C'est un beau Romain, c'est une belle histoire
Par Tapis_Volant dans Général
Entre Romain Lewis et le Team Winamax, c'est l'heure des adieux. Retour sur une épopée qui aura duré neuf ans.
"Quand le coach m’appelle alors que je ne lui ai jamais parlé de ma vie, je sais que ce n’est pas pour me parler du dernier match de Brentford en deuxième division anglaise !" Voilà comment Romain Lewis évoque son tout premier échange avec Stéphane Matheu. Le souvenir remonte neuf ans après, quasiment jour pour jour, au beau milieu de l'Estoril Poker Fest, son dernier tournoi sous les couleurs de Winamax.
Flashback. Nous sommes en 2017 : juste après le SISMIX, Romain et Ivan Deyra intègrent officiellement le Team Winamax, deux ans après l’arrivée de la dernière recrue, un certain Alexandre Luneau. Si, pour le jeune franco-britannique, cette proposition arrive un peu "out of the blue" (en VF : par surprise), en réalité elle ne doit pourtant rien au hasard.
On ne s'en souvient pas forcément, mais à ce moment, le Bordelais d’adoption faisait déjà partie des incontournables du circuit, à seulement 21 ans. Très vite, il s'était démarqué en empilant les performances aux quatre coins de l’Europe. Depuis ses débuts flamboyants - avec une place de runner-up sur son premier tournoi live à Gujan-Mestras - jusqu'à un side event de l’EPT Prague où seul Stephen Chidwick était parvenu à lui résister, Romain n'avait pas tardé à éveiller la curiosité d’un certain Davidi Kitai. "J’étais en train de fêter ma perf’ avec mes colocs : Clément Thumy, Hugo Lemaire et Louis Linard, quand je reçois un appel de Dav’, avec qui j’avais partagé un moment sur le tournoi. Il me félicite pour mon niveau de jeu et me propose de jouer le High-Roller à 10 000 € du lendemain !" La première pierre d’un deal de staking sorti de nulle part, qui va permettre à Romain de jouer très jeune les plus beaux tournois de la planète, et surtout de se faire un nom.
Croyant fort en ses chances de décrocher un sponsor, Romain accepte de participer à l’émission de télé-réalité La Maison du Bluff. D'abord "pour le kiff de l’expérience humaine", ce qui ne l'empêchera pas d'en ressortir avec un contrat de 100 000 €, après un deal à deux avec Valentin Messina. Un CDD d’un an qui se termine par sa première perf’ à six chiffres : une nouvelle place de runner-up, cette fois sur le PokerStars Championship de l'EPT Monte Carlo, bonne pour 127 385 €. "Je n’imaginais pas pouvoir signer avec Winamax, et encore moins être dans la "short list". Lorsque j'ai reçu l'appel qui a tout changé, j’avais même un engagement moral pour un contrat avec une autre room. Du haut de ma vingtaine, je me suis contenté de dire, pour m’excuser : Quand le Real Madrid vient te chercher, tu ne peux qu’accepter."
Quand on se replonge dans les premières images de son tout premier Dans la Tête d’un Pro, tourné durant ses premiers WSOP en 2017, un mois après la signature, on est surpris de trouver un Romain déjà hyper à l’aise au sein de l'équipe. "En fait, comme j’étais déjà staké par Davidi et Sylvain [Loosli], j’étais proche d’eux. Ivan, c’était mon coloc’, et Guillaume, j’avais déjà partagé plein de bons moments avec lui. Je connaissais déjà la moitié du Team !" Ce qu'il ne peut réaliser à ce moment, c’est que l’aventure dans la plus belle équipe du monde s'étalera sur un tiers de son existence. Lors d'un WPO à Dublin, Romain discute avec Guignol [NDLR : Aurélien Guiglini, l’incontournable boîte à idées de Wina] autour d’une binouze. L’occasion de se lamenter, un peu alcoolisé, sur les termes du contrat qu'il a signé quelques mois plus tôt. La réponse le surprend, et le rassure. "Tu sais, Romain, quand Winamax vient te chercher aussi jeune, ce n’est pas pour te garder seulement un an. C’est plutôt pour dix ans."
