EPT Barcelone 2015 - Jour 3

Prizepool démentiel pour field record

11h37, ce matin, les chiffres officiels tombent enfin. Et ils sont absolument monstrueux. Le nombre record de 1 694 inscriptions génère ainsi un prizepool forcément jamais vu lui non plus sur un Main Event EPT de 8 215 900 euros, répartis sur 247 places payées ! Le vainqueur repartira quant à lui avec 1 420 500 euros, soit un montant très exactement 268 fois supérieur à son ticket d'entrée de 5 300 euros.

À noter que ce Jour 3 marque l'entrée du tournoi dans sa structure deep. Les niveaux passent donc de 75 à 90 minutes, avec une pause après chacun d'eux. Le diner break aura lieu à la fin du cinquième niveau.

Déjà plein de déçus

Plus de 35 joueurs nous ont quitté durant les 45 premières minutes de ce Day 3. Parmi eux, quatre Français : Roger Hairabedian, Mesbah Guerfi, Yorane Kérignard (photo) et Alexandre Amiel. Si pour les trois premiers, qui entamaient tous la journée sous la barre des 20BB, ces sorties constituent tout sauf une surprise (Kérignard quittant par exemple la salle sur un coin-flip perdu, As-Dame contre les Sept), voir ce dernier partir aussitôt est un peu plus inattendu.

Avec 139 100 jetons en début de journée, Alexandre était en effet juste en dessous de la moyenne, mais un fâcheux bad beat aura eu raison de son tournoi. Ses Dames n'auront pas tenu contre les Valets de son adversaire, qui touche son brelan sur la rivière. À l'international, on déplore, entre, autres, les éliminations d'Isaac Haxton, Sofia Lovgren (photo) et Ilan Boujenah.

Snif

Bouffée d’air frais

Il faisait partie de ceux pour qui un passage par la case « tapis payé / tapis gagné » était plus ou moins nécessaire pour espérer franchir le cap de la bulle : Guillaume Diaz a doublé son tapis durant la première heure du Day 3, remportant un coin-flip crucial avec As-Dame contre une paire de 8.

Pendant ce temps, Adrien Allain négocie merveilleusement bien son début de journée, nous rapportant via Twitter avoir monté un stack de 300,000 en un peu plus d’une heure grâce à trois showdowns gagnants (et pas toujours avec des premiums !) et un bluff contre un joueur russe. C’est plus du double que ce avec quoi il avait entamé la journée.

En d'autres nouvelles, le coach Stéphane Matheu nous rapporte un coup entre trois joueurs où tout le monde est parti à tapis sur un flop Dame-Valet-3. Les jeux ? Paire de Dames, paire de Valets, paire de 3. La meilleure main est restée en tête…

La table maudite

Ils étaient trois Français assis autour de la table 2 : Romain Paon (photo), Benjamin Pollak et Bertrand Grospellier. À la fin du premier niveau de la journée, il n'en reste plus un seul, 'ElkY' quittant en dernier le tournoi au moment même où je m'attaquais à ce post. Pour Romain, tout s'est joué, comme il le raconte sur son compte Facebook, sur un banal coin-flip, sans que l'on en sache pour l'instant plus. Benjamin en revanche, fort des ses soixante blindes du début de journée, ne pensait probablement pas voir la sortie si tôt, et surtout pas sur un tel coup.

Sur un flop K7J il se sentait bien évidemment très fort avec son KJ et décide donc d'envoyer la sauce. Malheuresement, son adversaire, qui le couvre de justesse, révèle deux beaux Rois pour le jeu max. C'est peu dire qu'il n'affichait pas une mine réjouie au moment de quitter la table.

Christophe Pommier a également rejoint le rail, portant le compteur tricolore provisoire à huit, tout comme la gagnante du Ladies Event, l'Australienne Lynn Gilmartin.

A 40 éliminations de l’argent

274 joueurs au compteur après 90 minutes de jeu : le premier niveau du Day 3 fut sanglant, avec plus de 70 éliminations. Les Français n’ont pas été épargnés par l’hécatombe, bien au contraire : au moins huit de nos compatriotes sont passés de vie à trépas.

Dernière élimination en date, celle de Carole Segoura, dont le visage ne nous était pas familier avant de la croiser à midi autour de la table 28, mais dont le palmarès indique plusieurs beaux résultats, notamment à Paris avec une seconde place à l’ACF Poker Tour en 2012. Carole a joué de malchance, avec une paire de Valets perdante contre As-3 à tapis avant le flop. Moche ! Merci à son voisin de table Frédéric Bertrand pour l’info.

