de jeter Dame-7 UTG avant le flop, mais tout de même, on ne dit jamais non à un petit coup fleuve de temps en temps, surtout dans un tournoi où le premier prix est de 1,6 million d’euros. Et au moment de raconter le coup ci-dessous, je ne peux m’empêcher de me demander si il se serait terminé autrement en l’absence de la shot-clock… On ne saura jamais, mais une chose est sûre : le reste de ce Main Event sera quoi qu’il arrive 100% tank free.

Julien Sitbon
Mustapha Kanit ouvre en milieu de parole et se fait payer par Julien Sitbon (photo) depuis la grosse blinde.

Le flop tombe 563 et Sibton checke : c’est pour mieux relancer à 76 000 après le c-bet à 20 000 de l’Italien. Intrigué, Mustapha marque un temps de pause avant de payer.

Le turn est un J. Sitbon s’empare d’une grosse pile de jetons noirs (valeur : 5 000) et la fait glisser sur le tapis.

Kanit demande le compte. Il y a 135 000 au total : c'est plus de la moitié de son stack.

Les secondes passent, les chifres défilent sur le compteur placé à la droite du croupier. 5… 4… 3… 2… 1…

Kanit rend ses cartes sans avoir utilisé son joker. Le coup est fini. Déjà !

Avec cette main, Sitbon grimpe à plus de 800 000 : on dirait bien qu'il est notre chip-leader Français. Un chip-leader en train de vivre une très belle année 2018, avec deux victoires de marque sur des épreuves High Roller : sur l'Unibet Open de Londres (février) et le WSOP Circuit de Cannes (mars).

Weep, leaders

Main Event 5 300 € (Day 3)

Rabah
La dernière heure en date a apporté une paire d'éliminations surprenantes : Rabah Ait-Abdelmalek (photo) et Ben Wilinofsky. Le premier était chip-leader du clan Français à midi parmi 259 joueurs, et le second était chip-leader tout court. Six heures plus tard, on approche des 100 joueurs restants, et ces deux-là sont tombés de leur piédestal. Preuve, si besoin en était, qu'une position confortable en début de journée n'est qu'une promesse, et non une garantie d'aller loin. Parmi les sortants, notons aussi Jens Kylonen, vainqueur WSOP et Champion EPT à Copenhague en 2009, et notre Antonin Teisseire national, dont les deux paires 8-7 floppées sur Valet-8-7 n'ont pas été de taille face une pocket paire de 7 (merci à Florence pour l'info).

Ils remportent 14 330 €
112e : Jonathan Therme (France)
114e : Antonin Teisseire (France)
118e : Leo Margets (Espagne, Team Winamax)

Ils remportent 12 080 €
123e : Ben Wilinofsky (Canada)
126e : Rabah Ait-Abdelmalek (France)
133e : Sulaiman Sesay (France)
137e : Jens Kyllonen (Finlande)
140e : Jean Desmottes (France)
149e : Niall Farrell (UK)

Jean Desmottes
Premier gros ITM pour Jean Desmottes, qui avait entamé le Day 3 en table TV aux côtés du légendaire Dominik Panka

Jonathan Therme
48e ITM pour la dernière recrue de l'écurie PMU Jonathan Therme, mais le premier sur un Main Event EPT !

Attention au décollage

Main Event 5 300 € (Day 3)

Marius Conan

Quelle ascension fulgurante que celle de Marius Conan ! Quelques mois après une victoire explosive à 200 000 € au Cercle Clichy-Montmartre sur le Main Event des WSOP-Circuit, le petit frère d'Arthur est d'ores est déjà assuré de faire partie du Top 100 ici à Barcelone, pour l'un de ses premiers Main Events EPT - si ce n'est même le tout premier.

C'est juste avant le dernier break en date que Marius s'est refait la cerise, signant un gros double up avec une paire de 9 contre As-Roi. Accompagné de pointures françaises et internationales comme Julien Sitbon, Mustapha Kanit et le vainqueur de l'édition 2015 John Juanda, notre petit Frenchie s'est même retrouvé propulsé sous les lumières de la table télévisée, avec un joli tapis de 500 000 jetons pour se défendre. Ses adversaires seraient avisés de se méfier : le minot sait tenir les cartes.