La prophétie de Guignol se sera quasiment réalisée : neuf ans plus tard, la belle histoire entre Romain et le Team Winamax prend fin. "Aujourd’hui, j’ai 30 ans. Donc Winamax, ce n’est pas juste une aventure. C’est une énorme partie de ma vie. Avant tout, c’est une expérience humaine incroyable. Je serai toujours reconnaissant d’avoir vécu ça après le bac. Le meilleur post-bac possible [rires]. Que ce soit les rencontres, les opportunités…Et même pour ma famille, ça a rendu les choses plus faciles à envisager."
Just a kid with a dream
La famille, justement. C'est là que tout a commencé, avec un geste innocent et fondateur de ses parents alors que Romain n'a qu'une dizaine d’années. En lieu et place de la Playstation qu’il réclame pour Noël, ils lui offrent une mallette de jetons de poker. Officiellement "pour limiter son temps d’écran". Rapidement, Romain tombe amoureux du jeu au gré des parties gratuites qu’il dispute en famille, ses amis du collège puis plus tard, en poussant la porte de l’association Poker Sphere à Bordeaux. "En cours, je ne pensais qu’à leur Poker Night, je jouais deux ou trois fois par semaine. Des tournois qui ressemblaient à des vrais tournois, avec de l’argent fictif. C'est comme ça que j’ai appris à jouer, au contact des amateurs."
Loin des profils habituels des jeunes loups formés sur Internet, Romain est un pur produit du live. Sa formation à peine entamée, il est déjà un joueur "à l’ancienne", du genre qui fera toujours plus confiance aux tells et à l’empathie qu’aux solvers et à la GTO. Un joueur qui a progressé au contact des autres, en débattant sans relâche de toutes sortes de spots, en se remettant en question continuellement, et surtout en s’inspirant des meilleurs.
Le palmarès live de Romain (4,3 millions de dollars de gains bruts à ce jour, 19ème sur la All-Time Money List française) est intimement lié à Las Vegas. Au collège, il s’endormait devant les épisodes du Main Event des WSOP commentés par Norman Chad et Lon McEachern. À 21 ans, il devient le héros du film en faisant ses premiers à Sin City devant les caméras de Dans la Tête d’un Pro. Une émission dont il n’a raté aucun épisode. "J’avais l’impression de connaître l’endroit par cœur alors que je n’y avais jamais mis les pieds ! Mais j’avais un petit syndrome de l’imposteur. Du genre : ‘Attends, ça fait deux ans que je joue au poker et c’est moi qui vais devoir expliquer mon raisonnement et mon processus de réflexion à toute la France ?'" Sa toute première main jamais jouée sur les WSOP est absurde, tant elle semble prédire l’incroyable histoire d’amour qu’il va vivre avec cette ville. Engagé sur le fameux Monster Stack, Romain relance avec une paire de 9 et floppe... un carré. Heureux comme un gosse, il exhibe sa main à toute la table. "Guys, it’s my first ever hand at the WSOP !".
La suite, vous la connaissez probablement si vous êtes habitués à lire nos reportages chaque été. Après une première année prometteuse et un deep run sur le 6-max à 10 000 $, c’est en 2018 que Romain explose sur la scène internationale, avec trois podiums sur les Series enchaînés en un temps record : runner-up d’un 1 500 $ pour débuter, puis encore deuxième sur un 3 000 $ PLO (alors qu’il connaissait à peine les règles !) pour finir par une 3ème place au milieu des cadors, sur le 6-max à 10 000 $.
À la clé au sortir de cet été magique à Vegas : une place de meilleur européen au classement Player of the Year des WSOP, ce n'est pas rien. Près d’un million de dollars récoltés : pas négligeable non plus. Et en bonus impérissable : des souvenirs exceptionnels, et l’impression que le rêve est désormais à portée de main. "C’était fou parce qu’avant les Series, j’avais eu une sorte de déclic mental : je m’étais fixé un objectif à deux tables finales sur l’été. Au final, j’ai vécu le meilleur mois et demi de poker de ma vie, j’ai même fait encore un podium deux mois plus tard à Rozvadov [En Omaha, encore !]. À ce moment-là, tu te dis que t'es parmi les meilleurs, le bracelet devient possible."