Les sortants Français jusqu’à présent

ElkY
Carole Segoura
Romain Paon
Christophe Pommier
Yorane Kerignard
Alexandre Amiel
Roger Hairabedian
Benjamin Pollak
Mesbah Guerfi

Mais aussi

Lynn Gilmartin
Max Greenwood
Isaac Haxton
Ilan Boujenah
Sofia Lovgren

Les blindes vont passer à 2,000/4,000 avec une ante de 500.

Peyratoux ne gagne rien

Même si je n'ai absolument rien contre Jean-Philippe Peyratoux (photo), je le remercie d'avoir été éliminé avant l'entrée dans les places payées sans quoi je n'aurais jamais pu écrire ce titre dont je rêve depuis que j'ai vu son nom apparaître dans la liste des joueurs.

Mais trève de plaisanteries et revenons à du concret. Day 3 compliqué pour notre fort sympathique compatriote Pierre Chevalier. Ayant bouclé le Day 2 avec 112 000 jetons, il est rapidement tombé à 50 000, perdant "une belle main" selon ses dires avant de réussir à doubler à la faveur d'un bluff bien senti. "J'ai KQ," me raconte-t-il. "Le flop est presque parfait avec AsT2." Après avoir envoyé un premier barrel et check le turn, un nouvel As, Pierre décide d'envoyer 20 000 après un 6 tombé river. "Il a tank pendant dix minutes. J'ai tout de suite montré ma main. Il avait une paire, il était bien dégoûté."

Adrien Tantaro non plus n'est pas au mieux avec moins d'une quinzaine de blindes. Le dernier de nos qualifiés français encore en lice s'est néanmoins évité un bust prématuré en trouvant un bon fold préflop. "Je relance utg avec les Dix. Le joueur à ma droite 3-bet avec As-Valet. Un joueur short en MP décide de juste payer. Il envoie son tapis sur le flop. Il avait les Rois." Bien vu, l'aveugle.

GL les frenchies…
Je sens bien le Pecheux là!!!

Avalanche de news avant la bulle

Le deuxième niveau du Day 3 s’est écoulé sans que le chiffre fatidique de 247 joueurs restants ne soit atteint : j’aurais parié le contraire, persuadé que le nombre important de joueurs allait accélérer le processus de la bulle.

Nous en sommes très proches, cependant : ils sont 250 à s’être vus accorder une pause, parmi lesquels ne figure pas Damien Lhommeau, qui a manqué un énorme tirage avec K9 sur 742. Son adversaire avait défendu sa blinde face à la relance au bouton de Damien, et check/raise à tapis sur le flop, dans le but évident d’intimider le Français, qui n’a pas voulu se résoudre à passer ce draw monstrueux. En voyant la main adversaire, une petite paire avec T4, Damien se rend compte qu’il est, de fait, légèrement favori pour remporter le coup, avec 14 cartes pouvant lui donner l’avantage. Las, turn et rivière ne lui apporteront aucune aide.

Du côté de la « France qui gagne », on retrouve Michel Leibgorin, profitant à merveille de cette période de pré-bulle pour faire croître son tapis déjà imposant. Michel tutoie les 350,000 après avoir value-bet une quinte sur un board 6-3-7-Dame-4 : son adversaire paie une mise de 25,000 et ne peut montrer mieux que le 5-3 de Michel.

Assise à sa droite, l’Allemande Natalie Hoff est plus en difficulté avec un tapis inférieur à 100,000. C’est sans doute pour cela que son voisin de gauche s’est permis de la 4-bet depuis la BB pour un tiers de son stack avec un maigre 7-6 dépareillés : il savait qu’elle ne pouvait jouer le coup sans risquer son tournoi juste avant la bulle. Histoire d’enfoncer le clou, le mec a bien montré son jeu dégueulasse après que Hoff ait lâché l’affaire.

Erwann Pecheux a sorti un short stack. Ce dernier envoie ses 18 blindes au milieu avec As-Valet. C’est payé au bouton par le joueur de la room aux chevaux qui montre Roi-Dix. Un board Dame-Six-Sept-Valet-Roi plus tard, Erwann engrange grâce à une rivière bienvenue quelques jetons dont il avait bien besoin.