Salem Cherrati - Shaun Deeb

Parmi ceux dont la hauteur de tapis est allée de l'avant dernièrement, citons également Salem Cherrati. Dans son cas, c'est au retour de pause que les choses se sont accélérées. Tout juste déplacé à la droite de Shaun Deeb, le Français est parti à tapis avant le flop contre un joueur qui possédait un peu plus de 200 000 jetons. Avec As-Dame contre une paire de Dames, Salem a besoin d'aide et trouve sur le fil ce dont il a besoin, grâce à un board JJ610K. Et hop, un nouveau tapis de 600 000 jetons, tout nouveau, tout chaud, soit un peu plus de la moyenne.

L'Irlande, c'est tout en haut

Main Event 5 300 € (Day 3)

Mark Buckley
Avec un confortable matelas de 1,8 million, Mark Buckley est notre chip-leader officiel alors que l'on vient de passer sous la barre des cent joueurs restants : d'après les confrères de PokerNews, une paire de Rois lui a permis de remporter un gros pot où un joueur qui avait floppé la top paire avec Roi-Dame.

Une rapide recherche nous apprend que l'ami Buckley nous vient de Dublin. La joyeuse capitale Irlandaise fut le théâtre de la plupart de ses exploits pokéristiques : 29 de ses 61 ITM ont été signés là-bas. Y compris, tiens tiens, une victoire en 2012 sur l'épreuve de Pot-Limit Omaha du Winamax Poker Open. Mark est l'un des nôtres ! Et on espère bien le retrouver au City West Hotel dans un peu moins de vingt jours. Vivement !

La main entre Conan et Kanit est assez priceless… wohoo let’s play baby!

Le-Capitaine abandonné

Main Event 5 300 € (Day 3)

Romain Capitaine Bulle

Romain en plein bonheur hier soir, au moment de la bulle.

Revenu avec 13 blindes ce midi dans la salle de tournois du Casino de Barcelone, Romain alias "Le-Capitaine" n'a jamais véritablement réussi à s'extirper de la zone short stack aujourd'hui, stagnant constamment autour des 20BB. Son dernier coup est l'un de ses premiers sur sa nouvelle table. En bataille de blindes face à Ognyan Dimov, il pousse sa douzaine de blindes restantes avec As-8 et se fait payer par la paire de 9 du Bulgare, qui reste en tête à l'issue des cinq cartes du board.

Qualifié pour 500 € via l'un de nos satellites hebdomadaires, Romain boucle son premier Main Event EPT en 102e place, plus riche de 14 330 €. Une belle perf' qui intervient quelques semaines après sa 412e place sur le Main Event des WSOP, qui lui avait déjà rapporté 33 305 $, et pour lequel il avait gagné sa place... gratos, via notre KING5 ! C'est ce qui s'appelle un retour sur investissement de Champion. Pardon, de Capitaine !

Ognyan Dimov

Vainqueur de l'EPT Deauville 2015 - la fameuse année de Joseph Carlino -, Ognyan Dimov fait actuellement parmi des leaders de ce Main Event, avec un tapis qui dépasse les 1,5 million de jetons.

Fabien Motte

À l'élimination de Romain s'ajoute celle, plus inattendue d'Arnaud Enselme, qui venait de s'offrir un beau double up pour remonter au niveau de la moyenne et l'autre, plus prévisible, d'un Fabien Motte (photo) que l'on a jamais vu avec beaucoup de jetons aujourd'hui. Respectivement 95e et 93e, ils engrangent tous deux 16 670 €.

Ils remportent 16 670 € 93e : Fabien Motte (France) 95e : Arnaud Enselme (France)

Ils remportent 14 330 €

Fernando Pons

100e : Fernando Pons (Espagne, photo) 102e : Romain "Le-Capitaine" (France, Qualifié Winamax)

N’amasse pas Muss

Mustapha Kanit éliminé en 92e place (16 670 €) Main Event 5 300 € (Day 3)

Mustapha Kanit
Au moment de rejoindre la légende John Juanda en table TV, Mustapha Kanit amenait avec un lui un tas de jetons fortement diminué. Une heure plus tard, c'est les mains vides qu'il quitte le podium. Le dernier coup du jovial Italien ? Archi-standard : un A4 largement suffisant pour pousser ses 10BB depuis le bouton. En grosse blinde, Rui Neves Ferreira a trouvé KJ : avec son gros stack, il n'a aucune raison de ne pas payer.