Le "Main character"
L’histoire d’amour avec Vegas se poursuit l’année suivante, en 2019, avec le premier gros deep run de Romain sur le tournoi le plus mythique de tous, celui que l'on surnomme le Big One. "Le Main Event, c’est le souvenir le plus marquant de toute ma vie de poker. Plus marquant que le bracelet, plus marquant que mes premiers tournois. Je pense que ça dépasse tout. Mon rêve de gosse, ce n’était même pas de le gagner. Même pas de faire table finale. C’était juste d’avoir une tonne de jetons pendant très longtemps ! Je ne fantasmais pas spécialement sur la victoire. Par contre, je m’imaginais être comme dans les épisodes des WSOP : aller au Day 4, puis Day 5, Day 6, avec des montagnes de jetons à 300 restants, 200 restants… Et c’est exactement ce qui s’est passé." L’aventure d’une vie se terminera malheureusement en 60ème place : meilleur Français de cette édition, après un Day 6 brutal sur lequel Romain n’a aucun regret, mais aura tout de même eu bien du mal à digérer la déception.
Sans être certain de regoûter un jour à un tel deep run, il a puisé dans son aventure sur le Main pour alimenter plusieurs articles merveilleusement bien tournés sur le blog Team. "Je n’étais pas toujours inspiré pour mes blogs. Le Main Event, c’était le sujet parfait pour pouvoir noircir quelques pages avec cette aventure hors-normes." On ne saurait que vous recommander la lecture de la série Un Vegas qui me colle à la peau (cinq parties, rien que ça !) pour replonger dans cette folle épopée.
2021 : le bracelet de Champion du Monde
La "blessure" du Main Event se refermera deux ans plus tard. Après un COVID vécu difficilement - jouer exclusivement en ligne l'aura conduit à un sévère burn out poker - Romain a les crocs pour la reprise du live sur une édition 2021 des WSOP particulière a plus d'un titre : la pandémie a repoussé le festival à l'automne, les joueurs Européens n'ont pas joué en live depuis dix-huit mois. Une faim d’ogre, des deep runs en pagaille... jusqu’à la consécration : le Graal ultime du joueur de poker, le bracelet décroché sur le Super Turbo Bounty à 10 000 $, un demi-million de dollars de récompense, et un rail en fusion emmené par son bro du Team Mustapha Kanit et son légendaire mantra "Pression constante !!!" lancé à maintes reprises pour encourager son bro dans le Team (alors qu'il affrontait pourtant le compatriote Dario Sammartino !). "Ce n’était même pas un objectif conscient de décrocher un bracelet, c’était quelque chose d’ancré profondément en moi. C’était là depuis toujours. Et quand je gagne ce bracelet, il y a un côté où je me dis : OK… c’est bon. Évidemment, j’avais encore plein d’autres objectifs : être numéro 1 français, continuer à progresser. Mais le bracelet, c’était vraiment ce rêve fondamental. Et à partir de ce moment-là, je me suis dit : même si j’arrête un jour, ce que j’ai vécu est exceptionnel."
Durant sa décennie dans le Team, Romain Lewis aura un moment pris la tête du classement GPI France, et aura failli remporter le titre de GPI Player of The Year français à trois reprises (2e en 2018 puis 2019, et 3e en 2021). Pourtant, l'idée d'être le meilleur joueur du monde ne l'a jamais vraiment séduit. Dès son premier article sur le blog, Romain a joué cartes sur table : "Au risque de vous décevoir : mon objectif n’est pas d’être le meilleur joueur de poker de tous les temps, tout simplement car il faudrait que j’y consacre ma vie entière…Quand j’aurai la trentaine, mes objectifs seront peut-être différents, et j’aspire à avoir une vie plus posée, avec moins de temps à consacrer au poker."