Pierre Chevalier a connu une fin de deuxième niveau agitée. Les As en main, il pousse ses 55 500 jetons au milieu. Deux sièges plus loin l’Italienne Sabina Hiatullah tank un bon moment, tout en posant au Français mille questions. « Je n’ai pas compris, » raconte-t-il, « Elle m’a dit sa main (alors qu’il reste encore du monde à parler derrière). Je lui ai dis que j’avais une petite paire, elle m’a cru. Elle a un peu fait n’importe quoi. » La candidate de La Maison du Bluff italienne (merci Benjo et Google) se décide finalement à payer et montre As-Roi. La meilleure main restera devant malgré l’apparition d’un Roi sur le flop. Deux mains plus tard, la situation s’inverse mais Pierre décide de jeter ses Neuf, alors que Sabina détenait QJ. « Juste parce que j’ai pris tes jetons, » lui glisse le Français, un tantinet trop galant sur ce coup là.

Alors que tout le monde se précipite vers les portes de la salle, j’aperçois Adrien Tantaro à tapis. ‹ BuraTiTa › montre la meilleure main du jeu et son adversaire… la deuxième. Pas de surprise sur le board et Adrien double tranquillement – ou presque – à un peu plus de 120 000.

Guillaume Diaz aborde la bulle en tenue de combat, avec 60,000 unités alors que les blindes passent à 2,500/5,000 avec une ante de 500. Une confrontation As-Roi/Roi-Dame perdue contre un short-stack n’a pas arrangé ses affaires. Aurélien Guiglini est un peu mieux loti avec 183,000.

Notre prochain article sera vraisemblablement à propos de la bulle !

La médaillée Olympique Fatima Moreiro de Melo (hockey sur gazon, au sein de l'équipe des Pays-Bas) a elle aussi doublé son short-stack avant la bulle.

Tableau de bord 250 joueurs restants (sur 1,694 au départ) 247 ITM Blindes 2,500/5,000, ante 500 Tapis moyen 201,000

Vrakas-sé

Ils furent nombreux à trembler durant la petite demi-heure qu’à duré la phase de jeu à 248 joueurs restants pour 247 places payées. Une poignée de coups à tapis préflop sont survenus durant les trois premiers coups (dont un remporté par un Stéphane Benabida max de chez max avec une quinte floppée), avant qu’un joueur du nom d’Anastasio Vrakas ne soit à tapis en milieu de parole pour un peu plus de 100,000, payé aussitôt par son voisin de gauche, un certain Dmitry Yurasov.

Attente interminable : les cartes restent cachées dix bonnes minutes, le temps que se termine un coup en table télé où un joueur « tank » des plombes face à une mise rivière. Pendant ce temps, Anastasios n’est pas rassuré du tout : « Il n’a vraiment pas la tête d’un mec qui ne va pas faire la bulle », me glisse un photographe (oui, les médias sont volontiers cyniques face à ce genre de drame pokéristique, après une soixantaine d’EPT plus grand chose ne nous émeut)

Et effectivement, le Grec retourne un As-Dame dominé par le As-Roi de Dmitry, malgré un flop J-J-7 laissant espérer une quinte. Turn 4, rivière 2, emballez c’est pesé, on tient notre bubble boy.

Le mec qui vient de sauter à la bulle, c'est celui qui est assis et qui fait la gueule

Nous dénombrons 22 Français dans l’argent, félicitations à eux :

Bruno Soutavong Mohamed Mamouni Frederic Bertrand Hugo Pingray David Tavernier Michel Leibgorin Jamel Hassani Eric Rabut Omar Dahmani Adrien Allain

Patrick Caveriviere Pierre Chevalier Adam Lounis Aurelien Guiglini Alexandre Coussy Erwann Pecheux Akim Aouine Adrien Tantaro (Qualifié Winamax) Imad Derwiche Stephane Benadiba

Hugo Lemaire
Guillaume Diaz (Team Pro Winamax)

A l’international, on compte parmi les ITM le Champion du Monde 2013 Ryan Riess, Patrik Antonius, John Juanda, Andre Akkari, Dario Sammartino, Matthias de Meulder, Jason Lavallee, Mike McDonald ou encore Pascal LeFrancois.

Avec un tapis moyen d'à peine quarante blindes (forcément, une vingtaine d'éliminations seulement en deux heures, ça vous bouffe une structure), on peut s'attendre à beaucoup de sortants durant ce niveau.