C’est en différé, sur le stream, que nous allons partager la déception de Muss’ tout au long d’un board J7625, scellant son élimination en 92e place parmi 1 931 inscrits.

Mustapha remporte 16 670 euros, qui seront rapidement réinvestis sur le traditionnel High Roller à 10 300 €, dont le coup d'envoi est prévu demain. Il y retrouvera une majorité de ses coéquipiers du Team Winamax : tous ont désormais fait une croix sur le Main Event, mais il leur reste encore trois journées d'épreuves pour conclure en beauté cet EPT Barcelonais.

82 joueurs : faisons le point

Main Event 5 300 € (Day 3)

EPT Barcelone
Nous avons loupé, juste avant la pause dîner, l'élimination d'Emrah Cakmak en 84e place (16 670 €). A trois heures de la fin du Day 3, il ne reste donc plus que six Français parmi les 82 derniers joueurs. Pas de panique, cependant : le plus short d'entre eux possède 25BB, comme vous pourrez le constater ci-dessous, avec un extrait du classement officiel à la pause, aimablement fourni par l'organisation.

Top 10

Fabiano Kovalski (Brésil) 2 500 000 Mark Buckley (Irlande) 2 415 000 Ognyan Dimov (Bulgarie) 2 000 000 Victor Kiong Fook Chong (Malaisie) 1 800 000 Renato Kaneoya (Brésil) 1 550 000 Julien Sitbon (France) 1 480 000 Yi Ang Lin (Argentine) 1 445 000 Tom Alner (UK) 1 360 000 Rui Ferreira (Portugal) 1 342 000 Matthias Tikerpe (Estonie) 1 320 000

6 Français

Julien Sitbon 1 480 000 Kalidou Sow 665 000 Marius Conan 540 000 Salem Cherrati 502 000 Benjamin Pollak 450 000 Alexandre Reard 300 000

Emrah Cakmak
Emrah Cakmak : 84e (16 670 €)

Le reste du field (sélection)

John Juanda (Indonésie) 794 000
Shaun Deeb (USA) 755 000
Christopher Brammer (UK) 645 000
Dominik Panka (Pologne) 545 000
Upeshka Desilva (USA) 500 000
Jason Lavallee (Canada) 365 000
Jaime Staples (Canada) 228 000
Michael Tureniec (Suède) 200 000

Tableau de bord
82 joueurs restants (sur 1 931 au départ)
Blindes 6 000 / 12 000 BB Ante 12 000
Tapis moyen 715 000
Prix assuré 16 670 €

Sow patate

Main Event 5 300 € (Day 3)

Kalidou Sow

Vous en conviendrez, à moins d'être au Main Event des WSOP - et encore -, arriver au Day 3 d'un tournoi avec à peine plus que le tapis de départ n'est pas franchement bon signe. Cette situation était celle de Kalidou Sow ce midi, qui n'avait réussi à empaqueter que 32 000 jetons - pour un starting stack de 30 000 - au terme d'un Day 2 calamiteux. Pas résigné pour autant, celui qui a enchaîné trois victoires en trois tournois, de décembre 2017 à février 2018, a aujourd'hui fait preuve de patience et de #Resilience (Stéphane Matheu, si tu nous lis)... mais aussi, forcément, de réussite.

"J'ai gagné un 80-20, lâche tout de suite l'intéressé. Alors qu'on était en table télévisée, le joueur au siège 6 ouvre à 20 000. J'ai 25 blindes, et je me contente de payer avec une paire de 8. Là-dessus, la small blind, avec qui j'avais un petit historique, fait 76 000." Si le relanceur initial s'écarte du chemin, le Parisien ne se débine pas, et envoie son tapis. "Il était très actif à table, donc j'ai pensé qu'il était en train de prendre le spot. Il avait les As." Sauvé par un 8 qui débarque dès le flop, Kalidou sauve non seulement sa peau sur ce Main Event, mais grimpe à plus de 600 000. De quoi le replacer dans les groupes des candidats potentiels à une très belle place sur ce tournoi. De là à rééditer l'exploit du PSC Prague ? Nous n'en sommes pas encore là.