Du poker et des belles rencontres
En lisant entre les lignes, on aurait pu deviner que Romain allait un jour vouloir vivre d’autres aventures... sans jamais abandonner le poker pour autant. Quelques indices ont été semés ça et là : les murmures d’un beau projet en préparation avec son pote Kool Shen pendant la période du COVID, une série sur le poker dans la veine d’un Queen’s Gambit qui pourrait l’occuper dans les prochaines années... Qui sait ? Une chose est sûre : on reverra Romain autour des tables, et dès cet été à Vegas. Avec un programme un peu allégé, cependant : "Je ne vois pas ce qu’on pourrait me proposer de mieux à faire début juillet que le Main Event. Ce tournoi, je le jouerai sans doute toute ma vie."
2024 : la victoire en High Roller à Bratislava
Plus que les résultats, c’est surtout la personnalité de Romain qui aura marqué les esprits pendant toutes ses années au sein du Team W. Difficile de trouver un joueur, journaliste ou membre de staff Wina qui vous dira du mal de celui qui est longtemps resté le plus jeune de l’équipe. Un sourire éternel accroché au visage, Romain est le genre de mec sociable qui parle à tout le monde, sans jamais donner l'impression de se forcer. Biberonné au poker amateur, Romain était comme un poisson dans l’eau sur les événements Winamax, et ne rechignait jamais à lever le coude pour partager quelques binouzes en refaisant le monde avec des randoms. "Il y avait quelques obligations, des interviews à faire. Mais honnêtement, sur les premiers WPO Dublin, j’avais l’impression que mon travail c’était d’être bourré [rires] ! J’arrivais aux tables, je commandais des verres pour les gens… Je voyais Guignol arriver avec des plateaux de bières, j’étais en mode : OK, c’est ça l’ambiance ? Bah moi je suis chaud hein, je peux faire ce taf-là sans problème ! Et franchement, c’était un régal."
Au moment de raccrocher le logo, ce qui va le plus manquer à Romain, ce ne sont pas les buys-ins, l’argent ou le poker, ce sont les moments humains. "Les gens, les colocs avec mes potes à Vegas, les séminaires avec le Team, les voyages..." Romain s’est construit au contact des autres, que ce soit en discutant d'un spot jusqu’à l’aube avec Alexandre Réard, en aidant son pote Ivan Deyra à se relever après avoir commis "l’erreur d’une vie", ou en écoutant les anecdotes de Kool Shen au coin du feu.
Au fil des années, tous les membres de son groupe de potes ont eu le droit à leurs grands succès, voire pour pas mal d'entre eux à leur bracelet. Pour Romain, c’est loin d’être un hasard. "On a commencé ensemble, entre colocs ou voisins de colocs. Et on a tous eu notre moment : Guillaume, Ivan, Adrien [Delmas], Jérèm [Saderne], Nono [Enselme], Jon [Therme], Coco [Ropert] ou Maxime [Parys]. Ça a pris du temps pour certains, mais au bout d’un moment, la réussite était là pour tout le monde. Il n’y en a pas un qui a abandonné avant d'avoir réussi. C’est aussi pour ça que ça va nous créer des liens à vie. On a tous été là les uns pour les autres, que ce soit émotionnellement, techniquement, ou juste dans le soutien. Et je pense que c’est ça qui fait que notre amitié est aussi profonde."
Même si Romain prend du recul avec le poker, toutes ces belles amitiés sont nées grâce au poker et demeureront très fortes après le poker. Comme celle qui l’unit à Guillaume Diaz : à la naissance de son fils, ce dernier choisira Romain pour en être le parrain. Un vrai compagnon de route avec qui il a fait les 400 coups, avant et pendant le Team, avant de prendre son envol pour une autre vie en 2022. Au tour de Romain de faire de même, trois ans plus tard.