Volatile déplumé

Short de chez short avec à peine plus de cinq blindes Guillaume Diaz, dernier membre du Team Pro Winamax encore en course a du dire au revoir au plus gros Main Event EPT de l'histoire quelques minutes après la bulle. Son JT n'a trouvé auacune amélioration sur le board face aux Cinq de son adversaire. Le Top Shark 2014 empoche ainsi 8 800 euros sur son seul tournoi de l'étape barcelonaise. Pas de tournois annexes à venir donc ? "J'ai le mariage de ma soeur demain," m'explique-t-il. "J'avais parié que si je faisais Day 5, je payais la nuit de nuit de noces. J'ai donc évidemment tout fait pour que ça n'arrive pas !" "C'était un très beau tournoi," ajoute-t-il, "avec un field magnifique. J'ai eu des tables assez simples mais très peu de jeu. Je n'ai jamais trop pu monter de jetons." Rendez-vous désormais au WPO de Dublin pour Guillaume et le reste du Team.

Volatile au Day 1B. Le temps de l'insouciance...

Entretemps, après une main jouée toutes les dix minutes, le rythme d'éliminations s'est logiquement acceléré avec une trentaine de sorties dans les vingt minutes qui ont suivi la bulle ! L'ancien handballeur professionnel reconverti en promoteur immobilier Pierre Chevalier en fait partie. "C'est dommage il me restait 110 000. Mais bon pas de regret, le mec fait tapis, je paie avec les Dames, il a les As." Après avoir fini 32ème sur le High Roller Estrellas à 2 000 euros (7 700 euros de gain), sa 220ème place lui permet de s'enrichir de 9 450 euros supplémentaire. Il réalise même son quatrième ITM après Londres (76e), Prague (139e) et Deauville (75e) l'an dernier.

Double-ups et autres joyeusetés

Si certains Français sont passés à la casse, d’autres réalisent quelques jolis coups.

Par exemple Hugo Lemaire, qui a franchi le cap de la bulle avec un short-stack et a réussi à doubler ensuite, avec une paire de Valets qui n’a pas souffert contre deux 7.

L’autre Hugo de ce tournoi, Mister Pingray, a triplé de manière un poil plus audacieuse, et ne peut s’empêcher de rire en me racontant le coup, il faut dire que la séquence est improbable :

« Je passe la bulle avec dix blindes, grosso modo. Un autre short-stack fait tapis UTG avec deux Valets. Derrière, son voisin fait pareil, lui il a deux As. Moi, j’ai As-Roi au bouton, évidemment je pousse.

Flop As-10-9 avec deux carreaux. Le mec avec les As a le carreau !

Turn : Valet de carreau !

Rivière : Dame. »

« La quinte, papa ! » réponds-je et Hugo rigole, penaud mais pas mécontent de s’être sauvé d’une élimination quasi certaine.

« Depuis, j’ai recommencé à en foutre partout », me dit-il, faisant référence à un coup joué une seconde plus tôt : un 3-bet light depuis la petite blinde face à une relance d’un jeune Hollandais au cut-off. Ce dernier 4-bet et Hugo snap-fold. Il possède quelque chose comme 125,000 alors que les blindes vont bientôt passer à 3,000/6,000.

Un peu plus loin, Imad Derwiche vient d’éliminer un joueur avec une main béton de chez béton : deux Rois qui battent sans problème As-Dame à tapis avant le flop. Derwiche passe la barre des 200,000.

Encore deux niveaux à tenir

Alors que les 188 joueurs restants reprennent tranquillement le chemin de la salle de tournoi après une pause bien méritée, faisons un point un peu plus global sur l'état des troupes tricolores. Si Alexandre Coussy, Hugo Lemair (201e) et Frédéric Bertrand (photo) ont rejoint le rail lors du niveau précédent, d'autres, comme Adam Louny poursuivent leur tournoi avec une stratégie bien définie en tête. "Rythme de croisière," explique t-il, "je joue en position. J'ai beaucoup de crédit à la table donc j'arrive à me maintenir. Mais c'est vraiment une table de fou. Le type à ma droite envoie des mines à 75 000 préflop toutes les trois mains... La bonne nouvelle c'est que je n'ai pas de bonne main." Il pointe ainsi à 130 000 jetons.

Hugo Pingray a quant à lui frôlé la sortie. "J'ai triple up avec As-Roi." Le board ? As-Dix-X-Valet... et une Dame qui offre in extremis la quinte au Champion du monde. "Je m'étais levé. J'étais déjà loin," raconte-t-il en rigolant à un Adrien Allain, qui compte 220 000 au compteur. "Je reste un peu derrière toi, j'aime bien avoir un lièvre," lui lance Aurélien Guiglini. Avec 177 000 'Guignol' compte désormais une petite trentaine de blindes au compteur (3000/6000, ante 1000).

C'est un tout petit moins qu'Adrien Tantaro. Monté à 300 000 après un double avec les Rois contre les Dix, il est redescendu à 190 000. "Un bluff qui n'est pas passé."

Le contingent Français se réduit à vue d’oeil

Discret sous sa casquette floquée du sigle de l’équipe de baseball phare de Los Angeles (les Dogers) Akim Aouine a joué son dernier coup avec As-Dame. « Je suis de grosse blinde, UTG ouvre à 12,000… J’ai 70,000, je fais tapis et il a As-Roi. » Un coup on ne peut plus classique que tout le monde a joué comme il le fallait. Pour sa 181ème place, Akim récolte deux fois sa mise : 10,350 euros.

Quelques minutes plus tôt, Hugo Pingray subissait le même sort alors que nous avions le dos tourné. Son voisin de table me met au parfum : « Il a perdu un flip. Deux 7 contre As-Roi, board Valet-6-6-Roi-6. » Cependant, un pote de Hugo croisé cinq minutes plus tard me dira que les jetons ne sont pas partis préflop. « Enfin, il faut que tu vérifies Benjo, je ne suis pas couvreur, moi ! »

Quoi qu’il en soit, l’hémmoragie se poursuit côté Français. Tiens, pour se donner le moral, on va compter ceux qui ont encore toutes leurs chances dans cet EPT Barcelonais :

Bruno Soutavong
Mohamed Mamouni
David Tavernier
Michel Leibgorin
Jamel Hassani
Eric Rabut
Omar Dahmani
Adrien Allain
Patrick Caveriviere
Adam Lounis

Aurelien Guiglini
Erwann Pecheux
Adrien Tantaro (Qualifié Winamax)
Imad Derwiche
Stephane Benadiba

Ce qui nous donne un total de 15 Français alors que nous sommes récemment passés sous la barre des 190 joueurs restants. Notre représentation est un poil en dessous de celle observée sur la ligne de départ : avec 160 inscrits tricolores sur 1,694 joueurs au total, la France est tout simplement la nation la plus importante de cette édition 2015, devant l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Russie et… l’Espagne, cinquième seulement au classement avec 5% des inscrits. Nul n’est prophète en son pays.

allez une performance francaise

Et quatre qui font beaucoup trop

L'avant-dernier niveau de la journée ne sourit décidément pas au clan français qui vient encore de perdre quatre de ses représentants. C'est David Tavernier qui a ouvert le bal de ses nouvelles éliminations. Sous les fusils, il ouvre As-Roi et décide donc logiquement d'envoyer ses 130 000 jetons restants au milieu. C'est payé en une fraction de seconde par le joueur à sa gauche qui détenait les As. Pas de miracle sur le board malgré un Roi au flop. David quitte le Main Event en 168ème position et empoche 10 350 euros.

Il fut rejoint quelques minutes après à peine par Erwann Pécheux, son As-Huit ne s'améliorant pas face au As-Roi adverse. Le récent runner-up WSOP se classe 166ème et touche le même gain. Cinq places plus loin, c'est au tour d'un autre presque champion du monde de quitter la salle, en la personne d'Aurélien Guiglini, ses Huit se heurtant aux deux Dames "d'un mec qui joue un coup sur deux depuis qu'il est arrivé à la table." Un nouveau siège qui n'a au contraire pas vraiment souri à 'Guignol'. "J'ai du joué quatre ou cinq mains..." Des regrets alors ? Bien au contraire. "Je n'avais pas rejoué depuis Vegas. Là je gagne 10 000 euros, je ne vais pas me plaindre !"