2024 : tournage de Dans la Tête d'un Pro au Wynn
On aurait aussi pu vous parler des éternels retards de Romain. "S’il y avait eu quinze personnes comme moi dans le Team, Steph’ aurait pété un câble !" Lucide, il a conscience qu’il n’était pas le plus facile à gérer pour le coach Stéphane Matheu, qui l'a beaucoup aidé mentalement à ses débuts dans le Team. Mais, depuis Masterclass sur les étapes du Winamax Poker Tour aux émissions Top of the Pok aux côtés de PonceP, en passant par un passage remarqué sur CliqueTV après son bracelet, Romain a donné le meilleur de lui-même au fil des années, avec également quelques belles pages écrites sur les festivals Wina : une finale (ou presque) sur le SISMIX, deux places de runner-up back-to-back sur le High-Roller de la Grande finale en 2025 puis 2026, et un titre sur le High-Roller du WPO Bratislava en 2024, son seul et unique trophée Winamax pendant sa période sponsorisée.
On n’oubliera pas non plus cette incroyable troisième place sur le partyPoker Millions de Rozvadov. Et cet appel à l'aide légendaire posté sur Twitter : est-ce quelqu’un pouvait l’accompagner sur le tournoi ? Seul l'éternel poto Mustapha Kanit répondra présent... L'anecdote mérite d'être de nouveau racontée : Romain s’était qualifié par erreur sur ce tournoi à 10 000 € l'entrée. Il pensait faire un sat pour le Main Event des WSOP-E. Le ticket en poche, il fera tout pour ne pas jouer le tournoi, qui tombe en même temps qu’un festival de musique qu’il ne voulait pas rater. Il contacte la terre entière, fait jouer toutes ses relations. Sans succès. Bilan, Romain se retrouvera assis à table, pour finalement signer sa plus grosse perf’ ever avec 428 000 € dans la poche, après un run surréaliste tout au long de ce tournoi qu'il ne voulait pas jouer.
Enfin, revenons une dernière fois sur ses nombreuses participations à l’émission-phare de Winamax : Dans la Tête d’un Pro. Au sortir du Team W, Romain peut se vanter d'avoir été le quatrième plus gros contributeur du programme, avec 30 épisodes dont il est le héros, derrière Davidi Kitai, Adrián Mateos et Pierre Calamusa. Romain est même le seul joueur du Team ayant été filmé sur un 50 000 $ des WSOP, son plus gros buy-in ever ! Lors de ses autres apparitions, on aura pu le voir, entre autres, se manger une quinte flush royale sur le 10K du Wynn. Seul petit regret : ses quatre podiums sur les WSOP de Vegas (dont sa victoire Turbo en 2021) se sont déroulées sans que soient branchées les caméras de DLTDP. Autant vous dire que si l'équipe de production choisissait mieux ses poulains (désolé pour la balle perdue, les gars), Romain serait à n'en point douter le top 1 des contributeurs du programme.
Tu vas nous manquer, Romain !
Si je devais citer les gens qui m’ont le plus marqué dans les rails tricolores au cours des dix dernières années, mon trio gagnant serait : Anthony Picault, Aurélie Réard et Romain Lewis. Fan inconditionnel de Brentford, une équipe de foot anglaise qu’il suit depuis sa plus tendre enfance, Romain en a hérité une passion pour les chants de supporter. Il fallait le voir inventer des chansons pour ses potes depuis les gradin, notamment pour Guillaume Diaz, Victor Choupeaux, Jérémy Saderne (photo ci-dessus) ou encore Ivan Deyra. Petit extrait (à reprendre en chantant) : "Ce soir, nous allons chanter … La victoire d’Ivan Deyra … Overbet, il va poser … Car des pots, il faut gagner !" Ces chants vont nous manquer, clairement, et on espère que Romain en aura inspiré certains, histoire que les prochains rails "FR" soient aussi mémorables que ceux qu’on a vécus grâce à lui.
S’il nous manquera terriblement sur le circuit, c’est surtout à ses coéquipiers qu’il manquera le plus. À commencer par Kool Shen, avec qui Romain était devenu très proche au fil des années. Au point de partager sa chambre sur tous les festivals récents. "Je ne connaissais même pas sa musique quand je l’ai rencontré la première fois. Puis un jour, il m’a invité à Bercy [pour la reformation de NTM en 2018, NDLR]. J’ai pris une claque ! Au-delà du fait qu’il soit connu, c’est juste une période extraordinaire, qui a beaucoup compté pour moi à plein de moments de ma vie." Même son de cloche chez "Nobru", qui avait du mal à se remettre de la nouvelle, annoncée au Team lors de l'Estoril Poker Fest. "Mais je vais faire quoi maintenant sans Romain ?"