Pour finir, terminons avec Éric Rabut, que j'ai eu la chance de croiser juste en face de la salle de presse. À la question "Comment êtes-vous sorti ?", il me répond : "mal ! J'avais les As. Un premier joueur à ma droite envoie ses 50 000 avec As-Dame. Re-shove juste à côté pour 100 000. L'autre a KJ." Vous le voyez sans doute venir, trois trèfles viennent garnir le board, le troisième sur le turn. "J'y ai cru, j'avais l'As de trèfle !" 158ème place et toujours 10 350 euros pour Éric.

Un article 100% positif

Après cet étalage de mauvaises nouvelles, parlons de trucs qui fonctionnent : tous les Français ne sont pas au bout du rouleau aujourd’hui. Prenez Michel Leibgorin, par exemple : la bonne forme vécue durant les deux premiers jours se poursuit en ce Day 3. Le vétéran du poker Français (vingt ans de présence sur le circuit, qui dit mieux ?) rentabilise ses belles mains, et évite les balles lorsqu’il est battu. Un cocktail idéal qui explique son joli tapis de 560,000, un montant comptabilisé peu avant le début du dernier niveau du Day 3 (blindes 4,000/8,000).

Livetards de cercles, levez vous : Omar Dahmani est dans la place. Le Parigot joue régulièrement au sein dernier cercle de jeu proposant du poker dans la capitale, Clichy-Montmartre, et a plus l’habitude des tables de cash-game 5€/5€ que les gros tournois EPT. Il réalise son deuxième ITM sur ce circuit après une 34ème place à Deauville en février dernier. Son stack : 260,000, un peu en dessous de la moyenne. Omar vient d’être rejoint par Jamel Hassani (230,000).

Il reste 11 Français au total, parmi 145 joueurs restants.

Adieu Adam !

Adam Lounis n'aura pas vu la dernière heure de la journée. "La condition pour aller loin dans ce de tournoi c'est de savoir un minimum jouer. Le reste c'est que de la chance (pour rester poli)," me confiait-il quelques minutes auparavant. Il en a malheureusement manqué au moment de pousser une enième fois son tapis au milieu. Cette fois en possession des Neuf, il a fait face à deux Valets, sans parvenir à améliorer. Il quitte le tournoi aux alentours de la 130ème place et récupère 11 500 euros, cinq ans après sa dernière place payée sur le circuit. Au plaisir de te revoir Adam !

Avant lui, deux autres Français avaient malheureusement pris la porte dans les derniers instants du niveau précédent. Vous l'avez sans doute reconnu sur la photo ci-dessus, Adrien Allain en fait partie. Si j'ai bien compris son voisin de droite, au fort accent de je ne saurais trop dire où, Adrien a shove Valet-Dix et trouvé un payeur qui détenait Roi-Huit. Le board lui était dans un premier temps favorable avec Sept-Valet-Deux-Huit avant qu'un cruel Roi ne viennne plonger dans la rivière.

[Edit : La main ci-dessus correspondant en fait à l’élimination d’un autre joueur à la table d’Adrien voici dans la vraie version de son élimination]
De big blinde, Adrien paie la relance à 12 000 du joueur UTG avec As-3 suited. Le flop As-Roi-3 lui offre deux paires, ce pourquoi il check/raise à 39 000 la mise initiale à 10 000 de son adversaire. Check général sur la turn, un 9 de pique. Sur la rivière, un 6 de carreau, le Français choisir de miser 55 000, et est immédiatement relancé à tapis. Il décide logiquement de payer mais se retrouve finalement face à… un brelan de Six pour un magnifique 2-outer rentré sur la dernière carte. Vous avez dit cruel ?

Une bonne partie de la journée en table télévisée, Stéphane Benabida est quant à lui sorti sur la toute dernière main avant le break. Son ancien voisin, qui a également le mérite d'être son bourreau, rembobine pour moi le coup. Le Français envoie son tapis sur le flop Valet-Dix-Trois avec Roi-Valet en main. Son adversaire montre les Dames et l'envoie illico dans le rail. Stéphane enregistre tout de même sa cinquième place payée lors d'un Main Event EPT, repartant cette fois avec 11 500 euros.

Paroles, paroles

Maux de tête et échanges verbaux sont au menu de la dernière heure du Day 3 d’Omar Dahmani. Deux exemples :

Omar ouvre à 17,000 en milieu de parole et la petite blinde, un blond à lunettes du genre « j’ai eu 18 au BAC » envoie son tapis, couvrant largement le Français qui ne sait pas trop quoi faire.

« Tu me montreras », demande t-il en Anglais après trois minutes.

« Non, parce qu’il faudrait que je montre à tout le monde et je ne veux pas. Si tu veux, je te dis ma main après, je te dirai la vérité mais peut-être que tu ne me croiras pas. »

« C’est une décision très difficile », reprend Omar, qui finira par abandonner.

Un quart d’heure plus tard, Omar défend sa BB face à la relance d’un autre joueur, et voit tomber un flop A75. Son adversaire ne fait pas de détails et envoie son tapis après le check d’Omar.

« A quoi tu penses ? » demande le joueur à tapis.

Omar ne répond pas, mais se verra montrer un Ad après avoir passé. Son tapis représente désormais moins de 20BB.

Le Day 3 est terminé

Le compteur affichait 113 joueurs lorsque les superviseurs ont sifflé la récré dans le Main Event : c’est le moment qu’a choisi (si l’on peut dire) Johnny Lodden pour s’éjecter du tournoi en table télé. Sans tenir compte d’une ou deux éliminations supplémentaires survenues dans notre dos à la dernière seconde (c’est toujours possible), ils seront donc 112 à revenir jeudi au Gran Casino pour disputer un quatrième tour de jeu.

Parmi eux, sept Français, dont un seul véritablement en bonne santé :

Michel Leibgorin 623 000
Mohamed Mamouni 453 000
Adrien Tantaro (Qualifié Winamax) 244 000
Jamel Hassani 210 000
Imad Derwiche 123 000
Bruno Soutavong 114 000
Patrick Caveriviere 101 000

Anthony Zinno (1 bracelet WSOP, 3 WPT) enfile le maillot du meilleur grimpeur : en neuf heures de jeu, il a multiplié son tapis par 45, passant d'un très maigre 21,600 (7BB) à 949,000 (Top 10) !
Les deux dernières joueuses en course sont Chinoises : Yaxi Zhu (97,200) et Kitty Kuo (288,000)
Vainqueur à Vienne en mars 2014, l'Ukrainien Oleksii Khoroshenin endosse à nouveau le rôle de chip-leader, terminant avec 1,708 millions

Tableau de bord 112 joueurs restants (sur 1 694 au départ) Blindes 5 000/10 000 ante 1 000 Tapis moyen 453 000

110 joueurs et un vent de fraîcheur

Fin du Day 3

C’est à une journée de poker divisée en deux parties distinctes et égales en durée que nous avons observée aujourd’hui. Le point médian : l’élimination en 248ème place du Grec Anastasios Vrakas. Avant sa sortie sur un banal As-Dame/As-Roi, une petite centaine de joueurs ont quitté le tournoi les mains vides, parmi lesquels les Français Roger Hairabedian, Yorane Kérignard, Mesbah Guerfi, Alexandre Amiel (QQ contre JJ), Christophe Pommier, Benjamin Pollak, ElkY, Romain Paon, Damien Lhommeau, Carole Segoura, et Jean-Philippe Peyratou, oui, je sais, ça fait beaucoup.

La deuxième partie de la journée a vu quelques 130 joueurs supplémentaires mordre la poussière, leur déception étant néanmoins adoucie par une récompense en monnaie sonnante et trébuchante. Furent concernés le pro du Team Winamax Guillaume Diaz, notre collègue chez Wina Aurélien Guiglini, Hugo Lemaire, Stéphane Benadiba, Akim Aouine, Erwann Pecheux, Alexandre Coussy, Adam Lounis (pour son premier tournoi en cinq ans), Pierre Chevalier, Adrien Allain, Eric Rabut, Omar Dahmani, David Tavernier, Hugo Pingray, et Frédéric Bertrand.

Il ne reste donc plus que 7 Français pouvant encore prétendre au titre, en majorité short-stack, et vous ne trouverez parmi eux aucun régulier du circuit : ils ont tous déjà sauté, et voir aller loin dans le plus gros EPT de l’histoire une assemblée de visages un peu moins connus a quelque chose de rafraîchissant.

Je dis ça, mais Michel Leibgorin (632,000 unités) est loin d’être le premier venu, avec un palmarès ouvert dès 1995 et constellé de résultats marquants à Marrakech, Paris et Las Vegas. Michel, qui est fortement malvoyant et doit donc s’aider d’une loupe et d’une lampe pour voir le flop et ses propres cartes (un handicap qui n’entame en rien sa bonne humeur, bien au contraire), totalise plus de 900,000 dollars de gains en tournoi. Mais figurez vous que ce deep-run à Barcelone représente son tout premier résultat à l’EPT ! Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Au palmarès de Mohamed Mamouni (453,000), quelques résultats et victoires à l’ACF, ainsi que deux bricoles à Monte Carlo. Ses premiers ITM remontent cependant à 2009, Momo n’est donc à priori pas né de la dernière rivière.