Philosophe, Davidi tentait de le rassurer : "T’inquiète, tu vas survivre." Depuis 18 ans qu’il est dans le Team, notre Belge préféré en a vu partir, des coéquipiers devenus des amis. Mais tout de même : ce départ sera difficile à digérer pour tout le monde.
Au fil de nos coverages et de nos articles narrant ses exploits, on lui a fait tant de fois, ce fameux titre "Romain Lewis ne perd jamais", parce qu’on le voyait tout le temps deep run. Bien trop jeune pour avoir la ref à cette série culte des années 90 (Parker Lewis ne perd jamais), il nous en voulait un peu, secrètement. Maintenant, si l’on devait écrire le roman de Lewis, après une décennie à ses côtés, on aimerait beaucoup changer deux lettres et titrer : "Romain Lewis ne part jamais".
Une décennie en images
Avant de rejoindre le Team, le premier trophée de Romain sur le circuit : c'était déjà sur un festival Winamax, avec une victoire sur l'Irish du WPO Dublin 2015
2018 : Première grosse victoire en tant que supporter... celle de son bro Guillaume Diaz sur le PokerStars National Championship à Monte-Carlo
WSOP 2018 : un temps chipleader en finale, Romain termine troisième du 6-max à 10 000 $, remporté par un certain Shaun Deeb
2019 : deuxième pique pour Romain, remporté sur un side event turbo de l'EPT Barcelone, en plus de 80 000 €
2023 : Une escapade du côté des Bahamas pour aller jouer le gros Players Championship à 25 000 $, sur lequel Romain terminera dans les places payées
2023 : EPT Paris en compagnie de Pierre Calamusa, qui aura partagé cette belle aventure avec le Bordelais pendant neuf ans
2023 : Le lancement en grande pompe du Winamax Poker Tour à Marseille
Romain, au tableau ! S'il n'était pas le roi des exposés à l'école, notre Team pro a bien fait le job sur les étapes du Winamax Poker Tour pour expliquer ses raisonnements aux passionnés venus l'écouter en Masterclass, comme ici à Montpellier en 2023
2024 : cinquième et dernière table finale WSOP (à ce jour !) pour Romain, cinquième d'un Freezeout à 2 500 $ pour 110 000 $
2025 : Nouveau lancement du WiPT, cette fois à Toulouse
...L'occasion de rester au contact du milieu amateur où il a fait ses premiers pas
2026 : en bon fan de football, Romain Lewis n'a jamais raté une occasion de taper la balle lors des séminaires...
...et encore plus lorsqu'il s'agissait de faire équipe au padel avec qui il a partagé cette passion pendant des années, Kool Shen
Avril 2026 : le séminaire, et la dernière photo de famille de Romain avec le Team Winamax, en compagnie d'Emilien Pitavy, dernier arrivé dans l'équipe
On laissera le mot de la fin à Davidi Kitai... "J’ai direct eu un feeling de malade sur Romain. Je le trouvais très intelligent dans son jeu, très mature pour son âge. Il avait 19 ans et j’étais choqué ! Ce qui est impressionnant chez lui, c’est qu’il est tout le temps de bonne humeur, il dégage quelque chose de tellement positif… Il est très sociable. Il avait un rôle important dans l’équipe. Dans le Team, il a toujours amené une ambiance chaleureuse et vu son niveau d’anglais, il faisait aussi un peu le pont entre nous et les internationaux qui ont rejoint l’équipe. Il n'y avait pas de différence d’âge. Nobru [Kool Shen] et moi, on était très proches de lui parce que c’est un mec vrai, authentique, avec qui tu as envie de passer du temps à parler, et pas que de poker. Je le vois bien lancer un business... mais toujours revenir jouer le Main Event. Pour le kiff, et pourquoi pas claquer un gros score !"
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