Si aucun membre du Team ne sera présent lors du Day 4, il reste encore un qualifié Winamax en course. Avec près de deux fois moins de jetons que la moyenne (244,000), c’est néanmoins une journée de vendredi compliquée qui s’annonce pour Adrien Tantaro. Ses premiers mots après ce qui restera quoi qu’il arrive sa meilleure performance live (le bougre ne possède pas encore de fiche sur Hendon Mob, faute de résultats) ? « J’ai une crève de malade ! J’ai le nez qui coule c’est horrible. » Et sinon niveau poker ? « Il faudra absolument que je monte des jetons demain. Mais c’est déjà bien. Surtout que je joue plus en Omaha d’habitude. » Je lui fais alors remarquer qu’il a raté l’Event en PLO 8-handed qui débutait dans l’après-midi. « Ouais, c’est dommage j’avais prévu de le faire celui-là. » Sans doute qu’une table finale de Main Event EPT pourrait le consoler.

Deuxième ITM à l’EPT pour Jamel Hassani (210,000), après un min-cash à Deauville en 2011. Sa bankroll a récemment été boostée par une presque victoire au FPS de Lille (deuxième pour 85,300 euros).

Résident à Dakar où il passe pas mal de temps au casino du coin, Imad Derwiche (123,000) est petit à petit en train de se faire une place sur le circuit pro, avec des participations régulières aux Main Event et High-Rollers de l’EPT. Parmi ses coups d’éclar, une victoire aux EFOP de l’ACF pour 125,000€ (c’était en 2011), et surtout une deuxième place au High-Roller à 25,000 balles de l’EPT Monte Carlo (c’était il y a trois mois et ça lui a rapporté 750,000€).

Bruno Soutavong (114 000) s’est fait repérer en manquant de peu la victoire sur l’étape WPT National Series de l’Ile Maurice en 2013. Chip-leader Français au départ de la journée, Bruno a vécu une journée plutôt dégueulasse, son tapis fondant avec régularité tout au long des neuf heures de jeu du Day 3. Il lui reste encore des pions, c’est l’essentiel.

On ne va pas vous mentir, le patronyme de Patrick Caveriviere (101,000) a le don de provoquer des gloussements nerveux chez les couvreurs (« C’est le frère de Jean-Paul Tapisbadbeat ? » « Attends, aux WSOP j’ai croisé un William Stackriver », etc), mais son sourire monégasque et sa bonne humeur nous ravissent. Coté palmarès, Patoche affiche deux résultats espacés de… cinq ans, rien que ça : une troisième place sur un side-event du PPT (2009) et un min-cash à l’EPT Monte Carlo (2014).

Les blindes au départ du Day 4 : 5,000/10,000. On jouera cinq niveaux de 90 minutes, ou jusqu'à ce que les demi-finales (16 joueurs seulement) soient prêtes. Rendez-vous vendredi à mid pour la suite !

Benjo & Flegmatic

Les ITM Français du jour

112ème Omar Dahmani - 13 475€
127ème Adam Lounis - 11 500€
141ème Adrien Allain - 11 500€
142ème Stéphane Benabida - 11 500€
158ème Éric Rabut - 10 350€
163ème Aurélien Guiglini - 10 350€
166ème Erwann Pécheux - 10 350€
168ème David Tavernier - 10 350€
181ème Akim Aouine - 10 350€
182ème Hugo Pingray - 10 350€
197ème Frédéric Bertrand - 9 450€
201ème Hugo Lemaire - 9 450€
211ème Alexandre Coussy - 9 450€
220ème Pierre Chevalier - 9 450€
222ème Guillaume Diaz - 9 450€
114ème Jason Lavallée (Canada) - 13 475€
124ème Nacho Barbero (Argentine) - 11 500€
135ème Natalie Hof (Allemagne) - 11 500€
136ème Dario Sammartino (Italie) - 11 500€
210ème Oleksandr Gnatenko (Ukraine, Qualifié Winamax) - 9 450€
229ème Winfred Yu (Chine) - 8 800€